Jour 511

styleLynda

Style Lynda. Bien tranquille, aurait dit François. Détail d’un assez grand format, 16"X48".

Je suis rendue à l’étape des préparatifs innombrables que je n’aime pas. Couper le beurre en petits carrés, les déposer dans quatre contenants, un pour chaque coin de la table. Laver les coupes à vin qui, parce qu’elles sont vieilles et ont été mal entretenues, restent tachées sous mon linge à vaisselle. Attention, si j’essuie trop fort, le verre casse. Je suis rendue à l’étape du tri d’ustensiles supplémentaires dans le gros contenant où ils s’accumulent pêle-mêle; de la recherche de chaises à placer autour de la table; du lavage des napperons qui vont couvrir la table. Elle est tellement grande qu’aucune nappe n’arrive à la couvrir. J’y vais avec des napperons que je colle les uns sur les autres, ça fait beaucoup de napperons mais en bout de ligne c’est joli.
J’ai eu de la difficulté à m’endormir d’ailleurs parce que je pensais à tous ces détails d’arrangement. Pourtant, je me suis couchée tard, vers deux heures du matin, mais au lieu de m’activer autour des détails d’arrangement, dans la soirée, j’ai peint sur un panneau de bois. J’ai eu l’impression que j’avais enfin trouvé ma signature, ma manière de composer des tableaux que les gens pourraient reconnaître au premier coup d’œil. C’est pratique, avoir une signature, parce que lorsqu’on expose dans une galerie, les œuvres ne sont pas disparates mais reliées par une approche commune. Cela séduit le regard dès l’arrivée. C’est traître, par exemple, quand on est acheteur. On ne sait pas quelle toile sélectionner de la série, et une fois extraite de sa série, la toile est moins forte picturalement. Elle s’ennuie de ses frères et sœurs, elle perd de sa vitalité.
Cette approche que j’ai eu l’impression d’avoir trouvée hier, dans mon exaltation, requiert le concours des serviettes de table et de l’effet mosaïque, comme on le voit ci-dessus. La série, aussi, est chère à mon cœur. Ici, les lignes sarcelle, les blocs jaunes et les carrés imprimés du papier constituent des séries. Il faudrait que je trouve un moyen de les rendre chacune plus accrocheuses. J’ai pensé entourer chaque bloc jaune de lignes fines tracées au crayon gel de couleur cuivre, mais je vais en avoir pour deux mois… Un peu sinon beaucoup de l’effet « manque de vie » tient au fait qu’il n’y a aucune perspective, tout est à plat. À cet égard, couchée hier soir et ne dormant pas, je me suis demandé où était rendu le pastel que j’ai fait il y a plus de dix ans d’un vase rehaussé d’une masse d’ombre portée qui crée une troisième dimension…
Et la dinde, et la farce, et les canneberges…
J’aurais dû me lever et venir couper les carrés de beurre…

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jour 512

sandales-a-lacets-en-daim-et-talons-aiguilles

Un peu semblables aux chaussures de Véronic.

En tout cas, Véronic, elle swing par là ! Sur des talons aiguilles pendant deux heures à bouger sans arrêt et à chanter pendant qu’elle bouge, ça me semble un exploit. Les danseurs et les musiciens aussi nous ont impressionnés. On avait beau être placés à la rangée S, donc pas mal dans le fond de la salle, on voyait très bien, on ne manquait rien. Mon frère est allé entendre Brigitte Boisjoli il y a quelque temps et il a pensé la même affaire :
– Elle s’excite bien trop, elle ne sera jamais capable de se rendre jusqu’à la fin du spectacle !
– Pas beaucoup de jeunes !, a commenté mon mari avant le début de la représentation.
Effectivement, nous étions entourés de têtes blanches. J’ai observé la dame qui était assise devant moi. Ses mains étaient marquées par le temps, traversées de veines saillantes et tachetées de brun. J’ai voulu demander à mon mari quel âge il lui donnait pour évaluer dans combien de temps j’allais porter les mêmes mains, mais j’ai laissé faire, Seigneur, on était dans la salle pour s’amuser et profiter de la vie, après tout ! J’étais allée entendre la Bande magnétik il y a longtemps dans une église d’un village voisin d’Oka. En plein été dans une chaleur étouffante. Comment les chanteurs faisaient-ils pour se démener comme ils le faisaient ? Je me l’étais demandé toute la soirée. Les membres du groupe étaient venus parler avec les spectateurs à la fin, –et dédicacer leurs CD !– dans le fond de l’église. Tout le monde y allait de sa question. Je brûlais d’envie de leur demander comment ils faisaient pour se maintenir dans une telle forme. Bien entendu, fidèle à moi-même, gênée, timide, pas confiante, même si j’avais pourtant atteint la quarantaine, je n’avais pas ouvert la bouche. C’est comme cette autre fois, dans un passé encore plus ancien de l’université d’Aix, cette fois que j’aurais voulu résumer en classe le livre de Marie Cardinal que j’ai lu cinq fois, Les mots pour le dire, et que je n’avais pas été assez brave pour le faire.
J’ai déjà écrit à propos de ça, la forme physique des chanteurs de la Bande magnétik (Jour 1106) et mon manque de confiance pour parler en classe, à Aix (Jour 2015) ou ailleurs.

