Jour 216

Au début je pensais comme Trump. Je calculais que le coût à payer pour sauver un nombre relativement peu élevé de vies était beaucoup trop élevé. Après tout, nous sommes des milliards sur la planète et nous abusons sans scrupule de ses ressources insuffisantes. Quelque cent, voire deux cent mille vies de moins, ça ne pèse pas lourd dans la balance. Je ne jugeais donc pas nécessaire d’arrêter autant d’activités économiques.

Maintenant, je ne sais plus ce que je pense. Je vis agréablement le fait que la planète profite de nos pauses humaines. Je suis convaincue par ailleurs que seul un confinement total, comme celui qui a été en vigueur en Chine, pourra enrayer la pandémie. Comme d’habitude, je n’ai pas d’opinion. D’une part, j’aime que la planète se repose; d’autre part, je serais bien surprise que tous les hommes mettent l’épaule à la roue pour aider à enrayer l’épidémie. À ce compte-là, est-ce que ça vaut la peine de nous acheminer vers une grave récession, voire une dépression, sachant que la bataille est perdue d’avance ?

Qu’est-ce qui risque d’arriver ? Un vaccin sera mis sur le marché, ou un médicament qui nous guérira, et dès lors la ruée vers l’or va recommencer. Je suis éteignoir, je pense, aujourd’hui.

Mon frère m’a téléphoné tout à l’heure et j’ai testé sur lui les quelques bribes de réflexion que je viens d’écrire ci-dessus.
– As-tu vu le même reportage que moi ?, s’est-il exclamé m’entendant faire référence à la méthode chinoise.
– Je ne sais pas, de quoi s’agit-il ?, ai-je répondu.
– Bien, quand un complexe d’habitation semblait sur la voie de devenir un épicentre de l’épidémie, les autorités chinoises se rendaient souder les portes du complexe pour s’assurer qu’il n’y aurait aucun contrevenant !

De toute façon j’en ai marre de penser à la Covid-19, pour m’exprimer comme les Français puisque je viens de parler par Facetime avec ma fille. Je ne sais pas si elle se rend compte qu’elle adopte les expressions des gens de son nouvel environnement. Elle a fait référence pendant notre conversation à une étudiante qui s’appelle Mathilde et elle a prononcé le mot sans faire nos fameux tsss, Matssssilde. Elle a dit Mathilde, comme une personne française. Débordante d’énergie, elle venait de terminer une séance de work-out avec les étudiants de sa classe. D’après ce que j’ai compris, tout le monde se branche en même temps à un site de work-out et l’écran de l’ordinateur de chacun se scinde en autant de parties qu’il y a de participants, de telle manière que tout le monde se voit.

– Attends, maman !, s’est exclamée ma fille en plein milieu d’une de mes phrases. Raccroche, on va faire une conversation à trois !
Mon neveu, en effet, donc son cousin, tentait de la joindre.
– Est-ce que je vais être capable de répondre ?, lui ai-je demandé.
– Bien sûr, c’est facile, tu vas voir.
J’ai été capable de me joindre aux deux jeunes en fermant et ouvrant des fenêtres sur mon écran, puis, en dernier recours, en cliquant sur l’icône de la caméra dans Messenger.
– Ah ! Maman ! Te voilà, s’est exclamée chouchou.
– YES ! ai-je lancé dans ma fierté d’avoir réussi cet énorme défi.
Je pense, même, que je me suis applaudie.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 217

