Série vestimentaire – SV17

DSC_5409

Chemisier tacheté, marque Philosophy, taille XP, Made in China sans surprise, Made in China No Wonder. À l’arrière-plan derrière la plante, pâle sur le mur pâle, la carte d’anniversaire que m’a donnée les Pattes.

J’aimerais avoir la résilience de ma violette africaine. À l’hiver 2016, j’ai failli la noyer tellement je l’ai arrosée. Je pensais que la terre devait être humide en permanence dans le pot, jusqu’à la surface. Je l’arrosais, tel qu’il est recommandé, par la base, en versant de l’eau dans l’assiette sous le pot. L’eau n’imprégnait pas la terre jusqu’à en rendre humide la surface. Alors j’arrosais, j’arrosais. Un jour, dans une quincaillerie, j’ai vu un lot de violettes africaines en solde, la plupart étaient fleuries, en bonne santé malgré que leur présentation, les pots appuyés et penchés les uns sur les autres dans un effet de bric-à-brac, laissât à désirer. Je me suis approchée et j’ai constaté que la terre de ces belles violettes était sèche à en être craquelée. Cela m’a incitée à modérer mes transports en arrosage et une fois mes transports modérés ma plante m’a remerciée en me faisant l’offrande d’une belle fleur, juste une. Cet hiver, début 2018, il a fait très froid et ma violette en a souffert. Elle était placée dans mon bureau près d’une fenêtre orientée à l’est, et pas collée tant que ça sur la fenêtre, mais elle n’en a pas moins gelé sans que je m’en rende compte. Progressivement, ses feuilles ont perdu leur chlorophylle, elles sont devenues blanchâtres pour ensuite se ramollir et finir par tomber –quand je tirais dessus délicatement. Bien entendu j’ai déplacé mon pot, je l’ai mis sur une table qui accueille déjà d’autres plantes non loin de la cuisine. À ce jour, une feuille seulement est encore blanchâtre et plusieurs nouvelles ont poussé, dissimulant sous leur velours sept fleurs en devenir !
Avec mes histoires de fleurs aujourd’hui et de gâteaux hier, je délaisse pas mal mes vêtements. Comme je l’ai annoncé au texte du mitan du projet, je me demande si je veux ajouter un défi supplémentaire à mon affaire. Tel qu’en atteste aujourd’hui la présence du ruban rouge et du galon de couturière, je pourrais aller vers une accumulation d’objets autour du cou. Je sais ce qui pourrait être ajouté demain et après-demain, mais pas les autres jours. Si j’accumule autour du cou, est-ce à dire que je cesse par ricochet l’accumulation sur le bureau autour du mannequin ? Ou je maintiens les deux ? Et pourquoi accumuler ?
Je porte en ce moment le chandail vert foncé d’hier, très confortable, acheté avec Emma au magasin Sears lors de la vente de fermeture. C’est ainsi vêtue que je vais me rendre dans les prochaines minutes au bureau de poste du village pour y faire affranchir une grosse enveloppe. Et c’est vêtue de mon chemisier tacheté ultra-léger que je vais me rendre plus tard en journée au CHSLD. Que vais-je faire entre la poste et le CHSLD ? J’aimerais travailler sur une toile. Si je travaille sur la toile je ne marcherai pas. Mais je pourrais marcher dans Joliette, pour faire changement, une fois papa nourri.

Publié dans SV | Marqué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Série vestimentaire – SV16

DSC_5407

Vêtement de la marque Sears, vert foncé, mélange de rayonne et de polyester. Au cou, le ruban rouge de l’emballage du cadeau que m’a offert Emma pour mes 59 ans, à savoir une belle plante grasse à fleur rouge, rouge comme le ruban.

