Jour 894

Je fais régulièrement ce rêve dans lequel je suis nourrie d’un amour pur. C’est habituellement le premier amoureux de ma vie, avec lequel j’ai partagé quelque quinze ans, qui est le protagoniste me prodiguant ce sentiment plus grand que nature. Parfois c’est Jacques-Yvan. J’étais à la recherche de cet homme, dans mon rêve, en me disant que les continents qui nous séparent bel et bien ne me donnaient aucune chance de le rencontrer un jour. En même temps, je savais que ce n’était peut-être pas une bonne idée de nous rencontrer. Mais je ne pouvais m’empêcher, bien sûr, d’espérer le rencontrer. Je roulais en voiture dans la campagne où j’habite maintenant et je décidais d’emprunter un petit chemin même pas pavé qui menait à une propriété où se déroulait une fête. Il y avait beaucoup de monde à l’extérieur, autour de la maison. Ne connaissant personne, je choisissais de m’asseoir à l’écart, à une table de pique-nique qui se trouvait là, seule, et de me laisser imprégner de l’atmosphère joyeuse de la fête. J’étais bien, caressée par les rayons du soleil, c’était l’été. Il me semblait alors percevoir la voix de ce premier amoureux, à travers le reste. Je me faisais plus attentive et, les yeux fermés pour mieux me concentrer, je me contentais de ce bonheur, percevoir la voix de cet homme, sans en espérer davantage. Je me disais d’ailleurs qu’il ne pouvait s’agir de la voix de cet homme, c’en était une ressemblante. Je maintenais mon immobilité jusqu’à ce qu’un mouvement, à ma gauche, me fasse tourner la tête et découvrir que cet amour de ma vie était là devant moi, en chair et en os. Je me levais et m’élançais vers lui, incapable de cesser de l’enlacer. Je lui étais reconnaissante d’être venue vers moi. Il me serrait très fort. La peur, bien entendu, de ne pas être à la hauteur de l’amour qui nous habitait mutuellement, la peur de saccager cette pureté qui nous unissait, venait un peu ternir le tableau, mais j’arrivais à ne pas en tenir compte passées les premières secondes. Je me demandais ensuite comment nous allions pouvoir, lui et moi, nous exprimer nos sentiments. Sans surprise, nous nous retrouvions au lit. J’étais un peu déçue qu’un amour si exceptionnel emprunte cette voie sexuelle dès nos retrouvailles. Or, une fois au lit, nous nous enlacions en mélangeant nos haleines et nous nous parlions, nos bouches à un centimètre l’une de l’autre. J’étais au paradis. Je commençais à comprendre, à travers les paroles de mon grand amour, que nous allions dorénavant vivre ensemble. C’était une perspective tellement douce, savoureuse, voluptueuse, que je ne trouvais pas de mots pour exprimer mon bonheur. Il était maintenant question d’aller acheter ensemble un gallon de peinture pour rafraîchir l’endroit où nous nous apprêtions à aménager. Aller acheter avec cet homme un gallon de peinture allait constituer, je le savais, un des moments forts de ma vie, fort en plaisir. C’est à ce moment-là que je me rendais compte que je devais d’abord en informer Denauzier. Je réalisais que je n’étais pas libre et mon cœur s’arrêtait de battre. Sur l’arrêt de mes battements de cœur, sur ce retour à la réalité auprès de Denauzier, je me suis réveillée. Je suis descendue rejoindre le protagoniste de ma vie éveillée qui préparait son petit déjeuner dans la cuisine, en t-shirt et en caleçon. J’ai été la première surprise, le voyant, d’être émue par son physique et par sa tenue. Je me suis avancée vers lui pour l’enlacer.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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