Jour 244

fourmi

Je me sens comme une fourmi.

On dirait que la chatonne sent la présence du père fantôme de Denauzier. Pour ne pas être seule, craignant de le rencontrer, elle me suit partout. En ce moment, elle est assise, à mes pieds, et ronronne comme une bonne. Si je me lève pour aller remuer la soupe, car une soupe est en train de mijoter, aux pois verts, elle me suit et j’en ai de la difficulté à marcher car elle me caresse ardemment les mollets. Du temps que je travaillais à l’université, que je rentrais épuisée à la maison, un tel comportement animalier m’aurait rendu folle. Il ne fallait pas qu’un grain de sable vienne perturber le fonctionnement des engrenages qui allaient me faire préparer le souper et ensuite m’écraser sur le canapé. Si un grain de sable venait bloquer cette routine, cela éprouvait grandement mes forces physique et nerveuse. Dans ma vie de maintenant retraitée, j’adore cette compagnie féline, à tel point que si chatonne ne me caresse pas les mollets, je me demande ce qui me vaut cette indépendance capricieuse de sa part.
Aujourd’hui, j’ai mis un pied dans un retour à la vie normale, à la vie autre que juste écrire comme je le fais depuis quelques semaines. J’ai fait du ménage ! J’ai dépoussiéré toutes les surfaces de notre salle de séjour. Je ferais du ménage assidûment que la maison ne serait pas forcément propre partout pour autant. C’est trop grand.
– Ça ne te manque pas de ne pas aller dehors ?, m’a demandé mon mari. Je comprends que tu as été malade, mais maintenant tu vas mieux ?
– Non, mon but initial, pour introduire de la variété dans ma vie, était de ne pas sortir en janvier. J’y suis presque arrivée ! Et j’ai voyagé autant, assise à mon bureau, que dans les avions qui m’ont donné mal aux oreilles !
Je ne suis pas rendue loin dans mon projet de récit, 36 pages dont certains paragraphes vont prendre le bord parce que je ne les aime pas. Il ne faut pas que je me décourage. Admettons que j’écrive une page par jour. Dans 114 jours j’aurais atteint mon but. C’est un peu moins de quatre mois. Quatre mois ça nous mène à la fin mai. Parallèlement, il me reste 23 textes à écrire, en excluant celui-ci, pour clore ma neuvième année de blogue. Je me sens comme une fourmi. Je travaille, je travaille, dans le sentiment décourageant de faire du surplace.
Je vois les choses en grand. Je me dis que je pourrais d’abord être publiée, pour ce récit de ma vie qui n’est encore que très partiellement entamé, et ensuite patauger dans tous les textes du blogue écrits à ce jour, dans le but de monter un recueil par thèmes. Je discerne déjà quelques thèmes, en m’appuyant sur leurs récurrences : les vêtements, les rêves, les toiles que j’ai peintes, les livres que j’ai lus, ma relation avec mon père, mon appréciation de la musique, l’achat de ma voiture, mes sorties avec tantine, l’amour pour ma fille…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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