Jour 860

Quand j’étais jeune adolescente, je ne pouvais pas aller dans un commerce de Joliette sans me faire dire que j’étais la fille de Jacques Longpré. Que je le veuille ou non,

BibiMoitiéLyndaFréjus

Une moitié de Bibi et moi au complet dans un café de Verdun vendredi matin. Si Bibi m’en veut d’avoir publié une photo d’elle, elle ne pourra m’en vouloir qu’à moitié ! Je porte le cadeau que m’a tricoté chouchou, le bandeau dans mes cheveux.

je portais les traits de mon père en permanence partout et en tout temps, et je n’aurais jamais pu jouer la carte de l’anonymat. Comme j’étais extraterrestre à cette époque de ma vie, je me demandais comment ça se faisait que je ne pouvais aller nulle part sans entendre cette remarque de la part d’inconnus que je n’avais jamais vus.
Ce week-end, chouchou m’a demandé de l’aider à préparer le bazar qui a eu lieu à l’église du quartier de Côte-des-Neiges. Je m’y suis consacrée deux soirs, un bon quatre cinq heures chaque soir, pleine d’élan parce que j’accumulais ce faisant des pas sur mon bidule Fitbit. Tout le monde était de bonne humeur. Ça sentait la solidarité et la grande famille universelle, comme il m’a été donné de l’écrire à plusieurs reprises dans mes textes antérieurs. Ça sentait aussi la poussière en titi.
Je n’étais pas bénévole en bonne et due forme, mais bénévole seulement à la dernière minute à la demande de chouchou. Pour cette raison, je ne me suis pas fait attribuer de kiosque pour la journée du bazar en tant que telle, le samedi de 8h à 17h. Il y a plusieurs kiosques : les bijoux, le bric à brac d’équipement électrique et informatique, les vêtements, la vaisselle, les jouets, les livres, la nourriture, les chaussures, le linge de maison. J’ai tellement aimé mon expérience que j’ai donné mon nom pour travailler à un kiosque en bonne et due forme l’an prochain. N’étant pas présente au bazar le samedi pour y travailler, j’y suis allée pour acheter. Des vêtements. Des vêtements que j’ai essayés par-dessus ceux que je portais, allant jusqu’à accumuler quatre maillots de bain et demandant aux femmes autour de moi si elles pensaient que la taille me convenait.
– Vous devriez vous déguiser !, ai-je dit, ainsi accoutrée, aux filles scoutes qui s’occupaient de plier et replier et replacer encore les piles de chandails et de chemises tout en répondant aux clients.
L’idée ne vient pas de moi, je sais que les scoutes s’amusent à porter les tenues à vendre par-dessus leur tenue scout. Mais du coup l’énergie du déguisement nous a gagnées et une superbe jeune femme du groupe a essayé une robe de bal qui lui allait à ravir.
C’était le jour et la nuit par rapport à ma courte escapade au centre-ville où je suis allée faire des pas le vendredi après-midi. L’atmosphère trop froide à mon goût des grands magasins, qui m’apparaît de plus en plus froide à mesure que je m’y rends de moins en moins, m’amènera peut-être à redéfinir mes destinations lors de mes prochaines visites en ville.
Toujours est-il qu’au bazar, fouillant dans des boîtes, accroupie, les mèches n’étant plus guère retenues par mon beau bandeau nouveau, je me suis fait dire je ne sais combien de fois que chouchou était le vrai portrait de sa mère.

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À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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