Jour 890

Mes nouvelles bottes North Face. Ultra légères et confortables. Conçues pour -30°C.

Mes nouvelles bottes North Face. Ultra légères et confortables. Conçues pour -30°C, payées 125$.

Il est arrivé quelque chose d’inimaginable : à dix heures, samedi matin, j’étais en patins sur la rivière l’Assomption. Cela signifie que je me suis levée tôt. Je me lève plus tôt, maintenant que je porte mon Fitbit, mais je ne le porte que depuis une dizaine de jours. Seul le temps me dira si cette habitude nouvelle deviendra une habitude tout court. Je me suis demandé, alors que je glissais sur mes lames, si mon Fitbit allait enregistrer mes coups de patin aussi bien que mes pas. Il semble que oui. Après cet exercice sportif, nous sommes allés, Denauzier, sa fille, son chum et moi, manger des frites au restaurant Henri. Puis, en prévision de toutes les prochaines fois où nous ferons du patin, c’est-à-dire trois ou quatre fois d’ici la fin de l’hiver, Denauzier et moi sommes allés faire aiguiser les lames dans un magasin de sport. Pour l’aiguisage, il faut se rendre au fond du magasin. Seul Denauzier y est allé, je suis restée bloquée à l’avant du magasin devant le présentoir des bottes d’hiver en solde, toutes plus belles les unes que les autres. Je suis ressortie avec de très légères bottes North Face. Je souligne, quand même, que j’en avais besoin.
Ayant payé le repas pour nous quatre après le patin, et aussi payé les bottes, il était temps de rentrer à la maison, j’avais assez dépensé. En cours de route cependant nous avons fait un petit arrêt à une cabane à sucre pour y acheter un carré de sucre d’érable. Il n’y en avait pas, mais il y en aura demain lundi matin, alors nous irons en chercher. Nous désirons préparer une boisson à base de vin chaud mardi, pour des amis, et la recette requiert un pain de sucre. Un DJ testait ses installations sonores, dans la cabane, une fête de mariage y ayant lieu en fin de journée. Il testait ses installations sur la musique de Adele, Rolling in the Deep. Ç’a été plus fort que moi, je me suis mise à danser toute seule sur l’immense piste de danse, obligeant mon mari à piquer une petite jasette avec le DJ.
Une fois à la maison, bien entendu je suis allée tester la légèreté et la protection contre le froid de mon nouvel achat. En début de soirée, j’ai travaillé l’anse de mon amphore romaine et pour terminer la journée nous avons écouté un film.
Je désire en venir à ceci : la journée d’aujourd’hui dimanche fut consacrée à une autre forme de sport, la motoneige. À onze heures, avec donc une heure de retard par rapport au patin, nous étions sur la motoneige. Nous sommes allés saluer le frère de Denauzier à Ste-Marcelline et sommes revenus quelques heures plus tard. Pour me préparer à accepter une journée de défi non réussi, mon mari m’a dit ceci avant que nous quittions la maison :
– Ne t’attends pas à réussir tes 10 000 pas, chérie, sur une motoneige on ne marche pas.
– D’accord, ai-je docilement répondu.
Or, Fitbit a enregistré tous les petits soubresauts de la machine sur notre parcours, de telle sorte que je suis revenue à la maison avec un cumul de 10 661 pas, et avec une mention de félicitations pour avoir gravi 161 étages ! D’où il ressort qu’il existe des sportifs actifs, comme le patin, et des sports passifs, comme la motoneige.

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Jour 891

Mon défi sera de faire ressortir l'anse pour qu'on ne pense pas qu'il s'agit d'un tronc d'arbre.

Mon défi sera de faire ressortir l’anse pour qu’on ne pense pas qu’il s’agit d’un tronc d’arbre…

Voici où en sont les choses en ce vendredi soir 10 février 2017 à 21 heures. Mon mari est chez son frère pour y faire réparer son ordinateur. Il m’a dit qu’il pensait revenir vers 21 heures, j’en ai conclu qu’il arriverait au plus tard à minuit. Il était à la maison, ce matin, quand j’ai marché pour me débarrasser de mon défi de 10 000 pas. J’ai marché trop vite, sur une côte assez longue. J’ai multiplié les détours en empruntant des chemins à peine déneigés, dans l’espoir de m’acquitter d’au moins les 7/10 de mon défi. Pas du tout. De retour à la maison, je n’avais fait que 5 000 pas et j’avais mal aux cuisses.
J’avais prévu aller faire l’épicerie ensuite parce qu’il n’y a plus grand-chose dans le réfrigérateur, mais j’ai eu l’idée, en marchant, d’une recette pour laquelle j’avais tous les ingrédients. J’ai donc différé le moment d’aller dépenser de l’argent pour de la nourriture. Ce moment sera demain. Je me suis attelée à la préparation de la recette, au retour des 5 000 pas. Et pendant que le plat cuisait au four, j’ai écrit mon texte du Jour 892.
Dans ce texte, j’ai annoncé que je voulais transformer la toile Fertilité en en couvrant la portion de droite pour en faire une amphore romaine. Je me suis installée pour entamer ce projet, après le dîner. Mon mari, au même moment, empruntant par ailleurs ma voiture, partait rencontrer son frère. Je me suis installée pour le projet de l’amphore, cela revient à dire que j’ai déposé sur la table les objets dont j’allais avoir besoin. Puis je suis retournée dehors m’acquitter de ma deuxième moitié de défi, en me disant que si, dorénavant, je vivais ainsi mécaniquement sous l’influence de mon nouvel appareil Fitbit, je n’allais pas tenir le coup. J’ai donc marché plus lentement, en m’arrêtant par moments pour sentir l’effet du vent et respirer l’odeur de l’hiver.
Je pensais à mon amphore, en marchant, hésitant entre la représenter de manière réaliste, c’est-à-dire en terre séchée de couleur un peu taupe, sans motif, comme j’en ai vu plusieurs sur des sites archéologiques, ou alors la représenter de manière interprétée, en la couvrant d’un motif, de manière à faire se rencontrer deux motifs, celui des organes et des viscères déjà existant et celui de l’amphore à venir. Au moment où j’écris ces lignes, je serais tentée par un motif sobre –des craquelures– dans les teintes de noir et de gris.
J’ai couvert la portion de droite de ma toile, au retour de ma deuxième promenade, et j’ai aimé le résultat. J’ai utilisé pour ce faire du brun, du bronze et du cuivre, trois couleurs qu’il m’est resté de mon Flibustier. Le défi, je m’en rends compte ce soir en observant ma toile, sera de faire ressortir l’anse de l’amphore pour qu’on ne pense pas qu’il s’agit d’une grosse quille, d’un ours vu de dos, d’un tronc d’arbre…
En fin d’après-midi, ayant atteint les 10 000 pas, ayant écrit mon texte et ayant peint la portion de droite de ma toile, je me suis permis d’enfin vivre, sauf que je n’avais pas envie d’observer mes plantes, ni de regarder dehors la blancheur de la neige, ni de lire Michael Chabon. Je me suis sentie déstabilisée, cela m’arrive rarement de ne pas discerner ce dont j’ai envie. J’avais envie, en grande partie à cause de mon mal de cuisses, de m’asseoir et de ne pas bouger. Alors je me suis installée sur le canapé et j’ai regardé un film que tantine m’a prêté sur DVD, un vieux film que j’avais déjà vu mais je ne m’en rappelais plus, La fille du RER.

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Jour 892

Cette toile s'intitule Fertilité, à cause de la ligne qui traverse la toile verticalement et qui fait penser à un profil de femme enceinte.

Cette toile s’intitule Fertilité, à cause de la ligne de couleur marine –presque noire– qui traverse la toile verticalement et qui fait penser à un profil de femme enceinte.

Je dirais que c’est la paresse qui est le moteur de mon action. C’est pour pouvoir paresser au maximum, avec délectation, que je me lance dans l’action. En ce sens que je me lance dans l’action pour me débarrasser des contraintes qui jalonnent mes journées. Plus il y a de contraintes devant moi en début de journée, plus je savoure le moment où elles se retrouvent derrière. Une fois qu’elles se retrouvent derrière, je respire, je m’assois à mon ordinateur sur mes deux fesses, je savoure le calme et l’inactivité. Je peux enfin vivre !
Vivre, cela consiste, quand je suis assise devant mon ordinateur, à regarder dehors la blancheur du paysage –parce que nous sommes en hiver. Cela consiste à me demander si mes plantes vont bien –il y en a plusieurs dans mon champ de vision dans mon bureau, le long de la large fenêtre– et si, malgré ce que je lis sur Internet à leur propos, je ne devrais pas leur donner un peu d’engrais pendant leur phase de repos hivernal. Vivre, c’est aussi regarder mes toiles et me demander ce que je vais faire avec.
J’avoue ne pas m’être remise encore de l’effort qu’a exigé ma plus récente transformation, qui a donné naissance au Flibustier. Je ne me sens pas prête à me lancer dans une nouvelle transformation sur le plan de ma résistance physique, mais il m’arrive d’aller au-delà de ma résistance physique quand l’envie prend le dessus. Il y aurait à cet égard beaucoup de choses à écrire par rapport au fait que, ces derniers temps, je n’ai pas tant envie de peindre de nouvelles toiles que de transformer les anciennes.
En ce moment, il y a quatre toiles sur ma grande table, dans mon bureau. Une très grande, une moyenne, une petite et une mini. Je n’ai pas le courage d’attaquer la très grande et pas le courage non plus, à cause de la précision que cela requiert, d’attaquer la mini. Mais la moyenne, qui apparaît ci-dessus, me fait de sérieux clins d’œil. Je l’ai peinte alors que j’étais en convalescence de ma chirurgie cardiaque, à l’été 2013. Mes amis me disent que c’est pour cette raison que la toile est sillonnée d’organes, de veines, d’artères, de plaquettes rouges, d’amibes, s’il est possible qu’il y ait des amibes gentilles, non nuisibles, qui circulent dans un corps humain. Je voudrais couvrir la portion qui se situe à la droite de la ligne de la femme enceinte pour obtenir quelque chose qui ressemblerait à une amphore. La ligne de contour du sein, de cette manière, représenterait une anse, et la partie renflée de l’amphore serait déposée sur une base aux bords légèrement inclinés…
Je ne pourrais pas apprécier autant la liberté qui m’habite lorsque je n’ai rien à faire si je n’avais, justement, rien à faire. Il faut, autrement dit, que le sentiment de liberté auquel j’accède, une fois les contraintes rayées de ma liste, soit associé à la sensation d’être débarrassée. D’où il ressort, et encore une fois en d’autres mots, qu’il n’y a rien que j’aime autant que d’être débarrassée.

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Jour 893

Voilà l'exemplaire que j'ai à la maison, en ce sens qu'avec les années et les rééditions, les couvertures ne sont pas les mêmes.

Voilà l’exemplaire que j’ai à la maison, en ce sens qu’avec les années et les rééditions, les couvertures ne sont pas les mêmes.

Voyez comme je suis incurablement orgueilleuse. J’ai réglé hier le problème de la boîte de livres qui traînait sous ma grande table, dans mon bureau. Pendant que je peignais mon Flibustier au chapeau stylisé, le week-end dernier, je n’arrêtais pas de m’accrocher les pieds dans la maudite boîte, alors dès que j’en ai eu fini du flibustier j’ai décidé de la vider. J’ai placé les livres là où j’ai pu parce que les bibliothèques sont déjà pas mal pleines. Ce faisant, j’ai marché le plus possible d’une pièce à l’autre pour augmenter mon nombre de pas, maintenant que je suis programmée pour en faire 10 000 par jour avec mon beau bracelet Fitbit. Pour donner un beau style à la chambre d’amis –et pour monter les escaliers qui y mènent–, pour donner à la chambre d’amis le style d’une maison habitée par des gens cultivés, j’ai déposé une petite pile de livres sur la table de chevet. Je suis tombée, en faisant ainsi ma distribution, sur le livre Les mystères de Pittsburg, de Michael Chabon.
Je me rappelle très bien la raison pour laquelle j’ai acheté ce livre en 1988. J’avais découvert l’auteur à la télévision, il participait à l’émission littéraire Apostrophes, animée par Bernard Pivot. Beau, jeune, mince, grand, élégant, il y présentait son premier roman. Comme je découvre sur Wikipédia que Michael Chabon est né en 1963, je peux affirmer qu’il avait un petit vingt-cinq ans lors de son passage à la télé. J’avais acheté son livre peu de temps après, uniquement pour le comparer au mien, au mien que je n’avais pas encore écrit mais que j’allais écrire dans les prochains mois. J’arrivais à cette époque de mes trois années d’études à Aix-en-Provence et il ne faisait nul doute, dans ma tête, que j’allais devenir écrivaine –parce que je ne voyais pas ce que j’aurais pu devenir d’autre ! J’allais devenir écrivaine par magie, par enchantement, puisque je n’écrivais pas.
Donc, pour en revenir à mon orgueil incurable, je me suis dit, à la vue de ce livre que j’ai acheté il y a presque trente ans et que JE N’AI PAS ENCORE LU, je me suis dit que personne n’avait entendu parler, depuis, de Michael Chabon, et qu’il avait publié tout juste un livre de jeunesse, comme moi qui n’ai publié qu’un recueil de nouvelles érotiques, au début de ma trentaine. Il était hors de question, autrement dit, que Chabon ait réussi là où j’avais échoué. Il était hors de question qu’il ait eu une belle carrière dans le très noble domaine littéraire.
Or, Michael Chabon est romancier, nouvelliste, essayiste, scénariste, éditeur. Il a participé à l’écriture de films américains à gros budgets (Spider-Man 2). Il a réussi sa carrière.
Mais ai-je échoué ? Je ne trouve pas. J’ai obtenu une petite réussite littéraire –une publication par une maison d’édition en 1994– qui est proportionnelle, en petitesse, au peu de temps que j’ai passé dans ma vie à écrire. Aurais-je pu écrire plus ? L’avoir vraiment voulu, j’imagine que oui. Mais le problème c’est qu’au cours de ma vie adulte active professionnellement, je ne me rendais pas compte, à travers le travail à l’université et la vie de famille qui me demandaient, en énergie, tout mon petit change, je ne me rendais pas compte que j’avais besoin d’écrire, que cela m’aurait fait le plus grand bien, que cela aurait donné un sens à ma vie. Alors maintenant que j’en ai la force et le temps, j’écris. J’écris à ma manière sans me préoccuper de ce que pourrait bien penser tel et tel éditeur. Et cela, effectivement, me fait le plus grand bien.
Michael Chabon ? J’ai commencé son roman hier soir, pendant que mon mari dormait à mes côtés, j’ai lu les trois premiers chapitres. Avec une vibrante nostalgie, et comme je sais si bien le faire, j’ai récupéré une action de mon passé –l’achat du livre il y a trente ans– pour lui donner enfin un aboutissement. Les élans de jeunesse de l’auteur le poussent à exagérer pas mal, par moments je le trouve difficile à suivre. C’est tout ce que je peux en dire aujourd’hui.

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Jour 894

Je fais régulièrement ce rêve dans lequel je suis nourrie d’un amour pur. C’est habituellement le premier amoureux de ma vie, avec lequel j’ai partagé quelque quinze ans, qui est le protagoniste me prodiguant ce sentiment plus grand que nature. Parfois c’est Jacques-Yvan. J’étais à la recherche de cet homme, dans mon rêve, en me disant que les continents qui nous séparent bel et bien ne me donnaient aucune chance de le rencontrer un jour. En même temps, je savais que ce n’était peut-être pas une bonne idée de nous rencontrer. Mais je ne pouvais m’empêcher, bien sûr, d’espérer le rencontrer. Je roulais en voiture dans la campagne où j’habite maintenant et je décidais d’emprunter un petit chemin même pas pavé qui menait à une propriété où se déroulait une fête. Il y avait beaucoup de monde à l’extérieur, autour de la maison. Ne connaissant personne, je choisissais de m’asseoir à l’écart, à une table de pique-nique qui se trouvait là, seule, et de me laisser imprégner de l’atmosphère joyeuse de la fête. J’étais bien, caressée par les rayons du soleil, c’était l’été. Il me semblait alors percevoir la voix de ce premier amoureux, à travers le reste. Je me faisais plus attentive et, les yeux fermés pour mieux me concentrer, je me contentais de ce bonheur, percevoir la voix de cet homme, sans en espérer davantage. Je me disais d’ailleurs qu’il ne pouvait s’agir de la voix de cet homme, c’en était une ressemblante. Je maintenais mon immobilité jusqu’à ce qu’un mouvement, à ma gauche, me fasse tourner la tête et découvrir que cet amour de ma vie était là devant moi, en chair et en os. Je me levais et m’élançais vers lui, incapable de cesser de l’enlacer. Je lui étais reconnaissante d’être venue vers moi. Il me serrait très fort. La peur, bien entendu, de ne pas être à la hauteur de l’amour qui nous habitait mutuellement, la peur de saccager cette pureté qui nous unissait, venait un peu ternir le tableau, mais j’arrivais à ne pas en tenir compte passées les premières secondes. Je me demandais ensuite comment nous allions pouvoir, lui et moi, nous exprimer nos sentiments. Sans surprise, nous nous retrouvions au lit. J’étais un peu déçue qu’un amour si exceptionnel emprunte cette voie sexuelle dès nos retrouvailles. Or, une fois au lit, nous nous enlacions en mélangeant nos haleines et nous nous parlions, nos bouches à un centimètre l’une de l’autre. J’étais au paradis. Je commençais à comprendre, à travers les paroles de mon grand amour, que nous allions dorénavant vivre ensemble. C’était une perspective tellement douce, savoureuse, voluptueuse, que je ne trouvais pas de mots pour exprimer mon bonheur. Il était maintenant question d’aller acheter ensemble un gallon de peinture pour rafraîchir l’endroit où nous nous apprêtions à aménager. Aller acheter avec cet homme un gallon de peinture allait constituer, je le savais, un des moments forts de ma vie, fort en plaisir. C’est à ce moment-là que je me rendais compte que je devais d’abord en informer Denauzier. Je réalisais que je n’étais pas libre et mon cœur s’arrêtait de battre. Sur l’arrêt de mes battements de cœur, sur ce retour à la réalité auprès de Denauzier, je me suis réveillée. Je suis descendue rejoindre le protagoniste de ma vie éveillée qui préparait son petit déjeuner dans la cuisine, en t-shirt et en caleçon. J’ai été la première surprise, le voyant, d’être émue par son physique et par sa tenue. Je me suis avancée vers lui pour l’enlacer.

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Jour 895

Je n’ai pas tellement bien dormi pendant que Denauzier était en Abitibi. Une nuit, je me suis entendu crier. C’est la vue d’une petite personne, une enfant blonde, habillée dans un habit d’hiver rose en peluche, qui me causait un émoi tel que j’en criais. Je n’ai pas su qui était cette personne dans mon rêve. Une enfant blonde, cela ne peut me faire penser qu’à moi autrefois ou qu’à ma fille… Une autre nuit, mon corps a été traversé d’un spasme qui m’a fait bondir dans mon lit. Encore là, je n’ai pas souvenir de l’événement, dans mon rêve, qui me faisait réagir de cette façon. La nuit dernière fut plus calme, Denauzier étant de retour. J’ai rêvé que je désirais visiter l’intérieur d’un avion qui s’envolait pour les États-Unis. Je disposais d’un peu de temps pour monter à bord de l’avion et en redescendre avant le décollage. Je découvrais dans l’appareil que les allées étaient larges, il y avait de l’espace, les sièges n’étaient pas tous occupés, les gens avaient l’air heureux, le climat était décontracté, je remarquais que des passagers lisaient, au chaud sous une couverture.
– Je dois m’assurer de descendre avant le décollage, me disais-je, pas tout à fait convaincue cependant que je voulais être descendue de l’appareil à tout prix.
Autrement dit, j’étais prête à vivre l’expérience de me rendre aux États-Unis sans papier, sans passeport, et de me débrouiller pour revenir ensuite.
Au bout de quelques minutes, je réalisais que l’avion, effectivement, incliné le nez au vent, venait de quitter le sol et prenait déjà de l’altitude.
– Que vais-je faire ?, me disais-je dans une fausse peur, consciente que si j’étais vraiment mal prise, je pourrais toujours téléphoner à mon mari.
– Mais il ne sera pas content, il va s’inquiéter, je vais lui occasionner toutes sortes de troubles, me disais-je aussitôt pour me convaincre de me débrouiller seule.
Je rencontrais alors une dame, dans l’avion, de forte stature, de joli visage, cheveux châtains bouclés, dans la quarantaine tout juste. Je lui demandais si elle travaillait à bord de l’avion.
– Et comment !, me répondait-elle. Travailler, dites-vous ? Si vous saviez à quel point on travaille ici, vous ne poseriez pas la question, ajoutait-elle dans un sourire.
– Vous voudrez bien m’aider, à ce moment-là, lui répliquais-je, et me dire ce que je dois faire puisque l’avion a décollé avec moi à bord alors que je n’ai aucun papier, je n’ai pas de sac à main, je n’ai rien.
La dame me faisait comprendre que ce n’était pas très grave et qu’une fois l’avion arrivé tout se déroulerait très bien.
Une fois l’avion arrivé, et ne retrouvant pas la dame qui m’avait parlé, je me glissais dans le flot des passagers et je sortais de l’appareil, ne sachant où aller une fois sortie. Prenant davantage conscience du téméraire de ma situation, je décidais alors de revenir dans l’appareil, mais il n’était pas possible de circuler à contresens des passagers. J’aboutissais dans un abribus, sous la pluie, et soudainement il se mettait à faire sombre, la nuit tombait. Je regardais autour de moi et je constatais que tous les gens étaient de peau noire. Je ne voyais nulle part un comptoir où j’aurais pu m’adresser, les gens allaient et venaient, personne ne pouvait m’aider. Je me faisais alors la réflexion suivante, comme si cela allait améliorer mon sort :
– Je n’aurais pas dû demander à la dame, dans l’avion, si ma situation causait problème. Je lui ai posé une question beaucoup trop générale. J’aurais plutôt dû lui demander, en prévision de ce que j’aurais à faire une fois en territoire américain : Who should I talk to ?

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Jour 896

peekit4chapeaux

Chapeau de flibustier, de corsaire, de pirate.

Difficile de trouver sur Internet des photos de flibustier. Mais j’ai trouvé un semblant de chapeau que voici, qui semble être fait en carton, pour un déguisement de l’Halloween, quand on a six ans. Avec beaucoup d’imagination, on pourra trouver que ma feue chenille a une forme qui se rapproche de ce chapeau… J’ai travaillé sur mon corsaire à la moustache fine ces quatre derniers jours et je n’ai rien écrit parce que mon ordinateur était entre les mains du spécialiste informatique de mon village. Je ne l’ai récupéré qu’hier lundi, et pourtant je n’ai pas écrit, entièrement accaparée que j’étais par les touches finales apportées au pirate des mers du sud.
Le spécialiste a installé sur mon ordinateur une nouvelle application —Fitbit— qui compte mes pas avec laquelle je vais devoir me familiariser. Un autre défi au programme que celui de marcher 10 000 pas par jour… C’est un jeu d’enfant, installer l’application sur un téléphone cellulaire, mais c’est plus compliqué sur Windows 10. Un ami a installé sur mon ordinateur, juste avant, un logiciel de traitement des photos avec lequel je vais aussi devoir me familiariser. Pour utiliser correctement ce logiciel, il va falloir dorénavant que je prenne mes photos en format RAW, et là encore je ne me rappelle plus comment faire. Pour en revenir au spécialiste de mon village, il a configuré mon ordinateur comme si j’utilisais principalement Google, comme fureteur, alors que j’utilise presque exclusivement Firefox. Il va donc falloir que je me familiarise avec Google.
En vieillissant, ma peur de l’apprentissage est telle que j’ai tardé avant de déballer ma nouvelle brosse à dents électrique, la première utilisation requérant une mini préparation qui exige un effort de lecture dans le guide qui accompagne le produit. Je n’ai pas peur de l’apprentissage en tant que tel mais plutôt, et  comme d’habitude, j’ai peur de ne pas comprendre.
Il est un autre événement, l’arrivée de Trump au pouvoir, qui m’a confrontée à des lectures ardues de journaux en anglais alors que je ne comprends que la moitié de ce que lis.
Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que j’aie fait ce rêve, la nuit dernière : j’étais au travail avec mes anciennes patronnes. Elles nous demandaient qui, de l’ensemble des employés, accepterait de nettoyer les feuilles des plantes.
– Il s’agit de récurer délicatement avec des tampons abrasifs de type S.O.S., nous précisait l’adjointe.
Les deux femmes, la patronne et l’adjointe, affichaient des têtes d’enterrement parce qu’elles étaient convaincues que personne n’accepterait de se lancer dans cette tâche sans prestige, sans défi, sans surprise. Or, très excitée, je levais la main et même je me levais de ma personne pour exprimer que la tâche m’enchantait.
– Je n’aurai rien à apprendre !, lançais-je à la cantonade. Je n’aurai pas à lire un guide, en français ou en anglais, je sais déjà comment ça marche, il n’y a rien de plus facile, ajoutais-je encore, sans craindre le moins du monde qu’on me juge comme étant faible, intellectuellement.

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