Jour 892

Cette toile s'intitule Fertilité, à cause de la ligne qui traverse la toile verticalement et qui fait penser à un profil de femme enceinte.

Cette toile s’intitule Fertilité, à cause de la ligne de couleur marine –presque noire– qui traverse la toile verticalement et qui fait penser à un profil de femme enceinte.

Je dirais que c’est la paresse qui est le moteur de mon action. C’est pour pouvoir paresser au maximum, avec délectation, que je me lance dans l’action. En ce sens que je me lance dans l’action pour me débarrasser des contraintes qui jalonnent mes journées. Plus il y a de contraintes devant moi en début de journée, plus je savoure le moment où elles se retrouvent derrière. Une fois qu’elles se retrouvent derrière, je respire, je m’assois à mon ordinateur sur mes deux fesses, je savoure le calme et l’inactivité. Je peux enfin vivre !
Vivre, cela consiste, quand je suis assise devant mon ordinateur, à regarder dehors la blancheur du paysage –parce que nous sommes en hiver. Cela consiste à me demander si mes plantes vont bien –il y en a plusieurs dans mon champ de vision dans mon bureau, le long de la large fenêtre– et si, malgré ce que je lis sur Internet à leur propos, je ne devrais pas leur donner un peu d’engrais pendant leur phase de repos hivernal. Vivre, c’est aussi regarder mes toiles et me demander ce que je vais faire avec.
J’avoue ne pas m’être remise encore de l’effort qu’a exigé ma plus récente transformation, qui a donné naissance au Flibustier. Je ne me sens pas prête à me lancer dans une nouvelle transformation sur le plan de ma résistance physique, mais il m’arrive d’aller au-delà de ma résistance physique quand l’envie prend le dessus. Il y aurait à cet égard beaucoup de choses à écrire par rapport au fait que, ces derniers temps, je n’ai pas tant envie de peindre de nouvelles toiles que de transformer les anciennes.
En ce moment, il y a quatre toiles sur ma grande table, dans mon bureau. Une très grande, une moyenne, une petite et une mini. Je n’ai pas le courage d’attaquer la très grande et pas le courage non plus, à cause de la précision que cela requiert, d’attaquer la mini. Mais la moyenne, qui apparaît ci-dessus, me fait de sérieux clins d’œil. Je l’ai peinte alors que j’étais en convalescence de ma chirurgie cardiaque, à l’été 2013. Mes amis me disent que c’est pour cette raison que la toile est sillonnée d’organes, de veines, d’artères, de plaquettes rouges, d’amibes, s’il est possible qu’il y ait des amibes gentilles, non nuisibles, qui circulent dans un corps humain. Je voudrais couvrir la portion qui se situe à la droite de la ligne de la femme enceinte pour obtenir quelque chose qui ressemblerait à une amphore. La ligne de contour du sein, de cette manière, représenterait une anse, et la partie renflée de l’amphore serait déposée sur une base aux bords légèrement inclinés…
Je ne pourrais pas apprécier autant la liberté qui m’habite lorsque je n’ai rien à faire si je n’avais, justement, rien à faire. Il faut, autrement dit, que le sentiment de liberté auquel j’accède, une fois les contraintes rayées de ma liste, soit associé à la sensation d’être débarrassée. D’où il ressort, et encore une fois en d’autres mots, qu’il n’y a rien que j’aime autant que d’être débarrassée.

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À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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