Jour 113

J’aime les lettres de Mitterrand dans lesquelles il se plaît à décrire son environnement à Anne. Je les aime parce qu’elles me font penser aux courriels que j’envoyais à François dans lesquels je lui décrivais les vêtements que je portais avec moults détails, à quel endroit ils avaient été achetés, par exemple, qui me les avait donnés, etc. J’aime ces lettres, autrement dit, parce qu’elles me ramènent à moi-même par un effet de ricochet bien narcissique.
Mitterrand nomme les livres qui sont empilés sur une chaise en attente d’être lus. Il fait référence aussi à des objets, dont un vitrail, qui probablement ont été acquis par le couple lors d’une escapade, des objets dont je dirais parfois des bricoles que je suis incapable de nommer en ce moment car je ne me rappelle pas lesquelles, il faudrait que j’aille fouiller dans ma brique. Il écrit que ses vêtements sont un peu à la traîne, qu’une tasse de tisane est déposée pas loin, que seule la lumière d’une petite lampe éclaire la surface où il travaille, qu’un bouquet, peut-être, dont les fleurs sont en train de sécher, lui tient compagnie…
Pascal est au nombre des auteurs qu’il lit régulièrement, Shakespeare, Stendhal, et aussi des historiens dont j’ai oublié les noms –encore une fois, par ricochet narcissique, parce que je ne connais rien en histoire.
Il fait référence à des rencontres avec Anne qui ont eu lieu rue du Regard, rue du Cherche-Midi où elle habitait, et peut-être aussi rue de Guynemer. Or, cette dernière adresse est celle du couple qu’il formait avec son épouse Danielle, alors il ne devait pas décrire à Anne les espaces communs de l’appartement, mais seulement son antre ! Ou alors il avait une adresse personnelle quelque part dans la ville ? Danielle savait-elle qu’il possédait un pied à terre ? Il est vrai que moins on en sait, bien souvent, mieux on se porte. Cependant, quand il appert, devant une personne, qu’on ne connaît pas tel fait que cette dernière connaît, on passe pour un pigeon, pour un naïf qui ne détecte pas de quelle direction provient le vent.
– Tu n’étais pas au courant ?, s’exclamera cette personne.
– Euh, non, répond celle qui n’était pas au courant en se disant que, finalement, elle aurait préféré ne pas l’être.
J’aime aussi que Mitterrand soit si près de la nature, ému à chaque détour de la route par la beauté des paysages –heureusement, parce qu’il passe sa vie en déplacement, souvent en voiture avant qu’il ne soit Président de la République, sa voiture qu’il appelle sa « pantoufle » –il s’agit d’une DS de Citroën. Il s’émerveille d’ailleurs quelque part –je veux dire en quelque page que j’ai lue– à propos d’une sorte de fleur dont je me suis dit, en tombant sur le mot, qu’il fallait que j’essaie de trouver sur Internet à quoi elle ressemble, mais déjà le mot m’a échappé. Un mot à connotation latine –comme la plupart des fleurs, finalement !
La curiosité l’a emporté et je suis allée fouiller dans mon livre : il s’agit de lagerstroemias. Ce sont ni plus ni moins des lilas ! Mes lecteurs peuvent mesurer à quel point je suis inculte.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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