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Jour 110
<p class="has-drop-cap" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">Je ne sais plus où j'en suis, pour n'avoir pas écrit depuis une semaine. Ah oui, ça y est, subitement ça me revient. J'ai publié le texte précédent, Jour 111, dans un état de découragement qui m'a vu incapable, n'en ayant pas la force, de me battre une fois de plus avec l'éditeur de <em>WordPress</em>. Les mots y sont entourés de code html, et une malencontreuse manoeuvre de copier/coller fait en sorte que le texte apparaît en double. <br>- Mes lecteurs vont trouver que je <em>botche </em>pas mal, me suis-je dit, un peu penaude de ne vouloir faire mieux. <br>- Les plus bienveillants, ai-je aussitôt ajouté comme pour me rattraper, vont peut-être se dire aussi que je lâche prise et que je ne tente pas de corriger à tout prix mes erreurs.<br>Ce ne sont pas mes incompétences en édition informatique qui m'ont tenue éloignée de l'écriture, cependant, mais le simple fait que les jours sont souvent trop courts pour que puissent s'y insérer toutes les cases de mes activités.<br>Nous sommes allés au chalet pendant le week-end, ça aussi ça me revient, j'ai apporté mon ordinateur mais je ne l'ai pas utilisé. <br>Lundi j'étais à Montréal. Mardi ici à la maison à paresser. Aujourd'hui mercredi je m'y mets.<br>C'est sûr qu'avec la tenue des élections américaines, j'ai dévié de mon parcours tranquille. Dans les quelques jours qui ont précédé le 3 novembre, et à force de lectures peut-être catastrophistes, l'avenir nous le dira, je me suis mise à craindre qu'une guerre civile n'éclate aux États-Unis. J'ai imaginé que les Américains allaient se dépêcher de se barricader chez eux, une fois terminé leur devoir de citoyen au bureau de vote. <br>J'ai voulu vérifier si les gens, autour de moi, craignaient la même chose.<br>- Crois-tu que le pays pourrait se retrouver en guerre civile ?, ai-je demandé à l'un et l'autre, aux rares individus qui se trouvent sur ma route bien peu fréquentée en cette deuxième vague de Covid. <br>Mes interlocuteurs ont dû penser que je blaguais parce que personne n'a pris la peine de me répondre.<br>Puis, dans l'idée contraire des barricades, j'ai vu à la télévision en soirée hier des Trumpistes, pour la plupart vêtus de <em>short </em>et de <em>t-shirt</em>, beaucoup portant des <em>gougounes </em>aux pieds, agiter mollement des drapeaux sous le climat clément de la Floride. L'ambiance semblait paisible. Comme, ici, il fait plutôt froid, j'ai eu le temps d'un éclair envie d'être avec les manifestants, dehors, sur les trottoirs. Je suis douée pour déraper de la sorte. J'oublie que nous sommes au centre de la présidentielle américaine et je m'abandonne à la douce pensée que je reçois la chaleur sur mes bras dénudés, à neuf heures le soir. Puis je reviens et je décrète solennellement ce qui suit à ma fille, qui se tient à côté de moi :<br>- Peut-être qu'il faut être soi-même Américain pour donner, en 2020, son vote au parti républicain sans craindre que ce soit un choix dangereux. <br>Au moment où j'énonce ces mots, encore une fois je m'abandonne à la douce pensée que ma vie serait un peu plus belle, peut-être pas tant mais quand même un peu, si j'arrivais à aimer et à être inspirée par cet homme président dont on ne sait pas s'il va partir ou rester.<br><br>Je ne sais plus où j’en suis, pour n’avoir pas écrit depuis une semaine. Ah oui, ça y est, subitement ça me revient. J’ai publié le texte précédent, Jour 111, dans un état de découragement qui m’a vu incapable, n’en ayant pas la force, de me battre une fois de plus avec l’éditeur de WordPress. Les mots y sont entourés de code html, et une malencontreuse manoeuvre de copier/coller fait en sorte que le texte apparaît en double.
– Mes lecteurs vont trouver que je botche pas mal, me suis-je dit, un peu penaude de ne vouloir faire mieux.
– Les plus bienveillants, ai-je aussitôt ajouté comme pour me rattraper, vont peut-être se dire aussi que je lâche prise et que je ne tente pas de corriger à tout prix mes erreurs.