– Qu’est-ce que j’écrirais ?, m’a demandé Emmanuelle dans la perspective où elle se créerait un blogue.
– Tu sais, la plupart du temps, je ne sais pas ce que je m’apprête à écrire sur le mien, je laisse s’exprimer les mots que j’entends dans ma tête.
– C’est trop ésotérique, maman, a-t-elle conclu. J’ai l’habitude des sciences exactes, des résultats probants. J’aime buter sur un problème de programmation, essayer de le résoudre quitte à y passer des heures, mais pas attraper au vol des mots qui échappent à mon entendement !
– Mon problème, ai-je poursuivi comme si elle n’avait rien répondu, c’est que je ne me sens pas habitée par des sentiments qui me semblent justifier l’effort de structurer une histoire. J’écris dans une sorte de zone neutre, dans un état intérieur tranquille qui ne fait pas de vagues… J’écris sans être habitée par la moindre tension, le moindre désir. Sans me compliquer la vie. J’ai trouvé difficile, à cet égard, dans mon récit de vie, d’essayer de classer les événements. Tel événement est-il compréhensible s’il apparaît avant cet autre ? Par moments, quand j’étais fatiguée, je me bornais à me dire que l’éditeur allait m’arranger ça, la chronologie des événements.

À propos de mon nouveau logiciel d’édition : j’ai trouvé comment insérer une photo, mais pas encore trouvé comment la placer à l’endroit de mon choix ! Légende de la photo : environnement propice à la distanciation sociale !

L’important, quoi qu’il en soit, c’est que ma fille se porte bien, qu’elle soit capable de poursuivre son projet de recherche, que je sois capable, un jour peut-être, d’aller l’embêter en France à nouveau. Qu’elle n’attrape pas le virus, ou que, si elle l’attrape, elle se rétablisse sans complication.

Je voulais lui envoyer des crayons de couleur, j’en ai des tas, mais il n’y a plus de service postal par avion. Je me suis acheté un mandala géant, de 2′ X 2′, pour seulement 2$. Quand je lui ai annoncé que j’avais fait cette acquisition, elle m’a montré le cahier qu’elle venait d’acquérir quant à elle à la FNAC. Un cahier de mandalas dont les lignes sont blanches sur papier noir. J’adore colorier les petites masses en ne pensant à rien, en écoutant les nouvelles à la télévision, qui alternent avec de nombreux appels à la solidarité. J’ai toujours aimé ça, les appels à la solidarité.

C’est drôle à dire, mais j’aime cet arrêt dans le temps, si je ne tiens pas compte de la raison pour laquelle il nous est imposé. Je le préfère à l’exploitation toujours plus excessive des ressources de notre planète, au déséquilibre vertigineux entre les pauvres et les riches. Je souhaite que ce temps d’arrêt nous donne envie de vivre autrement par la suite. Je souhaite, mais mon mari me dit que je ne devrais pas trop miser là-dessus, et je crains qu’il ait raison, qu’on ne se remette pas, dès que le piton Go sera au vert, car actuellement il est au Stop rouge, à courir en effleurant tout, faute de temps, de disponibilité, de concentration.

Je n’ai même pas commencé à lire La montagne magique de Thomas Mann. Il suffirait que je lise 10 pages par jour, pendant 80 jours, et je serais passée à travers. Plus le mandala géant que je vais vouloir encadrer, une fois tout colorié, en souvenir du confinement, s’il se termine un jour, pouvant alors appartenir à l’univers du souvenir. Plus un projet de sculpture déjà entamé qui nécessite plusieurs tubes de laine façonnés au tricotin. Plus le blogue. Plus le recueil de 26 textes. Plus le jardinage dans deux mois. Plus le bilan de François Legault tous les jours à 13 heures. Plus des conversations par Facetime avec ma fille. Je suis occupée à temps plein.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , | Laisser un commentaire

Jour 218

Mon manuscrit est déjà derrière moi. Je me demande maintenant ce que je pourrais écrire d’autre. Ce que je pourrais écrire d’autre quand je vais en avoir le temps, car depuis le début du confinement nous nous occupons de notre petite-fille qui sollicite à peu près toutes les minutes de nos journées. J’aimerais concrétiser un projet caressé depuis longtemps, celui de constituer un recueil de 26 nouvelles dont chacune aurait pour titre un prénom féminin qui se termine par la lettre A. Amanda, Bertha, Catarina, etc. J’ai essayé à quelques reprises et malheureusement abandonné en cours de route. Pour avoir écrit avec facilité mon récit de vie, je pense que si je m’inspire de 26 personnes qui existent, je pourrais en faire 26 descriptions. Cela risque cependant d’être bien statique. J’ai de la difficulté à me mettre dans la peau d’un autre individu, à faire vivre des émotions à mes personnages dans des situations fictives. Je ne suis capable que de décrire ce que je vois, ou ai vu.

