Jour 1 027

C'est ma photo préférée parmi celles que j'ai prises aux Îles, mais la résolution est très basse et je ne peux pas la modifier à mon goût.

C’est ma photo préférée parmi celles que j’ai prises aux Îles, mais la résolution est très basse et je ne peux pas la modifier à mon goût.

Qu’est-ce qui va arriver, au-delà de l’orgueil blessé, si j’arrête d’écrire ? Si je mets fin à mon défi bloguéen ? Je me suis posé la question pendant mes vacances, ne me sentant plus, avant mon départ pour les Îles, la force et la motivation d’écrire. C’était peut-être causé par le décès imminent de tonton… J’avais peut-être besoin d’un repos, d’une détente, d’une interruption… Peut-être que je ne suis plus capable de courir tout le temps comme je le fais après le temps…
Regarde, m’a dit Denauzier. Ils sont sur le point de commencer la fenaison.
Nous sommes cet après-midi dans la piscine, chez le frère de Denauzier, de l’eau jusqu’à la taille, les bras croisés appuyés sur la bordure de la piscine, le menton appuyé sur les bras. Le soleil nous réchauffe délicieusement le dos.
La propriété immédiate est celle d’un cultivateur qui démarre à l’instant sa machine, une espèce de tracteur, pour faire les foins.
– C’est comme ça qu’on dit ? La fenaison ?, ai-je demandé à mon mari.
– Ici, je pense qu’ils disent le temps des foins. Moi, je dis la fenaison. Ils ont changé de machine, ajoute Denauzier. L’an dernier, c’était une machine qui lançait les ballots de foin, alors que celle-ci s’ouvre quand le ballot est terminé et le ballot glisse tout seul dans le champ.
– C’est à cause de Gérard, lui dis-je.
– Quoi, Gérard ? Qu’est-ce que mon frère a à faire là-dedans ?
– Rappelle-toi, l’an dernier, il nous raconté que deux ballots avaient été expulsés jusqu’ici, dans la piscine… la machine était trop puissante pour la grandeur du champ. Il s’est plaint à son voisin qui l’a envoyé promener, mais il faut croire qu’il ne s’est pas plaint pour rien, finalement.
Mon mari me regarde et se désole d’entendre mes sornettes qui ont au moins pour effet de le faire sourire un peu.
Sur la route du retour, hier, après l’achat des blés d’Inde à Neuville, j’ai fait aussi une blague sornettienne. Mon mari se surprenait que les pommes, des Paulared, soient déjà prêtes. Il soupçonnait qu’on ait acheté des pommes de l’an dernier.
– Les pommes sont déjà mûres ?, m’a-t-il demandé en remontant dans la voiture, la grosse voiture qui tirait la grosse remorque.
– Ça ne m’étonne pas, lui ai-je répondu, il y a toutes sortes de pommes, dont certaines sont prêtes à cueillir bien avant octobre. Ça ne m’épomme pas, ai-je rectifié.
– Eh bien moi ça m’épomme, a-t-il répondu du tac au tac comme s’il savait d’avance que j’allais déformer le mot.
J’ai ri comme une bonne, alors que dans ma bouche, m’entendant ne pas m’épommer, je n’ai rien trouvé de drôle.
Traversant en moto la région de la Grosse Île, j’ai pris la photo qui apparaît ci-dessus. J’ai pris une rafale de cinq ou six photos, avec le téléphone de Denauzier. Nous sortions d’un restaurant et nous attendions quelqu’un. Nous nous sommes assis, mon mari et moi, à même les marches et avons observé le paysage. J’ai aussitôt eu envie de photographier la ligne des poteaux électriques qui ne m’aurait rien dit si je n’avais pas été assise en face à la regarder. La même chose m’est arrivée dans le hall d’un hôtel à Vancouver l’automne dernier. J’étais assise, j’attendais mon mari, et je me suis mise à trouver que l’aménagement était fort intéressant, dans un coin pas très loin de moi, alors je l’ai pris en photo et j’ai aimé le résultat. Ne pas m’être assise et ne pas avoir pris le temps d’observer, cela est aussi vrai pour les Îles que pour Vancouver, je serais passée sans la voir à côté d’une beauté.
Une chose est sûre, quand je me relis, je me fais déjà happer par le moment présent et mon voyage aux Îles recule chaque jour un peu plus dans ma mémoire…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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