Jour 512

sandales-a-lacets-en-daim-et-talons-aiguilles

Un peu semblables aux chaussures de Véronic.

En tout cas, Véronic, elle swing par là ! Sur des talons aiguilles pendant deux heures à bouger sans arrêt et à chanter pendant qu’elle bouge, ça me semble un exploit. Les danseurs et les musiciens aussi nous ont impressionnés. On avait beau être placés à la rangée S, donc pas mal dans le fond de la salle, on voyait très bien, on ne manquait rien. Mon frère est allé entendre Brigitte Boisjoli il y a quelque temps et il a pensé la même affaire :
– Elle s’excite bien trop, elle ne sera jamais capable de se rendre jusqu’à la fin du spectacle !
– Pas beaucoup de jeunes !, a commenté mon mari avant le début de la représentation.
Effectivement, nous étions entourés de têtes blanches. J’ai observé la dame qui était assise devant moi. Ses mains étaient marquées par le temps, traversées de veines saillantes et tachetées de brun. J’ai voulu demander à mon mari quel âge il lui donnait pour évaluer dans combien de temps j’allais porter les mêmes mains, mais j’ai laissé faire, Seigneur, on était dans la salle pour s’amuser et profiter de la vie, après tout ! J’étais allée entendre la Bande magnétik il y a longtemps dans une église d’un village voisin d’Oka. En plein été dans une chaleur étouffante. Comment les chanteurs faisaient-ils pour se démener comme ils le faisaient ? Je me l’étais demandé toute la soirée. Les membres du groupe étaient venus parler avec les spectateurs à la fin, –et dédicacer leurs CD !– dans le fond de l’église. Tout le monde y allait de sa question. Je brûlais d’envie de leur demander comment ils faisaient pour se maintenir dans une telle forme. Bien entendu, fidèle à moi-même, gênée, timide, pas confiante, même si j’avais pourtant atteint la quarantaine, je n’avais pas ouvert la bouche. C’est comme cette autre fois, dans un passé encore plus ancien de l’université d’Aix, cette fois que j’aurais voulu résumer en classe le livre de Marie Cardinal que j’ai lu cinq fois, Les mots pour le dire, et que je n’avais pas été assez brave pour le faire.
J’ai déjà écrit à propos de ça, la forme physique des chanteurs de la Bande magnétik (Jour 1106) et mon manque de confiance pour parler en classe, à Aix (Jour 2015) ou ailleurs.

ligneSarcelle

Une image vaut mille mots. Ça vaut bien la peine d’écrire un blogue de 2200 textes !

Mais je refuse de me laisser abattre par mes répétitions dans mes textes, par mon âge, par la grippe que papa essaie de surmonter en ce moment, par le fait que je n’ai pas cuisiné et apporté des plats à ma fille pendant sa fin de session alors que ça lui aurait tellement rendu service, par tous mes manques, par mes finances, et quoi encore. Je vais plutôt, de ce pas, tracer des petites lignes sur un panneau de contreplaqué que j’ai couvert de morceaux de papier. J’en ai déjà tracé une, de couleur Sarcelle –qui est un peu turquoise pour ceux qui s’en souviennent–, parce que ça aussi, la couleur Sarcelle, j’ai écrit là-dessus il n’y a pas longtemps. J’ai tellement aimé l’effet de ma ligne Sarcelle que je vais en tracer d’autres, en attendant de partir pour tenir compagnie à tantinette car nous sommes jeudi, jour tantine.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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