Jour 1 025

Les sculptures de l'océan.

Les sculptures de l’océan.

Nous étions debout, les pieds dans le sable, en cercle autour du guide.
– Nous allons commencer par nous présenter, nous a-t-il dit. Nous allons former une petite famille, ce soir sur l’eau, et il est préférable de se connaître un peu.
Je voyais les participants d’un groupe concurrent partir déjà sans s’adonner aux préliminaires de présentation. J’aurais souhaité partir avec eux pour revenir plus vite et classer derrière moi l’épreuve kayakienne. Mon mari a parti le bal car il était placé à la gauche du guide qui a choisi de débuter par la gauche :
– Denauzier, expérience zéro.
Ce fut sa manière, très succincte, de se présenter. J’en ai fait autant, en ajoutant un mot seulement :
– Lynda, kayak expérience zéro.
– Emmanuelle, kayak au Bic l’an dernier, j’adore le kayak, kayak aussi sur des lacs, ici et là. Avoir eu un kayak quand je suis allée au Mexique j’aurais bien aimé kayaker sur l’océan…
J’observais l’habillement de mon guide pendant que les seize autres participants –nous étions dix-neuf, et vingt-deux avec les trois guides–, déclinaient leur petit laïus. Un homme plutôt menu et jovial, portant chapeau Tilley, approchant je dirais les 70 ans, disait ne pas savoir nager.
Le guide était mince et beau de ses traits, mais je ne savais pas si sa beauté m’attirait ou, au contraire, m’incitait à me tenir loin. Une personne belle qui se trouve belle va m’inciter à me tenir loin. Il portait un maillot de bain de type bermuda en tissu léger qui sèche en un rien de temps, en dessous d’un pantalon de coton ouaté gris qu’il n’avait pas remonté jusqu’à la taille mais placé sciemment, quoique négligemment, au milieu des fesses. Il portait ses cheveux longs en queue de cheval retenue sous l’élastique de manière à former une jolie toque.
Nous avons fini par partir, j’étais assise à l’avant et Denauzier à l’arrière. Le kayak était placé dans l’eau de sa partie avant. À cause de la quille à l’arrière, et du peu d’eau sur la grève, il faut que quelqu’un, une fois la personne assise à la place arrière, pousse l’embarcation jusqu’à une hauteur d’eau qui peut recevoir la quille. La quille est munie d’un pivot et s’appuie sur le dessus du kayak quand il n’y a pas d’eau. Le guide à la queue de cheval nous a poussés, et je l’ai trouvé non seulement beau mais fort, à cause du poids de mon mari. Il a fait pivoter la quille dans l’eau et voilà, nous étions partis.
Nous n’avions pas glissé d’un pied sur l’eau que ma peur s’est transformée en excitation.
Le guide nous a demandé avant de partir si on voulait avoir le vent dans le dos au départ pour aller voir les grottes, ou si on préférait avoir le vent dans le dos au retour, ce qui semble plus standard, pour aller voir une grosse épave de bateau qu’on voyait de loin. Nous avons opté pour le non standard, à savoir les grottes qui se trouvaient à droite, que nous avons parcourues en longeant la falaise le plus possible.
Il semble que c’était un soir sans pratiquement de vent, mais cela n’empêchait pas les vagues assez hautes de faire tanguer le kayak. Assez rapidement nous avons atteint les grottes, créées par l’érosion de la terre très friable aux Îles, à l’intérieur desquelles il est possible de passer si on appuie les mains aux parois pour se diriger. J’ai adoré notre premier passage en grotte et l’écho à chacune de nos paroles. Bien entendu, tout le monde parlait et même criait tellement nous étions excités. J’ai été frappée aussi par le bruit de l’écoulement de gouttes d’eau qui semblait provenir de plus profond derrière nous. Nous étions, mon mari et moi, les premiers à emprunter la grotte, donc les premiers ressortis. J’ai voulu recommencer et aller me placer à la suite des kayaks qui attendaient leur tour. Mon mari a jugé que ce n’était pas une bonne idée. Je n’ai pas insisté, d’autant que l’un des trois guides nous surveillait et nous a fait signe d’attendre le groupe sans nous éloigner.
La suite dans le prochain texte.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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