Jour 219

Mardi après-midi. Je suis allée à Joliette récupérer les cinq copies de mon manuscrit que j’ai fait imprimer chez Kiwi Copie. Avant la fin du monde, en quelque sorte. Le même soir, j’ai travaillé jusqu’à presque minuit pour écrire mes lettres de présentation. Les maisons nous demandent en effet de préciser ce qui nous amène à penser que notre texte a des affinités avec leur ligne éditoriale. C’est très abstrait pour ma petite tête. J’ai eu l’impression d’avoir à écrire des lettres de motivation en accompagnement de mon curriculum vitae pour poser ma candidature à un emploi. Un domaine dans lequel je n’excelle guère.

Sur les cinq copies que j’ai fait imprimer, deux sont destinées à des éditeurs français, Stock et Albin Michel. Dans la lettre écrite pour Stock, j’ai mentionné que je me trouve des affinités avec deux auteures publiées chez eux, Blandine de Caunes et Joan Didion, rien de moins. Je n’ai pas précisé de quelle sorte d’affinité il s’agit. C’est trop compliqué pour ma petite tête. Je peux simplement constater ceci : dans les trois cas, Blandine, Joan et moi, les textes sont ce que j’appelle des récits de vie qui nous font plonger dans le passé pour résumer les événements majeurs qui ont modelé la vie du héros (héroïne). En outre, nous sommes trois femmes, d’un âge qui nous positionne plus près de la fin que du début. Je ne saurais ajouter en quoi la texture de nos écritures respectives se ressemblent, se rejoignent.

Pour Albin Michel, je m’y suis prise de manière moins formelle. J’ai mentionné que j’avais pensé initialement intituler mon récit Moi Oh ! Si ?, mais qu’en cours d’écriture les événements de ma vie appartenant au mouvement #MoiAussi ont été mis partiellement de côté pour favoriser un autre thème présent dans le texte, un thème amoureux, de telle sorte que j’ai finalement opté pour le titre suivant : Les initiales gravées. Quand j’en ai parlé à mon mari, il m’a dit que, quant à lui, le premier titre était plus accrocheur, moins sage.

J’ai aussi acheminé deux copies de mon manuscrit à des maisons québécoises, Les herbes rouges, qui m’ont déjà publiée, et Boréal.

J’ai acheminé mon manuscrit également à trois maisons qui n’acceptent que les versions électroniques et rien en papier : Le Quartanier, Alto, Les allusifs.

Mercredi matin. Je suis allée poster le tout au Bureau de poste du village. Sans enlever mes gants. On m’a informée qu’il n’y a plus d’avion acheminant le courrier en France et que si j’opte pour le seul transport accessible, par terre et par bateau, il n’est pas possible de savoir si mon manuscrit se rendra, et s’il se rendra dans trois semaines, ou dans trois mois. Comme je suis du genre à aller jusqu’au bout, j’ai payé pour un envoi qui a de bonnes chances de ne conduire à aucun résultat en ces temps de crise.

Pour les envois à destination de Montréal, il y a moins de chance que le colis se perde.

Je considère que j’ai terminé ce projet. Je suis déjà à la recherche d’un autre.

Au Métro d’alimentation, il n’y avait plus d’oeufs et presque plus de lait. En revanche, il y avait beaucoup de monde, circulant dans les allées les paniers bien pleins.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 219

  1. Claude Lemieux dit :

    L’accouchement littéraire est terminé. Tu dois être soulagée…

    J’aime

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