Nous avons célébré hier dans un grand brouhaha la fête des Pattes. Quand elle s’est retrouvée seule dans sa maison en fin de soirée, tantine a certainement pensé qu’un ouragan venait de passer. Je n’étais pas tellement en forme, je n’avais pas faim et pas envie de boire du vin. J’ai bu de l’eau minérale. Quand je ne suis pas en forme, j’ai tendance à me casser la tête à propos d’un rien. Le rien, hier, fut le gâteau. J’en ai apporté deux chez tantine, un cétogène au fromage et abricots, et un non cétogène à la vanille selon une recette que j’ai adaptée au fil de mes nombreux essais.
– Pourquoi deux gâteaux ?, a demandé tantine. C’est bien trop !
Je suis arrivée la première chez tantine, accompagnée de mon mari. Cela nous a donné un peu de temps de préparation et d’organisation.
– Parce que j’ai fait un gâteau au fromage, j’en avais envie, mais ce n’est pas tout le monde qui aime ça, alors j’en ai fait un autre.
– Moi j’aime ça, a répondu tantine.
– Moi aussi, et j’aime celui à la vanille, alors on pourra manger des deux si on veut.
– L’autre est à la vanille alors ?, s’est étonnée tantine, car le gâteau est d’apparence foncée en raison de la farine brune que j’ai utilisée.
– Oui, à la vanille.
– Et l’autre aux abricots ?
– Et au fromage.
De fil en aiguille, nous avons réussi à passer à travers les préparatifs, mais en arrière-plan de ma pensée je n’arrêtais pas de me demander comment j’allais servir le gâteau à la vanille, énorme.
J’avais aussi apporté un mélange de crème fraîche et de petits fruits congelés réduits en purée.
– Et ça ?, a demandé tantine en désignant le mélange de crème et de purée, c’est un troisième dessert ?
– Ça, tantine, c’est un mélange de crème et de fruits, et je ne sais pas comment le servir. Penses-tu que je devrais en garnir le gâteau ? Ou simplement le déposer à même le pot sur la table et les gens en prennent comme ils veulent, à la cuiller ?
– Je ne sais pas, belle nièce, a répondu tantine.
Finalement, j’ai appliqué une partie de mon mélange crème fruits entre les deux gâteaux. Il convient de savoir en effet, à ce stade du récit, que la recette donne un gâteau tellement gros qu’il faut cuire la pâte dans deux moules, que j’ai choisis en forme de cœur. Or, les deux gâteaux ont généreusement gonflé en cours de cuisson, de telle sorte qu’ils sont sortis du four pas mal bombés.
– Ils sont donc bien gros !, s’est d’ailleurs exclamé mon mari lorsqu’il a aperçu les gâteaux sortant du four, quelques heures plus tôt.
– Ils vont aplatir, ai-je répondu, ça s’affaisse tout le temps.
J’étais dans les patates. Ils sont restés bien gonflés.
Avoir eu l’esprit pratique, j’aurais tranché la partie bombée d’un des gâteaux pour obtenir une surface aussi plate que possible, et j’aurais déposé l’autre gâteau par-dessus, dont je n’aurais pas tranché la partie bombée. J’aurais nappé tout l’extérieur et obtenu un résultat spectaculaire. Mais je n’ai pas l’esprit pratique, et je n’étais pas en forme, et sur l’entrefaite de mes questionnements les grandes Pattes est arrivé, emplissant la maison de son exubérance. Alors j’y suis allée en vitesse de la façon suivante : j’ai déposé un gâteau dans l’assiette, partie bombée en-dessous, j’ai généreusement appliqué mon mélange crème et fruits sur la partie plate qui me faisait face, et j’ai déposé l’autre gâteau par-dessus. J’ai rapidement couvert le tout d’un papier d’aluminium avant que les Pattes pénètre dans la cuisine et j’ai mis le tout au frigo.
Quand est venu le temps de servir le dessert, j’ai enlevé le papier d’aluminium, mais avant même d’avoir fini de l’enlever, le gâteau du dessus a glissé pour aller s’échouer sur la nappe. Le plus extraordinaire, c’est qu’il régnait un tel désordre dans nos conversations et nos exclamations que je n’ai pas jugé bon de réparer les dégâts. Denauzier était affecté à la coupe des tranches, il y est allé joyeusement en s’attaquant au gâteau du dessous, demeuré dans l’assiette, sans se soucier de celui qui avait glissé.

Publié dans SV | Marqué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Série vestimentaire – SV15

DSC_5406

Chandail en fibre synthétique qui ressemble à de la viscose. Marque Express World Brand dont le siège social semble être au Tennessee.

