
De gauche à droite : oeuf de dinde, de poule, de caille
Je n’ai pas la patience d’apprendre à utiliser le nouvel éditeur de texte de la plateforme WordPress, alors je suis revenue à l’ancienne version. J’ai trouvé la manière d’intégrer une photo-vedette, mais celle-ci refuse de se laisser habiller de texte. J’ai aussi voulu profiter de l’ajout Lettrine qui aurait enjolivé le début de mon texte, mais lorsque j’active cette fonction, le deuxième paragraphe de mon texte disparaît automatiquement. Je sais que l’ancienne version de l’éditeur de texte ne sera pas disponible encore longtemps. Je diffère néanmoins l’apprentissage par paresse, bien sûr, et peut-être par crainte de ne pas comprendre, et probablement pour ne pas m’exposer au constat de la distance toujours croissante entre mes capacités d’adaptation aux nouveautés et la complexité de ces dernières.
En attendant, j’ai mangé des œufs de dinde ce midi. Ils nous sont livrés chaque semaine depuis plus d’un an par notre voisin qui se rend les chercher chez le producteur. Ça fait deux maillons possibles –le voisin et le producteur– dans la chaîne de transmission du virus que tout le monde craint. Je m’y suis prise, dans les circonstances, de la façon suivante. Les œufs avaient été déposés dans le frigo du garage par l’ami voisin. Je les ai pris un à un en portant des gants pour les déposer dans un contenant que j’ai amené dans la cuisine. J’ai mis le contenant dans l’évier et j’ai fait couler de l’eau chaude dans laquelle j’ai versé du savon à vaisselle, plus que pas assez. J’ai laissé tremper un peu les œufs dans la mousse obtenue avant de les frotter avec une petite brosse. Or, des gouttelettes d’eau savonneuse se sont répandues sur ma veste sous le mouvement de la brosse. Je me suis empressée de mettre les œufs dans l’eau afin de les cuire à la coque, dans une casserole, et je me suis rendue me déshabiller dans ma chambre afin de mettre ma veste en quarantaine dans le fond d’un sac dans mon garde-robe. Un coup partie, je me suis douchée. J’ai utilisé le savon Irish Spring de mon mari pour un maximum d’efficacité, même s’il est irritant pour ma peau. En m’habillant après la douche, je me suis rendu compte que j’avais déposé par inadvertance, pendant quelques secondes, ma veste sur le lit, ou plus précisément sur les couvertures.
– Ça suffit, me suis-je dit, je n’en fais pas plus.
J’ai l’impression, cela étant écrit, et la nourriture étant à se digérer dans mon broyeur, que je ne mangerai plus d’œufs de dinde avant la fin de la crise.
Je me demande si l’affirmation « je ne mangerai plus d’œufs de dinde avant la fin de la crise », et sa version écourtée « je ne mangerai plus d’œufs de dinde », ne sont pas deux manières de décrire une même réalité. La manière optimiste et la manière réaliste. À suivre.
Mon mari porte depuis hier au petit doigt de la main droite une grosse chevalière en or de 18 carats. Ça lui donne un style un peu gino. Un aigle en vol, tenant une proie entre les serres de ses puissantes pattes, est gravé sur le chaton. Autrement dit, ce n’est pas la nouvelle chevalière de mon mari qui apparaît ci-contre, mais l’aspect du bijou est très semblable. Je découvre qu’en tant que figure héraldique, le mot s’emploie au féminin. On dira que l’aigle est représentée, avec un e, de face, de profil, etc. Je découvre aussi que l’aigle est un symbole de beauté, de force et de prestige. Plusieurs nations l’utilisent sur leurs blasons, leurs armoiries, leurs sceaux. 