Ce ne sont pas mes incompétences en édition informatique qui m’ont tenue éloignée de l’écriture, cependant, mais le simple fait que les jours sont souvent trop courts pour que puissent s’y insérer toutes les cases de mes activités.
Nous sommes allés au chalet pendant le week-end, ça aussi ça me revient, j’ai apporté mon ordinateur mais je ne l’ai pas utilisé.
Lundi j’étais à Montréal. Mardi ici à la maison à paresser. Aujourd’hui mercredi je m’y mets.
C’est sûr qu’avec la tenue des élections américaines, j’ai dévié de mon parcours tranquille. Dans les quelques jours qui ont précédé le 3 novembre, et à force de lectures peut-être catastrophistes, l’avenir nous le dira, je me suis mise à craindre qu’une guerre civile n’éclate aux États-Unis. J’ai imaginé que les Américains allaient se dépêcher de se barricader chez eux, une fois terminé leur devoir de citoyen au bureau de vote.
J’ai voulu vérifier si les gens, autour de moi, craignaient la même chose.
– Crois-tu que le pays pourrait se retrouver en guerre civile ?, ai-je demandé à l’un et l’autre, aux rares individus qui se trouvent sur ma route bien peu fréquentée en cette deuxième vague de Covid.
Mes interlocuteurs ont dû penser que je blaguais parce que personne n’a pris la peine de me répondre.
Puis, dans l’idée contraire des barricades, j’ai vu à la télévision en soirée hier des Trumpistes, pour la plupart vêtus de short et de t-shirt, beaucoup portant des gougounes aux pieds, agiter mollement des drapeaux sous le climat clément de la Floride. L’ambiance semblait paisible. Comme, ici, il fait plutôt froid, j’ai eu le temps d’un éclair envie d’être avec les manifestants, dehors, sur les trottoirs. Je suis douée pour déraper de la sorte. J’oublie que nous sommes au centre de la présidentielle américaine et je m’abandonne à la douce pensée que je reçois la chaleur sur mes bras dénudés, à neuf heures le soir. Puis je reviens et je décrète solennellement ce qui suit à ma fille, qui se tient à côté de moi :
– Peut-être qu’il faut être soi-même Américain pour donner, en 2020, son vote au parti républicain sans craindre que ce soit un choix dangereux.
Au moment où j’énonce ces mots, encore une fois je m’abandonne à la douce pensée que ma vie serait un peu plus belle, peut-être pas tant mais quand même un peu, si j’arrivais à aimer et à être inspirée par cet homme président dont on ne sait pas s’il va partir ou rester.
– Mes lecteurs vont trouver que je botche pas mal, me suis-je dit, un peu penaude de ne vouloir faire mieux.
– Les plus bienveillants, ai-je aussitôt ajouté comme pour me rattraper, vont peut-être se dire aussi que je lâche prise et que je ne tente pas de corriger à tout prix mes erreurs.
Ce ne sont pas mes incompétences en édition informatique qui m’ont tenue éloignée de l’écriture, cependant, mais le simple fait que les jours sont souvent trop courts pour que puissent s’y insérer toutes les cases de mes activités.
Nous sommes allés au chalet pendant le week-end, ça aussi ça me revient, j’ai apporté mon ordinateur mais je ne l’ai pas utilisé.
Lundi j’étais à Montréal. Mardi ici à la maison à paresser. Aujourd’hui mercredi je m’y mets.
C’est sûr qu’avec la tenue des élections américaines, j’ai dévié de mon parcours tranquille. Dans les quelques jours qui ont précédé le 3 novembre, et à force de lectures peut-être catastrophistes, l’avenir nous le dira, je me suis mise à craindre qu’une guerre civile n’éclate aux États-Unis. J’ai imaginé que les Américains allaient se dépêcher de se barricader chez eux, une fois terminé leur devoir de citoyen au bureau de vote.
J’ai voulu vérifier si les gens, autour de moi, craignaient la même chose.
– Crois-tu que le pays pourrait se retrouver en guerre civile ?, ai-je demandé à l’un et l’autre, aux rares individus qui se trouvent sur ma route bien peu fréquentée en cette deuxième vague de Covid.
Mes interlocuteurs ont dû penser que je blaguais parce que personne n’a pris la peine de me répondre.
Puis, dans l’idée contraire des barricades, j’ai vu à la télévision en soirée hier des Trumpistes, pour la plupart vêtus de short et de t-shirt, beaucoup portant des gougounes aux pieds, agiter mollement des drapeaux sous le climat clément de la Floride. L’ambiance semblait paisible. Comme, ici, il fait plutôt froid, j’ai eu le temps d’un éclair envie d’être avec les manifestants, dehors, sur les trottoirs. Je suis douée pour déraper de la sorte. J’oublie que nous sommes au centre de la présidentielle américaine et je m’abandonne à la douce pensée que je reçois la chaleur sur mes bras dénudés, à neuf heures le soir. Puis je reviens et je décrète solennellement ce qui suit à ma fille, qui se tient à côté de moi :
– Peut-être qu’il faut être soi-même Américain pour donner, en 2020, son vote au parti républicain sans craindre que ce soit un choix dangereux.
Au moment où j’énonce ces mots, encore une fois je m’abandonne à la douce pensée que ma vie serait un peu plus belle, peut-être pas tant mais quand même un peu, si j’arrivais à aimer et à être inspirée par cet homme président dont on ne sait pas s’il va partir ou rester.
Publié dans 2 200 textes en 10 ans
Marqué aimer l'homme, États-Unis, guerre civile, présidentielles américaines
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Jour 111
Que pourrais-je écrire pour honorer ce beau triplé de 1 ? Je pourrais écrire que j’aimerais reproduire cette photo sur une toile, avec tout le travail quant à la texture que cela exige.

La chose qui m’intéresse le plus ces derniers temps est la consommation. Je me suis en effet acheté des vêtements, et demain, parce que je me rends à Joliette, je voudrais m’acheter des rouges à lèvres. C’est sans intérêt, je sais, et je suis loin des élans sensibles et poétiques de mon ami François dans sa quête d’union à Anne.
Pour tenter de m’approcher de son élévation d’esprit –mais ça m’étonnerait que j’y arrive–, je vais décrire, après l’avoir fait pour la portion qui est située à ma gauche quand je tape sur le clavier de mon ordinateur, je vais décrire, parce que Mitterrand le fait aussi à l’attention d’Anne, la portion qui s’offre à ma droite, dans mon bureau.
Qu’il soit dit de prime abord que je me suis améliorée et qu’il n’y a plus que dix plantes qui m’y tiennent compagnie. Une grosse, un géranium odoriférant, fait pitié et ne profite que de la lumière provenant de l’est à travers une étroite fenêtre. Autant dire qu’il va faire pitié jusqu’à ce que je le remette dehors peut-être en mai. Ce sera d’abord en lui faisant goûter quelques heures d’ensoleillement sans qu’il quitte son pot, et ce sera ensuite en pleine terre en plein soleil. Il va avoir besoin de tout le mois de juillet pour s’acclimater, et saura prendre des forces en août, devenant très vert et très compact. Puis il va revenir se flétrir dans la maison pendant l’hiver.
Les neuf autres plantes sont plus petites et résident sur le bord de la fenêtre plein sud de mon bureau, laquelle donne sur des champs essentiellement de couleur rouille, garnis de touches blanches ici et là parce qu’il a neigé, et qu’il neige encore.
Le problème, quand mon regard se pose sur ces champs, c’est que je pense immanquablement au moment où des maisons s’y feront construire, bloquant par le fait même mon horizon. Nous avons entendu dire que ces terrains se font convoiter par des promoteurs entrepreneurs. De toute façon, la multiplication des domaines domiciliaires est telle qu’il me faut m’attendre, un jour à l’autre, à ce que ces maisons existent bel et bien. Mais je sais aussi qu’une fois qu’elles seront construites, je vais très vite m’habituer et peut-être même aimer les quelques taches de couleurs qu’elles pourront offrir à ma vue. Aimer aussi observer les mouvements d’allées et venues de leurs propriétaires qui vont ponctuer mon quotidien casanier. En misant bien sûr sur le fait que ces voisins fictifs n’affectionneront pas le motocross, comme c’est le cas malheureusement des nouveaux voisins réels, juste un peu plus loin.