Me voici à la mitan de mon projet de trente textes sur le thème des vêtements, seulement les hauts. L’heure est à la récapitulation. Mon projet a évolué et pourrait certes évoluer davantage. Mes trois premiers vêtements ont été présentés suspendus sur chacun un cintre, au dos de la porte de la salle de bain. Ce n’était guère attrayant. Après une courte escapade à Chertsey, où un homme vivant dans un Mobil Home (comme dans le film Paris Texas) m’a vendu un mannequin pour un prix trop élevé –mais je l’ai acheté pareil–, sous le regard intimidant de son chien pitbull, j’ai été à même de présenter mes vêtements suivants sur un mannequin sans tête mais avec bras et mains. Le mannequin s’avérant un peu plus développé que mon propre physique, certains de mes vêtements semblent trop petits alors que dans les faits c’est le mannequin qui est trop grand, et de poitrine plus forte.
Le coup de maître, à mon avis, a eu lieu le jour 4 de mon défi vestimentaire, lorsque j’ai porté ma tunique Columbia en l’envers, c’est-à-dire le capuchon côté poitrine.
Assez rapidement, j’ai senti le besoin d’ajouter un défi à mon défi, et c’est ainsi que j’ai commencé une accumulation d’objets hétéroclites sur la surface du bureau où repose mon mannequin.
Le vêtement d’aujourd’hui est tellement sobre et d’une couleur –brun cuivré– qui n’a tellement pas la cote dans le milieu de la mode, que j’ai senti le besoin de l’égayer avec mon grand foulard à papillons acheté aux Iles-de-la-Madeleine. En ce moment, je suis en pantalons courts et en camisole à bretelles spaghettis tellement il fait chaud dans la maison, au grand soleil, donc il est hors de question que je porte le chandail à col roulé et à manches longues sous peu, mais je vais le porter pour aller souper chez tantine en fin de journée. Telle que je me connais, à peine serai-je arrivée chez tantine que le foulard va m’énerver en se répandant de sa vaste surface sur mes bras au moindre mouvement, alors je vais l’enlever, mais une fois assise à la table pendant le repas je vais m’en couvrir les épaules et ce sera joli.
Maintenant, qu’est-ce que je veux faire pour la deuxième moitié de ma série ? M’en tenir à une seule couleur de vêtements, ou à une seule catégorie, par exemple que des hauts avec boutons et boutonnières, ou que des hauts en fibre de viscose ?
Savoir que les mains du mannequin sont assez solidement fixées et ne risquent pas de tourner sur elles-mêmes, je pourrais tenter de mettre dans la main du mannequin, pour chaque nouveau vêtement, un objet dont la seule fonction serait de paraître incongru. Or, on peut tout tenir dans nos mains, selon nos besoins, alors qu’est-ce qui pourrait créer un effet d’incongruité dans ce contexte ? Je me donne jusqu’à demain pour y penser.

Publié dans SV | Marqué , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Série vestimentaire – SV14

DSC_5405 (2)

S’ajoute au barda sur le bureau un cylindre que j’ai reçu en cadeau, probablement un contenant de biscuits de fantaisie, de type Mikado, couvert de papier sur lequel on distingue une tête de lapin, peut-être un papier utilisé d’une quelconque manière pour les récentes célébrations de Pâques…