Sur un autre registre, j’ai proposé hier à ma fille qui a fait le choix de demeurer en France malgré le confinement et qui est seule dans son appartement à Strasbourg, de se créer un blogue qui nous tiendrait informés, parents et amis, de ses activités dans son contexte de vie pour le moins inusité. On commenterait ses textes et il y aurait des échanges qui la feraient se sentir moins seule. Eh bien, ça ne lui tente pas !
– Qu’est-ce que j’écrirais ?, m’a-t-elle répondu.
– Rien de spécial. Tu pourrais décider de faire une petite chose différente par jour et tu en rendrais compte…
Je reçois son refus avec un certain soulagement, ça veut dire qu’elle ne se sent pas si seule que ça. Elle fait plusieurs Facetime par jour avec ses proches et cela lui suffit. Elle aura peut-être envie de se lancer dans un tel projet au bout d’un moment, dans un mois ou deux. Il commence à être question que les universités ne reprennent même pas selon un fonctionnement normal en septembre.
– Que ferais-tu en septembre ?, lui ai-je demandé ce matin.
– Je verrai rendue là, a-t-elle répondu avec sa toujours grande sagesse.

Sur un encore autre registre, j’essaie de m’adapter au nouveau logiciel d’édition de ma plateforme WordPress. J’ai accès à une belle lettrine, c’est un plus, mais je ne trouve plus le moyen d’accéder aux caractères spéciaux, les ligatures des voyelles oe et ae par exemple. Ça m’énerve, me familiariser avec un nouveau logiciel, c’est comme si j’avais à couper des légumes avec un couteau mal aiguisé. Ça coupe, mais ça coupe mal, ça coupe en nécessitant que je sois attentive au maniement du couteau quand, avec un couteau bien aiguisé, ça coupe comme on passe une lettre à la poste.

J’ai rêvé que je marchais dans un quartier urbain, j’étais peut-être avec ma soeur. Des animaux arrivaient qui marchaient paisiblement autour de nous. Toutes sortes d’animaux, des animaux qui existent comme des chèvres, des chiens, et d’autres inventés. Je n’avais pas peur, c’est un aspect positif car souvent dans mes rêves les animaux me font peur, je me sens menacée par leur présence, sur le point d’être attaquée. Comme je suis d’un naturel narcissique, un énorme gorille arrivait tout d’un coup et me soulevait d’une seule main, ébloui par mon illustre personne. Encore là, et parce que je savais l’animal subjugué par mon charme irrésistible, je n’avais pas peur.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 219

Mardi après-midi. Je suis allée à Joliette récupérer les cinq copies de mon manuscrit que j’ai fait imprimer chez Kiwi Copie. Avant la fin du monde, en quelque sorte. Le même soir, j’ai travaillé jusqu’à presque minuit pour écrire mes lettres de présentation. Les maisons nous demandent en effet de préciser ce qui nous amène à penser que notre texte a des affinités avec leur ligne éditoriale. C’est très abstrait pour ma petite tête. J’ai eu l’impression d’avoir à écrire des lettres de motivation en accompagnement de mon curriculum vitae pour poser ma candidature à un emploi. Un domaine dans lequel je n’excelle guère.

Sur les cinq copies que j’ai fait imprimer, deux sont destinées à des éditeurs français, Stock et Albin Michel. Dans la lettre écrite pour Stock, j’ai mentionné que je me trouve des affinités avec deux auteures publiées chez eux, Blandine de Caunes et Joan Didion, rien de moins. Je n’ai pas précisé de quelle sorte d’affinité il s’agit. C’est trop compliqué pour ma petite tête. Je peux simplement constater ceci : dans les trois cas, Blandine, Joan et moi, les textes sont ce que j’appelle des récits de vie qui nous font plonger dans le passé pour résumer les événements majeurs qui ont modelé la vie du héros (héroïne). En outre, nous sommes trois femmes, d’un âge qui nous positionne plus près de la fin que du début. Je ne saurais ajouter en quoi la texture de nos écritures respectives se ressemblent, se rejoignent.