Sur la surface de ma table, immédiatement voisins de mon bras droit, il y a des contenants récupérés dans lesquels j’ai mis des crayons, contenants parmi lesquels se trouve un cylindre métallique qui était autrefois rempli de café de la marque Illy. Idem. À chaque fois que mon regard se pose sur lui, je pense à mon ami André qui m’avait une fois amenée boire cette sorte de café dans un bistrot du Mile-End. À côté du Illy se tient un autre cylindre, cartonné celui-là, ayant autrefois contenu du Cacao Fry’s, qui réunit maintenant des spatules et des pinceaux, mais comme je ne suis pas ordonnée de nature, il abrite aussi des intrus stylos, coupe-papier et paire de ciseaux.
Publié dans 2 200 textes en 10 ans
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Jour 112
Je suis rendue aux lettres de l’année 1966. Je n’ai pas eu le temps de lire ma brique aujourd’hui, mais je désire le faire après ce texte. Je pense que les élans magnifiques d’amour passionné qui s’étendent sur des pages et des pages sans que jamais le souffle de François ne se tarisse sont dorénavant davantage derrière moi que devant. Mitterrand est sur le point de se présenter contre Charles De Gaulle, à la présidence de la quatrième république. Il a moins de temps à consacrer à ses activités épistolaires qu’au cours des années qui viennent de s’écouler, entre 1962 et 1965.
C’est fou, d’ailleurs, pour une fonctionnaire comme moi qui ai passé ma vie à travailler de 9 à 17 heures, à quel point il me semble qu’en comparaison Mitterrand avait du temps pour la réflexion, la rêverie, l’inaction, la concentration dans l’inaction, l’observation, la lecture de poèmes, l’écoute de disques dont celui de Ferré chante Aragon, mon disque préféré, du temps qu’on appelait encore disques les 33 tours, avant qu’on ne se mette à parler de CD, qui, eux, existent de moins en moins, etc.
Quand j’étais fonctionnaire à l’université, en incluant le temps pour le transport, en incluant le temps consacré à la préparation minimale du petit déjeuner pour la famille recomposée, et le temps consacré à la préparation du souper, je ne réfléchissais guère, je n’observais rien, j’essayais juste, dans la dernière heure de la soirée, de reprendre mon souffle… avant de recommencer le lendemain.
J’aurais été bien en peine, comme savait le faire Anne, de parler de Socrate avec l’homme Mitterrand. Pourtant, je suis docteure en lettres. Je suis une drôle de docteure en lettres, il faut dire.
J’aimerais être capable de lire ces bouquins si riches intellectuellement sans ressentir, de toutes les parties de mon être, la déception de n’être pas née Parisienne. Ou disons Française. Dans les années de mon enfance, j’aurais vécu en région comme je le fais en ce moment au Québec à ma retraite, imaginons en Gascogne, mais dès que la vie professionnelle se serait manifestée, je me serais rendue vivre à Paris pour profiter du fourmillement de l’activité culturelle, car mon travail aurait nécessité que je sois imprégnée de la vie j’ose écrire artistique.
Mon être tentait, de la même manière, de s’envoler pour Paris, et même un peu la Toscane, quand j’ai lu la biographie de Ferré.
Je m’éloigne de plus en plus du projet initial qui était le mien au début de ce texte, soit celui de décrire mon espace de travail, comme le fait Mitterrand à l’attention d’Anne. Alors voici. Je suis accompagnée, à ma gauche, par mon amie Thrissa –qui tient d’ailleurs un livre dans ses mains sur la photo d’elle–; de mon père, dont on ne voit qu’une partie du corps, la photo ayant été prise afin de capter sa main qui caresse un chien. Malheureusement, on voit trop de chien sur la photo et pas assez de sa main.
Une photo m’accompagne encore qui est celle de chouchou quand elle avait quatre ans, elle trace des coeurs sur une feuille de papier tout en me regardant la photographier. Elle porte les cheveux très courts, une idée de sa mère, et bien que courts ses cheveux sont les hôtes, ici et là, de petites barrettes en plastique de différentes couleurs. Elle n’a pas encore les oreilles percées. Une autre photo nous voit nous tenir côte à côte, ma fille et moi, incapables de sourire au photographe –Denauzier– car nous avons sur le visage un masque fait d’une espèce de pâte qui risque de se crevasser si nous sollicitons les muscles situés autour de la bouche. Donc nous sommes impassibles, elle et moi, ce qui est l’exact contraire de notre tempérament. Une photo de grand format de mon mari clôt la collection.
