Jour 855

pc_gwp_sp17_1_headerComment ça se fait que je ne lâche pas prise plus facilement ? Depuis toujours, je suis fascinée par les primes qui nous sont offertes aux rayons dits de la beauté. Les primes d’autrefois Eaton aux comptoirs des parfumeurs. Les primes de maintenant Pharmaprix dont je bénéficie grâce à ma carte Optimum. Je ne me maquille même pas, je me parfume à l’occasion, je me frise les cheveux archi rarement. Je n’applique pas de vernis sur mes ongles. Mais je suis fascinée par les primes. J’ai souvenir d’un trajet en voiture Montréal-Joliette, j’avais tout juste trente ans. Il me semblait essentiel de décrire à Bibi, par le menu détail, les produits avec lesquels j’allais pouvoir m’amuser qui m’avaient été offerts en retour d’un achat de peut-être seulement 35 $ à l’époque auprès de la grande dame Estée Lauder. Nous étions dans la vieille voiture qui était la leur, à Bibi et à son mari, le mari était au volant. Je m’entendais parler de poudre libre et de mascara en me demandant qu’est-ce qui m’intéressait tant là-dedans, mais j’en parlais pareil. Bibi faisait peut-être semblant de trouver ça palpitant. Le mari devait avoir pris l’habitude de ne pas écouter mes propos extatiques.
Je n’ai presque jamais utilisé de poudre libre parce que j’ai souffert d’acné jusqu’à l’âge de 32 ans. À 32 ans, une dermatologue m’a orientée vers un traitement ultra puissant à la vitamine A, l’Accutane, qui a eu raison de mes pustules, mais qui a rendu ma peau tellement fragile qu’il était hors de question que j’applique autre chose, sur mon visage, que de la crème de jour ultra-nourrissante.
Récemment j’étais à Montréal et bien entendu j’ai voulu aller fouiner au Pharmaprix de Côte-des-Neiges pour y découvrir, d’autant que nous approchions de la fête des mères, les primes qui étaient en cours. Il n’y en avait pas ! Pas de prime à l’approche de la fête des mères ? Impossible. Je me suis adressée à une vendeuse du comptoir beauté qui a confirmé l’absence de prime mais qui a voulu m’orienter vers des achats en ligne sur Internet. Pas de prime ? Impossible. Je me suis rabattue sur une prime ancienne qui venait dans un sac bleu, qui était décrite comme une prime de luxe d’une valeur de 238 $ qui contenait toute une kyrielle de produits dans des formats d’essai. La vendeuse ne voyait pas de quelle prime je parlais.
– Elle était en cours au mois de mars, ça doit bien vous dire quelque chose ?, ai-je insisté en déplorant ne pas avoir sauté sur l’occasion pour me la procurer.
Sauter sur l’occasion, dans ce contexte, signifie acheter pour 125 $, ou plus.
– Je n’ai besoin de rien dans tout ça, m’étais-je dit, en mars, tournant autour du sac.
Or, plus d’un mois plus tard, j’y pensais encore ! Je suis même allée, je l’avoue et je m’en confesse, au Pharmaprix de Joliette vérifier si, après avoir été en circulation dans un Pharmaprix à haut volume ouvert 24 heures, le beau sac bleu ne pouvait pas être offert dans les Pharmaprix des régions, moins fréquentés. Nenni.
La vendeuse de la galerie beauté qui n’avait aucune idée de ce en quoi consistait le beau sac bleu à poignées que je lui décrivais, a eu pitié de moi et m’a donné, pour me consoler, un échantillon du parfum Mon Guerlain. Je m’en suis vaporisé un jet, hier, dans le cou. Denauzier, habituellement insensible aux parfums, ou alors trop sensible en ce sens qu’il ne les aime pas et qu’ils lui donnent mal à la tête ou qu’ils le font éternuer, a passé la soirée à me frôler le cou tellement il a aimé.

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Jour 856

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Le hosta plantain aime le plein soleil, mais ce n’est pas cette variété que tonton m’a donnée…