Pour Albin Michel, je m’y suis prise de manière moins formelle. J’ai mentionné que j’avais pensé initialement intituler mon récit Moi Oh ! Si ?, mais qu’en cours d’écriture les événements de ma vie appartenant au mouvement #MoiAussi ont été mis partiellement de côté pour favoriser un autre thème présent dans le texte, un thème amoureux, de telle sorte que j’ai finalement opté pour le titre suivant : Les initiales gravées. Quand j’en ai parlé à mon mari, il m’a dit que, quant à lui, le premier titre était plus accrocheur, moins sage.

J’ai aussi acheminé deux copies de mon manuscrit à des maisons québécoises, Les herbes rouges, qui m’ont déjà publiée, et Boréal.

J’ai acheminé mon manuscrit également à trois maisons qui n’acceptent que les versions électroniques et rien en papier : Le Quartanier, Alto, Les allusifs.

Mercredi matin. Je suis allée poster le tout au Bureau de poste du village. Sans enlever mes gants. On m’a informée qu’il n’y a plus d’avion acheminant le courrier en France et que si j’opte pour le seul transport accessible, par terre et par bateau, il n’est pas possible de savoir si mon manuscrit se rendra, et s’il se rendra dans trois semaines, ou dans trois mois. Comme je suis du genre à aller jusqu’au bout, j’ai payé pour un envoi qui a de bonnes chances de ne conduire à aucun résultat en ces temps de crise.

Pour les envois à destination de Montréal, il y a moins de chance que le colis se perde.

Je considère que j’ai terminé ce projet. Je suis déjà à la recherche d’un autre.

Au Métro d’alimentation, il n’y avait plus d’oeufs et presque plus de lait. En revanche, il y avait beaucoup de monde, circulant dans les allées les paniers bien pleins.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Un commentaire

Jour 220

Je vais disposer de cinq jours de solitude à partir de demain le 11 mars.
Je veux en profiter pour peaufiner mon récit. Il me reste un chapitre à écrire, et tous les chapitres à relire pour éliminer les maladresses, les répétitions, les lourdeurs, les exagérations, les figures de style qui sont gratuites, et encore toutes ces enjolivures qui n’enjolivent rien. Quand j’écris une enjolivure, d’ailleurs, je sais qu’elle ne tiendra pas la route, que je vais la retirer de la version finale, mais je l’écris pareil. J’ai toujours eu besoin de tester. Je dois avoir un caractère têtu ou incrédule.
J’ai trouvé le titre. Une amie m’a dit que ce titre pourrait lui donner envie de feuilleter le livre, admettons, dans une librairie.
J’ai constaté que certaines maisons d’édition exigent que le manuscrit soit soumis sous forme électronique, d’autres sous forme papier, d’autres sous forme papier avec reliure.
J’arrange ça comme ça fait mon affaire, dans ma tête : je me dis qu’avec le Covid-19, le seul domaine d’affaires qui va être avantagé est celui de l’édition, en ce sens que les gens confinés à la maison vont peut-être choisir de lire pour s’occuper. J’exclus bien entendu tous les aspects qui précèdent la présence du livre dans les mains du lecteur, dans sa maison, à savoir l’impression en usine et la distribution et l’expédition qui toutes sont effectuées par des gens qui seront eux aussi confinés.
Chouchou m’a écrit que dans son université à Strasbourg il y a eu un cas de Covid-19, au campus même où elle a fait ses cours. Elle n’y est pas ce semestre, faisant un stage à l’hôpital universitaire, mais je ne pense pas que l’hôpital soit un meilleur endroit à fréquenter dans ce contexte…
Hier, il s’est produit quelque chose de particulier qui m’a plu. J’étais en train d’écrire quand j’ai regardé l’heure. Il était midi et demi. Je pensais qu’il était dix heures dix. Plus tard, j’ai aussi regardé l’heure alors que j’étais en train d’écrire encore, il était quinze heures trente, je pensais qu’il était disons dix heures onze. Je n’ai pas vu le temps passer.
Ça me plaît de replonger dans mon passé, avec le recul je le perçois doux et enveloppant, je le caresse tendrement, en regrettant ne pas m’être laissée caresser autant que je l’aurais pu. Tous les éléments étaient en place pour que je sois enveloppée et pour que je me vive confortablement, or je ne vivais confortablement que par intermittence, préférant, bonne soldate, aller me frotter aux adversités de la vie les plus de trois-quarts du temps.
Je me demande combien de fois à ce jour j’ai lu ne serait-ce que mon premier chapitre. Au moins cinquante. Combien de fois j’ai lu un chapitre qui était lourd comme un tank de guerre dans lequel je tente de décrire certains aspects de ma petite enfance ? Plus de cinquante fois. À chaque relecture, je trouve un défaut, une incohérence, un petit accrochage dans le rythme.
Cela fait en sorte qu’écrire mon texte de blogue est une détente, j’écris comme ça vient et je corrige assez peu, l’élan est beaucoup moins contrarié qu’au fil de l’écriture de mon récit autobiographique. C’est ça le défi, en fin de compte, faire en sorte que l’élan demeure perceptible malgré les contrariétés nombreuses. Le même phénomène se retrouve partout, cela étant, je pense par exemple à une interface logicielle qui doit être facile à utiliser pour le consommateur, et qui est néanmoins supportée par du code informatique complexe.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 221