ligneSarcelle

Une image vaut mille mots. Ça vaut bien la peine d’écrire un blogue de 2200 textes !

Mais je refuse de me laisser abattre par mes répétitions dans mes textes, par mon âge, par la grippe que papa essaie de surmonter en ce moment, par le fait que je n’ai pas cuisiné et apporté des plats à ma fille pendant sa fin de session alors que ça lui aurait tellement rendu service, par tous mes manques, par mes finances, et quoi encore. Je vais plutôt, de ce pas, tracer des petites lignes sur un panneau de contreplaqué que j’ai couvert de morceaux de papier. J’en ai déjà tracé une, de couleur Sarcelle –qui est un peu turquoise pour ceux qui s’en souviennent–, parce que ça aussi, la couleur Sarcelle, j’ai écrit là-dessus il n’y a pas longtemps. J’ai tellement aimé l’effet de ma ligne Sarcelle que je vais en tracer d’autres, en attendant de partir pour tenir compagnie à tantinette car nous sommes jeudi, jour tantine.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jour 513

VDC

C’était son anniversaire justement hier, elle a eu 42 ans. Comment fait-elle pour sautiller tout en chantant pendant deux heures –sans interruption– sur des talons aiguilles ?

Ce n’est une surprise pour personne, mais on dirait que je ne m’en étais jamais rendu compte avant hier soir, pendant le spectacle de Véronic DiCaire : plus j’avance en âge, plus la distance augmente entre mon présent et mon passé. Cette distance transforme ma manière de percevoir le passé, parce que pendant que cette distance s’est constituée, à savoir des années, j’ai changé, j’ai évolué, j’ai pris de la maturité.
La réminiscence qui est mon activité préférée s’en trouve ainsi affectée : ce que je caresse des moments de mon passé, je le caresse avec la sensibilité et la conscience qui sont les miennes aujourd’hui, et qui n’étaient pas celles qui m’habitaient quand j’étais jeune.
D’où il ressort que ce que je me remémore ne peut avoir la saveur primitive de l’événement tel que je l’ai vécu autrefois. Si cet événement imprègne la personne sexagénaire que je suis devenue, parce que je suis en train d’y penser, de m’en rappeler, il m’imprègne en faisant vibrer la sensibilité et la conscience qui m’habitent maintenant.
Je me rappelle de l’événement, autrement dit, mais je ne me rappelle pas tant de la manière dont je l’ai ressenti à l’époque. Ou si je m’en rappelle un peu, ce peu est dilué dans la manière dont j’appréhende le réel aujourd’hui.
Donc, hier soir, Véronic a imité Barbra Streisand en chantant The Way We Were. Or, il se trouve que durant mes études en littérature à l’université Laval, je travaillais les week-ends au comptoir des bonbons du cinéma de l’Hôtel Hilton. Pendant plusieurs semaines, c’était au début des années 80, le film à l’affiche a été Yentl, qui met en vedette Barbra Streisand, justement. Écoutant chanter Véronic, je me suis revue derrière le comptoir d’où je servais du pop-corn généreusement nappé de margarine fondue. Je portais un uniforme de fortrel bleu à manches courtes, col polo, et pochettes à l’avant à la hauteur de la taille. Je ne me rappelle pas si on devait le porter sur un pantalon noir ou si on pouvait mettre des jeans. Ce n’était pas une période particulièrement heureuse de ma vie, ces années pop-corn, ni non plus malheureuse. Mais le simple fait de me revisiter dans ma tenue de fortrel, quand j’étais au début de la vingtaine, m’a réchauffé le cœur, parce qu’alors j’étais inconsciente, naïve à souhait, inexpérimentée, je ne savais pas de quoi seraient faites les quarante années devant moi qui sont maintenant derrière, et en prime j’étais quand même belle, comme sont beaux, à mes yeux, tous les gens qui sont jeunes alors que je suis rendue, sinon vieille, disons d’âge mature.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 514