Difficile d’écrire ce matin, le téléphone n’arrête pas de sonner. Nous essayons d’organiser un souper pour demain soir lundi afin de souligner les 56 ans de mon frère les Pattes.
On voulait aller à la cabane à sucre jeudi soir prochain, initialement. Tantine et moi ayant acheté un cadeau pour mon frère, nous le lui aurions offert le jeudi, avec quelques jours de retard.
Mais nous craignons, Denauzier et moi, avoir un empêchement ce jeudi, alors nous avons tortillé les choses autrement.
Ce sera lundi, le jour même de l’événement, ce qui, en soit, constitue il me semble un plus.
J’ai d’abord proposé une rencontre le mercredi soir, en remplacement du jeudi initial, mais le mercredi soir les Pattes et moi nous occupons de papa, donc il aurait fallu demander à Bibi de s’occuper de papa à notre place, or Bibi, pas folle, veut être au nombre des convives pour les 56 ans, que l’on mange des plats de cabane ou pas.
Pour l’instant, mais tout pourrait changer, nous allons essayer de manger tous ensemble demain soir chez tantine. Je pense qu’elle ne le sait pas encore, au moment où j’écris ces lignes, car je viens à l’instant de lui envoyer un courriel pour lui soumettre cette proposition. Si elle le sait d’ores et déjà, c’est qu’elle a lu mon courriel dès son arrivée dans sa boîte de réception.
Nous allons, les plus jeunes, apporter le repas, bien entendu. On ne demandera pas à tantine, 81 ans, de tout préparer moyennant si peu de temps de préavis.
Pendant ce temps, mon chemisier, celui que je vais porter aujourd’hui pour me rendre chez ma fille à Montréal avec mon mari, afin de souligner avec un peu de retard mon propre anniversaire de 59 ans, se demande quand est-ce que je vais m’occuper de lui.
Il est presque de la même couleur que le vêtement d’hier, ni gris ni taupe mais un mélange des deux. De la marque Banana Republic, acheté au magasin le Chaînon boulevard St-Laurent. Ce sera la première fois aujourd’hui, comme ce fut d’ailleurs le cas pour le vêtement d’hier, que je le porte. Un frisson me parcourt déjà le corps en pensant au moment où je vais le mettre car il est fait de soie à 100%. Les premières secondes qu’elle est en contact avec la peau, la soie crée un effet de fraîcheur un peu désagréable en hiver. Mais la fibre de la soie étant un élément qui provient de la nature, un élément capable de s’adapter aux variations des saisons, elle comprend rapidement qu’elle doit réchauffer l’épiderme si on la porte en hiver, de sorte que la sensation de froid cède aussitôt la place à une sensation de chaud. À l’inverse, si on porte de la soie en été, il semblerait qu’elle rafraîchit plutôt que de tenir au chaud. J’ai voulu tester ce phénomène l’été dernier, mais il faisait probablement trop chaud car il s’avère que même portant de la soie j’ai transpiré à grosses gouttes. J’adore la coupe saharienne de mon nouveau vêtement, notamment les quatre pinces à l’avant, deux sous chaque poche à la hauteur de la poitrine. Ce ne sont pas toutes les sahariennes qui sont dotées de telles pinces, mais je dirais que rares sont les sahariennes qui ne sont pas dotées de pattes d’épaule, autrement appelées épaulettes.

Publié dans SV | Marqué , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Série vestimentaire – SV13

DSC_5404 (2)

Vêtement Asics, peut-être acheté au magasin Yeti, à Joliette

Mon frère les Pattes sait mieux que moi s’il aime un vêtement ou pas.
– Aimes-tu le chemisier que je porte ?, lui ai-je demandé alors que nous nous occupions tous les deux de papa, la semaine dernière.
– Non, fut sa réponse sans hésitation aucune.
– Qu’est-ce que tu n’aimes pas ?, ai-je voulu savoir. Les lanières entrecroisées sur les épaules ? Le tissu ? Le motif de l’imprimé ? Les boutons de métal qui font penser à des vêtements de motard ?
– Tout ça. Tout ce que tu nommes ne me plaît pas. Autrement dit, il n’y a rien qui me plaît.
– Et si je l’offrais à ta blonde, penses-tu qu’elle aimerait le porter ?
– Ça m’étonnerait. Ce n’est pas son genre. Comme elle est polie, elle l’accepterait et te dirait que c’est beau, mais elle ne le porterait pas.
Étant donné que nous sommes allés souper chez mon frère et sa blonde à l’occasion de mon anniversaire, et de celui des Pattes le 9 avril prochain, j’ai apporté mon chemisier et je l’ai offert à sa blonde.
– Aimerais-tu ce vêtement ?, lui ai-je demandé. J’ai pensé te le donner, je pense qu’il est trop grand pour moi.
– Non, fut la réponse.
– Est-ce que je devrais le porter ?, ai-je ajouté en l’enfilant par-dessus le petit haut gris que je portais hier, pour ceux qui s’en souviennent, celui qui est d’une excessive sobriété.
– Sais-tu que sur toi il est beau !? Je trouve qu’il fait madame sur moi mais pas sur toi. La couleur te va bien.
D’une chose à l’autre nous avons changé de sujet et il n’a plus été question de mon chemisier, que j’ai remis dans mon sac pour ne pas l’oublier. J’ai pensé le faire exprès de l’oublier chez mon frère, en fait, mais la pensée n’a duré qu’une seconde.

Zoom sur le passe pouce

Doté d’une ouverture qui isole le pouce (une image vaut mille mots).

Nous voici jour 13, consacré au vêtement de sport représenté ci-dessus. C’est la première fois que je le porte alors que je l’ai acheté l’été dernier. Il n’est ni gris ni couleur taupe, il est entre les deux. Il me va mieux qu’au mannequin dont la poitrine est trop forte pour la taille du vêtement, je trouve.
Il est doté d’une ouverture qui isole le pouce des autres doigts de la main. Cela fait en sorte que la paume extérieure de la main est couverte de tissu jusqu’aux jointures. C’est pratique pour se protéger de l’apparition de taches brunes, en été. Cela me fait penser à mes gants de vélo, que je portais il y a longtemps lorsque je voyageais en bicyclette pour aller travailler à l’université. À l’inverse des manches à ouverture pour le pouce qui couvrent bien la paume extérieure de la main, mes gants couvraient bien les métacarpes, mais ils ne couvraient qu’une partie seulement de la paume extérieure. C’est ce qui fait qu’à la fin de l’été, j’avais les paumes de deux couleurs, une couleur bronzée et l’autre pas bronzée.

Publié dans SV | Marqué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Série vestimentaire – SV12

DSC_5402

C’est en plein moi. Trop sobre, gris, aucune fioriture. La chaîne, au cou, appartient à Denauzier.

Le texte d’hier me fait penser à Serge Bouchard. Voilà un auteur qui sait partir de rien et se rendre là où il veut, tout en créant chez le lecteur un intérêt soutenu. Comment puis-je affirmer cela ? Je suis la première à me le demander  puisque je ne l’ai jamais lu, mais seulement entendu, distraitement, à la radio au volant de ma voiture. Il me semble quand même que je ne me trompe pas. Serge Bouchard sait aborder un sujet banal, trivial, et l’élargir, lui donner du sens, du volume, en puisant dans ses connaissances d’anthropo-ethno-historien. Je serai plus à même de confirmer cela lorsque j’aurai lu le livre qu’il a écrit avec Bernard Arcand et que je viens de commander à la librairie, Les Meilleurs Lieux communs, peut-être.
En attendant, aujourd’hui 6 avril c’est mon anniversaire de naissance, j’ai 59 ans. J’en avais 52 quand j’ai commencé mon blogue. Ça adonne bien que le cintre dont c’était rendu le tour, dans mon garde-robe, soit celui de ce chandail d’une sobriété excessive, car je l’aime et je n’aurais pas eu envie, compte tenu de la particularité de ce jour, de porter n’importe quoi. Je l’ai acheté neuf, à la boutique dont m’avait parlé ma belle-sœur, et ce soir nous soupons justement chez elle et chez mon frère les Pattes. Raclette au menu.
Je me rends compte que c’est depuis que j’ai fait des études en arts plastiques que je ne m’intéresse plus tellement à mes vêtements –même si je leur accorde trente jours de visibilité sur ma plateforme badouzienne ! Je peux porter un peu n’importe quoi, finalement, parce que ce n’est plus de cette manière que je me définis. Je me définis par les réalisations que j’invente –à l’écrit ou en peinture. Dans cette veine, j’aime qu’une personne s’habille n’importe comment. Je vais aimer qu’un homme, par exemple –parce que je n’ai pas vu de femmes le faire à ce jour–, mette d’épaisses chaussettes blanches dans ses sandales en été. Qu’il s’en rende compte ou non, cet homme exprime une grande liberté par rapport à la mode, par rapport aux conventions. À mon esprit, il est indépendant. Il résiste aux normes.
Un nouvel ami s’ajoute à la présentation hétéroclite sur le dessus du bureau, à savoir une fourchette, appuyée sur le bracelet de maman.
Un mot sur les photos en tant que telles. Il aurait fallu, dès le début, que je les prenne de la même manière, à la même distance, avec la même ouverture de lentille. N’ayant rien fait de tel, j’obtiens des photos qui manquent d’uniformité et cela enlève beaucoup d’intérêt à mon projet. D’où il ressort qu’encore à 59 ans je suis un bélier d’ascendance bélier, comme l’a toujours dit papa. Je fonce, j’agis, je mets en place, et je réfléchis après. Quand je réfléchis, je me rends compte de toutes les erreurs qui ont parsemé mon entreprise, de tous les manques. Cela m’incite peut-être, au final, à ne pas réfléchir, justement, parce qu’il m’est désagréable de prendre conscience de tous ces manques. Agir de manière à ce que ces erreurs ne parsèment pas mon parcours, enfin, est une éventualité vouée à l’échec, de probabilité nulle.
Un mot encore sur un site que j’ai découvert à force de réfléchir aux vêtements. Il s’appelle New chic et a pignon sur rue, si on peut dire ça d’un site web, à Hong Kong. On y trouve de très jolies tuniques, pas du tout classiques et sexy, mais plutôt paysannes, comme on pourrait en voir sur la page couverture du magazine français Marie-Claire. Je devrais peut-être me laisser tenter et en commander une, ou deux pour un prix légèrement haussé, en cadeau de fête de moi à moi. Je me donne la journée pour y penser.

Publié dans SV | Marqué , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Série vestimentaire – SV11

DSC_5400

Moutarde sèche Keen’s, lunettes fumées Columbia, bracelet de maman, pomme blanche, pince à cheveux, plante grasse.

Je me demande moi-même où est-ce que je veux en venir avec ma série vestimentaire. Je pense qu’au départ je voulais vérifier qu’on peut écrire des histoires à partir de presque rien. Je continue de penser qu’on peut écrire des histoires à partir de presque rien, comme, en peinture, on peut tout représenter, le sujet n’est pas tant important que la manière de le rendre, et d’ailleurs en abstraction il n’y a pas de sujet, mais je me rends compte qu’il faudrait que je sois mieux préparée, plus documentée, pour créer du sens, du texte, de l’intérêt auprès de mes lecteurs, à partir de mes presque riens. On ne s’improvise pas érudit. Moi, j’improvise tout court.
Ainsi, sous mes doigts, les lanières noires entrecroisées amènent le seul commentaire qu’elles me font penser à la tenue d’une guidoune, et ça s’arrête là. En prime, les lanières entrecroisées se terminent sur un petit bouton rond métallique qu’on ne voit pas sur la photo. Cet aspect métallique amène, dans mon esprit, une référence au milieu des motards, c’est encore moins moi.
Est-ce que j’aime ce chemisier bleu et noir ? Je ne le sais pas. Je n’ai pas d’opinion. Pourquoi l’ai-je acheté ? Parce que ma belle-sœur m’a suggéré d’aller visiter cette boutique de Joliette où elle se procure des jeans et des hauts, sur une base régulière parce que c’est sa boutique préférée. Si j’y vais, me suis-je dit, j’aurai son style vestimentaire, que j’aime, un style dynamique, un peu rock. Mais le style vestimentaire un peu rock, encore une fois, ce n’est pas moi. Si elle me parle de cette boutique, me suis-je dit encore, c’est qu’elle veut me rendre service en m’amenant à m’habiller mieux ?
Qui suis-je, en fin de compte ? Quel est mon style ? Qu’est-ce que j’aime ? Est-ce que je m’aime ? Est-ce que j’aime certaines choses, vestimentairement ?
Je dirais que je suis à mon meilleur dans des vêtements classiques mais seyants, qui épousent les formes. J’ai souvenir d’une jupe noire de coupe cigarette on ne peut plus classique que j’ai portée au travail pendant des années, jusqu’à ce que le tissu en soit élimé et la doublure décousue. Je l’ai achetée au début de ma vie à Montréal, rue Ste-Catherine ouest, dans une boutique qui, évidemment, n’existe plus. De conception québécoise. Payée cher, 150$ en 1991.
Je serais à mon meilleur, peut-on lire ci-dessus, dans un vêtement de coupe classique mais ajustée, qui laisse voir les formes. Alors comment ça se fait que je porte des soutiens-gorge de sport qui écrasent les seins, d’autant que j’ai une petite poitrine qui n’exige pas un support maximal à l’épreuve des impacts ?
Sur le seul plan visuel de la photo qui accompagne mes textes, je ne publie rien qui attire le regard puisqu’il s’agit d’aubaines dénichées dans les friperies, achetées souvent sur la base du fil qui est utilisé –je privilégie la rayonne, le coton, la viscose. J’achète en me disant que je trouverai une manière de porter le Nygard trop grand en enfilant une autre couche par-dessus, mais les possibilités d’ajout de couches ne donnent pas toujours les résultats escomptés.
Pour me faire mentir, cela étant, j’ai acheté le chemisier d’aujourd’hui à l’état neuf, peut-être même pas en solde ! J’en aime l’imprimé, on dirait qu’il a été obtenu par la technique du batik. Tantine, encore une fois, trouve qu’il est d’un grand chic. Je le porte volontiers lorsque je vais nourrir papa au CHSLD parce qu’il est au nombre des vêtements les moins chauds de ma garde-robe.

Publié dans SV | Marqué , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire