Cinquième Encerclée dans sa version finale, après moult essais non concluants quant à la couleur de fond qui entoure les cercles. Après avoir beaucoup jonglé avec les couleurs, je vais tenter une sixième Encerclée monochrome sur une toile déjà existante. À suivre.
Pour ma plus récente Encerclée, j’y suis allée un peu fort avec 23 cercles. Ça fait du monde à messe ! La particularité de cette cinquième variation sur le thème du cercle est l’arrière-plan uniformément couvert de papier de soie à imprimé de pastilles.
Je ne suis plus du tout dans l’esprit léger et insouciant qui m’habitait lors de la réalisation de ma première Encerclée. Je calcule, je peaufine, je macère dans le travail de moinesse.
Voici quelques-unes des questions qui me passent par la tête pendant que je peins cette vaste fresque. J’allais écrire quelques-unes des questions qui m’assaillent, mais elles ne m’assaillent pas vraiment, elles ne font que passer, venir me visiter, partir, revenir, sans que j’essaie de leur trouver la moindre réponse.
Devrais-je faire disparaître complètement l’imprimé de pastilles ou en laisser voir ici et là ?
Les masses de couleur chamois inspirent-elles l’ennui dans la mesure où il s’agit d’une couleur neutre ?
Devrais-je les couvrir d’une couche de colle transparente et verser aussitôt de petits cristaux décoratifs de couleur violette pour les égayer ?
Est-ce considéré une erreur de goût que d’utiliser sur une même toile de l’acrylique à effet brillant (orangé) et à effet mat (chamois) ?
Quand je fais ce genre d’essai, ici de saupoudrage à l’item 3, j’ai l’impression de m’abaisser à une pratique artistique de bas étage. Un peu comme lorsque j’achète (rarement) de la vinaigrette du commerce, au lieu de la faire moi-même.
Je mettrai en ligne la version finie de cette cinquième toile –sur dix– lorsque je l’aurai terminée.
J’aime l’enrobage de couleur turquoise qui me donne l’impression d’être en contact avec une piscine sans ressentir l’inconfort de l’eau toujours trop froide !
Je me demande pourquoi j’ai si tant besoin de créer, d’inventer, de partir à la découverte de la nouveauté par l’intermédiaire de la peinture ou de l’écriture. Dès que je ne suis pas à la recherche de quelque chose par le biais de ces deux formes d’expression, je m’ennuie, je me sens habitée par une vacuité qui me rend presque misérable. Si j’étais titulaire d’un talent pictural hors du commun, je comprendrais ce besoin de m’exprimer coûte que coûte, mais ce n’est pas le cas. Je suis confrontée à mes limitations dès lors que je tente de m’éloigner de mes sentiers battus. Ainsi, j’ai dû me contenter d’un œil-poisson très sommaire, en jaune dans la partie rose, à défaut de pouvoir reproduire un œil un tant soit peu réaliste. Il m’a fallu montrer hier à Emmanuelle où se situe la bouche (ouverte, comme si la dame s’exclamait), en forme de demi-cercle rouge, un peu plus bas que l’œil-poisson, et préciser enfin que les trois lignes décoratrices, encore plus bas, représentent un collier autour du cou. Le chemisier que porte la dame est, lui, confectionné dans un tissu à imprimé de pastilles rouges et dorées.
J’ai profité de ma pneumonie pour peindre six toiles de grand format pendant le mois de janvier. Celle ci-dessus, intitulée La dame en rose, fait 53 po X 30 po. La léchée un peu tortueuse qui se lit à la verticale, contenue par des lignes de couleur sable, provient d’une ancienne toile peinte dans les années 2010. Comme elle m’inspirait un ennui mortel, elle décorait le mur d’une chambre dans laquelle je ne vais jamais.
Un point positif mérite de clore ce texte : j’aime les six toiles que j’ai produites coup sur coup. Je les trouve vivantes, vibrantes, et certaines, même, sont joyeuses. Ce doit être parce qu’elles ont été conçues au son des dialogues et de la musique des films de Lelouch.
Voici ma quatrième Encerclée. Il ne me vient rien de bien intelligent en tête pour la commenter. Je l’ai peinte en écoutant en boucle La vertu des impondérables de Claude Lelouch. Depuis hier soir, le film a joué quatre fois. En ce moment, l’image est sur Pause, à l’écran de la télévision, et je compte aller le savourer à nouveau, en cinquième fois, lorsque j’aurai écrit ce texte.
Si j’écoute un film sans le suivre à l’écran, comme ça arrive quand je suis en train de peindre, je suis plus attentive à la trame sonore. Je ne suis pas happée par le jeu des acteurs. La musique, ici, est omniprésente –de même que les aboiements du chien Gérard ! L’histoire s’articule autour de la Dolce Vita Orchestra, un groupe de quelque vingt musiciens qui débordent d’entrain, de joie de vivre, d’enthousiasme. Leur chef est Laurent Couson, qui joue ici son propre rôle puisqu’il est compositeur, pianiste et chef d’orchestre de formation.