Je n’ai rien écrit encore de ce qui me tient compagnie à ma droite, ce sera peut-être pour demain… Il est possible cependant que demain soit une « grosse » journée et que, comme Mitterrand à l’approche de l’année 1966, je n’aie pas le temps d’écrire.
Publié dans 2 200 textes en 10 ans
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Jour 113
Mitterrand nomme les livres qui sont empilés sur une chaise en attente d’être lus. Il fait référence aussi à des objets, dont un vitrail, qui probablement ont été acquis par le couple lors d’une escapade, des objets dont je dirais parfois des bricoles que je suis incapable de nommer en ce moment car je ne me rappelle pas lesquelles, il faudrait que j’aille fouiller dans ma brique. Il écrit que ses vêtements sont un peu à la traîne, qu’une tasse de tisane est déposée pas loin, que seule la lumière d’une petite lampe éclaire la surface où il travaille, qu’un bouquet, peut-être, dont les fleurs sont en train de sécher, lui tient compagnie…
Pascal est au nombre des auteurs qu’il lit régulièrement, Shakespeare, Stendhal, et aussi des historiens dont j’ai oublié les noms –encore une fois, par ricochet narcissique, parce que je ne connais rien en histoire.
Il fait référence à des rencontres avec Anne qui ont eu lieu rue du Regard, rue du Cherche-Midi où elle habitait, et peut-être aussi rue de Guynemer. Or, cette dernière adresse est celle du couple qu’il formait avec son épouse Danielle, alors il ne devait pas décrire à Anne les espaces communs de l’appartement, mais seulement son antre ! Ou alors il avait une adresse personnelle quelque part dans la ville ? Danielle savait-elle qu’il possédait un pied à terre ? Il est vrai que moins on en sait, bien souvent, mieux on se porte. Cependant, quand il appert, devant une personne, qu’on ne connaît pas tel fait que cette dernière connaît, on passe pour un pigeon, pour un naïf qui ne détecte pas de quelle direction provient le vent.
– Tu n’étais pas au courant ?, s’exclamera cette personne.
– Euh, non, répond celle qui n’était pas au courant en se disant que, finalement, elle aurait préféré ne pas l’être.
J’aime aussi que Mitterrand soit si près de la nature, ému à chaque détour de la route par la beauté des paysages –heureusement, parce qu’il passe sa vie en déplacement, souvent en voiture avant qu’il ne soit Président de la République, sa voiture qu’il appelle sa « pantoufle » –il s’agit d’une DS de Citroën. Il s’émerveille d’ailleurs quelque part –je veux dire en quelque page que j’ai lue– à propos d’une sorte de fleur dont je me suis dit, en tombant sur le mot, qu’il fallait que j’essaie de trouver sur Internet à quoi elle ressemble, mais déjà le mot m’a échappé. Un mot à connotation latine –comme la plupart des fleurs, finalement !
La curiosité l’a emporté et je suis allée fouiller dans mon livre : il s’agit de lagerstroemias. Ce sont ni plus ni moins des lilas ! Mes lecteurs peuvent mesurer à quel point je suis inculte.
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Marqué Anne, Citroën, DS, lagerstroemias, Mitterrand, Président de la République
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Jour 114
Je n’ai pas entrecoupé ma lecture de la brique du livre en format poche écrit par Mazarine, intitulé Théa. J’en ai lu en diagonale deux ou trois pages et ça m’apparaissait compliqué, mais je pense que c’est parce que j’ai jeté un coup d’oeil trop rapide. Il semblerait que c’est « scotchant », c’est ce qu’a écrit une critique du Figaro en quatrième de couverture.
Ça fait déjà un moment que je suis installée devant mon ordinateur pour écrire mon texte, mais je me suis accordé des lectures superficielles autour de mes deux héros plutôt que de faire montre de rigueur et de discipline. Après tout, on est samedi. Je dirais que je n’ai rien appris des articles que j’ai parcourus mais cela m’a fait plaisir.