Je me suis donné un coup de pied au derrière. Ça veut dire que je me suis habillée chaudement, j’ai mis mes bottes et je suis allée à pied jusqu’au village faire tester mon sang comme je le fais tous les mois. C’est ce que j’appelle le « suivi du Coumadin ». Je dis aussi à mon mari que je m’en vais « me faire piquer le doigt ». Cela étant, quand j’arrive à la pharmacie, pour être certaine d’être comprise du premier coup, je dis que je viens pour un test d’INR. Mais INR, c’est l’acronyme anglais de International Normalized Ratio. J’ai tenté d’utiliser l’acronyme français, RNI, pour Rapport international normalisé, mais ça mélange les gens plus souvent qu’autrement. Si je voulais m’exprimer correctement en français, il faudrait que je dise à la préposée, derrière le comptoir des ordonnances, que je viens pour connaître mon « taux de prothrombine ». Je ne vais pas jusque-là.
Une autre manière efficace de demander ledit service serait de préciser que je viens pour un Coaguchek. Or le Coaguchek désigne la machine dans laquelle on insère la languette sur laquelle a été déposée une goutte de mon sang. Au bout du compte, de guerre lasse, et pour faire une histoire courte, je demande un test d’INR, et la préposée, se tournant vers le pharmacien, lui dit que c’est pour un CoaguChek.
Le résultat était parfait, c’est la seule chose qu’il faut retenir.
Sur le chemin du retour, dans une rue du village, j’ai croisé une femme de mon âge :
– Il n’y a que les vieilles comme nous qui faisons de l’exercice !, m’a-t-elle dit, arrivée à ma hauteur.
– Pourtant, on est bien dehors, ai-je répondu sans répondre, en ce sens que je formulais une banalité qui ne voulait rien dire.
– Vous ne semblez pas avoir les cheveux gris, m’a-t-elle dit en observant la couleur des cheveux qui sortaient de ma tuque.
Elle regrettait peut-être de m’avoir incluse dans le club des vieilles.
– Ils seraient gris si je ne les teignais pas, ai-je répondu. Mais je ne suis pas prête, pour l’instant je m’aime en fausse blonde. Peut-être que dans dix ans…
– Dans dix ans j’aurais soixante-dix ans, m’a-t-elle interrompue. J’ai mon anniversaire en avril, je vais avoir soixante ans.
– Moi aussi ! Moi aussi j’aurai soixante-dix ans, ai-je voulu préciser, et soixante en avril…
– Vous ne les faites pas, a-t-elle répliqué.
– Vous non plus, ai-je sur-répliqué.
– Le problème, voyez-vous, c’est que je n’aime pas du tout la couleur de mes cheveux, et pourtant tout le monde me dit qu’ils sont beaux.
– C’est ce que j’allais dire en effet, qu’ils sont beaux. Mais si vous ne les aimez pas, pourquoi ne les teignez-vous pas ?
– Parce que je suis allergique à la teinture, a-t-elle répondu.
– Je comprends.
– Et aussi à quelques aliments. C’est récent, avant je n’avais pas d’allergie. Sinon, vous allez vivre de belles fêtes ?, a-t-elle enchaîné. Ça s’en vient vite !
– J’espère ! Nous recevons la famille. J’ai hâte, j’adore ça ! Je vous souhaite la santé, quoi qu’il en soit !
– Moi aussi, madame, la santé, c’est le plus important.
Et sur ces mots d’une banalité déconcertante mais néanmoins toujours d’actualité, nous nous sommes séparées.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 515

beignesNonCuits

Au total, nous aurons fait autour de 400 beignes.

