Série vestimentaire – SV16

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Vêtement de la marque Sears, vert foncé, mélange de rayonne et de polyester. Au cou, le ruban rouge de l’emballage du cadeau que m’a offert Emma pour mes 59 ans, à savoir une belle plante grasse à fleur rouge, rouge comme le ruban.

Nous avons célébré hier dans un grand brouhaha la fête des Pattes. Quand elle s’est retrouvée seule dans sa maison en fin de soirée, tantine a certainement pensé qu’un ouragan venait de passer. Je n’étais pas tellement en forme, je n’avais pas faim et pas envie de boire du vin. J’ai bu de l’eau minérale. Quand je ne suis pas en forme, j’ai tendance à me casser la tête à propos d’un rien. Le rien, hier, fut le gâteau. J’en ai apporté deux chez tantine, un cétogène au fromage et abricots, et un non cétogène à la vanille selon une recette que j’ai adaptée au fil de mes nombreux essais.
– Pourquoi deux gâteaux ?, a demandé tantine. C’est bien trop !
Je suis arrivée la première chez tantine, accompagnée de mon mari. Cela nous a donné un peu de temps de préparation et d’organisation.
– Parce que j’ai fait un gâteau au fromage, j’en avais envie, mais ce n’est pas tout le monde qui aime ça, alors j’en ai fait un autre.
– Moi j’aime ça, a répondu tantine.
– Moi aussi, et j’aime celui à la vanille, alors on pourra manger des deux si on veut.
– L’autre est à la vanille alors ?, s’est étonnée tantine, car le gâteau est d’apparence foncée en raison de la farine brune que j’ai utilisée.
– Oui, à la vanille.
– Et l’autre aux abricots ?
– Et au fromage.
De fil en aiguille, nous avons réussi à passer à travers les préparatifs, mais en arrière-plan de ma pensée je n’arrêtais pas de me demander comment j’allais servir le gâteau à la vanille, énorme.
J’avais aussi apporté un mélange de crème fraîche et de petits fruits congelés réduits en purée.
– Et ça ?, a demandé tantine en désignant le mélange de crème et de purée, c’est un troisième dessert ?
– Ça, tantine, c’est un mélange de crème et de fruits, et je ne sais pas comment le servir. Penses-tu que je devrais en garnir le gâteau ? Ou simplement le déposer à même le pot sur la table et les gens en prennent comme ils veulent, à la cuiller ?
– Je ne sais pas, belle nièce, a répondu tantine.
Finalement, j’ai appliqué une partie de mon mélange crème fruits entre les deux gâteaux. Il convient de savoir en effet, à ce stade du récit, que la recette donne un gâteau tellement gros qu’il faut cuire la pâte dans deux moules, que j’ai choisis en forme de cœur. Or, les deux gâteaux ont généreusement gonflé en cours de cuisson, de telle sorte qu’ils sont sortis du four pas mal bombés.
– Ils sont donc bien gros !, s’est d’ailleurs exclamé mon mari lorsqu’il a aperçu les gâteaux sortant du four, quelques heures plus tôt.
– Ils vont aplatir, ai-je répondu, ça s’affaisse tout le temps.
J’étais dans les patates. Ils sont restés bien gonflés.
Avoir eu l’esprit pratique, j’aurais tranché la partie bombée d’un des gâteaux pour obtenir une surface aussi plate que possible, et j’aurais déposé l’autre gâteau par-dessus, dont je n’aurais pas tranché la partie bombée. J’aurais nappé tout l’extérieur et obtenu un résultat spectaculaire. Mais je n’ai pas l’esprit pratique, et je n’étais pas en forme, et sur l’entrefaite de mes questionnements les grandes Pattes est arrivé, emplissant la maison de son exubérance. Alors j’y suis allée en vitesse de la façon suivante : j’ai déposé un gâteau dans l’assiette, partie bombée en-dessous, j’ai généreusement appliqué mon mélange crème et fruits sur la partie plate qui me faisait face, et j’ai déposé l’autre gâteau par-dessus. J’ai rapidement couvert le tout d’un papier d’aluminium avant que les Pattes pénètre dans la cuisine et j’ai mis le tout au frigo.
Quand est venu le temps de servir le dessert, j’ai enlevé le papier d’aluminium, mais avant même d’avoir fini de l’enlever, le gâteau du dessus a glissé pour aller s’échouer sur la nappe. Le plus extraordinaire, c’est qu’il régnait un tel désordre dans nos conversations et nos exclamations que je n’ai pas jugé bon de réparer les dégâts. Denauzier était affecté à la coupe des tranches, il y est allé joyeusement en s’attaquant au gâteau du dessous, demeuré dans l’assiette, sans se soucier de celui qui avait glissé.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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