Jour 115

J’aimerais écrire ce texte assez rondement pour aller ensuite lire, bien installée sur le canapé, les lettres d’amour que François Mitterrand a écrites à Anne Pingeot entre 1962 et 1995. Ça fait un moment que j’ai acheté le livre, une brique d’un bon 1200 pages, publié chez Gallimard. J’en ai lu les deux premières centaines de pages avant de m’interrompre un soir, pensant que j’allais poursuivre ma lecture le lendemain, mais pour une raison ou pour une autre, j’ai mis des mois avant de m’y remettre. Ce 23 octobre, j’ai presque atteint les 300 pages. Je lis quelques lettres le soir, avant de m’endormir, mais j’aimerais me plonger dans l’oeuvre quelques heures de suite, alors mon projet après l’écriture de ce texte est de me laisser imprégner par la grandeur et la noblesse des sentiments qui habitent notre homme depuis qu’il s’est frotté à l’évidence : il est amoureux fou de la jeune Anne. Elle n’a que dix-neuf ans au moment où il lui envoie ses premières lettres. Lui, quarante-six.
Je lis quelques pages que j’entrecoupe de consultations sur mon téléphone afin de trouver une photo d’Anne quand elle était jeune, afin de vérifier, encore, si leur fille, Mazarine, ressemble davantage au père qu’à la mère, même si je ne suis pas du tout rendue au moment où Anne donnera naissance à Mazarine. Je consulte mon téléphone, encore, pour faire apparaître la ville d’Hossegor sur la carte de la France, constatant que Mitterrand y passe beaucoup de temps.
Je m’explique mal, d’ailleurs, qu’il y passe tant de temps car à l’époque, en 1962, Mitterrand est député de la Nièvre, département situé au centre de la France, alors que Hossegor se trouve au sud-ouest, dans le département des Landes. Mais les parents d’Anne habitent Hossegor et sont des amis de Mitterrand.
Au fil de mes consultations people sur mon téléphone, je découvre que Mitterrand aurait eu quatre relations amoureuses significatives : avec sa femme Danielle, avec sa maîtresse Anne, avec son amante suédoise Christina, et semble-t-il aussi pendant deux ans avec Dalida. Il aurait aussi entretenu des relations privilégiées avec des actrices, des journalistes, des écrivaines…
Sur le coup, ces découvertes m’ont déstabilisée, j’aurais voulu croire que seule Anne lui aura inspiré les phrases sublimes que je lis dans ses lettres, mais peut-être en a-t-il écrit d’équivalentes à Christina, à Annie Girardot, à Laure Adler, à Christine Bravo, pour ne citer que les noms qui figurent dans l’article que j’ai lu… ?
Étant donné que je ne peux envisager de lire d’une traite ma brique de 1200 pages, j’ai décidé d’entrecouper la lecture des lettres d’un roman en format poche écrit par sa fille Mazarine, encore là un livre que j’ai acheté il y a un moment et que je n’ai pas encore ouvert. Le titre en est Théa.
Quand je vais quitter ma chaise dans quelques minutes, ayant publié mon texte, je me demande quel livre je vais choisir, une fois que je serai bien installée sur le canapé : la brique ou le format poche ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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