Jour 111

Que pourrais-je écrire pour honorer ce beau triplé de 1 ? Je pourrais écrire que j’aimerais reproduire cette photo sur une toile, avec tout le travail quant à la texture que cela exige.

Sources chaudes à Yellowstone
<p class="has-drop-cap" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">Un canevas d'assez grand format est étendu à cette fin sur ma table, dans mon bureau, mais je ne me décide pas. Je manque de ressort. <br>La chose qui m'intéresse le plus ces derniers temps est la consommation. Je me suis en effet acheté des vêtements, et demain, parce que je me rends à Joliette, je voudrais m'acheter des rouges à lèvres. C'est sans intérêt, je sais, et je suis loin des élans sensibles et poétiques de mon ami François dans sa quête d'union à Anne. <br>Pour tenter de m'approcher de son élévation d'esprit –mais ça m'étonnerait que j'y arrive–, je vais décrire, après l'avoir fait pour la portion qui est située à ma gauche quand je tape sur le clavier de mon ordinateur, je vais décrire, parce que Mitterrand le fait aussi à l'attention d'Anne, la portion qui s'offre à ma droite, dans mon bureau. <br>Qu'il soit dit de prime abord que je me suis améliorée et qu'il n'y a plus que dix plantes qui m'y tiennent compagnie. Une grosse, un géranium odoriférant, fait pitié et ne profite que de la lumière provenant de l'est à travers une étroite fenêtre. Autant dire qu'il va faire pitié jusqu'à ce que je le remette dehors peut-être en mai. Ce sera d'abord en lui faisant goûter quelques heures d'ensoleillement sans qu'il quitte son pot, et ce sera ensuite en pleine terre en plein soleil. Il va avoir besoin de tout le mois de juillet pour s'acclimater, et saura prendre des forces en août, devenant très vert et très compact. Puis il va revenir se flétrir dans la maison pendant l'hiver. <br>Les neuf autres plantes sont plus petites et résident sur le bord de la fenêtre plein sud de mon bureau, laquelle donne sur des champs essentiellement de couleur rouille, garnis de touches blanches ici et là parce qu'il a neigé, et qu'il neige encore. <br>Le problème, quand mon regard se pose sur ces champs, c'est que je pense immanquablement au moment où des maisons s'y feront construire, bloquant par le fait même mon horizon. Nous avons entendu dire que ces terrains se font convoiter par des promoteurs entrepreneurs. De toute façon, la multiplication des domaines domiciliaires est telle qu'il me faut m'attendre, un jour à l'autre, à ce que ces maisons existent bel et bien. Mais je sais aussi qu'une fois qu'elles seront construites, je vais très vite m'habituer et peut-être même aimer les quelques taches de couleurs qu'elles pourront offrir à ma vue. Aimer aussi observer les mouvements d'allées et venues de leurs propriétaires qui vont ponctuer mon quotidien casanier. En misant bien sûr sur le fait que ces voisins fictifs n'affectionneront pas le <em>motocross</em>, comme c'est le cas malheureusement des nouveaux voisins réels, juste un peu plus loin.<br>Sur la surface de ma table, immédiatement voisins de mon bras droit, il y a des contenants récupérés dans lesquels j'ai mis des crayons, contenants parmi lesquels se trouve un cylindre métallique qui était autrefois rempli de café de la marque <em>Illy</em>. Idem. À chaque fois que mon regard se pose sur lui, je pense à mon ami André qui m'avait une fois amenée boire cette sorte de café dans un bistrot du <em>Mile-End</em>. À côté du <em>Illy </em>se tient un autre cylindre, cartonné celui-là, ayant autrefois contenu du <em>Cacao Fry's</em>, qui réunit maintenant des spatules et des pinceaux, mais comme je ne suis pas ordonnée de nature, il abrite aussi des intrus stylos, coupe-papier et paire de ciseaux. Un canevas d’assez grand format est étendu à cette fin sur ma table, dans mon bureau, mais je ne me décide pas. Je manque de ressort.
La chose qui m’intéresse le plus ces derniers temps est la consommation. Je me suis en effet acheté des vêtements, et demain, parce que je me rends à Joliette, je voudrais m’acheter des rouges à lèvres. C’est sans intérêt, je sais, et je suis loin des élans sensibles et poétiques de mon ami François dans sa quête d’union à Anne.
Pour tenter de m’approcher de son élévation d’esprit –mais ça m’étonnerait que j’y arrive–, je vais décrire, après l’avoir fait pour la portion qui est située à ma gauche quand je tape sur le clavier de mon ordinateur, je vais décrire, parce que Mitterrand le fait aussi à l’attention d’Anne, la portion qui s’offre à ma droite, dans mon bureau.
Qu’il soit dit de prime abord que je me suis améliorée et qu’il n’y a plus que dix plantes qui m’y tiennent compagnie. Une grosse, un géranium odoriférant, fait pitié et ne profite que de la lumière provenant de l’est à travers une étroite fenêtre. Autant dire qu’il va faire pitié jusqu’à ce que je le remette dehors peut-être en mai. Ce sera d’abord en lui faisant goûter quelques heures d’ensoleillement sans qu’il quitte son pot, et ce sera ensuite en pleine terre en plein soleil. Il va avoir besoin de tout le mois de juillet pour s’acclimater, et saura prendre des forces en août, devenant très vert et très compact. Puis il va revenir se flétrir dans la maison pendant l’hiver.
Les neuf autres plantes sont plus petites et résident sur le bord de la fenêtre plein sud de mon bureau, laquelle donne sur des champs essentiellement de couleur rouille, garnis de touches blanches ici et là parce qu’il a neigé, et qu’il neige encore.
Le problème, quand mon regard se pose sur ces champs, c’est que je pense immanquablement au moment où des maisons s’y feront construire, bloquant par le fait même mon horizon. Nous avons entendu dire que ces terrains se font convoiter par des promoteurs entrepreneurs. De toute façon, la multiplication des domaines domiciliaires est telle qu’il me faut m’attendre, un jour à l’autre, à ce que ces maisons existent bel et bien. Mais je sais aussi qu’une fois qu’elles seront construites, je vais très vite m’habituer et peut-être même aimer les quelques taches de couleurs qu’elles pourront offrir à ma vue. Aimer aussi observer les mouvements d’allées et venues de leurs propriétaires qui vont ponctuer mon quotidien casanier. En misant bien sûr sur le fait que ces voisins fictifs n’affectionneront pas le motocross, comme c’est le cas malheureusement des nouveaux voisins réels, juste un peu plus loin.
Sur la surface de ma table, immédiatement voisins de mon bras droit, il y a des contenants récupérés dans lesquels j’ai mis des crayons, contenants parmi lesquels se trouve un cylindre métallique qui était autrefois rempli de café de la marque Illy. Idem. À chaque fois que mon regard se pose sur lui, je pense à mon ami André qui m’avait une fois amenée boire cette sorte de café dans un bistrot du Mile-End. À côté du Illy se tient un autre cylindre, cartonné celui-là, ayant autrefois contenu du Cacao Fry’s, qui réunit maintenant des spatules et des pinceaux, mais comme je ne suis pas ordonnée de nature, il abrite aussi des intrus stylos, coupe-papier et paire de ciseaux.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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