Heureusement que j’ai eu de la difficulté à obtenir le rouge cramoisi que je désirais utiliser. Plus j’ai de la difficulté, plus je dois ajouter d’acrylique dans le mélange, un peu de bleu de céruléum, un peu de rouge de cadmium, un peu de mon restant de couleur prune qui m’a servi pour une toile antérieure, encore un peu de bleu, puis de l’eau car c’est rendu trop épais au contact de l’air… J’obtiens en bout de ligne un petit contenant pas mal rempli, que j’ai presque vidé pour couvrir la surface qui entoure les cercles.
La toile laisse voir l’ancien sujet, à savoir une espèce de crâne humain présenté de profil, dont on perçoit un oeil dans la partie blanche. Il s’agit d’un crâne encore doté de ses éléments organiques ! J’ai réussi à obtenir un résultat pas trop désolant en ajoutant du jaune dans les cercles et dans les espaces longilignes du crâne.
Pas surprenant que Lelouch soit salvateur pour ma personne. Sa légèreté contrebalance mon univers compliqué. Quand il était jeune, cela étant, certains de ses films étaient fort compliqués qui exploraient les vies de plusieurs générations, je pense aux Uns et les Autres…
Il n’y a pas de mot pour exprimer à quel point ma troisième Encerclée faisait pitié hier. Je pensais lui régler son cas en trois heures, quand il m’a fallu trois jours. D’entrée de jeu, je mentionne qu’un cercle m’a complètement échappé. Il vit là, tout seul, séparé des autres, sans fioriture ni enjolivure. Il se demande ce que la vie lui réserve. De nature optimiste, il ne s’inquiète pas trop. À l’occasion pessimiste, cependant, puisqu’il n’y a rien de plus facile que d’être habité par un sentiment et son exact opposé, il n’exprime aucune émotion. Il verra, en temps et lieu, s’il convient de sourire ou de se désoler.
À l’origine, sur la toile, il y avait une vache bleue. J’ai voulu tester la possibilité de tracer mes cercles tout en laissant la vache en arrière-plan. Je comptais remplir l’intérieur des cercles avec une couleur uniforme pour ne pas créer trop d’interférence avec la vache. Comme elle était entourée d’herbe verte, j’ai rempli l’intérieur des cercles avec un vert plus foncé, pensant que les deux verts allaient s’harmoniser. Il n’en fut rien.
Je ne ferai pas le récit détaillé de toutes les étapes que j’ai traversées. Je vais m’en tenir à une seule remarque : l’ensemble des cercles entrelacés est entouré d’un contour de couleur Jaune de Naples (le jaune apparaît plutôt blanc cassé sur la photo). Quand j’ai eu recours à cet adjuvant fédérateur, j’ai senti que j’allais m’en sortir et pouvoir intégrer ma toile à ma future série de dix, plutôt que de la lancer dans le feu de foyer –comme je voulais le faire récemment d’un vieux journal intime.
Je ne sais pas si c’est mon instinct qui a été déficient, s’il y a des aspects techniques qui m’échappent, mais je constate que pour arriver à un résultat vibrant, il m’a fallu procéder de manière empirique en testant une chose et son contraire. Ce ne fut pas de tout repos.
Ça fait beaucoup de surface à couvrir, ce format de 54 X 39 pouces. J’adore le résultat. Je pourrais continuer à améliorer, enjoliver, apporter une touche finale, mais je décrète que ça s’arrête aujourd’hui.
Ma fille chérie me dit qu’elle voit une patte d’éléphant quelque part… je ne sais plus où. Elle observait peut-être la toile à l’horizontale, quand je la publie ici à la verticale.
Cette toile témoigne d’une chose : ce n’est pas parce que le corps du peintre est malade que le sujet manque de vie !
J’ai fait à Encerclée sur fond jaune (Jour 128) une petite soeur Encerclée sur fond violet. Je n’étais pas aussi détendue, au cours de l’exécution de la deuxième version. Je m’inquiétais du manque éventuel de surface car la toile n’est pas aussi grande. Il y a un pouce de moins en hauteur et en largeur. Je m’en suis rendu compte alors que, le pinceau à la main, j’avais déjà commencé à appliquer mes couleurs. Mes cercles, du coup, ne sont pas aussi larges. Ils sont moins affirmés. Craintifs, ils se tiennent sur leur garde. Ils se demandent lequel d’entre eux sera sacrifié. La version jaune contient 16 cercles quand la version violette en contient 14.
Je pourrais facilement me rendre jusqu’à dix toiles –dans le sens que j’aime faire des cercles– et remplir une salle d’une galerie. J’aimerais alors observer les différences entre chacune. Je suis déjà allée à une exposition d’un ami qui avait ainsi regroupé une quinzaine de toiles de même format, ayant toutes le même sujet abstrait et dont seules variaient les couleurs. J’étais restée sur ma faim.
Je note quelques différences entre mes deux toiles : la largeur du trait des cercles, le fond à l’intérieur de ces derniers qui dévoile l’ancien sujet qui couvrait les toiles, la couleur très foncée qui couvre des espaces créés par les entrecroisements de cercles. Le dripping initial était trop chargé à ces endroits, alors j’ai opté pour le calme d’une couleur uniforme.
Ça devient bien tentant d’envisager dix Encerclée…