J’ai écrit à propos de l’art éphémère au cours de ma première année de blogue. J’avais peint des roches qui couvraient la bordure, côté nord de la maison de campagne, à St-Alphonse. Je les avais accumulées en petits monticules dans une alternance de bleu poudre et de caramel, la couleur des peintures. Comme il avait beaucoup plu dans la semaine qui avait suivi l’installation de cet aménagement Land Art, je m’étais demandé si la peinture allait tenir. J’avais conclu mon texte en mentionnant que si la peinture devait s’être diluée, j’aurais fait tout ce projet pour rien.
Il faut croire que je suis attirée par l’art éphémère. En juillet dernier, tonton, qui était encore vivant, m’a donné plusieurs plants de hostas. Je les ai plantés par une journée de plein soleil, inquiète quant à leur capacité de survivre au dur traitement que je leur faisais subir. Les hostas ont la vie dure, heureusement. Ils ont réussi à croître un peu jusqu’à l’automne. Je me suis dit que cette année, après avoir vécu une saison d’adaptation, ils seraient vigoureux et en bonne santé. Or, je les ai plantés dans une plate-bande que j’ai par la suite généreusement couverte de paillis, et encore couverte de paillis vers la fin de l’été. Le terrain à cet endroit est incliné. Le paillis aurait-il glissé au cours de l’hiver vers les hostas qui parent la partie inférieure de ma plate-bande, inférieure dans le sens de plus basse ? J’ai commencé à remarquer, avec une certaine inquiétude, que les hostas sortaient de terre chez ma tantine, de même qu’à la maison de Montréal, de même que chez mon frère, et mes voisins, mais pas pantoute chez nous ! Aujourd’hui, j’y suis allée voir de plus près. Les pousses timides des hostas sont ensevelies sous les copeaux du paillis, et je pense que certaines ont déjà commencé à moisir… En prime, j’ai découvert après les avoir plantés l’été dernier, que les hostas sont plus heureux à l’ombre qu’au soleil, et bien entendu je les ai plantés au sud ! J’ai pourtant passé plusieurs de mes promenades en motocyclette, assise à ne rien faire derrière Denauzier, à observer où est-ce qu’ils étaient plantés dans les aménagements paysagers des maisons. Plusieurs hostas semblaient bien se porter sous le soleil de l’après-midi, mais il est vrai qu’en motocyclette on passe vite et à une distance certaine. Je n’ai rien trouvé de mieux à faire, pour l’instant, que d’enlever l’épaisseur de paillis pour laisser respirer les nouvelles pousses. Pour le reste, comme d’ailleurs pour le reste en toute chose, on verra…

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Jour 857

DSC_4568C’était il y a 24 ans. Mon hoya était placé sur le bord d’une fenêtre, dans la tourelle de notre grand appartement de la rue Grosvenor. Nous y étions installés depuis deux ans, Jacques-Yvan et moi, dans un début de vie de couple qui fut tourmenté par la douleur, transformée ensuite en colère, de la mère des deux fils de Jacques-Yvan. J’avais placé le hoya sur le bord de cette fenêtre, tout seul parce qu’à cette époque je n’avais pas tellement d’amies plantes, et ainsi seul face à l’adversité il avait donné naissance à trois fleurs.
– Nous aurons trois enfants, avais-je alors annoncé à Jacques-Yvan.
– Nous en avons déjà deux, avait-il peut-être répondu, en faisant référence à ses deux fils, pour ne pas mettre d’eau au moulin de mon projet d’agrandir exagérément la famille.
Après tout, à cette époque, j’avais déjà 34 ans et lui 41.
Un hoya me tient toujours compagnie à St-Jean-de-Matha, dans ma vie actuelle de femme mariée et retraitée. Ce n’est pas le même que celui de la rue Grosvenor, mais probablement un de ses enfants conçu à partir d’une bouture. Cet enfant qui séjourne dans mon bureau et qui apparaît ci-dessus en photo a donné naissance, ces dernières semaines, à douze fleurs qu’on appelle « ombelles ».
Ce n’est pas la première fois qu’il se pare d’autant de fleurs. Pendant un bon moment, Ludwika a vécu au travail avec le même hoya qui fleurissait à n’en plus finir. Son bureau, ou plus modestement son espace de travail, était situé près des fenêtres, dans notre édifice. Elle avait accepté d’héberger ma plante qui s’était mise à profiter au-delà de toute attente. Puis, nous avons quitté nos espaces de travail du 3e étage pour nous installer au 4e, côté nord, donc pas de soleil, et le même hoya, toujours sur un bord de fenêtre, a tenu le coup à travers les années sans toutefois donner une seule fleur.
Quand j’ai quitté l’Université il y a deux ans, j’ai laissé toutes sortes de choses à Ludwika dont trois cactus et deux grosses améthystes, mais j’ai voulu rapporter mon hoya dans l’espoir de lui donner tout l’amour et les soins dont il avait été privé. Je me suis donc procuré une boîte de carton pour le transporter. Or, les tiges de ma plante ne tenaient pas en place dans ladite boite, elles n’arrêtaient pas d’en ressortir en rebondissant, alors je les ai coupées ! Quand Ludwika m’a vu faire, une paire de ciseaux à la main, imperturbable et sans cœur comme hier je le fus regardant la vidéo du bébé chimpanzé, elle a failli s’évanouir.
Pour entamer la nouvelle vie de mon hoya amputé mais toujours respirant, je l’ai transplanté dans un pot de grès un peu plus grand, je l’ai installé au soleil mais pas trop, et j’ai constaté rapidement qu’il y était bien parce que ses feuilles grasses, épaisses, d’un beau vert foncé, resplendissaient de santé. Les tiges se sont mises à repousser. Et, récemment, les fleurs se sont manifestées.
Que dois-je penser des douze fleurs ? À 58 ans, on oublie ça, je n’aurai pas douze enfants. Vais-je transformer mon projet d’écriture sur dix ans en un projet d’écriture sur douze ans ? Vais-je produire une douzaine de toiles sur le thème des rosaces ? Mystère.

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Jour 858

Les jeux de la subjectivité et des interprétations possibles. Denauzier, ému, me montre une vidéo sur Facebook. On y voit le visage d’un bébé en gros plan, assis dans sa chaise haute, une purée verte autour de la bouche, peut-être mange-t-il un mélange à base de pois verts. Il sourit à sa mère, ou du moins on pense que la voix féminine qu’on entend est celle de sa mère. La voix lui chante une chanson douce et répétitive en anglais. De souriant qu’il est au départ, le visage du nourrisson exprime progressivement un sentiment de tristesse. J’attends qu’il se passe quelque chose mais la vidéo n’est que ça, la transformation du visage allant du contentement vers la douleur. Au fur et à mesure que le visage se transforme, je me fais la réflexion que l’humain est décidément un descendant du chimpanzé car il me semble déceler des traits de chimpanzé de plus en plus marqués quand le visage devient triste. Puis la vidéo se termine.
– Même s’il n’a que quelques mois, l’enfant ressent l’amour que lui porte sa mère, me dit mon mari pour m’éclairer. Tu as vu comme son visage devient grave ? Le bébé ne parle pas, il ne comprend pas les mots, mais il perçoit l’ampleur et la force de l’amour qu’il reçoit.
– C’est extraordinaire, ai-je répondu, m’en voulant déjà de n’avoir pas plus de cœur.

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Jour 859

BibiMoitiéLyndaFréjus

Photo prise par chouchou sur son iPod à la demande de sa mère.

Bibi et moi sommes de plus en plus écoresponsables en vieillissant. Des marottes de vieilles filles. Nous essayons peut-être de nous donner bonne conscience, de nous pardonner ainsi d’autres formes d’excès. Depuis un bon moment, quand nous nous rencontrons dans un lieu public pour manger, nous commandons une assiette pour deux. Je fais d’ailleurs la même chose avec Denauzier. Comme ça, on mange moins, on est moins gros et l’établissement salit moins de vaisselle.
Si tout le monde faisait comme nous, les appareils pour laver la vaisselle seraient moins sollicités, cela entraînerait une économie d’énergie et de détergent, sans parler de la gestion des eaux.
Parlant d’eau, nous buvons dans le même verre, selon le même principe, comme en atteste la photo ci-contre. Quand elle a des feux sauvages, Bibi s’assure que je boive du côté du verre qu’elle n’a pas touché.
– Je n’ai jamais attrapé ça, les feux sauvages, lui dis-je à chaque fois.
– On n’est jamais trop prudent, me répète-t-elle à chaque fois.
Comme je le disais, des marottes de vieilles filles.

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Jour 860

Quand j’étais jeune adolescente, je ne pouvais pas aller dans un commerce de Joliette sans me faire dire que j’étais la fille de Jacques Longpré. Que je le veuille ou non,

BibiMoitiéLyndaFréjus

Une moitié de Bibi et moi au complet dans un café de Verdun vendredi matin. Si Bibi m’en veut d’avoir publié une photo d’elle, elle ne pourra m’en vouloir qu’à moitié ! Je porte le cadeau que m’a tricoté chouchou, le bandeau dans mes cheveux.

je portais les traits de mon père en permanence partout et en tout temps, et je n’aurais jamais pu jouer la carte de l’anonymat. Comme j’étais extraterrestre à cette époque de ma vie, je me demandais comment ça se faisait que je ne pouvais aller nulle part sans entendre cette remarque de la part d’inconnus que je n’avais jamais vus.
Ce week-end, chouchou m’a demandé de l’aider à préparer le bazar qui a eu lieu à l’église du quartier de Côte-des-Neiges. Je m’y suis consacrée deux soirs, un bon quatre cinq heures chaque soir, pleine d’élan parce que j’accumulais ce faisant des pas sur mon bidule Fitbit. Tout le monde était de bonne humeur. Ça sentait la solidarité et la grande famille universelle, comme il m’a été donné de l’écrire à plusieurs reprises dans mes textes antérieurs. Ça sentait aussi la poussière en titi.
Je n’étais pas bénévole en bonne et due forme, mais bénévole seulement à la dernière minute à la demande de chouchou. Pour cette raison, je ne me suis pas fait attribuer de kiosque pour la journée du bazar en tant que telle, le samedi de 8h à 17h. Il y a plusieurs kiosques : les bijoux, le bric à brac d’équipement électrique et informatique, les vêtements, la vaisselle, les jouets, les livres, la nourriture, les chaussures, le linge de maison. J’ai tellement aimé mon expérience que j’ai donné mon nom pour travailler à un kiosque en bonne et due forme l’an prochain. N’étant pas présente au bazar le samedi pour y travailler, j’y suis allée pour acheter. Des vêtements. Des vêtements que j’ai essayés par-dessus ceux que je portais, allant jusqu’à accumuler quatre maillots de bain et demandant aux femmes autour de moi si elles pensaient que la taille me convenait.
– Vous devriez vous déguiser !, ai-je dit, ainsi accoutrée, aux filles scoutes qui s’occupaient de plier et replier et replacer encore les piles de chandails et de chemises tout en répondant aux clients.
L’idée ne vient pas de moi, je sais que les scoutes s’amusent à porter les tenues à vendre par-dessus leur tenue scout. Mais du coup l’énergie du déguisement nous a gagnées et une superbe jeune femme du groupe a essayé une robe de bal qui lui allait à ravir.
C’était le jour et la nuit par rapport à ma courte escapade au centre-ville où je suis allée faire des pas le vendredi après-midi. L’atmosphère trop froide à mon goût des grands magasins, qui m’apparaît de plus en plus froide à mesure que je m’y rends de moins en moins, m’amènera peut-être à redéfinir mes destinations lors de mes prochaines visites en ville.
Toujours est-il qu’au bazar, fouillant dans des boîtes, accroupie, les mèches n’étant plus guère retenues par mon beau bandeau nouveau, je me suis fait dire je ne sais combien de fois que chouchou était le vrai portrait de sa mère.

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Jour 861

Une dame de notre cours de danse en ligne est arrivée à quelques reprises avec des notes écrites sur un bout de papier. À la pause, qui dure cinq minutes après la première heure, la dame sort ses papiers sur lesquels elle a écrit les histoires qu’elle va nous raconter. Les histoires, ce sont des blagues cochonnes. Elle parle très fort car dans cette grande salle communautaire le son ne voyage pas. Notre professeur, d’ailleurs, doit utiliser un micro sans fil pour nous enseigner. La dame s’assoit et nous sommes assis (il y a deux hommes dans nos cours, pour quatorze femmes) autour d’elle.
– C’est l’histoire d’une femme qui doit aller chez le gynécologue. Ah la la ! Aller chez le gynécologue, elle n’a jamais fait ça. Elle entre dans le bureau du médecin et il lui dit qu’elle doit se déshabiller. Ah ! mais docteur, je ne pourrai jamais faire ça. Me déshabiller ! Au complet ? Au complet, lui répond le docteur. Bien écoutez, lui dit la dame au bout d’un moment de réflexion, je pense que je vais être capable de me déshabiller si vous éteignez les lumières. Dans le noir, je vais être capable. Alors le médecin se dirige vers l’interrupteur et éteint les lumières et la pièce devient noire. J’y pense, docteur, dit la femme, où vais-je mettre mes vêtements ? Donnez-les moi, répond l’homme, je vais les mettre par-dessus les miens.
Et tout le monde de rire.
Puis une autre blague qui n’a pas été racontée jusqu’à la fin. Il est question d’un homme qui a 100$ et qui en dépense 90$ pour un casque de moto. Il sort du magasin et croise sur sa route une prostituée.
– Aimerais-tu recevoir mes services ?, lui demande la prostituée.
– Bien, qu’est-ce que je peux obtenir avec 10$ ?, lui répond-il.
Et, ici, la dame de notre cours s’est mise à rire et à devenir toute rouge et à s’éventer le visage avec ses papiers. Et elle n’a pas été capable de dire que l’homme pouvait obtenir une pipe !
Une dame de mon cours m’a dit mercredi dernier que j’avais fait beaucoup de progrès et que j’étais rendue vraiment bonne ! C’est vrai que mercredi dernier je me suis mieux débrouillée qu’aux cours précédents. Or, c’était notre dernier cours et je ne pense pas y retourner, je veux plutôt aller faire des exercices d’étirement et de cardio le mardi matin à partir de la mi-septembre, dans la même grande salle, nous y serons semble-t-il plus d’une trentaine.

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