Je suis allée cet après-midi au seul magasin de vêtements de mon village, ayant appris que des soldes y sont en vigueur. Quand je me présente dans un magasin au moment des soldes, c’est que la marchandise de la saison est déjà pas mal écoulée et que, par conséquent, il ne reste plus rien à ma taille, XS. Habituellement, il reste surtout des XXL.
Je suis néanmoins revenue à la maison avec quelques hauts qui vont nécessiter, comme je le craignais, un état mental particulier pour que j’aie envie de les enfiler. Ce ne sont pas des morceaux qu’on met jour après jour, beau temps mauvais temps, comme je le faisais autrefois de mes paires de jeans. J’écris autrefois parce que je n’ai plus maintenant qu’une paire de jeans et que je ne les mets jamais. Ils sont de modèle skinny collant à la peau et je dois me battre avec pour les mettre. Une fois que la bataille est terminée je suis confortable et je peux les garder toute la journée, mais la seule étape de la bataille à traverser m’incite à ne jamais les choisir.
Par le passé, je n’aimais pas me rendre à ce seul magasin de vêtements de mon village parce que la vendeuse est tellement énergique que ça me déconcentre, je n’arrive pas à regarder sa marchandise convenablement, en prenant mon temps. Or, aujourd’hui, deux clientes se sont présentées en même temps que moi. Mine de rien, nous avons essayé, elles des hauts et moi aussi, en commentant ensemble nos essayages.
– La tunique rouge te faisait mieux, m’a dit l’une d’elles.
Elle était plus âgée que moi et me tutoyait.
– Je trouve aussi, a répondu son amie.
Alors, moi qui achète toujours du noir, ou du gris, me voilà avec du rouge rouille…
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Jour 115
J’aimerais écrire ce texte assez rondement pour aller ensuite lire, bien installée sur le canapé, les lettres d’amour que François Mitterrand a écrites à Anne Pingeot entre 1962 et 1995. Ça fait un moment que j’ai acheté le livre, une brique d’un bon 1200 pages, publié chez Gallimard. J’en ai lu les deux premières centaines de pages avant de m’interrompre un soir, pensant que j’allais poursuivre ma lecture le lendemain, mais pour une raison ou pour une autre, j’ai mis des mois avant de m’y remettre. Ce 23 octobre, j’ai presque atteint les 300 pages. Je lis quelques lettres le soir, avant de m’endormir, mais j’aimerais me plonger dans l’oeuvre quelques heures de suite, alors mon projet après l’écriture de ce texte est de me laisser imprégner par la grandeur et la noblesse des sentiments qui habitent notre homme depuis qu’il s’est frotté à l’évidence : il est amoureux fou de la jeune Anne. Elle n’a que dix-neuf ans au moment où il lui envoie ses premières lettres. Lui, quarante-six.
Je lis quelques pages que j’entrecoupe de consultations sur mon téléphone afin de trouver une photo d’Anne quand elle était jeune, afin de vérifier, encore, si leur fille, Mazarine, ressemble davantage au père qu’à la mère, même si je ne suis pas du tout rendue au moment où Anne donnera naissance à Mazarine. Je consulte mon téléphone, encore, pour faire apparaître la ville d’Hossegor sur la carte de la France, constatant que Mitterrand y passe beaucoup de temps.
Je m’explique mal, d’ailleurs, qu’il y passe tant de temps car à l’époque, en 1962, Mitterrand est député de la Nièvre, département situé au centre de la France, alors que Hossegor se trouve au sud-ouest, dans le département des Landes. Mais les parents d’Anne habitent Hossegor et sont des amis de Mitterrand.
Au fil de mes consultations people sur mon téléphone, je découvre que Mitterrand aurait eu quatre relations amoureuses significatives : avec sa femme Danielle, avec sa maîtresse Anne, avec son amante suédoise Christina, et semble-t-il aussi pendant deux ans avec Dalida. Il aurait aussi entretenu des relations privilégiées avec des actrices, des journalistes, des écrivaines…
Sur le coup, ces découvertes m’ont déstabilisée, j’aurais voulu croire que seule Anne lui aura inspiré les phrases sublimes que je lis dans ses lettres, mais peut-être en a-t-il écrit d’équivalentes à Christina, à Annie Girardot, à Laure Adler, à Christine Bravo, pour ne citer que les noms qui figurent dans l’article que j’ai lu… ?
Étant donné que je ne peux envisager de lire d’une traite ma brique de 1200 pages, j’ai décidé d’entrecouper la lecture des lettres d’un roman en format poche écrit par sa fille Mazarine, encore là un livre que j’ai acheté il y a un moment et que je n’ai pas encore ouvert. Le titre en est Théa.
Quand je vais quitter ma chaise dans quelques minutes, ayant publié mon texte, je me demande quel livre je vais choisir, une fois que je serai bien installée sur le canapé : la brique ou le format poche ?
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Jour 116
Il y a des journées qui sont plus difficiles que d’autres. Aujourd’hui fut et demeure une journée difficile sur le plan vestimentaire. Ça doit faire quatre fois que je change de chandail. Rien ne me plaît. J’ai porté ce matin deux hauts asymétriques qui se terminent en pointe. Un bleu dont la pointe se termine à l’avant, à la hauteur des cuisses. Un bourgogne dont les pointes pendouillent sur les côtés du corps, plus bas que les hanches. Je ne comprends pas que je me sois acheté ces deux vêtements qui ne sont pas du tout mon genre. Je sais pourquoi je les ai achetés, en fait, c’est parce que je ne trouve pas ce que je cherche. Je me dis que je vais m’habituer aux pointes, que c’est la mode et qu’il n’y a pas de mal à porter des vêtements à la mode, mais à chaque fois que j’opte pour cette approche, ça finit que les vêtements, encore presque neufs, se rendent garnir les tablettes de la St-Vincent-de-Paul.
Dans un monde idéal, j’aurais cinq six chandails en laine, à col en V et à col roulé. Deux noirs, un gris pâle mais pas trop pâle, un gris foncé, deux autres de couleur, dont peut-être rose. On appelle ça des basiques, pour emprunter au vocabulaire de la mode. Ce serait mes basiques d’hiver pour le haut. Dans un monde extrêmement idéal, les manches de ces chandails seraient juste un peu trop longues et viendraient caresser le début de ma paume de main, en-dessous du poignet. Ça existe, j’ai déjà possédé un chandail d’un tel type, mais je l’ai égaré dans un magasin Neon il y a longtemps. J’ai déjà écrit à ce sujet. Avoir en ma possession ces chandails de laine, je me considérerais bien équipée. Que les chandails en outre soient en cachemire, ce serait le paradis.
En ce qui concerne les basiques pour le bas, j’ai deux ou trois pantalons noirs qui me dépannent en ce moment, mais ils ne seront pas assez chauds pour l’hiver.
J’ai réalisé en faisant du ménage dans mon garde-robe ce matin que j’ai tout plein de tenues d’été, mais très peu d’hiver. À moins qu’elles soient toutes au chalet, mais j’écris ça pour noircir une ligne de plus car je sais qu’elles n’y sont pas.
Je pourrais trouver le problème agréable et envisager avec plaisir une tournée au centre commercial pour me procurer quelques morceaux essentiels pour la saison. Avec la Covid, le magasinage est moins agréable qu’avant, et de un. Mais surtout, et de deux, je ne sais pas qu’est-ce que j’aimerais acheter. Je constate que je ne porte plus mes robes et mes collants chauds, ni mes vestons si pratiques en milieu de travail parce qu’ils nous donnent un air professionnel beau temps mauvais temps. Depuis que je suis à la retraite, je porte tout le temps des pantalons, et je les achète pour la plupart au Sport Expert, qui était autrefois jumelé avec une succursale Atmosphère, mais j’ai l’impression que le premier a acheté le deuxième en ce sens que depuis quelque temps seule l’enseigne Sport Expert pare la devanture du magasin.
J’écris ces lignes vêtue d’un pantalon gris foncé acheté il y a quatre ans au Sport Expert, d’un chandail gris en acrylique dont le col roulé, trop large, n’enserre pas le cou mais pendouille sous le menton, acheté du temps de mes sorties avec tantine dans une boutique de Rawdon. Pour clore mon allure agricole, mes baskets, qui commencent à se découdre à l’endroit du petit orteil, au pied droit.
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