Série vestimentaire – SV10

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Pull vieux rose avec motif de plumes brodées.

Je récapitule. Je suis un peu perdue à cause de l’interruption de Pâques. J’ai perdu le fil. Le fil du tissu. Le fil des vêtements et des événements. Le fil du temps. Le fil de presse. Presser les fils du tissu. Presser le citron. Presser le pas. Papesse.
Jour 9 du défi, j’ai porté le chemisier rose et noir à motif géométrique en après-midi pour aller marcher jusqu’au village d’un bon pas. Celui dont je ne sais pas, comme pour tous mes autres vêtements ou à peu près, si je l’aime, s’il me fait bien. Mais comme je suis revenue de ma promenade au sec, bien qu’ayant transpiré, selon ma résolution de porter dorénavant des fibres synthétiques quand je fais de l’exercice, j’ai décidé que j’aimais ce chemisier et que j’allais dorénavant le porter sans me poser de question.
Jour 10 du défi d’aujourd’hui, voici un pull qui a la particularité de ne pas se retrouver en milliers d’exemplaires dans les chaînes des magasins, bien qu’il ne soit pas non plus une exclusivité. Il n’est pas mis en valeur sur la photo, de par sa couleur pâle sur fond encore plus pâle du mur. Tantine me dit qu’il est féminin et que je devrais le porter plus souvent. Est-ce que je l’aime ? Un peu, je dirais, il est confortable. Mais la jupette à plis qui en constitue la partie inférieure n’est pas facile à porter. Elle laisse entrevoir la bordure à la taille de mes pantalons quand je soulève le moindrement les bras. Encore un vêtement qui requiert le port du legging.
Jour 11 du défi, donc demain, paraîtra en ces pages illustres le chemisier dont je dis qu’il me fait penser à une guidoune.
Ce vêtement d’aujourd’hui a été acheté sur l’avenue Monkland, à Montréal. Les mots Passione Moda sont imprimés sur l’étiquette à l’encolure intérieure. J’ai donc pensé que mon vêtement était originaire d’Italie. Mais Passione Moda est aussi le nom d’une boutique située dans un canton suisse où on parle allemand. La ville où se trouve cette boutique s’appelle Neuenhof. Et Neuenhof semble se traduire en français par Argovie. On dira de mon tricot à plumes brodées qu’il nous fait voyager. Sans compter qu’il a été fabriqué, bien entendu, en P.C.R. En P.C.R. ? Bien oui, et sans surprise, en People’s Republic of China.

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Série vestimentaire – SV9

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Ce vêtement est-il beau ?

Je reviens à ma série vestimentaire après une interruption de quelques jours en raison des vacances de Pâques. Le jour même de Pâques, j’ai porté une robe noire sur des collants noirs à motifs triangulaires, et la veste à imprimé de carreaux que j’ai présentée le deuxième jour de ma nouvelle aventure.
– Tu portes cette belle veste pour cuisiner ?, s’était étonné mon mari, me voyant porter mon vêtement un peu chic un jour de semaine.
Nous avons célébré Pâques autour d’un repas digne des hauts dignitaires des états les plus riches, le midi, au grand soleil d’une pièce généreusement fenestrée. Au bout d’un moment, j’ai commencé à avoir chaud. Mine de rien, je me suis excusée auprès des gens autour de la table pour me rendre en vitesse dans la salle de bains enlever mes collants. Je suis revenue m’asseoir comme si de rien n’était. Quelques minutes plus tard, notre hôtesse, qui portait des collants bleus, et sans se douter de ce que je venais de faire, s’est excusée à son tour pour se rendre dans sa chambre à coucher enlever les siens. Notre hôtesse portait des couleurs associées au printemps, mais pas moi, cantonnée que je le suis tout le temps dans les tons de noir et de gris.
Le chemisier en photo aujourd’hui m’amène à me poser une question fondamentale, la question qui se pose en filigrane depuis le début de ce projet mais que je n’ai pas encore abordée : ce vêtement est-il beau ? Quels sont les critères du beau ? Est-ce qu’il m’arrive, devant la vitrine d’un magasin de vêtements, de trouver que les vêtements sont beaux ? Rarement. Est-ce qu’il m’arrive d’aimer les vêtements qui parent les mannequins ? Oui, mais je ne crois pas que ce soit forcément en raison de leur beauté.
Hier lundi, nous avions rendez-vous chez la fille de Denauzier pour un brunch. La nature de la rencontre n’appelait pas une tenue recherchée mais une tenue de tous les jours. J’ai opté pour ce chemisier en photo puisque c’est à lui que je suis rendue dans la déclinaison de mon défi.
– Est-ce que je devrais porter ce vêtement ?, ai-je demandé à mon mari en tournant sur moi-même.
– Pourquoi pas ?, a-t-il répondu.
– Parce que je ne sais pas s’il est beau.
– Il est beau chérie. Il te va bien. Tu es très belle.
Je suis remontée me changer, ne respectant pas en cela mon défi –ni l’avis de mon mari–, et je suis redescendue avec un chemisier bleu et noir.
– Tu t’es changée ?, s’est étonné mon mari.
– Est-ce mieux ?, ai-je demandé.
– C’est aussi beau, fut sa réponse.
Je ne sais pas si j’aime ce chemisier bleu et noir –qui apparaîtra prochainement dans ma série– parce qu’une partie du tissu, aux épaules, est couverte de lanières noires entrecroisées et je trouve que ça fait « guidoune ». Ça fait vêtement acheté dans une boutique érotique qui n’a d’érotique que le nom. Ça fait serveuse de bar qui ne fait pas dans la dentelle parce qu’elle en a vu de toutes les couleurs au fil de sa carrière. Or, tantine m’a trouvé très belle quand je l’ai porté il y a quelque temps. Très chic, a-t-elle même ajouté, pour exprimer tout le contraire de ce que je viens d’écrire.
Ce vêtement en photo ci-dessus est-il beau ? Est-ce que j’en aime le motif géométrique ? Les couleurs ? La coupe ? Est-il trop grand pour moi ? Tomberait-il mieux si j’avais une plus forte poitrine, si je le remplissais davantage ? Les couleurs me vont-elles au teint ? Tombe-t-il bien lorsque je le porte sur un legging noir –car je ne vois pas quel autre vêtement qu’un legging je pourrais porter avec ?
Je ne suis pas capable de répondre à ces questions. Le seul commentaire qui me vient est le suivant : il y a maintenant quatre objets sur le bureau accompagnant le mannequin, et je me demande si je vais opter pour l’ajout d’un objet par jour jusqu’à trente jours pour vingt-cinq objets.

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Série vestimentaire – SV8

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Bracelet, plante, pomme, lunettes.

Ce sera cette photo floue. J’en ai pris sept, dont six pas floues, mais c’est elle qui me plaît le plus. Les deux vêtements proviennent de deux friperies différentes. Je ne me rappelle pas laquelle pour le chemisier sans manches, tandis que je me rappelle, parce que c’est récent, que le pull bleu à mailles côtelées, en coton, provient du magasin le Chaînon, sur le boulevard St-Laurent. Je l’ai porté pour marcher à la Manawan. Il était complètement trempé à mon retour au chalet, après cinq kilomètres de marche dans la neige non tapée. J’ai alors décidé une fois pour toutes, car ça fait un bon moment que j’y pense, de porter des vêtements qui sèchent vite dorénavant, pour faire de l’exercice.
Il manque un bouton au chemisier sans manche. À chaque fois que je le porte, je me dis que je dois résoudre ce mini problème une fois pour toutes (bis), or le bouton manque toujours. Un problème plus important a été résolu cependant : j’ai fait ajuster par une opticienne mes lunettes fumées qui me sciaient le derrière des oreilles et me laissaient de profondes marques rouges sur le nez.
– Elles sont vraiment belles et elles vous vont à ravir, m’a dit l’opticienne au terme de l’ajustement qui a pris trois minutes à peine.
– Je le sais, ai-je répondu en faisant la fraîche pet.
Je me demande encore comment ça se fait que j’ai répondu ça.
Je m’apprête donc à porter cet agencement pull et chemisette aujourd’hui pour aller faire les courses avec tantine. Je ne porterai pas le bracelet de maman mais certainement les lunettes fumées pour la route.
Avec ces trois objets sur la surface du bureau où j’ai déposé mon mannequin –plante, pomme, lunettes–, la photo a l’air moins fade, moins morte.
Cette série constitue, c’est le moins qu’on puisse dire, un projet en constante évolution.

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Série vestimentaire – SV7

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Jour 7, ça fait déjà une semaine de défi.

Nous sommes au début des années 2000, je partage encore ma vie avec Jacques-Yvan, Emmanuelle n’est pas avec moi, je me demande bien où elle est, peut-être chez son grand-père à St-Jean-de-Matha pour profiter du lac et de la baignade ? Je suis pour ma part au centre-ville moribond de Joliette, au magasin André Lalonde Sport qui occupe un grand espace à l’angle du boulevard Manseau et de la Place Bourget. Je ne possède pas encore de vêtements de sport. À cette époque, je porte presque tout le temps la même chose vestimentairement car je dispose d’un inventaire très restreint, d’un inventaire de robes, dont plusieurs achetées chez Arnelle. De robes qui font madame, pas mal madame. Toujours est-il que j’entre chez André Lalonde Sport et j’en ressors avec ce haut de la marque Asics, Made in the USA. Il est doté d’une poche du côté droit dont la fermeture éclair est cousue en diagonale. Ça agrémente joliment le vêtement. Pour agrémenter davantage, j’ai ajouté un bracelet au poignet gauche de mon mannequin, un bracelet multicolore qui appartenait à maman. L’autre jour, pour accompagner une tenue qui manquait de couleur, j’ai attrapé le bracelet à la dernière minute. Il traîne en permanence sur un plateau d’osier dans lequel s’accumulent toutes sortes de petites affaires, sur le manteau du foyer dans notre chambre. J’avais mon manteau d’hiver sur le dos, ça veut dire qu’au moment de quitter la maison je me suis rendu compte qu’il me manquait quelque chose, que je suis allée chercher dans la chambre, et j’en ai profité pour attraper le bracelet au vol, que j’ai mis dans la poche du manteau. Or, il y est resté, et je ne m’en suis rendu compte que quelques jours plus tard.
Le vêtement Asics s’est retrouvé pendu à un cintre dans mon bureau à l’université, à un moment donné. Une collègue ayant renversé sur elle sa tasse de café, je m’étais empressée de la dépanner.
– Je n’ai pas ton gabarit, avait-elle dit en regardant d’un œil incertain le chandail que je lui tendais.
– Il va te faire mieux qu’à moi, avais-je répondu, je ne le remplis pas. Si tu l’aimes, avais-je ajouté, je te le donne.
La collègue avait accepté ma forme de dépannage et passé le restant de la journée dans un vêtement très très ajusté.
Je vais le porter dans les prochaines minutes, après avoir écrit ce texte et après avoir déshabillé mon mannequin, mais je ne le garderai pas pour aller nourrir papa, en fin de journée, parce qu’il est taché. De toute façon, comme pour mon chandail vert, il ne me va pas bien au teint.

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Petit mot court – PMC 18

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Carreaux et paisley

Plus tard en fin de journée je suis sortie vêtue de mon chemisier et d’une veste à imprimé de carreaux par-dessus. Le résultat est pas si mal, du moins à mon œil. Je portais souvent cette veste lorsque je travaillais à l’université. Une collègue m’avait félicitée de l’avoir achetée. Elle était en solde dans une boutique de la rue Monkland. Une boutique qui vendait d’ordinaire tellement cher que le vêtement en solde devenait tout juste abordable pour mon porte-feuille. Une boutique qui n’existe plus. Qui s’appelait Arnelle. La broche en forme de chat est un cadeau de Jacques-Yvan.

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Série vestimentaire – SV6

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Chemise 100% coton de la marque Workshop Republic Clothing, taille S, Made in China.

Au menu aujourd’hui, un chemisier acheté chez Sears avant la fermeture du magasin au centre commercial de Joliette, pendant les vacances de Noël avec chouchou. La fermeture du magasin a eu lieu quelques semaines plus tard, fin janvier.
Parlant de chouchou, j’ai rêvé à elle cette nuit. Elle avait trois ans. En faisant semblant de rien, je l’observais du coin de l’œil, je la regardais aller et venir dans la maison, je l’aurais mangée tellement elle était exquise. Elle allait et venait parmi d’autres enfants car il y en avait beaucoup, je dirais qu’il y avait chouchou bien sûr, les deux fils de Jacques-Yvan et les quatre enfants, garçons et filles, de Denauzier. Un condensé des enfants de ma vie. Nous étions en début de journée, les enfants se préparaient pour aller à l’école, et je me demandais déjà qu’est-ce que j’allais préparer pour le souper !
Parlant de souper, retour au menu de mon défi de ce jour 6, à savoir le chemisier. J’ai utilisé une pince métallique à papeterie pour resserrer le vêtement à l’arrière, sinon il aurait eu l’air aussi pendouillant que sur un cintre.

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Le boteh, l’un des motifs les plus connus, employé en Perse.

J’ai cherché très fort dans ma tête le nom du motif qui y est imprimé. J’ai vainement cherché sur Internet pour aboutir sur des sites qui voulaient me vendre du tissu sans rien m’apprendre des motifs.
– Ça ressemble à pinsley, le mot que je cherche, me suis-je dit en tapant pinsley dans la boîte de recherche de Google.
En réponse, l’ami Google m’a suggéré de chercher paisley, et tapant paisley je suis arrivée sur un site qui retrace l’histoire des tapis orientaux. Paisley est le nom d’une ville en Écosse. Le motif paisley peut aussi être appelé boteh ou cachemire ou persan
On remarquera au bras droit, en s’arrachant un peu les yeux car il aurait fallu que je prenne ma photo de plus près, que la manche peut se porter retroussée. Les deux manches, bien entendu. Une languette est cousue à l’intérieur. Elle n’est pas visible quand on porte la manche à sa pleine longueur, mais un bouton cousu à la hauteur des coudes trahit sa présence. Quelques-uns de mes vêtements Columbia sont dotés de ces languettes que je n’utilise pas. Il m’est arrivé une fois de vouloir les utiliser parce qu’il faisait très chaud. Je n’ai pas réussi à aller chercher la languette en glissant mes gros doigts sous la manche, faute d’espace suffisant. Autrement dit, il aurait fallu que j’enlève la chemise, que j’en retrousse les manches, que je remette la chemise. N’avoir pas aimé la sensation des manches retroussées, il aurait fallu que j’enlève à nouveau la chemise pour en détrousser les manches. Alors j’avais préféré, cette fois-là, endurer mon sort.

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Petit mot court – PMC 17

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Tricot vert à boucle bijou avec camisole en-dessous.

Finalement, j’ai trouvé une manière de porter mon tricot vert : avec une camisole blanche en-dessous dotée d’une encolure ras-du-cou, comme on le voit sur la photo. Ce n’est pas vraiment une camisole, c’est un maillot de corps pourvu de manches très courtes qu’on ne peut voir sur la photo à cause des manches longues du tricot vert par-dessus.
Au lieu de me contenter de porter stoïquement mes vêtements sans les aimer, juste pour dire que je les porte, dans un exercice de détachement, je devrais profiter de mon défi 30 jours 30 hauts pour intégrer un peu de coquetterie dans ma vie. Aujourd’hui c’est réussi, grâce à l’alliance maillot/tricot.

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