Jour 243

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C’est en plein ça que j’ai acheté.

Malgré ce que j’ai écrit récemment, à savoir que je désire sortir le moins possible pour écrire le plus possible, je sors aujourd’hui, et je sortirai demain.
Aujourd’hui, sortie familiale. Une idée de mon frère Les pattes initiée il y a trois ans. Nous en voici donc à la quatrième édition. Une idée selon laquelle nous nous rencontrons les quatre frères et sœurs sans compagne ou compagnon, sans ami, sans personne d’autre que nous. Chacun apporte quelque chose à manger, pour le souper. Par les années passées, je prenais la peine de préparer un dessert, habituellement un gâteau, mais aussi un pudding au chocolat, une année, que personne n’avait voulu goûter. Cette fois-ci, m’appuyant, c’est le cas de le dire, sur mes entorses à chaque poignet, et bien que je n’aie plus aucun symptôme de ma chute, j’y suis allée pour un gâteau congelé de la marque K pour Katrine qui coûte assez cher, 17$ si je me rappelle bien. Ce gâteau est le quatrième que j’achète pour notre souper de ce soir.

plum pudding

C’est en plein ça que j’ai acheté (bis).

En arpentant lentement les allées du Métro, quelques jours auparavant, fidèle à mon habitude pour l’aspect de la lenteur, toujours à espérer dénicher des trésors en solde, je suis d’abord tombée sur un plum pudding en boîte, vendu à moitié prix, soit 9$. Il est écrit sur l’emballage qu’il faut mettre le gâteau dans un bain-marie pendant deux heures. Je me suis dit que ce serait agréable de m’occuper du gâteau pendant qu’on placoterait, tout en sachant qu’on ne se tiendrait pas dans la cuisine tant que ça, mais plutôt assis tout le monde sur le grand canapé du salon. L’événement a lieu chez Les pattes. Je pense que j’adore le plum pudding, mais j’en ai mangé tellement peu souvent dans ma vie que je ne suis pas en mesure de l’affirmer à 100%. La boîte est déjà sur la banquette avant de ma voiture, quoi qu’il en soit, prête à être transportée.
Or, en arpentant les allées du Métro quelques jours encore plus auparavant, en n’ayant pas les yeux en face des trous, pour ne pas avoir vu ces deux produits dont il vient d’être question qui étaient déjà disponibles en tant que soldes d’après Noël, j’ai aussi acheté deux gâteaux « préparés sur place » et vendus eux aussi au rayon des produits surgelés. Ils sont nettement moins attrayants, d’ailleurs ils étaient moins cher à l’achat, mais je sais pour en avoir mangé qu’ils sont quand même bons. Un est de forme rectangulaire aux framboises, l’autre de forme circulaire au caramel. J’ai vu celui au caramel en premier, qui est très petit.
– Ça va faire l’affaire, me suis-je dit, tout le monde, à notre âge, surveille ses quantités de glucides.
Bien sûr en même temps que je me disais ça, j’ai commencé à hésiter, et à me dire qu’on n’en aurait peut-être pas assez. Alors j’ai aussi mis dans mon panier celui, plus gros, rectangulaire aux framboises. Dès lors, j’ai voulu en retirer celui au caramel.
En bout de ligne, je vais arriver ce soir avec quatre gâteaux.

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Jour 244

fourmi

Je me sens comme une fourmi.

On dirait que la chatonne sent la présence du père fantôme de Denauzier. Pour ne pas être seule, craignant de le rencontrer, elle me suit partout. En ce moment, elle est assise, à mes pieds, et ronronne comme une bonne. Si je me lève pour aller remuer la soupe, car une soupe est en train de mijoter, aux pois verts, elle me suit et j’en ai de la difficulté à marcher car elle me caresse ardemment les mollets. Du temps que je travaillais à l’université, que je rentrais épuisée à la maison, un tel comportement animalier m’aurait rendu folle. Il ne fallait pas qu’un grain de sable vienne perturber le fonctionnement des engrenages qui allaient me faire préparer le souper et ensuite m’écraser sur le canapé. Si un grain de sable venait bloquer cette routine, cela éprouvait grandement mes forces physique et nerveuse. Dans ma vie de maintenant retraitée, j’adore cette compagnie féline, à tel point que si chatonne ne me caresse pas les mollets, je me demande ce qui me vaut cette indépendance capricieuse de sa part.
Aujourd’hui, j’ai mis un pied dans un retour à la vie normale, à la vie autre que juste écrire comme je le fais depuis quelques semaines. J’ai fait du ménage ! J’ai dépoussiéré toutes les surfaces de notre salle de séjour. Je ferais du ménage assidûment que la maison ne serait pas forcément propre partout pour autant. C’est trop grand.
– Ça ne te manque pas de ne pas aller dehors ?, m’a demandé mon mari. Je comprends que tu as été malade, mais maintenant tu vas mieux ?
– Non, mon but initial, pour introduire de la variété dans ma vie, était de ne pas sortir en janvier. J’y suis presque arrivée ! Et j’ai voyagé autant, assise à mon bureau, que dans les avions qui m’ont donné mal aux oreilles !
Je ne suis pas rendue loin dans mon projet de récit, 36 pages dont certains paragraphes vont prendre le bord parce que je ne les aime pas. Il ne faut pas que je me décourage. Admettons que j’écrive une page par jour. Dans 114 jours j’aurais atteint mon but. C’est un peu moins de quatre mois. Quatre mois ça nous mène à la fin mai. Parallèlement, il me reste 23 textes à écrire, en excluant celui-ci, pour clore ma neuvième année de blogue. Je me sens comme une fourmi. Je travaille, je travaille, dans le sentiment décourageant de faire du surplace.
Je vois les choses en grand. Je me dis que je pourrais d’abord être publiée, pour ce récit de ma vie qui n’est encore que très partiellement entamé, et ensuite patauger dans tous les textes du blogue écrits à ce jour, dans le but de monter un recueil par thèmes. Je discerne déjà quelques thèmes, en m’appuyant sur leurs récurrences : les vêtements, les rêves, les toiles que j’ai peintes, les livres que j’ai lus, ma relation avec mon père, mon appréciation de la musique, l’achat de ma voiture, mes sorties avec tantine, l’amour pour ma fille…

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Jour 245

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Mauve, peinture abstraite trouvée sur le web.

Seigneur ! Le père de Denauzier a certainement quelque chose à nous dire qu’on ne comprend pas, alors il s’y prend comme il peut pour multiplier ses messages : cette nuit, il a fait fonctionner la ventilation de la cuisinière. J’avais raison de craindre qu’il se mette à se manifester à toute heure ! Comme il n’a pas suivi l’évolution des technologies, il a été capable de la démarrer, mais pas de l’arrêter. Mon mari a été obligé de se lever pour mettre fin au vacarme. Il est possible que Mia la chatonne se soit promenée sur la plaque de vitrocéramique, cela dit. Elle saute partout, sur toutes les surfaces accessibles.
Au moment où mon mari s’est levé pour mettre fin au vacarme, à quatre heures du matin, je rêvais que je me retrouvais dans une pièce assez petite mais somme toute charmante, peut-être un peu sombre, et qu’en levant le regard je découvrais une belle plante dans les teintes de mauve, ou violet, garnie d’une grappe de petites fleurs blanc cassé. Elle était belle et semblait vigoureuse.
– D’où vient cette plante ?, demandais-je à la personne qui me faisait visiter mon nouveau milieu de vie.
– De Bill, tu le sais bien, il te l’a offerte lors de ton séjour à l’hôpital ?
– Ah bon ? Je ne m’en rappelle pas vraiment…
Bill, c’est mon ancien voisin à Montréal, un monsieur qui n’aime pas tellement les francophones. Il a déjà dirigé son jet d’eau dans mon visage –il était en train d’arroser ses fleurs– en prétendant que c’était par accident, parce qu’il voulait éloigner, sans me mouiller, des moustiques qui me tournaient autour…
Le violet est associé, d’après les sources que j’ai consultées, à l’univers du rêve. Malgré son caractère tranchant, il évoque la douceur, la quiétude.
Le mauve peut être perçu comme la couleur de la gaieté, de l’enthousiasme, mais aussi comme une représentation de la solitude, de l’inadaptation.
Le nouvel appartement que je visitais –avec une personne qui m’était étrangère– pourrait-il représenter l’univers que j’essaie de revisiter quelque quarante-cinq ans plus tard ? Il était sombre, mais à force de le visiter et de m’y déployer, il s’y glissera peut-être de la lumière ? Surtout que la belle plante de l’affreux Bill en a besoin ?! Il n’est pas affreux, en fait, plutôt excessivement prévisible. Je n’avais pas sourcillé, la fois qu’il m’avait aspergée.
Je me sens très seule, tentant d’écrire mon récit de vie, même si je suis habitée par les gens qui ont traversé mon passé.
Je me sentais définitivement inadaptée quand j’étais enfant et adolescente.
L’hôpital pourrait provenir de ma lecture, hier soir au lit, toujours la Cérémonie. Jean-Paul Sartre y est mort d’une urémie. Il était, aux dires de Simone, un homme gai, très enthousiaste, toujours en mouvement vers l’avant.
La personne étrangère qui me fait visiter l’appartement ? Est-ce moi ? Explorant mon propre univers ? Un univers étranger parce qu’en quarante-cinq ans on change tellement qu’on est décontenancé par ce qu’on a été, quand on s’y confronte ?

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Jour 246

Le père de Denauzier est venu nous visiter ce matin. Il a appuyé sur la sonnette, à la porte du garage, qui s’est mise à sonner sans arrêt. Quand on est fantôme et qu’on appuie ainsi sur une sonnette, elle n’arrête pas d’elle-même. Il faut prouver au fantôme qu’on est plus rusé que lui. Ne sachant que faire, mais voulant me montrer plus rusée, j’ai pensé à ma radio, dans ma voiture. Quand je veux qu’une chaîne soit enregistrée parmi mes préférées, j’appuie quelques secondes sur un bouton. Il se produit un Bip prolongé qui me fait savoir que la chaîne est dorénavant associée à ce bouton. J’ai fait pareil, j’ai appuyé longuement sur le bouton de la sonnette et elle s’est arrêtée.
– Qui était-ce ?, a demandé mon mari.
– Personne.
Comme il était au téléphone il n’a pas posé d’autre question.
– Que voulait nous dire ton père ?, ai-je demandé plus tard à mon mari pendant qu’on dînait, après lui avoir exposé que c’est lui qui avait sonné
– Que je vais bientôt gagner à la loto, a-t-il répondu.
– Combien ? Est-ce qu’il l’a dit ?
– Non, mais s’il a pris la peine de me l’annoncer, c’est que le montant est important.
– Hum, il aurait fallu que la sonnette sonne pas mal plus longtemps pour un montant important… Ça doit être un message moins hors du commun, peut-être juste un coucou parce qu’il passait dans les environs ?
– À ce compte-là, la sonnette se ferait aller pas mal plus souvent…
– Tu as raison. Tant que ça se produit de jour, ça va toujours, mais si ça devait se produire aussi la nuit… il me semble qu’on se lasserait vite de ses visites ? Ce serait dommage.
– Un fantôme a peur des sonnettes, cela me revient !, s’est exclamé mon mari. C’est un phénomène bien documenté sur les sites qui s’intéressent aux activités paranormales, si jamais tu veux vérifier…
– Je te crois. Tu veux dire que ce ne serait pas lui, alors, qui aurait sonné ?
– S’il l’a fait, c’est peut-être que quelqu’un l’a forcé…, a suggéré Denauzier.
– Ça devient mystérieux, ai-je répondu en manière de conclusion.
Silence entre mon mari et moi.
Je me suis mise à me demander qu’est-ce que j’aimerais me faire annoncer par un tel coup de sonnette. Contrairement à mon mari, gagner à la loto ne me viendrait même pas à l’idée. Mes désirs tournent toujours autour des mêmes trucs égoïstes : que mes créations soient abouties, remarquées, réussies. Aujourd’hui, je n’étais pas en forme. Je me suis réveillée tard, à 10:30, et j’ai encore dormi en après-midi. Je suis restée en pyjama toute la journée. Dans ce temps-là, c’est plus difficile de croire en mes projets. En outre, la structure sur laquelle j’appuie mon récit est en train de se transformer en casse-tête. Je veux tout y faire entrer, même les parties qui n’y sont pas les bienvenues. Et je n’ai pas à ma portée les livres d’Éric Plamondon pour vérifier comment il fait, lui, pour s’en sortir. Il y a des journées comme ça, plus éprouvantes que d’autres.

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Jour 247

Plamondon

Regard intelligent et déterminé. Éric Plamondon. Sur d’autres photos, il a moins de cheveux à l’avant du crâne, donc cette photo quelques années. C’est Oscarine qui me l’a fait connaître en me parlant du livre « Mayonnaise ». J’ai voulu feuilleter ce matin sa trilogie intitulée « 1984 », que j’ai cherchée partout, et que je pense avoir laissée au chalet… et de même pour Taqawan. Ça ne fait pas mon affaire.

Ça y est ! J’ai trouvé la forme que je veux donner au récit de ma vie. Fiou ! Hier j’étais pas mal déprimée, j’avais peur d’être obligée de concéder que je n’allais jamais y arriver. Dans mon programme de baccalauréat en littérature à l’Université Laval, on avait quatre cours de « lectures et formes » : autour de l’essai, du roman, du théâtre, de la poésie. Mon récit appartient définitivement à la forme du roman, un roman d’inspiration autobiographique. Mais il ne s’agit pas d’une autobiographie, parce qu’il s’y glisse des inventions, des interprétations en masse, beaucoup d’imprécisions dans la chronologie des événements, et aucune vérification disons archivistique ou journalistique ou historique.
En me reportant à ces quatre grandes rubriques, je n’ai pas tant trouvé la forme que je veux donner à mon récit, comme je viens pourtant de l’écrire, que la structure. J’ai trouvé la structure sur laquelle je désire m’appuyer pour écrire mon récit.
J’ai testé cette « approche structurelle », si on peut dire, ce matin, et pour l’instant ça me satisfait. Je m’inspire un peu d’Éric Plamondon, pour ceux qui le connaissent. Il s’agit d’un auteur né au Québec mais vivant en France depuis un bon moment. Il est né dix ans après moi. Il a fait des études en journalisme et en économie. Il s’intéresse aux sciences. Il divise ses textes en petits blocs et c’est cette approche morcelée qui m’amène à dire que je m’inspire de sa manière d’écrire.
Le fait d’avoir trouvé cette structure ne me procure pas pour autant un gain soudain de cinquante pages, qui serait le tiers de ce que je veux accumuler en nombre de pages final. Je n’en suis qu’à trente. Et je devrais, je sais, arrêter de penser au nombre de pages.
Je ne suis pas capable d’écrire comme Blandine de Caunes, la fille de Benoîte. Elle a toute mon admiration. Commencer un récit et le tenir en un seul morceau du début à la fin, c’est comme porter une montagne de la seule force de mes poignets affaiblis chacun par une entorse depuis ma chute. Porter cette montagne en donnant vie à mon récit dans un seul et même et long souffle, c’est trop pour mes capacités. Je meurs au bout de quelques pages. J’étais morte, hier, avant la trentième. Mais y aller selon cette idée de structure qui m’est venue hier, qui m’est venue hier avant de m’endormir, ça change tout. J’ai éteint la lumière après avoir lu une vingtaine de pages de la Cérémonie. C’est très répétitif et il est clair ici que Simone s’appuie sur des dates consignées quelque part, sur des écrits, sur des notes préalables. Elle est mieux organisée que je ne le suis.

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Jour 248

20ansBien que sœurs, Bibi et moi sommes très différentes. Comme beaucoup de sœurs, finalement. Encore hier, qui était le jour de son anniversaire, je me suis fait cette réflexion.
– J’ai hâte à l’an prochain, me disait-elle au téléphone, j’aurai 65 ans, je vais cesser de travailler.
Je peux comprendre l’aspect cesser de travailler, je suis la première à avoir terminé assez tôt, à 56 ans, mais je n’ai pas hâte à l’an prochain qui me donnera un an de plus ! Je voudrais rester jeune, non pas tant pour l’aspect esthétique que pour jouir de la vie pleinement. Sur les plans affectif et cognitif, même si je cherche davantage mes mots qu’à une époque qui m’a vue ne jamais les chercher, je me sens jeune. Je dirais qu’à l’intérieur de moi je suis âgée de seize ans. Pour honorer ce bel et jeune âge, plein d’élan, il est important que mon enveloppe corporelle soit le plus possible épargnée par les ennuis de santé. Or, plus j’avance en âge, plus les ennuis occupent une position élevée dans le graphique des probabilités !
Comme je racontais à Bibi, en échangeant nos dernières nouvelles, que j’avais les poignets enflés pour être tombée dans la cour sur mes deux fesses, mais aussi sur mes deux poignets en position de flexion, Bibi a poursuivi :
– À notre âge, il faut prendre son temps, et être prudent.
Je suis moins zen qu’elle. Je n’aime pas accorder du temps à des gestes préventifs. Ça ne me tentera jamais de couvrir mes bottes de crampons pour aller jeter les ordures dans la poubelle. Je vais probablement le faire, du moins je l’espère, les journées que le couvert neigeux sera glacé par en-dessous, mais ce sera en ayant hâte d’avoir accompli cette tâche que l’utilisation des crampons va d’autant alourdir. Il ne faudra pas juste mettre les crampons, mais surtout penser de les mettre. Et quand la petite voix intérieure va suggérer de les mettre, il ne faudra pas l’envoyer promener, il faudra l’écouter. Ça devient une nouvelle manière de vivre, veux veux pas.
J’arrive d’être allée voir le médecin pour vérifier que mes poignets n’ont pas besoin de radiographies. Ils étaient pas mal enflés hier soir, mais ce matin il m’a semblé qu’ils allaient déjà mieux. J’ai patienté une petite demi-heure dans la salle d’attente pendant laquelle j’ai lu La cérémonie des adieux, j’y reviendrai peut-être demain.
– Je vous félicite, m’a dit le médecin –qui est une femme–, vous avez une bonne ossature. Vous auriez pu vous casser les poignets, être tombée comme vous me le décrivez. Reposez-vous encore quelques semaines, vous avez peut-être été surmenée ces derniers temps. Lorsque des événements s’accumulent comme ce fut votre cas, un rhume qui n’en finit plus, une laryngite, une extinction de voix, et maintenant les poignets, c’est le signe que votre corps veut rester tranquille un moment. Vous savez, on n’a plus vingt ans, a-t-elle conclu –en s’incluant pour que le message passe plus facilement !
J’ai bu ses paroles me prescrivant un temps d’arrêt comme si elles étaient le plus exquis élixir –de jouvence !