9ANS

Félicitations !

Ce texte est le dernier à écrire de ma neuvième année de blogue. Je vais peut-être écrire le suivant, Jour 220, pour finir sur un chiffre rond, et après je vais m’interrompre jusqu’au début du mois de mai. Finir sur un chiffre rond, ça me fait penser à mes pleins d’essence, quand j’ajoute du carburant au-delà de l’arrêt automatique de la pompe, dans le but d’atteindre un chiffre rond, 35$, ou presque rond, 35,50$.
Où en serai-je en mai par rapport au récit ? À ce jour, j’ai quelque 110 pages d’écrites. Quand je les relis, à part quelques-unes qui me donnent encore des frissons de déplaisir jusqu’à temps que je les réécrive, je suis relativement satisfaite, j’en ai fait part à mes lecteurs dans un texte précédent. De toute façon, depuis un certain temps, je brode autour du même thème en me répétant, veux veux pas. Je sens que ça va être difficile de me rendre jusqu’à 150 pages parce que je suis déjà à court d’idées. Alors je me dis que je n’ai pas visé assez gros au départ, il aurait fallu que je vise 200 pages, que j’embrasse plus large. Il n’est pas trop tard. On peut toujours ajuster en cours de route.
Avant qu’il soit trop tard, et dans un autre ordre d’idées, il va falloir que je me remette à bouger davantage. J’ai mal au cou, aux poignets depuis mes deux entorses, et au bras droit, près de l’épaule. Je n’ai peut-être pas une position ergonomique quand je tape, déjà que je tape en me croisant les jambes, il semblerait que ce ne soit pas recommandé.
Il va falloir que je trouve aussi, il me reste deux mois pour ce faire, une manière de remplir les pages de mes prochains derniers 220 textes avant de clore ma décennie d’écriture. J’ai essayé d’écrire des textes de fiction en créant des personnages dont les prénoms se déclinaient par ordre alphabétique inversé, cela ne m’a pas menée loin. J’ai aussi commenté vingt-six toiles que j’ai peintes, qui avaient encore une fois un titre commençant par chacune des lettres de l’alphabet, cela a donné naissance à des textes échevelés. Commenter une toile, ça veut dire ici improviser un texte pas sérieux qui ne s’appuie que rarement sur des connaissances que j’ai, ou que je pourrais aller chercher, dans le domaine des arts. J’ai entamé une série aussi sur mes vêtements, en me donnant le défi de porter l’un après l’autre ceux qui étaient suspendus sur mes cintres, en me restreignant à respecter leur ordre de succession sur la tringle. C’est pour les besoins de ce défi que je suis allée avec mon mari dans le fond d’un rang acheter pour presque rien un buste mannequin afin d’accompagner mon texte d’une photo du vêtement du jour. Le point positif de ce défi sans grand intérêt a été l’élagage qui en a résulté et qui a pris la forme de sacs acheminés à la St-Vincent-de-Paul. Est-ce que je n’ai pas ensuite écrit une série sur mes bijoux ? Le défi auquel je pense est trop exigent. Ce serait d’écrire vingt-six nouvelles autour d’autant de personnages dont le prénom, idem, commencerait par chacune des lettres de l’alphabet. Chaque nouvelle serait écrite sur huit jours, à raison d’une page par jour, ça fait un total de 208. Encore une affaire compliquée pour laquelle je n’aurai pas de souffle. Il me reste deux mois pour trouver une idée.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 222

Il me semble que mon père prenait des comprimés de 222 quand il voulait soulager une douleur musculaire ? Est-ce qu’on peut encore acheter ce produit à la pharmacie ?
Aujourd’hui je suis moins découragée qu’hier. J’ai presque l’impression que je vais y arriver et que je vais aimer le résultat. Je fais référence à mon récit, bien sûr.
Je ne suis pas habile pour trouver un titre. Les deux titres auxquels je pense sont racoleurs, je vais continuer de chercher.
Comme j’avais mal à la tête en après-midi, je suis allée marcher, prendre l’air, cela m’a aidée, mais pas tant que ça.
Nous avons soupé tôt, du filet de porc que Denauzier et moi avons préparé ensemble. C’était bon, mais un peu surette, or nous n’avons pas compris comment, en fonction des ingrédients que nous avons utilisés, le résultat pouvait s’avérer surette. C’est rarissime que Denauzier et moi réussissions nos recettes sans qu’il y ait un petit quelque chose qui retrousse, de toute façon. Le plus souvent la viande est trop cuite, quand elle n’est pas brûlée.
Emmanuelle est à Prague pour quelques jours, puis à Vienne pour quelques jours, c’est sa manière d’occuper son congé de fin février avant de commencer son stage à l’hôpital universitaire début mars.
Moi, pendant ce temps, je me tiens dans mon bureau.
Encore tout à l’heure j’ai trouvé que ça sentait le printemps en allant faire des courses alimentaires. Je préférerais que ça sente encore un peu l’hiver, une saison plus propice à ma concentration.
Je ne connais ni Prague, ni Vienne.
Je me demande qu’est-ce que je vais avoir envie de faire quand je vais retourner dans la vie active, quand je vais sortir de mon antre et rencontrer des gens. Mine de rien, ça fait plus de deux mois que je suis sortie du circuit. J’ai quitté le Québec le 16 décembre pour l’Europe, je suis revenue malade, puis une fois guérie je suis demeurée cloîtrée pour écrire. Qu’est-ce que je vais avoir envie de faire d’un peu spécial ? Rien, tant que mon récit ne sera pas fini.
À la presque veille d’avoir terminé ma neuvième année d’écriture, je me permets une petite récapitulation. Le temps fort de mon année ? 1. Être allée en Europe deux fois. Je vais y retourner en mai, normalement, mais à ce moment-là je me situerai dans ma dernière et dixième année d’écriture. 2. Avoir commencé à écrire autre chose que mes textes du jour sur mon blogue, à savoir un texte plus développé qui requiert plus d’effort. Bien sûr, j’aurais pu y penser avant, surtout que beaucoup de gens me disaient que je me la coulais douce et que, même, je gâchais mon talent à ne pas l’exploiter, mais je ne me croyais bonne qu’à écrire des croquis.
À tant écrire, je ne peins pas, je ne lis pas tellement non plus. Mais j’accumule mes tubes de laine au tricotin afin de garnir une installation murale.
Demain nous aurons des gens pour le souper, cela constitue presque un événement.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire