Jour 560

PapaLynda

On dirait une publicité pour des grosses lunettes à monture carrée. Place Bourget, Joliette, le 26 septembre 2018.

– Vous êtes un homme de cœur, avait dit ma belle-sœur Élizabeth.
C’était en 2005. J’avais fait un montage vidéo pour souligner les 75 ans de papa. Un petit montage de seulement 14 minutes. J’étais allée rencontrer tout le monde, chez l’un, chez l’autre, mon frère les pattes sur un chantier de peinture, sa blonde de l’époque à la clinique où elle travaillait, pour enregistrer leurs souhaits. Avoir eu plus de temps, bien entendu, j’aurais rencontré plus de monde.
Tante Alice était vivante, elle avait récité un poème. En fait, elle l’avait composé elle-même, il était bâti sur le défilement des saisons et commençait par le printemps. Pour l’hiver, qui arrivait en dernier, elle avait manqué d’inspiration et je l’avais aidée. Swiff et sa compagne de l’époque s’étaient retrouvés chez tante Alice pour que je puisse les enregistrer. De même qu’un cousin. L’expression m’est restée, de ma belle-sœur Élizabeth, un homme de cœur.
Le témoignage qui m’avait le plus plu, sur le montage, était celui de Jacques-Yvan et de ses deux fils, mes beaux-fils. Le plus jeune avait commencé par dire, devant la caméra, que la maison était tranquille parce qu’Emmanuelle était enfin couchée ! Ils se tenaient par la taille tous les trois pour chanter Bonne fête, et le plus jeune, encore une fois, avait joué du trombone, accompagné par son père au piano.
J’avais eu beaucoup de difficulté à faire témoigner un des frères de papa parce qu’il n’est jamais sérieux, surtout quand vient le temps d’exprimer des sentiments. Voyant que je n’arriverais à rien, nous étions chez lui à Laval, je m’étais dit que j’allais me contenter de recevoir ce qu’il était capable de donner. On entend ma voix sur le montage, à un moment donné, je lui demande s’il veut dire au moins « Bonne fête », et il choisit, en réponse, de commenter la saveur du café qu’il est en train de boire. Puis, déposant sa tasse, il fait une onomatopée prévisible qui exprime son intense satisfaction.
Je m’étais arrêtée de filmer pour réessayer un peu plus tard.
Un peu plus tard, tonton avait choisi de se rendre à la bibliothèque y prendre un livre, pour ensuite s’asseoir sur son canapé et ouvrir le livre, mais à la place de lire, il se met à remuer les lèvres sans émettre un son, on se croirait dans un extrait de cinéma muet, et il finit par lancer, comme s’il devait parler par une température de grand vent, autrement dit en criant, Bonne fête Jacques ! Les souhaits arrivent, dans la vidéo, d’une manière tellement inattendue que, je m’en rappelle très bien, je m’étais écroulée de rire lors de l’enregistrement.
Je viens de réécouter la vidéo, nous sommes treize ans plus tard. Certains sont décédés, d’autres ont changé de vie, papa est toujours là. Tonton aussi est toujours là. Le passage de son Bonne fête Jacques ! arrive à la toute fin. Je me suis à nouveau écroulée de rire, cela m’a fait du bien parce que juste avant je pleurais.

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Jour 561

J’ai l’honneur d’être la fille de Jacques Longpré. Aucunement notable de la place, ou honorable de par sa profession, mais simplement garagiste.
Partout où j’allais dans la ville de Joliette, à mon adolescence, on me disait :
– Toi, tu es la fille de Jacques Longpré.
Au début, je ne faisais pas attention, mais j’avais fini par constater que tout le monde me disait ça. Quand j’allais à un endroit que je ne connaissais pas, chez un commerçant par exemple, je me disais :
– Bon, il va commencer par me dire que je suis la fille de Jacques Longpré.
Mon père a fait des mauvais coups au cours de sa vie, comme pas mal tout le monde, et il a fait de son mieux la plupart du temps, comme tout le monde, ou presque, essaie de le faire aussi. J’ai fait plus de mauvais coups que lui, je pense. Quand il a été incapable de supporter davantage l’inquiétude que je lui causais avec mes mauvais coups, il m’a demandé de quitter la maison. J’avais 17 ans. Il est venu me voir dans ma chambre, à St-Alphonse, après le souper, et il m’a demandé, calmement, de m’en aller. Je saute ici les détails de où je suis allée, et avec qui, et de comment ça s’est passé.
J’ai laissé s’écouler quatre ans avant de lui donner des nouvelles. Par une fin d’après-midi, alors que je passais non loin du garage, une idée de génie m’a traversé l’esprit, je suis entrée le saluer. Je me suis dit, avec le détachement qui peut être le mien :
– Tiens, je vais aller saluer papa.
Je n’habitais plus Joliette, à cette époque, j’étudiais au Conservatoire de la ville de Québec.
Au début, probablement que je lui en ai voulu. Mais le temps s’arrange toujours pour qu’on oublie ou pour qu’on finisse, lentement mais sûrement, par voir les choses autrement. Alors je dirais que je ne lui en ai pas voulu longtemps. Je pensais cependant que lui m’en voulait, alors pour respecter sa demande de me tenir loin, je me tenais loin. Je ne peux pas dire non plus, et c’est pas mal sans-cœur de ma part, qu’il me manquait. En fait il me manquait, mais je ne m’en rendais pas compte.
Il faut dire une chose aussi : le papa qui était le mien quand j’avais vingt ans –accaparé par les exigences turbulentes du quotidien–, n’était pas le papa que j’ai connu plus tard –quand il s’est mis à pouvoir respirer normalement. Encore ici, le temps fait son œuvre, et ce dans les deux sens : la jeune femme que j’étais à vingt ans ne laissait pas entrevoir la mère que je suis devenue à trente-sept, par exemple.
Je reviens au garage et à ma visite impromptue –que je suis la première, bien sûr, à ne pas avoir vu arriver– : je n’avais pas atteint le comptoir où payaient les clients que papa prenait le téléphone pour dire à Lucie, ma belle-mère, de mettre une assiette de plus à la table le même soir.
– J’aurais peut-être dû passer le voir avant, finalement, m’étais-je dit sans mesurer plus que ça l’impact de ma longue absence.

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Jour 562

GâteauMoka

Colonne gauche : gâteau Moka à la crème.

Pour en finir avec ces considérations culinaires qui n’intéressent peut-être pas tout le monde, j’ajoute brièvement ceci. Au-delà du fait de recevoir nos amis pour le plaisir de leur bonne compagnie, le but de notre souper était cette fois de partager la merveilleuse mixture que j’obtiens lorsque je fais cuire les raisins de notre vigne. L’année dernière, la mixture obtenue était tellement bonne que je l’avais servie toute nue, comme une compote de pommes. Dans une deuxième opération, j’avais fait cuire aussi les raisins juste assez pour en faire une version liquide à boire, un véritable élixir.
Cette année, n’ayant pas fait trop attention à l’état de la vigne, je suis sortie de bon matin avec une grosse casserole que je comptais remplir de grappes. J’ai à peine réussi à en couvrir le fond.
– Denauzier !, suis-je entrée pour exprimer ma déception à mon mari. Il n’y a pas de raisins cette année !
Bien entendu, je me suis aussitôt lancée dans des suppositions climatiques.
– L’été aura été tellement long, ai-je avancé, que les oiseaux et les écureuils et les dindes et même les souris auront eu besoin de manger nos fruits à défaut de trouver ailleurs suffisamment de nourriture. Tout aura séché.
– Chérie, il ne faut quand même pas exagérer.
Je suis revenue sur ce thème, lors du souper d’hier. Nous parlions d’élections. Nous étions deux couples à avoir déjà voté par anticipation.
– Allez-vous gagner vos élections ?, ai-je demandé juste pour ouvrir le sujet.
Auparavant, personne n’exprimait ses allégeances politiques. Je remarque que de plus en plus de gens acceptent d’en parler, mais avec nos amis hier, et comme ça arrive souvent dans les conversations échevelées, nous avons à peine effleuré le sujet.
– Vous ne pensez pas, comme moi, que peu importe le parti au pouvoir, c’est du pareil au même ?
– Qu’est-ce que tu veux dire ?, m’a demandé quelqu’une.
– Je veux dire que compte tenu des changements climatiques, ce seront eux qui dicteront leur loi. Au mieux, les partis suivront derrière, peinant à gérer les désordres de tous ordres qui vont se multiplier.
J’allais décliner les sortes de désordres qui me passaient par la tête lorsque mon interlocutrice, happée par sa voisine, a détourné la tête.
Qui vivra verra, comme le veut le dicton.

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Jour 563

PoudrePâteMagic

Trois générations de cuisinières.

– Que fais-tu ?, m’a demandé mon mari au moment où je soulevais la mijoteuse.
– Je m’apprête à verser les haricots dans notre Creuset de fonte, ai-je répondu, un peu surprise par sa question.
– Ce n’est pas nécessaire, chérie, tu n’auras qu’à déposer la cocotte directement sur la plaque (vitrocéramique).
– Tu penses ?, ai-je répondu. D’accord, ai-je enchaîné, contente de ne pas avoir à soulever le mélange quand même assez lourd.
Quand les amis sont arrivés, nous nous sommes installés au salon sur les canapés, nous avons bu un apéro de vin rosé que j’ai servi avec des arachides salées et des graines de citrouille crues. À un moment donné, nous avons entendu un bruit sec, une sorte de Clac, que nous n’avons pas su identifier et auquel nous n’avons pas porté attention.
– C’est peut-être un chasseur, a simplement suggéré mon mari, j’ai vu plein d’outardes dans le champ en arrivant tout à l’heure.
– Un rigolo pourrait venir chasser à cent mètres de chez nous ?, ai-je demandé.
– Bien sûr !, ont répondu les trois hommes d’une seule voix.
Le Clac, pour ceux qui auront lu mon texte précédent, provenait de la cocotte qui venait de fendre. J’ai servi les amis sans me rendre compte de rien, mais quand j’ai voulu soulever la cocotte pour l’apporter à la table donner aux convives qui plus de liquide, qui  plus de perdrix, le pourtour de la cocotte a suivi mon geste, mais pas le reste !
– Donc, a conclu mon mari très laconiquement, cette cocotte ne va pas sur le feu.
Heureusement, pour calmer les estomacs qui n’auraient pas été assez remplis, j’avais préparé, on le sait, du pouding au tapioca, de même qu’un gâteau Moka tiré du livre de recettes des bonnes sœurs.
Le gâteau a bien gonflé et ne m’a causé aucun souci. Une fois refroidi, je l’ai déposé sous une cloche de verre, où il a attendu le moment du dessert. J’ai remarqué qu’il n’était pas facile à trancher –ce n’est pas moi qui tranchais– et pour cause, il était sec comme une biscotte ! Et il ne goûtait pas le café ! Bof. C’était encore plus tentant de verser dessus une bonne rasade de pouding. Or, quand j’ai sorti ce dernier du frigo, surprise, il avait figé, ayant tout absorbé le lait. J’en ai ajouté et j’ai remué la mixture, n’arrivant pas tout à fait à éliminer les grumeaux formés par mon brassage. Donc, nous avons mangé du gâteau sec et du pouding aux grumeaux, et pour obtenir une saveur de café nous en avons bu.
J’ai oublié de mentionner que les haricots à la viande sauvage étaient servis avec du chou fleur Romanesco, un mauve et un très vert, recouverts d’un peu de beurre et d’un peu de sel. Je me suis demandé s’ils perdaient leur couleur à la cuisson, et la réponse est qu’ils la perdent très légèrement.
J’ai oublié, lors du souper, de servir la quiche, de telle sorte que j’en mange en ce moment, écrivant ces lignes. Je vais terminer ce repas frugal par le dernier morceau de gâteau, que je ne pourrai pas couvrir de pouding car, quoique rempli de grumeaux, nous l’avons tout mangé.

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Jour 564

EnseigMénager

Écrit par les Soeurs de la Congrégation Notre-Dame.

L’histoire commence lors d’une visite chez ma belle-maman, au cours de laquelle je lui ai emprunté des livres de recettes, d’anciens livres de recettes, et pas seulement de recettes mais plus largement, et comme on le disait autrefois, d’art ménager.
Pas tellement longtemps après cette visite, nous avons proposé à nos amis voisins de venir souper, c’était hier soir mardi, nous étions six, ou trois couples.
Entre l’emprunt des livres et la tenue du souper, nous sommes allés au chalet. Un matin, vers six heures, mon mari est parti avec sa carabine, pendant que je dormais. Il est revenu quelque deux heures plus tard avec deux perdrix.
Mon mari est un chasseur, de perdrix, d’orignal.
En feuilletant les livres de ma belle-maman, j’ai découvert une recette de fèves au lard auxquelles on ajoute une ou deux perdrix. Je m’en suis inspirée pour notre plat principal qui fut composé de la façon suivante : haricots secs, mélasse verte pas sucrée, moutarde sèche, gras de canard, feuilles de laurier cueillies à même le laurier de notre ami qui était d’ailleurs parmi nos convives, quelques tomates cerises, un peu de cassonade, deux perdrix, du steak d’orignal qui provenait de mon beau-frère car ça fait plus de dix ans que mon mari revient bredouille de la chasse à l’orignal, lorsqu’il s’y rend en Abitibi, des oignons et de l’ail, j’ai oublié de le mentionner au début de mon énumération, beaucoup de poivre, pas de sel, du sriracha, de l’eau. Pourquoi pas de sel ? Parce que j’ai acheté à St-Michel-des-Saints, sans savoir ce que c’était, du roulé de porc à la saumure légère, c’est comme ça que ça s’appelle ou du moins que c’est écrit sur l’emballage. Je me suis dit que ce serait suffisamment salé. Qu’est-ce qu’un tel roulé de porc ? Du jambon, tout simplement.
J’ai fait gonfler les haricots secs dans l’eau, dans la nuit de dimanche à lundi, laissé cuire l’ensemble des ingrédients à la mijoteuse pendant huit heures le lundi. Denauzier, le soir venu, a goûté et confirmé que c’était délicieux.
J’avais aussi, dans la journée de lundi, passé au mélangeur électrique un restant de légumes frais que j’avais fait cuire au chalet dans un bouillon de poulet. Donc, au moment de me coucher, le lundi soir, le potage et le plat principal étaient déjà préparés. Ça ne pouvait pas aller mieux.
J’oubliais. J’avais aussi fait moi-même, en remuant constamment pendant huit minutes, un pouding au tapioca. Re-donc : potage, haricots à la viande sauvage et pouding étaient faits lundi soir.
– Je pourrais préparer une quiche aux épinards, me suis-je dit le mardi matin, qu’on mangerait avec nos doigts en même temps que le potage.
– Et un gâteau parmi ceux proposés dans le cahier de la poudre à pâte Magic.
– Et j’irai en après-midi pour les baguettes, en achat de dernière minute.
Au moment où je faisais référence, dans ma tête, aux baguettes, les fromages étaient déjà dans une assiette à la température de la pièce.

Dégât

Mince !, me suis-je exclamée, en m’éclatant de rire aussitôt.

– J’achèterai aussi de la verdure, ai-je décidé en montant dans ma voiture pour l’achat des baguettes, ça veut dire que je devrai préparer une vinaigrette de retour à la maison.
Toujours est-il que tout cela fut fait, et s’avéra réussi.
Un léger incident, cependant, comme en témoigne la photo ci-contre, fit en sorte qu’il ne fut pas possible de se servir une deuxième portion de haricots.

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Jour 565

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Barbe ? Barbiche ? Barbichette ? Bouc ? Moustache ?

Encore une congestion d’événements qui fait en sorte que je n’ai pas écrit ces derniers jours. Des événements de rien du tout, bien entendu. Je m’y remets aujourd’hui. Je ne me lance pas dans la récapitulation de ce qui s’est produit depuis mon dernier texte écrit la semaine dernière. J’y vais avec le récit des événements d’aujourd’hui.
En matinée j’étais aux fourneaux, parce que nous recevons nos amis demain soir pour souper. J’ai cuisiné comme une bonne, mais ce n’est pas tellement de cela dont je veux parler, alors je passe tout de suite à l’après-midi. Je suis partie en bicyclette au village pour aller voter par anticipation. Pédalant, je me suis demandé pour qui j’allais voter.
– C’est bien beau aller voter, me suis-je dit, mais voter pour qui ?
Alors j’ai passé en revue dans ma tête les candidats un à un. J’ai commencé par Manon Massé. Plus exactement, Manon s’est imposée à mon esprit. À Tout le monde en parle, hier soir dimanche, elle n’avait pas les cheveux attachés. Cela m’a déçue. Elle portait néanmoins, je pense, du mascara et du fond de teint, que lui aura appliqués la maquilleuse avant l’émission.
– Devrais-je voter pour elle ?, me suis-je demandé au début de mon parcours, je venais de quitter la maison.
Ce serait une révolution que Québec solidaire soit au pouvoir, et parfois les révolutions ont du bon. Ainsi, dans mon excessive naïveté, je pensais que Trump allait peut-être amener de nouvelles manières de définir l’économie, de créer des ententes, d’instaurer un début d’égalité sur terre. Je trouvais qu’il n’avait pas tellement l’étoffe d’un tel  individu idéaliste, mais il ne faut pas se fier aux étoffes, m’a-t-on appris dans mon enfance, ni aux apparences.
– Je pourrais voter pour elle, me suis-je dit en pédalant, avant de passer au candidat suivant.
Lisée.
– Je ne voterai pas pour lui, me suis-je entendu me dire. Il ne sera pas au pouvoir, le Jour 1, qu’ils vont déjà se chicaner pour déterminer lequel est le plus fin dans le parti. Je n’imagine pas, cela étant, Véronique se prêter à la chicane.
On a dit dans les médias que Lisée avait mal mené sa barque lors du deuxième combat. Je ne m’en suis pas rendu compte, parce que je ne me rends jamais compte de rien, ou alors parce que je concentre mon attention sur des détails insignifiants. À cet égard, il me semble qu’ils sont au moins trois chefs sur quatre à avoir les yeux bleus : Lisée, Massé et Couillard.
Couillard, justement. Qu’est-ce qui fait que je ne veux absolument pas voter libéral ? Le calme de l’homme ? Sa constance, son flegme, sa langue de bois, peut-être, mais la langue de bois n’est-elle pas monnaie courante dans l’univers politique ? Son impassibilité, son imperméabilité à toute épreuve. Sa barbichette. Son assurance monolithique.
– Le jour où je voterai libéral…, me suis-je dit en montant une petite côte, en première vitesse.
Legault, enfin. De quelle couleur a-t-il les yeux ? Verts ? Pas bruns. Peut-être aussi bleus ? Et sa voix qui se perche, qui monte, qui descend. Et sa candidate dans mon comté qui ne m’inspire pas. On dit de la CAQ qu’elle est le parti le moins vert, le moins éco intéressé, le plus climato sceptique.
– Bof, les calamités ont d’elles-mêmes décidé de s’immiscer dans la campagne, comme on l’a vu avec la tornade à Gatineau. Ils n’auront pas le choix de tenir compte du climat, veux veux pas, me suis-je dit en descendant de ma bicyclette.

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Jour 566

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Chute de neige –la raison pour laquelle il est interdit de stationner– ou chute de chat ?

Plusieurs choses d’un intérêt, on le sait, quasiment nul. Ce matin je suis allée au village en bicyclette, faire tester à la pharmacie la vitesse de coagulation du sang qui circule dans mon organisme ultra performant. À l’angle de deux rues, je lève la tête et qu’est-ce que je vois ? Un chat sur le toit. Je me suis arrêtée pour le prendre en photo, ça faisait mon affaire de m’arrêter parce que je venais de terminer de monter une côte et j’étais essoufflée.
Résultat de mon test : parfait. Quand j’ai vu le chiffre 3 apparaître sur l’écran du bidule testeur, j’ai bien entendu levé les bras au ciel en m’exclamant YES ! L’infirmière a été surprise par l’intensité de ma réaction, de ma réaction pourtant habituelle quand le résultat est bon. Mais souvent ce sont les pharmaciennes et non l’infirmière qui me font passer le test. Les pharmaciennes sont plus habituées à mes sparages que ne l’est l’infirmière.
Cela me fait penser à cette fois où Emma et moi étions dans un restaurant, à St-Alphonse, attendant que nous soit servie la pizza que nous avions commandée. Nous l’avions attendue une heure, or je mourais de faim. Quand elle était enfin arrivée, j’avais une fois de plus levé les bras dans les airs et je m’étais écriée Alleluia !
Après le test à la pharmacie, je me suis rendue chez le pépiniériste vérifier s’il vendait encore du paillis, dans la mesure où la saison est pas mal avancée. Il lui en reste, nous allons nous organiser, Denauzier et moi, pour aller en chercher en assez grande quantité. J’en ai profité pour vérifier s’il lui restait des Rudbeckies, j’étais certaine, je ne sais pas pourquoi, qu’il ne lui en restait pas.
– J’en ai encore une bonne centaine !, s’est-il exclamé, –sans toutefois lever les bras au ciel.

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Le perchoir, à l’arrière sur la photo, est assez peu visible. Perchoir, ou mangeoire, ou abreuvoir, c’est difficile à dire.

Je suis passée en après-midi, en voiture, en acheter vingt plants. Comme je suis étonnamment efficace, en témoigne à cet égard la journée d’hier qui m’a vue planter vingt-quatre hostas très lourds, j’ai planté sans m’interrompre les vingt plants de Rudbeckies, là où étaient les hostas. J’ai terminé de jouer dans la terre à 18 heures.
Avant d’entrer dans la maison, j’ai apporté une amélioration visuelle au nouveau secteur hostassien de notre terrain, en l’enjolivant d’un gros pot de bégonias rouges, et d’un perchoir pour les oiseaux. La pièce maîtresse que je veux déposer parmi les hostas fait l’objet d’une petite recherche sur Kijiji en ce moment. Avec le paillis de cèdre rouge, ce sera pas mal intéressant, et peut-être aussi avec une clôture de perche d’un pied de haut. À suivre.

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