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Jour 249

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Ici, un champ superbement garni, à l’antipode de mes petites capacités.

J’ai adoré mon texte de samedi dernier, intitulé sur Facebook et LinkedIn La croustade du découragement ! Il m’arrive de me trouver vraiment bonne. La figure de style de la fin du texte, avec les épis de maïs qui font leur possible, décrit très précisément comment je me sens dans mon rapport à l’écriture. J’ai tellement aimé ce texte que je n’en ai pas écrit dimanche, je trouvais que la marche était trop haute. Aujourd’hui lundi, j’ai déjà un peu oublié la splendeur des perles de ce texte, alors je m’y remets, d’autant que j’ai du nouveau à annoncer.
Hier il y avait plus d’un pied de neige sur le toit du camion neuf, de l’autre camion antiquité, et de ma voiture. Je me suis dépêchée d’aller déneiger les trois véhicules car la charrue était en train de nettoyer la cour du voisin dont c’est le tour avant nous. Je me suis habillée en vitesse, enfilant les pans de ma robe de nuit dans mon pantalon de neige. J’ai mis mes bottes, une veste, un manteau, etc. Comme d’habitude, je me suis trop habillée, or en pelletant on a chaud, j’ai donc eu vite fait d’enlever mon manteau. C’était difficile de faire glisser la neige, si lourde, alors j’ai eu la brillante idée de monter sur le capot du camion neuf pour le nettoyer, en n’utilisant que mes bras tendus, comme s’ils étaient deux bâtons. Je les enfonçais dans l’épaisseur de neige, puis je les éloignais de mon tronc comme si j’étais un épouvantail. De gros blocs sont ainsi tombés sans que ce soit forçant, mais c’était « mouillant » pour mes vêtements, d’autant que je n’avais pas de manteau.
– C’est combien pour le camion ?, m’a demandé le conducteur de la charrue.
J’en étais à faire le même traitement de déneigement au camion antiquité, à genoux sur le capot.
Le conducteur avait en effet atteint notre cour et plutôt que d’attendre dans sa machine que j’aie fini, et comme, aussi, il faisait doux, il est venu fumer une cigarette à côté d’où j’étais.
– Mon mari vous vendrait ça pour 1 000$ gros maximum, ai-je répondu, il est très vieux vous savez.
Finalement, après avoir vérifié en ouvrant la portière que l’intérieur ne logeait pas assez, il m’a dit qu’il n’était plus intéressé. Je n’ai pas voulu le faire attendre, il est retourné dans sa charrue, il a fait un téléphone pendant que je continuais mon manège. Très vite, j’ai été en mesure d’aller stationner les trois véhicules dans le chemin, en me disant que je les y enlèverais dès que la cour serait nettoyée. C’est ce que j’ai fait. Avec le camion neuf, puis avec l’antiquité. Quand j’ai voulu me rendre à ma voiture, j’ai réalisé que mon sac à main était demeuré à l’intérieur de la maison. Je suis montée le chercher, car la cour effectivement est en pente et il est même facile d’avoir de la difficulté, si on ne se donne pas un élan, en hiver, à en atteindre la portion plate. Une fois mon sac à main nouveau acheté à Strasbourg bien placé en bandoulière sur mon tronc, je suis descendue, à petits pas, jusqu’à ma voiture, en trouvant que c’était définitivement très glissant. Qu’est-ce qui est arrivé ? Je suis tombée de tout mon poids sur mes deux fesses, les mains à plat pour, inconsciemment, absorber le choc. Résultat : j’ai les deux poignets enflés. Je ne comprends pas comment ça se fait qu’au lieu de décider que je ne sors pas parce que je veux écrire le récit de ma vie, je me sente obligée de me créer des maladies ou des accidents pour justifier mon retrait des circuits qui me voient hebdomadairement accomplir mes bénévolats.

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