Jour 1 023

Avec un peu d'imagination, on peut y voir le parcours de mon système digestif.

Avec un peu d’imagination, on peut y voir le parcours de mon système digestif.

Voici ci-contre ma photo le plus concept. Je l’aime. Je n’ai pas pris beaucoup de photos aux Îles de la Madeleine avec mon Nikon mais j’aime plusieurs des photos que j’ai prises. J’ai pris, je l’avoue, des photos avec le iPhone de mon mari, ou alors, m’exclamant soudainement, je demandais à mon mari de prendre en photo ce qui me faisait m’exclamer.
Demain, dans le texte du jour 1 022, et si Dieu le veut, je vais en mettre une autre en ligne sur le même thème des reflets à travers une vitre.
J’ai pris en rafale des photos d’un chien qui court sur la plage pour attraper un bout de bois que lui lance son maître. Assez classique, comme thème. Je pensais, pendant ma rafale, à la fois à Michel Rivard, et à la fois au film, toujours le même, Un homme et une femme. Je pensais à Michel Rivard parce qu’il fait référence à un chien qui court sur une plage dans une de ses chansons, ou alors parce qu’un chien qui court sur une plage est imprimé sur le feuillet intérieur du CD. Ce CD serait peut-être Le goût de l’eau. Bibi me l’a déjà prêté, du temps que j’habitais avec Jacques-Yvan. Je pensais parallèlement, pendant ma rafale, au film Un homme et une femme parce qu’on y voit dans une séquence un chien qui court sur la grève, à Deauville. On y voit aussi, de dos, un homme qui marche accompagné de son chien. Les deux protagonistes, Trintignant et Aimée, se disent que chien et maître, avec le temps, finissent par se ressembler. Toujours pendant la rafale, j’entendais les voix très douces des mêmes Trintignant et Aimée caresser mes oreilles –voix très douces et d’une élégance, dans l’art de la conversation, qui me semble ne plus exister de nos jours.
Fiou ! Que d’images et de sons dans mon cerveau pendant une courte rafale.
Ma photo ci-dessus, revenons à mon séjour dans un passé récent, pourrait être utilisée par une agence de publicité pour faire la promotion d’un séjour aux Îles. J’apparais, habillée sport, dans le reflet d’une vitrine, nous sommes à La Grave. Sans m’en rendre compte au moment de la photo –j’essayais de me distraire à l’extérieur pendant qu’Emma et Norie visitaient l’intérieur de la boutique– mon reflet se superpose à un t-shirt gris sur lequel est imprimé en blanc le contour des Îles. Pour mettre un peu de zeste à l’affiche publicitaire, et mine de rien, l’Île de Havre-Aubert à la partie inférieure du contour blanc vient me caresser le pubis.
D’après l’étroitesse de la vitre, je dirais qu’il ne s’agit pas de la vitrine d’une boutique mais d’une porte vitrée derrière laquelle est accroché le t-shirt d’une manière quelconque. Je ne saurais dire, de mémoire, de quelle boutique il s’agit. Je ne peux rien garantir non plus par rapport à l’hypothèse de la porte. Pour retracer l’origine exacte du lieu, il faudrait que je retourne aux Îles. Je pourrais me fier à la couleur rouge, capturée par la photo, pour retrouver la porte. Il est possible, bien entendu, que le t-shirt ne soit plus pendu derrière la vitre de la porte…
C’est fou à quel point je me projette dans le temps passé, comme si je pouvais le retenir, alors qu’il ne fait que traverser ma vie en me laissant les mains vides.

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Jour 1 024

Drapeau acadien à La Grave.

Drapeau acadien à La Grave et scène de la vie quotidienne, un homme à l’avant, un à l’arrière.

C’est difficile. Je me fais rattraper par le présent, ou par le passé récent, de telle sorte que l’expédition kayakienne devient de plus en plus ancienne et moins précise dans mon cerveau. C’est difficile aussi parce que je n’ai pas encore retrouvé un horaire de vie régulier qui me permet de me concentrer sur mes écritures.
Nous avons pagayé quatre kilomètres à l’aller, et autant au retour en ayant le vent de face. Nous avons emprunté des grottes formées par la rudesse des vagues qui érodent les falaises. Nous avons avancé dans les passages étroits des grottes en nous appuyant de nos mains sur les parois. Nous étions excités et je reconnaissais, parmi tous, les rires d’Emma et de Norie.
Le hasard a voulu que nous soyons souvent, mon mari et moi, à proximité du guide. Il pagayait seul dans son kayak et se battait par moments avec la jupette qui s’enlevait dès lors qu’il la replaçait autour de son tronc. Se battant avec la jupette, il nous donnait des informations historiques et géologiques intéressantes. Le sol rouge, par exemple, est formé à 99% de quartz et est complété par 1% d’oxyde de fer qui lui confère sa couleur rouge. Le gentilé n’est pas le même, nous a-t-il aussi expliqué, selon le sexe. On dit des Madelinots, mais le féminin est Madeliniennes. Pour des raisons évidentes.
Au retour, nous avons délaissé notre guide pour mieux lutter contre le vent. J’avais de plus en plus chaud, et les bras de plus en plus mous. Le soleil rouge à l’horizon était sur le point de disparaître lorsque nous avons atteint la dernière pointe de terre autour de laquelle le guide –un autre car ils étaient trois– nous a demandé de nous arrêter, pour observer la tombée du jour pendant quelques secondes. Le guide érudit a eu le temps de nous rejoindre, accompagnant le kayak qui avait pris le plus de retard et dans lequel se trouvaient mère et fille qui chantaient, à deux voix, En allant par la Lorraine avec mes sabots…
Se frayant une place parmi nous, le guide érudit a cité quelques strophes d’un poète qui rendent hommage à la beauté des mers. Et quelques pensées de Hubert Reeves par rapport à l’avenir menacé de la planète. Il ne nous restait alors que quelques coups de pagaie pour atteindre la plage et quitter nos embarcations. La plupart des gens ont pagayé vite tandis que Denauzier et moi nous sommes laissés porter. J’ai même arrêté de pagayer pour mettre ma main dans l’eau que j’ai trouvé chaude. C’est ce qui fait que nous sommes les derniers à avoir mis pied à terre. La noirceur complète s’était installée. Une grosse vague a atteint le rivage au moment où je me battais avec ma jupette et tentais de sortir du kayak. Notre sac de vêtements secs traînait un peu plus loin. Je suis allée le chercher. Mon mari s’était fait mouiller autant que moi par la même grosse vague. Alors, avec le plus grand naturel, sans toutefois lambiner plus que nécessaire, nous avons enlevé nos vêtements, pour nous retrouver nus, ni vu ni connu, et nous avons revêtu nos tenues sèches. Les gens, maintenant, s’embrassaient, se serraient la main, se souhaitaient une bonne continuation dans leurs projets.
Les guides, alors, ont éclairé les lieux pour ramasser tout le bataclan des kayaks et des vestes. Pour ce faire, ils ont ouvert grandes les quatre portières de leur fourgonnette qui s’est mise à transmettre aussitôt, très fort, une musique cajun dont j’allais apprendre quelques jours plus tard qu’elle était interprétée par un groupe de jeunes montréalais, le Winston Band. Au moment où la musique s’est répandue autour de nous, je me suis sentie, pendant quelques secondes, au paradis. Je me suis sentie imprégnée d’un bien-être indescriptible. Les mots me manquent et mon vocabulaire est trop limité pour tenter ne serait-ce qu’approximativement de décrire cet état extraordinaire et extatique qui est venu me visiter.

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Jour 1 025

Les sculptures de l'océan.

Les sculptures de l’océan.

Nous étions debout, les pieds dans le sable, en cercle autour du guide.
– Nous allons commencer par nous présenter, nous a-t-il dit. Nous allons former une petite famille, ce soir sur l’eau, et il est préférable de se connaître un peu.
Je voyais les participants d’un groupe concurrent partir déjà sans s’adonner aux préliminaires de présentation. J’aurais souhaité partir avec eux pour revenir plus vite et classer derrière moi l’épreuve kayakienne. Mon mari a parti le bal car il était placé à la gauche du guide qui a choisi de débuter par la gauche :
– Denauzier, expérience zéro.
Ce fut sa manière, très succincte, de se présenter. J’en ai fait autant, en ajoutant un mot seulement :
– Lynda, kayak expérience zéro.
– Emmanuelle, kayak au Bic l’an dernier, j’adore le kayak, kayak aussi sur des lacs, ici et là. Avoir eu un kayak quand je suis allée au Mexique j’aurais bien aimé kayaker sur l’océan…
J’observais l’habillement de mon guide pendant que les seize autres participants –nous étions dix-neuf, et vingt-deux avec les trois guides–, déclinaient leur petit laïus. Un homme plutôt menu et jovial, portant chapeau Tilley, approchant je dirais les 70 ans, disait ne pas savoir nager.
Le guide était mince et beau de ses traits, mais je ne savais pas si sa beauté m’attirait ou, au contraire, m’incitait à me tenir loin. Une personne belle qui se trouve belle va m’inciter à me tenir loin. Il portait un maillot de bain de type bermuda en tissu léger qui sèche en un rien de temps, en dessous d’un pantalon de coton ouaté gris qu’il n’avait pas remonté jusqu’à la taille mais placé sciemment, quoique négligemment, au milieu des fesses. Il portait ses cheveux longs en queue de cheval retenue sous l’élastique de manière à former une jolie toque.
Nous avons fini par partir, j’étais assise à l’avant et Denauzier à l’arrière. Le kayak était placé dans l’eau de sa partie avant. À cause de la quille à l’arrière, et du peu d’eau sur la grève, il faut que quelqu’un, une fois la personne assise à la place arrière, pousse l’embarcation jusqu’à une hauteur d’eau qui peut recevoir la quille. La quille est munie d’un pivot et s’appuie sur le dessus du kayak quand il n’y a pas d’eau. Le guide à la queue de cheval nous a poussés, et je l’ai trouvé non seulement beau mais fort, à cause du poids de mon mari. Il a fait pivoter la quille dans l’eau et voilà, nous étions partis.
Nous n’avions pas glissé d’un pied sur l’eau que ma peur s’est transformée en excitation.
Le guide nous a demandé avant de partir si on voulait avoir le vent dans le dos au départ pour aller voir les grottes, ou si on préférait avoir le vent dans le dos au retour, ce qui semble plus standard, pour aller voir une grosse épave de bateau qu’on voyait de loin. Nous avons opté pour le non standard, à savoir les grottes qui se trouvaient à droite, que nous avons parcourues en longeant la falaise le plus possible.
Il semble que c’était un soir sans pratiquement de vent, mais cela n’empêchait pas les vagues assez hautes de faire tanguer le kayak. Assez rapidement nous avons atteint les grottes, créées par l’érosion de la terre très friable aux Îles, à l’intérieur desquelles il est possible de passer si on appuie les mains aux parois pour se diriger. J’ai adoré notre premier passage en grotte et l’écho à chacune de nos paroles. Bien entendu, tout le monde parlait et même criait tellement nous étions excités. J’ai été frappée aussi par le bruit de l’écoulement de gouttes d’eau qui semblait provenir de plus profond derrière nous. Nous étions, mon mari et moi, les premiers à emprunter la grotte, donc les premiers ressortis. J’ai voulu recommencer et aller me placer à la suite des kayaks qui attendaient leur tour. Mon mari a jugé que ce n’était pas une bonne idée. Je n’ai pas insisté, d’autant que l’un des trois guides nous surveillait et nous a fait signe d’attendre le groupe sans nous éloigner.
La suite dans le prochain texte.

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Jour 1 026

Vers le milieu de la semaine, nous avons convenu d’une excursion en kayak sur mer, ou plutôt sur l’océan Atlantique. J’ai écrit brièvement là-dessus.
Voici comment les choses se sont passées : dès son arrivée aux Îles, et avec son enthousiasme naturel et sa joie d’enfant, Emma nous a annoncé, aux deux vieux que nous sommes, mon mari et moi, que nous irions en kayak. Elle n’annonce jamais les choses de manière autoritaire et péremptoire, c’est le désir plus fort que tout d’aller pagayer sur l’eau qui s’exprime dans sa parole. – J’adore le kayak, a-t-elle plusieurs fois répété.
Wednesday. – Nous avons de la place mercredi soir, nous a dit le guide auquel nous nous sommes adressés à l’Istorlet. C’est le nom de la rue et à la fois de l’entreprise –un centre nautique– qui offre ce type d’excursion, à Havre-Aubert. Le jeune homme, un Français du continent et non originaire des Îles Saint-Pierre et Miquelon –je peux l’affirmer puisque je le lui ai demandé–, a pensé de prime abord que nous étions anglophones et nous a répondu en anglais. Donc, Wednesday. Il était très typé de sa physionomie et je l’ai trouvé beau avec ses oreilles décollées, ses cheveux courts légèrement bouclés et ses lèvres pulpeuses mais gercées.
X. Il y a un X, nous a dit le lendemain au téléphone le Français aux oreilles décollées.
– Un hic ou un X ?, a demandé mon mari qui a reçu l’appel.
– Un hic, en fait, fut la réponse. Il y a une veille d’orage ce soir, et nous devons reporter l’excursion à jeudi soir, même heure. Je vous rappelle pour confirmer.
Emma a reçu l’information avec une certaine déception, mais il ne s’agissait que d’un report de 24 heures. Il y a eu cependant un deuxième X le deuxième soir, qui a généré une déception encore plus vive, puisqu’il ventait trop fort.
– On reporte à vendredi soir, et d’après les prévisions ça devrait marcher cette fois, nous a dit la personne au téléphone.
Et ç’a marché effectivement, en ce sens que nous sommes allés bel et bien kayaker le vendredi soir, la peur au ventre en ce qui me concerne.
Y a-t-il de la place pour une veste de sauvetage supplémentaire sur le kayak ?, ai-je demandé avant le départ, la voix tremblotante.
Le guide m’a regardée presque tendrement en m’assurant qu’il n’y aurait aucun problème. Comme de fait. Je n’étais pas installée à l’avant de l’embarcation, la jupette bien placée au-dessus de moi pour me protéger de l’eau, l’aviron à la main, mon mari à l’arrière, glissant déjà sur les vagues pas si épouvantablement hautes, que la peur s’est transformée en plaisir, et le plaisir en désir de profiter le plus possible de cette aventure sur l’eau.
Zut ! Mince ! Pas déjà ! –même si j’avais les bras comme de la guenille– furent les premiers mots à sortir de ma bouche, de retour sur la plage, dans la pleine noirceur.
Avec ces quelques paragraphes, je ne couvre guère l’expérience du kayak, je ne transmets rien du sentiment grisant qui m’a habitée, je passe sous silence la magie qui m’a enveloppée à l’occasion d’une chose en particulier et sur laquelle je voudrais revenir.
B

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Jour 1 027

C'est ma photo préférée parmi celles que j'ai prises aux Îles, mais la résolution est très basse et je ne peux pas la modifier à mon goût.

C’est ma photo préférée parmi celles que j’ai prises aux Îles, mais la résolution est très basse et je ne peux pas la modifier à mon goût.

Qu’est-ce qui va arriver, au-delà de l’orgueil blessé, si j’arrête d’écrire ? Si je mets fin à mon défi bloguéen ? Je me suis posé la question pendant mes vacances, ne me sentant plus, avant mon départ pour les Îles, la force et la motivation d’écrire. C’était peut-être causé par le décès imminent de tonton… J’avais peut-être besoin d’un repos, d’une détente, d’une interruption… Peut-être que je ne suis plus capable de courir tout le temps comme je le fais après le temps…
Regarde, m’a dit Denauzier. Ils sont sur le point de commencer la fenaison.
Nous sommes cet après-midi dans la piscine, chez le frère de Denauzier, de l’eau jusqu’à la taille, les bras croisés appuyés sur la bordure de la piscine, le menton appuyé sur les bras. Le soleil nous réchauffe délicieusement le dos.
La propriété immédiate est celle d’un cultivateur qui démarre à l’instant sa machine, une espèce de tracteur, pour faire les foins.
– C’est comme ça qu’on dit ? La fenaison ?, ai-je demandé à mon mari.
– Ici, je pense qu’ils disent le temps des foins. Moi, je dis la fenaison. Ils ont changé de machine, ajoute Denauzier. L’an dernier, c’était une machine qui lançait les ballots de foin, alors que celle-ci s’ouvre quand le ballot est terminé et le ballot glisse tout seul dans le champ.
– C’est à cause de Gérard, lui dis-je.
– Quoi, Gérard ? Qu’est-ce que mon frère a à faire là-dedans ?
– Rappelle-toi, l’an dernier, il nous raconté que deux ballots avaient été expulsés jusqu’ici, dans la piscine… la machine était trop puissante pour la grandeur du champ. Il s’est plaint à son voisin qui l’a envoyé promener, mais il faut croire qu’il ne s’est pas plaint pour rien, finalement.
Mon mari me regarde et se désole d’entendre mes sornettes qui ont au moins pour effet de le faire sourire un peu.
Sur la route du retour, hier, après l’achat des blés d’Inde à Neuville, j’ai fait aussi une blague sornettienne. Mon mari se surprenait que les pommes, des Paulared, soient déjà prêtes. Il soupçonnait qu’on ait acheté des pommes de l’an dernier.
– Les pommes sont déjà mûres ?, m’a-t-il demandé en remontant dans la voiture, la grosse voiture qui tirait la grosse remorque.
– Ça ne m’étonne pas, lui ai-je répondu, il y a toutes sortes de pommes, dont certaines sont prêtes à cueillir bien avant octobre. Ça ne m’épomme pas, ai-je rectifié.
– Eh bien moi ça m’épomme, a-t-il répondu du tac au tac comme s’il savait d’avance que j’allais déformer le mot.
J’ai ri comme une bonne, alors que dans ma bouche, m’entendant ne pas m’épommer, je n’ai rien trouvé de drôle.
Traversant en moto la région de la Grosse Île, j’ai pris la photo qui apparaît ci-dessus. J’ai pris une rafale de cinq ou six photos, avec le téléphone de Denauzier. Nous sortions d’un restaurant et nous attendions quelqu’un. Nous nous sommes assis, mon mari et moi, à même les marches et avons observé le paysage. J’ai aussitôt eu envie de photographier la ligne des poteaux électriques qui ne m’aurait rien dit si je n’avais pas été assise en face à la regarder. La même chose m’est arrivée dans le hall d’un hôtel à Vancouver l’automne dernier. J’étais assise, j’attendais mon mari, et je me suis mise à trouver que l’aménagement était fort intéressant, dans un coin pas très loin de moi, alors je l’ai pris en photo et j’ai aimé le résultat. Ne pas m’être assise et ne pas avoir pris le temps d’observer, cela est aussi vrai pour les Îles que pour Vancouver, je serais passée sans la voir à côté d’une beauté.
Une chose est sûre, quand je me relis, je me fais déjà happer par le moment présent et mon voyage aux Îles recule chaque jour un peu plus dans ma mémoire…

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Jour 1 028

La suite alphabétique aujourd’hui puisque j’étais trop fatiguée hier pour me rendre jusqu’à l’ami Z. Nous avons bien dormi dans notre grand lit mathalois. Je ne m’endormais pas tant que ça, curieusement. Je pense que je suis moins fatiguée qu’il y a un an lorsque j’ai pris ma retraite. J’en veux pour preuve que ce matin à 8 heures j’étais sur le piton. Pour permettre à Denauzier de roupiller sous une doudou improvisée, j’ai conduit une partie du trajet entre Rivière-du-loup et Neuville, où j’ai quitté la 40 pour aller à la recherche de blé d’inde. Il semblerait que dans quelques années le blé d’inde de Neuville portera une appellation contrôlée. Nous n’avons pas mangé cependant celui que nous avons acheté puisque nous sommes allés souper chez mon frère à Joliette avant de rentrer à la maison.
Maisons. Havre aux maisons. C’est l’île que nous avons habitée pendant huit jours. Mon frère est l’ami du propriétaire, c’est donc par l’intermédiaire de mon frère que nous avons obtenu cet hébergement très grand, quatre chambres à coucher, pour peu de frais. Ce sont ailleurs que les frais sont entrés en ligne de compte. Lorsque nous avons choisi de manger un club sandwich au homard, 34$, et acheté des brownies à la pâtisserie artisanale, une petite quantité pour 12$. Dégusté les bières À l’abri de la tempête, 54$, et j’en passe… Ils étaient heureusement délicieux, le club, les bières, les brownies, à tel point, les brownies, que nos amis sont allés en acheter aussi, plusieurs barquettes.
Norie. C’est l’amie d’Emma. Les deux cocottes sont venues en voiture, pleine à ras bord de mille et une choses. Elles ont dormi ici et là dans la voiture le long du long parcours, mais aussi dans un camping où elles sont arrivées tard et reparties tôt. Des jeunes en santé capables de monter la tente dans l’obscurité. Chouchou refuse d’apprendre à conduire, la coquine. Bravo Norie.
On peut dire que la même chose s’est produite de notre côté. Denauzier a conduit de St-Jean-de-Matha à Fredericton en voiture, la voiture traînant une remorque, la remorque transportant la moto. De Fredericton à Souris, et une fois que nous sommes arrivés sur l’Île, encore une fois c’était mon mari le conducteur. – C’est un cadeau de ton oncle, m’a dit mon mari sans méchanceté aucune. Effectivement, nous voulions faire tout le trajet en moto, mais la fin de vie arrive quand elle le veut et prime sur le reste. À défaut de disposer d’une journée supplémentaire pour nous rendre aux Îles, ayant passé cette journée auprès de tonton, nous avons roulé d’une traite avec l’artillerie lourde du véhicule-remorque-moto. Rendus à Fredericton, ou plus précisément à Oromocto, nous avons dormi dans un Days Inn et poursuivi le lendemain en moto. Ça veut dire que la direction du Days Inn a accepté que notre véhicule et la grosse remorque nous attendent quelque dix jours à l’arrière du bâtiment dans les herbes sèches.
Pendant mes vacances, j’aurais souhaité que ma Soniquette serve à quelqu’un. Je voyais mon départ approcher et je me désolais de ne trouver personne qui en aurait besoin.
– J’aimerais prêter mon véhicule à quelqu’un, ai-je dit à mon mari, mais je ne sais pas qui ! À la dernière minute, mon frère les pattes d’ours m’a demandé si, en mon absence, j’avais besoin de mon véhicule. Eurêka ! C’est la raison pour laquelle –récupérer mon véhicule–, nous sommes allés souper à Joliette hier. Ma petite voiture est plus facile à conduire qu’un gros Envoy qui tire une grosse remorque.
Décidément j’ai de la jasette, je n’ai parcouru que cinq lettres en 605 mots. La suite sous le numéro 1 027.

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Jour 1 029

Foulard au vent au Cap Alright, mais sur la partie qui vole au vent on ne voit pas les papillons.

Foulard au vent au Cap Alright, mais sur la partie du foulard qui vole au vent on ne voit pas les papillons.

Albini Longuépée. C’est le nom du propriétaire d’un commerce qui fait dans l’électronique, à Cap-aux-Meules.
Brion. L’île. Je ne l’ai pas vue, mais je sais qu’elle existe. Je pense qu’elle apparaît au loin, un petit point de rien, quand l’océan est calme. Mais je peux confondre avec une autre île, il y en a quand même beaucoup.
Chouchou a vingt ans aujourd’hui le 23 août. Nous l’avons fêtée le 19 au soir en mangeant des homards. Je lui ai offert une bouilloire électrique achetée à la quincaillerie de Cap-aux-Meules.
Denauzier est un excellent photographe à ses heures, comme en témoigne la photo ci-contre sur laquelle mon nouveau beau foulard aux papillons vole au vent. Chouchou apparaît un peu en retrait. Nous avons la même esquisse de sourire elle et moi. Quand je la regarde sur les photos, hormis que nous ne soyons pas du même gabarit, et par un phénomène que je m’explique mal, mais qui pourrait être simplement celui du vieillissement, c’est moi que je vois et non elle, et c’est papa que je vois et non moi.
Emma m’a offert ce foulard aux papillons à La Grave, c’est l’endroit touristique des Îles. Le foulard curieusement ne coûtait pas cher. Emma n’en était pas folle, mais moi si. C’est normal qu’il vole au vent, puisqu’il est imprimé de papillons et qu’aux Îles il vente tout le temps et beaucoup, mais de tout notre séjour il n’a venté que le jour de notre visite au Cap Alright.
Grande Entrée. L’île d’Entrée. Grosse Île. Chemin du bas. Pointe basse. Tous ces noms finissent par se ressembler. J’aurais aimé visiter l’Île d’Entrée, on s’y rend en traversier, j’aurais aimé la visiter pour en expérimenter l’isolement, mais il a fallu choisir nos activités pour des questions financières et d’une chose à l’autre nous n’y sommes pas allés mais lorsque nous retournerons un jour aux Îles nous comptons la visiter.
Hector Hébert, c’est le nom du magasin dans lequel Emma a acheté mon beau foulard, à La Grave. – C’est quelle sorte de magasin ?, m’a demandé ma belle-sœur qui était aux Îles en même temps que nous et qui se demandait si elle devait aller au magasin Hector. – C’est comme un Greenberg mais avec une marchandise de meilleure qualité, ou encore un Métropolitain il y a très très longtemps, ou peut-être un Équipeur, avec une marchandise plus variée, un peu moins axée sur le travail… Je pense, au final, que ma belle-sœur ne s’y rendra pas. Pourtant, chouchou y a trouvé de quoi se vêtir, à peu de frais, pour sa rentrée, dès demain le 24, à l’École Polytechnique.
Il ne faut pas grand-chose pour me tirer une larme. Quand je pense par exemple à quel point est grand mon amour pour chouchou, il me vient une ou deux larmes. Quand je constate que son enthousiasme et sa joie de vivre sont toujours au rendez-vous, maintenant qu’elle a vingt ans, il me vient encore plus de larmes devant tant de candeur et de beauté envers la vie.
Jeudi devait être notre soirée de kayak, après l’annulation du mercredi. Mais finalement nous n’y sommes allés que le vendredi. Mercredi on annonçait des orages, que nous n’avons pas eus, et jeudi il ventait trop. Plus tôt dans la journée de jeudi une personne a versé, d’où l’annulation des autres expéditions qui étaient prévues dans la journée.
Kayak. Ce fut la plus belle soirée de mes vacances de treize jours. Nous y sommes donc allés le vendredi, au kayak sur mer, ou plutôt sur océan. J’ai adoré notre guide, pourtant au début, je dirais dans les premiers dix minutes, il me tombait un peu sur les nerfs. Comme quoi il faut prendre son temps avant de se faire une opinion. Non seulement la soirée fut magique, mais elle fut aussi poétique, j’y reviendrai, du moins je l’espère.
La suite de ma déclinaison alphabétique demain, je suis trop fatiguée, d’autant que nous avons roulé neuf heures depuis Fredericton aujourd’hui.

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