Finalement, nous avons fait d’autres beignes hier dimanche. Deux fois la recette. Nous avons compté le nombre de beignes obtenus après la première recette, 97, plus les trous. Les conditions de travail, si on peut écrire ça, étaient différentes : nous n’étions pas cinq mais deux, à savoir mon mari et moi, et les hommes préférant la machinerie à la pâtisserie, de façon générale, je ne me suis pas retrouvée à la friture mais à la pâture.
J’ai obtenu une pâte étrangement souple et facile à manier. Je l’aplatissais avec le rouleau et elle se rétractait avant que j’aie taillé à l’emporte-pièce. On aurait dit qu’elle était vivante !
La première recette a été faite dans la concentration requise, nous n’étions que Denauzier et moi. Une fois les beignes sortis de la friteuse, Denauzier les a traités en fonction des traditions de nos familles respectives : enrobés de sucre à glacer pour représenter mon côté, enrobés de sucre granulé mélangé à de la cannelle pour représenter son côté. Pas d’expérience ici avec le poivre de cayenne, le gingembre et le chocolat.
Les événements se sont enchaînés dans l’improvisation, ou encore dans une absence de planification.
– Et si on faisait des beignes ?, ai-je suggéré à mon mari le matin, encore un peu barbouillée d’avoir passé une presque nuit blanche l’avant-veille.
– Est-ce qu’on a tous les ingrédients ?, a-t-il demandé.
– Il manque de la farine, ai-je répondu sans hésiter car j’avais pris la peine de vérifier.
Mon mari est parti en acheter.
– Et si on faisait une double quantité ?, ai-je demandé à mon mari alors qu’on terminait la première.
– Est-ce qu’on a tout ce qu’il faut ?
– Cette fois il manquerait des œufs, et peut-être que ce serait prudent d’acheter de l’huile.
Mon mari est parti en acheter.
– Et si on invitait des gens pour souper ?, ai-je proposé, comme mon mari revenait avec les œufs.
– Qu’est-ce qu’on mangerait à ce moment-là ?, a répondu Denauzier.
– Peut-être ta recette de cuisses de poulet ?, ai-je suggéré sans savoir, la seconde d’avant, que ces mots constitueraient ma réponse.
Sans enlever son manteau, mon mari est reparti acheter le poulet. Pendant son absence, j’ai téléphoné à ma belle-maman, à mon frère et au frère de Denauzier. Tout le monde a accepté notre invitation et certains sont arrivés plus vite que d’autres. C’est ce qui fait que la deuxième cuisson de beignes a été un peu négligée, mon mari étant à préparer le poulet d’une part, et distrait par la conversation avec nos invités d’autre part. J’ai essayé de surveiller de mon côté la cuisson, mais moi aussi je me suis laissée happer par le plaisir de parler avec ma belle-sœur. Disons que notre deuxième recette a donné des spécimens plus secs et plus foncés ! Mais je suis certaine qu’ils vont tous se laisser manger !

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 516

logo_nez-rougeNous avons raccompagné des gens toute la nuit en tant que bénévoles de Nez Rouge. Nous sommes revenus à la maison à 5 heures du matin et je me suis réveillée cet après-midi à une heure et demie !
Cette année, on pouvait profiter d’une application sur notre téléphone. Dès qu’on terminait un raccompagnement, on cliquait sur le bouton Complété et on attendait les coordonnées du nouvel endroit où nous rendre. Elles apparaissaient comme par magie au bout d’à peine une minute. En tant que secrétaire, j’étais affectée à la lecture des données sur mon téléphone, mon mari était le conducteur du véhicule de la personne ayant bu, et mon frère nous suivait dans notre véhicule en tant qu’escorte. Je recueillais aussi les dons que je glissais dans un sac Ziploc et je produisais des reçus. Personne n’en voulait mais on nous avait donné la consigne d’en produire pareil.
Dans l’ensemble, les gens que nous avons ramenés chez eux avaient certes bu mais ça ne paraissait pas tellement.
Le moment le plus palpitant de la soirée était celui pendant lequel j’attendais l’apparition sur mon écran des coordonnées du prochain endroit où aller. Moins ça prenait de temps, plus c’était excitant.
Bien entendu, j’ai posé mille questions aux gens que nous reconduisions, dans la limite de mes champs d’intérêt. Ainsi, un des clients raccompagné a eu plus de plaisir à parler avec mon mari des caractéristiques de son nouveau camion RAM qu’il n’en a eu à me parler de son cheptel, car il est producteur laitier. Je lui ai demandé si chacune de ses vaches avait un nom. Il m’a répondu qu’elles devaient se contenter d’un numéro.
J’ai beaucoup aimé le jeune homme que nous avons conduit de St-Jean-de-Matha à Ste-Béatrix, un musicien qui joue normalement de la batterie mais qui, en l’absence du bassiste hier soir, a joué de la basse au sein de son groupe. Un multi-instrumentiste, en somme. Je trouvais que ses réflexions étaient empreintes d’une fatalité qu’il acceptait avec réalisme sans se laisser abattre.
– J’aime mon travail, disait-il, mais la moitié seulement.
Il travaille à l’installation de systèmes d’alarmes.
– Je n’aime pas avoir le nez dans la laine minérale à la recherche d’une prise de courant dans trois pouces d’espace, a-t-il donné en exemple, parce que je lui ai demandé de nous donner des exemples de ce qu’il n’aimait pas.
– Je n’aime pas, comme je l’ai fait cet après-midi, geler des doigts en haut d’une échelle pour raccorder des fils. Si on porte des gants, on ne peut pas les raccorder, on manque de dextérité.
– Mais j’aime travailler avec mon père, et j’aime l’informatique. Et il faut bien gagner sa vie d’une manière ou d’une autre, de toute façon.
– Ça devrait exister à l’année, le service Nez Rouge, nous a-t-il dit en sortant du véhicule. Ça coûte moins cher qu’un taxi. On en profiterait quand on sort avec les amis pour faire de la musique et qu’on boit de la bière. À chaque fin de semaine, en fin de compte, a-t-il ajouté.
Un autre bref moment excitant a été celui de notre retour à la « centrale » où nous remettons les dons et nos dossards.
– C’est une Lynda Longpré qui a gagné le tirage ce soir, était en train de dire une jeune femme à ses amies quand je suis entrée dans le local.
– C’est moi !, me suis-je exclamée en m’approchant d’elles, le sourire fendu jusqu’aux oreilles.
Mon nom, effectivement, était écrit au tableau comme étant la gagnante du prix de la soirée.
– Vous savez quoi ?, ai-je ajouté à l’adresse de la jeune femme. C’est la deuxième fois que ça m’arrive, l’an dernier j’ai gagné aussi ! YES !
L’an dernier j’ai gagné une tasse, que nous n’avons plus, elle a soit disparu dans son intégralité, ou alors elle a été échappée et jetée à la poubelle en morceaux. Cette année, c’est une bouteille thermos, une de plus à notre collection de quelque trente qui prennent beaucoup de place dans l’armoire…

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jour 517

beignes

Ils sont pas mal bons, pour faire une histoire courte !

Je récapitule. Nous sommes aujourd’hui vendredi le 14 décembre. Nous avons fait les beignes mardi le 11 décembre. Le rendement d’une recette est de 100 beignes, mais comme nous avons fait deux fois la recette, ça fait 200 beignes. Ceux de la deuxième recette ayant été façonnés plus épais, nécessitant donc plus de pâte, disons qu’il en a résulté 80 beignes. À cela s’ajoutent les trous que nous avons fait frire aussi. C’est difficile à saisir pour un étranger, faire frire les trous, mais entre Québécois on se comprend. Denauzier a raison, nous aurions dû compter les beignes obtenus pour savoir à quoi nous en tenir les prochaines fois.
Ce même mardi après notre aventure, nous avons reçu à souper la fille de Denauzier et son copain. Au dessert, bien entendu, des beignes. Et aussi quelques-uns pour calmer la faim avant le repas car nous avons mangé tard. Et encore des beignes pour les jeunes avant leur route de retour en fin de soirée. Disons que nous avons mangé chacun cinq beignes au souper en tant que tel, ça fait 20, + ceux coupe-faim + ceux en soirée + ceux que nous leur avons donnés (avec de généreuses portions de lasagne), je dirais qu’on approche les 50 beignes. Il faut savoir que certains sont tellement petits qu’on peut, quand on est glouton comme je le suis, se les mettre au complet dans la bouche. Donc, sur les quelque 180 beignes obtenus, on en retranche déjà 50 le premier soir, on est rendu à 130.
J’ai oublié de mentionner qu’avant le repas avec la fille de mon mari, ma cousine et tantine sont reparties en fin d’après-midi avec elles aussi une petite réserve chacune. En fait, deux réserves pour tantine, une pour elle et une pour son fils et sa copine. De 130, on est peut-être déjà rendu à 100.
Le mercredi, j’en ai apporté à mon frère les Pattes dans un contenant de yaourt Astro, disons qu’il y en avait 10, plus des trous. On est rendu à 90. Nos voisins en ont eu une dizaine –ça nous amène à 80– mais n’ont pas aimé ceux au gingembre et cayenne qui leur a brûlé la bouche. Jeudi, journée tantine, je ne lui en ai pas apporté, elle en avait déjà. Jeudi soir c’était l’anniversaire du frère de Denauzier, nous l’avons invité, il a trouvé que les beignes étaient très très très très bons, nous parlons peut-être ici d’un retranchement d’une vingtaine de beignes en nous incluant, mon mari et moi.
On est rendu à 60.
– Ta mère n’en a même pas eu !, ai-je dit ce matin à Denauzier.
– Et nous serons plus de 20 le soir du 25 (décembre), a soupiré mon mari.
Nous pensons peut-être faire Nez rouge ce soir avec les Pattes. Si tel est le cas, nous allons dormir plus tard demain matin samedi. Et faire à nouveau des beignes en après-midi, ou alors dimanche… ?

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire