Jour 518

arbreNoel

Noël 2018

Cela se passait comme dans les films de Harry Potter, lorsque les enfants se rendent à la gare pour prendre le train qui les conduira à Poudlard, l’école de magie. Ils doivent s’y prendre d’une certaine manière pour traverser un mur de briques. Ils courent, foncent dans le mur, mais ne se blessent pas car ils passent à travers. Une fois de l’autre côté du mur, les enfants se retrouvent sur le quai les menant au train à destination de Poudlard. Certains, il est vrai, se blessent légèrement qui s’y prennent à deux fois pour traverser, la première fois n’ayant pas été la bonne. Difficile de savoir pourquoi cette première fois n’a pas fonctionné. Ont-ils couru trop lentement, ont-ils manqué de concentration, se sont-ils trompé de formule magique ?
Dans mon rêve, en tout cas, ça ressemblait à ça, en version light. Je devais, en marchant, briser un écran fait de fibres sèches et friables. L’écran était devant moi, tenu à la verticale par deux personnes inconnues, une de chaque côté de l’écran. Je marchais sans m’arrêter, l’écran se déchirait sous la seule pression de mon corps le traversant. J’accédais alors à une sorte de paradis, j’entrais dans un univers meilleur, je me rapprochais peut-être de Dieu. Je constatais que dans cet univers meilleur je ne me sentais pas différente. Je me tenais par conséquent à l’affût du moindre signe qui allait me faire comprendre que la vie, dorénavant, me réservait les plus douces surprises. Aucun signe, malheureusement, ne se manifestait. Idéaliste comme je sais l’être, comme je le suis naturellement depuis ma naissance, je ne me laissais pas démonter. Je continuais de penser que je cheminais dans un univers nouveau qui allait, en temps voulu, me dévoiler ses surprises.
Je dirais que c’était un rêve sur le thème de la mort, même si je n’ai pas d’avis par rapport à la mort. Je ne sais pas si la mort est une étape qui me conduira vers une autre forme de vie, ou peut-être bien qu’elle ne conduit à rien, et si elle ne conduit à rien, que signifie ici le rien ? Est-ce que je flotterai dans le vide ? Au-delà de l’opposition au plein, qu’est-ce que le vide ? Je n’ai pas d’opinion, comme d’habitude. Je pense néanmoins que c’était un rêve serein, et s’il suggère que je m’apprête à entrer dans une nouvelle étape de ma vie, je dirais qu’il s’agit d’une étape heureuse, en supposant, bien sûr, que les rêves puissent annoncer quelque chose…
Pendant ce temps, j’ai passé la journée en compagnie de tantine pour décorer le sapin de Noël. Nous avons très bien réussi, en moins d’une heure nous avions fini, pourtant le sapin est assez gros. Un problème cependant se pointe à l’horizon : le sapin a manqué d’eau. Quand j’ai voulu l’arroser ce matin, j’ai constaté que le tronc mourait de soif, il n’y avait pas la moindre goutte d’eau dans le fond du seau. Ça peut vouloir dire que bien avant Noël, l’arbre va sécher, perdre ses aiguilles et laisser pendre ses branches…

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 519

Je suis moins rigoureuse qu’avant dans mes écritures. Ça ne me dérange plus tellement de sauter des jours de publication. J’imagine que c’est pour un ensemble de raisons. Peut-être un peu mon âge, je m’accorde plus de repos, de détente, de farniente. Peut-être la retraite, qui me fait vivre à un autre rythme, moins militaire, un rythme tout en courbes qui ne réserve plus tellement d’espace aux angles aigus, pointus, piquants. Peut-être le constat réaliste que je n’écris rien de bien intéressant, alors que j’ai traversé une période pendant laquelle je pensais le contraire. Mon mari, aussi, sans le savoir, ne m’incite guère à la rigueur. Tout récemment, nous avons acheté une causeuse de cuir ultra confortable. Je m’assoyais tout le temps à côté de lui, sur un fauteuil bien large pour une personne, mais étroit pour deux. On pouvait néanmoins y passer des heures, regardant un film par exemple. Si je profitais de la pause publicitaire pour me lever boire un peu d’eau, il fallait qu’il me pousse dans le dos tellement c’était difficile de me sortir de mon peu d’espace. Depuis donc l’acquisition de cette causeuse, qui s’ajoute à la friteuse parmi les nouveautés de notre trousseau, je suis encore moins incitée à venir m’asseoir devant mon ordinateur, dans mon bureau. Je reste au chaud collée sur mon mari, à ma gauche, et savourant la chaleur du foyer, à ma droite. Un autre élément qui n’aide pas, c’est la découverte du ciné-répertoire de 21 heures à la chaîne TFO pour les franco-ontariens. Seigneur ! Quelle découverte ! Hier c’était Médecin de campagne, avec François Cluzet et Marianne Denicourt. Plus tôt cette semaine, nous avons regardé Dialogues avec mon jardinier avec cet autre acteur qui ressemble à François Cluzet et dont j’oublie souvent le nom, Daniel Auteuil, dans le rôle du citadin, et Jean-Pierre Darroussin dans le rôle du jardinier. Avoir été seule, je n’aurais peut-être pas écouté le film au complet parce que Jean-Pierre Darroussin s’exprime je trouve d’une voix traînante qui me déprime un peu, mais mon mari a aimé le film alors j’ai pris plaisir à l’écouter aussi. Ce soir ce sera Les enfants du marais, j’espère qu’on l’écoutera. C’est presque le meilleur moment de ma journée, cette récompense de détente devant un film. Comme la journée d’hier autour des beignes a été quand même exigeante, d’autant qu’elle s’est prolongée par un souper avec la fille de Denauzier qui est venue nous visiter avec son compagnon, la récompense filmique a été d’autant plus appréciée. C’est comme attendre encore un peu plus avant de boire, quand on meurt de soif, pour le plaisir de savourer encore plus la gorgée qu’on anticipe, qu’elle soit gorgée d’eau ou gorgée de bière bien fraîche. Un régal.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jour 520

beignes

Cuvée 2018

Nous avons fait des beignes, ma tantine, ma cousine, mon mari et moi. En début d’aventure, mon mari n’était pas là, mais quand il est arrivé à la maison nous l’avons intégré à l’équipe. C’est une aventure, faire des beignes. C’est en outre pas mal salissant. La recette en donne plus de cent. La recette de ma grand-mère Yvette. Quand papa s’attelait à la tâche, à chaque mois de décembre, avec sa deuxième femme, ils en avaient pour la soirée. Dans mon souvenir, ils travaillaient en silence pour mieux se concentrer. En homme minutieux qu’il est, papa surveillait chaque beigne dans sa casserole pleine d’huile. Ma belle-mère s’occupait de fabriquer, rouler et façonner la pâte avec les emporte-pièces. On pouvait en goûter un ou deux, en fin de soirée, encore chauds et saupoudrés de sucre à glacer. Accompagnés d’un verre de porto, quand j’ai eu l’âge de pouvoir en boire.
Une fois que le projet de faire des beignes s’est concrétisé, Denauzier en a profité pour acheter une friteuse, que nous désirions compter dans notre trousseau depuis un bon moment. Pour faire comme papa, j’avais envie d’être aux commandes de notre nouvel engin, et c’est ce qui est arrivé. Ma cousine s’est occupée du mélange, qui devient très difficile à battre au fur et à mesure qu’on ajoute de la farine. Tantine, ici, était affectée à l’ajout de la farine à coups d’une demi-tasse à la fois. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons accueilli mon mari si chaleureusement, à peine venait-il de mettre le pied dans la maison. Il nous a battu ça en deux temps trois mouvements avec la grosse cuiller de bois.
Nous étions bien organisés. Avant l’arrivée de l’équipe cousine/tantine, nous avions apporté une table pliante pour ne pas salir et érafler peut-être notre immense table dans la salle à manger; sorti les ingrédients pour que les œufs, notamment, soient à la température de la pièce; installé la friteuse –et lu le petit guide au préalable, etc. J’avais aussi préparé saumon et fenouil gratiné pour qu’on puisse travailler le ventre plein.
Ma cousine, Denauzier et moi avons à peu près le même âge, soixante, mais tantine en compte vingt-deux de plus. Eh bien ma tantine, toute menue qu’elle est, est restée debout pendant toute la première partie du projet pour tailler à l’emporte-pièce. Car il y a eu deux parties. En cours de route, étant donné que ça allait bien, et pensant à toutes les personnes auxquelles on pourrait donner des beignes, j’ai proposé à ma cousine de faire un deuxième mélange pour doubler notre production, plus de deux cents beignes.
– On en profiterait, ai-je dit, pour tester des saveurs. Dans un premier tiers de pâte, on pourrait ajouter de la cannelle, un autre tiers du gingembre et poivre de cayenne, on pourrait aussi essayer le cacao…
Étant donné que tantine n’entend pas bien, ce projet de deuxième volet, accepté par ma cousine, lui a échappé. Quand elle nous a vues ressortir les ingrédients et resalir les grands culs de poule pour la deuxième production, elle s’est exclamée Encore ?, sans pour autant s’arrêter.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jour 521

télévisionJe suis très satisfaite de ma nouvelle création, terminée ce matin. Un ancien modèle de télévision ! Une toile nostalgie qui me rappelle l’appareil Zenith que nous avions à la maison quand j’étais jeune. Il n’était pas rouge mais brun, comme presque tous les téléviseurs à cette époque.
La toile en tant que telle m’a été donnée par mon beau-frère l’an dernier. Elle lui avait été offerte par une amie peintre. Elle était couverte d’un corps féminin plutôt sexy vêtu de lingerie affriolante. Le dessin était bien rendu, mais le sujet ne m’intéressait pas. J’ai recouvert la toile, il y a peut-être un mois, d’un restant de bleu tel qu’on le voit ci-dessus. Et la toile recouverte de bleu est demeurée en attente, déposée sur ma table de travail, à la vue.
On remarque au coin supérieur droit que mes bariolages bleus ne couvrent pas le coin de la toile. Ils ne se rendent pas jusqu’à la rencontre des arêtes horizontale et verticale. La masse de bleu, à cet endroit, se termine sur une ligne courbe. C’est en remarquant hier matin cette ligne courbe que j’ai eu l’idée de dessiner un ancien modèle de téléviseur. Comme quoi une idée peut se manifester rapidement. Je pose mon regard sur la courbe, et je sais dans la seconde ce que je veux faire.
05714136-photo-tv-low-resJ’ai trouvé tout plein d’anciens modèles sur Internet et j’en ai retenu un pas trop compliqué, dans l’écran duquel apparaissent les lignes verticales de couleur qui s’affichaient en-dehors des heures de programmation.
– Génial !, me suis-je exclamée.
De moi-même, je n’aurais pas pensé auxdites lignes. J’ai voulu couvrir l’écran de mon téléviseur de ces lignes de couleur, mais en même temps, je n’avais pas envie de cacher le fond bleu. Alors j’y suis allée pour des lignes verticales interprétées, grossièrement tracées, qui laissent paraître des portions de fond.
Il n’était pas prévu que du bleu soit visible entre l’écran couvert de lignes verticales, le tableau de sélection des postes, et l’habitacle de l’appareil. Je me suis trompée dans mes calculs quant aux proportions, sans surprise aucune, alors j’obtiens un téléviseur encore plus interprété.
– Que fais-tu ?, est venu me demander mon mari, constatant que j’étais collée sur ma chaise depuis plusieurs heures et que je ne semblais pas à la veille de me lever.
– Une télévision !, me suis-je exclamée. Je l’adore !
Mon mari a regardé ma toile. Il a voulu dire quelque chose, mais il ne l’a pas dit. Il s’est contenté de me dire qu’il était sur le point de me dire quelque chose qu’il ne me dirait pas, finalement.
miresrc– Dis-le s’il te plaît !, lui ai-je demandé.
– Bien… a-t-il commencé. Pourquoi n’as-tu pas représenté l’Indien de Radio-Canada, à la place des lignes verticales ?
– Wow ! Quelle bonne idée !
– J’ai l’impression qu’il est trop tard ? a-t-il ajouté.
– Pas si je me lance dans un diptyque !, ai-je répondu.
Ce sera au prix de nombreuses difficultés, cela dit. C’est nettement plus compliqué que les lignes verticales !

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jour 522

étudeLignes

Étude de lignes, horizontales, verticales, diagonales.

Je disais à Bibi, à la Brûlerie du Roy dans le vacarme de la machine à torréfaction, qu’il y avait, dans la biographie que je suis en train de lire de Michel Legrand, une photo de la mère de Michel. Elle s’appelle Marcelle. Sur cette photo, on dirait non pas Marcelle mais Jocelyne, ma mère. Bibi m’a dit que la même chose lui était arrivée, dans un autre livre. Alors nous avons convenu d’apporter nos livres à notre prochaine rencontre, pour le plaisir réciproque de faire connaître à l’autre notre découverte.
Des micro-événements comme ceux-là, des événements de rien du tout, si on peut, même, parler d’événements, me font toujours plaisir.
– C’est vrai, vais-je me dire au moment de me rendre à notre prochaine rencontre, il ne faut pas que j’oublie mon livre.
La plupart du temps, compte tenu qu’il s’agit d’un événement sans aucune importance, je n’oublie pas d’y penser. Lorsqu’il s’agit en revanche de penser à traîner avec moi la clef de mon véhicule, parce que ce dernier est garé dans la cour d’un commerce à Baie St-Paul et que je me rends le récupérer, eh bien j’oublie d’apporter la clef. Et bien entendu, je m’en rends compte sur place, une fois arrivé le moment d’ouvrir la portière !
On pourrait conclure que je ne m’intéresse pas tellement à ce qui est important. En tout cas, je m’intéresse énormément à ce qui ne l’est pas.
Lors d’un récent séjour en Abitibi, j’ai passé une heure dans une friperie avec une amie de Denauzier qui est en train de devenir tranquillement mon amie aussi. J’y ai acheté pour 2$ un pantalon de nylon bleu, couvert à l’intérieur d’une sorte de polar très doux, et chaud. Je le portais le week-end dernier au chalet. Au hasard d’un mouvement, j’ai découvert que la jambe droite, à la hauteur du mollet, donc à l’arrière, est couverte d’une petite poche dans laquelle on peut réellement insérer quelque chose, il ne s’agit pas juste d’un élément décoratif. Si on y insère une clef, cela étant, il faut s’arranger pour ne pas la perdre dans la neige… Un mouchoir ? Il se trouve alors pas mal loin du nez… Une collation, ou un porte-bonheur, me semble appropriés. Toujours est-il que je me suis exclamée de joie. Mon mari a été déçu, il pensait que j’avais aperçu un orignal ! Quand il a réalisé que mon sparage était causé par une poche cousue à un endroit inhabituel, il m’a prise dans ses bras et m’a embrassée…
J’ai l’impression que je m’intéresse à ces choses insignifiantes parce que je n’ai pas l’intelligence de décoder les choses signifiantes. Ni l’énergie. Je suis par définition paresseuse. Et pas très forte. Les choses signifiantes m’apparaissent lourdes et costaudes. Je me demande, par exemple, comment ça se fait que la France est aux prises avec ses gilets jaunes. Je me demande, plus précisément, comment ça se fait qu’elle est le lieu d’une révolte, et pas l’Amérique. Est-ce que ça pourrait être une question d’espace accessible, de densité de population ? Et une question géographique, l’Europe subissant les pressions à la fois de l’Asie, de l’Afrique, et de l’Amérique ? Est-ce que ça se pourrait qu’il ne se produise presque rien demain samedi 8 décembre ?

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , , | Un commentaire

Jour 523

macaroniBonbon

Achevée le 5 décembre 2018.

Je suis allée à la librairie du centre commercial de Joliette pour y acheter le livre de recettes végétariennes Plenty. Je voulais l’offrir en cadeau à Noël. J’avais téléphoné et le livre s’y trouvait. En l’ouvrant et en tombant par hasard sur une série de plusieurs recettes à l’aubergine, je n’ai plus eu envie de l’acheter. Pourtant, j’adore l’aubergine.
– C’est pour ça que le livre porte ce titre !, me suis-je exclamée intérieurement, c’est un jeu de mot avec Eggplant !
J’ai déjà cuisiné, à l’époque de ma vie d’autrefois, ce qu’on appelle un caviar d’aubergine. Les photos du livre me rappelaient ce caviar –une espèce de boue brunâtre– que j’avais trop parfumé d’huile de sésame et qui m’avait donné mal au cœur. J’ai donc refermé le livre et sans m’attarder davantage je suis ressortie de la librairie.
Il me restait encore un peu de temps avant ma rencontre avec Bibi à la Brûlerie du Roy. Je me suis dirigée vers la pharmacie en marchant d’un bon pas, or en arrivant devant celle-ci et en vérifiant quelle heure il était précisément, je me suis rendu compte que je devais vite retourner à ma voiture pour ne pas faire attendre Bibi. Quand j’ai pénétré dans la Brûlerie, elle m’attendait effectivement, mais depuis quelques minutes seulement. Il ne restait pas beaucoup de places de libres, alors nous nous sommes assises à proximité de la grosse machine de torréfaction qui fonctionnait à plein régime, dans un vacarme de décibels. Nous avons partagé une petite heure de placote puis je suis allée nourrir papa, il était rendu cinq heures.
Papa a tout mangé mais les yeux presque fermés car la lumière l’éblouissait. Il n’a presque pas parlé. Comme d’habitude, nous avons fait une petite promenade au rez-de-chaussée. Je l’ai quitté il était six heures trente.
– Dans la période qui précède Noël, ai-je pensé en regagnant ma voiture, les magasins sont peut-être encore ouverts.
C’est ainsi que je suis retournée au centre commercial où se trouve la pharmacie. Il faut dire que cela ne constitue pas un détour, je passe devant de toute façon pour atteindre la route 131 qui me ramène à la maison. J’ai ainsi pu fouiner à ma guise en prenant mon temps, et à force de fouiner j’ai trouvé un cadeau qui remplace le livre de recettes.
Puis je suis rentrée à la maison. Je me suis assise à côté de mon mari dans le fauteuil qu’il affectionne et qui n’est pas assez grand pour deux. Nous avons d’une chose à l’autre écouté la suite du film qui était commencé. En me relevant à une pause publicitaire pour aller prendre de l’eau, j’ai eu l’impression de ne pas aller bien. Pendant la nuit, j’ai dormi comme un loir. Et ce matin, je dirais que l’impression est en train de se transformer en conviction de couver un quelconque virus de la grippe…

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jour 524

macaroniBonbon

Photo ratée à cause du flash.

Finalement, j’y suis allée pour du blanc, aux extrémités des macaronis noirs. Du blanc tracé au crayon gel, cela permet plus de précision qu’un pinceau. Avec cette nouvelle touche de couleur, bien que le blanc, je pense, ne soit pas considéré comme une couleur, mes coudes, maintenant, font moins penser à des macaronis qu’à des bonbons. Des bonbons en forme de coudes, j’y pense tout d’un coup, c’est le cadeau idéal, à l’approche de Noël, pour remercier un plombier. Vouloir commercialiser mon produit, je pourrais créer des assortiments dans des sachets de papier transparent, le type de sachets dans lesquels on achète des madeleines aux pâtisseries fines, parés d’un ruban bleu, ou rouge, pour les refermer. Certains sachets contiendraient plus de coudes bleus, d’autres plus de marrons, et ainsi de suite, dans l’idée de tendre vers des sachets tous différents.
La saveur serait traditionnelle pour les coudes noirs, à savoir la réglisse, quand les extrémités blanches seraient à saveur de guimauve. Traditionnelle également la saveur des coudes bruns, qui serait celle du fudge, mais quel pourrait bien être l’ingrédient qui donnerait aux extrémités une couleur sarcelle ? Sans surprise, les coudes bleus seraient à saveur de bleuets, et leurs extrémités à saveur de fraises. C’est trop banal, ça ne va pas avec l’originalité de l’idée. Il faudrait que les coudes aux bleuets soient rehaussés d’une poudre de betterave rouge, tiens, un choix qui se justifie d’autant naturellement que la betterave est sucrée par définition.
Il manquait m’a-t-il semblé un élément qui traverserait avantageusement l’ensemble des coudes bonbons, pour qu’on n’ait pas l’impression qu’ils soient déposés sur un fond plat, sans vie. J’étais à la recherche d’un deuxième niveau de sens qui a pris la forme d’une espèce de ruban rose rehaussé d’une bordure violette. Ce ruban m’a occupée une bonne partie de l’après-midi, mais plus ça allait, plus je doutais de sa pertinence. J’ai fini par en effacer une bonne partie avec un linge humide.
Enfin, j’ai peint une bordure, dans l’esprit d’un encadrement, en mélangeant des couleurs dorées et cuivrées, et en m’efforçant de n’obtenir aucune bordure de la même largeur.
J’aime assez le résultat et je compte ne pas retoucher à cette toile à court terme. Elle nous tient compagnie dans la salle à manger.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire