
« La force du nombre », acrylique, pigments secs, serviettes de table en papier
Ça y est, j’ai fini d’encercler et de numéroter les petites masses de ma toile avec mes crayons gel. J’obtiens 2665 masses. Je suis déçue de la manière dont les chiffres apparaissent, pas toujours clairement quand ils sont tracés sur les taches qui contiennent des pigments secs. Il aurait fallu que je passe deux ou trois fois sur les chiffres avec une pointe encore plus fine pour qu’ils soient plus faciles à lire, mais en même temps ce n’est pas tant l’aspect final qui importe ici que la démarche et en ce sens je suis très satisfaite du résultat. J’ai utilisé quarante couleurs différentes sur ma collection de cent. Le crayon noir, avec lequel j’ai numéroté, s’est vidé de sa quantité de gel avant que j’aie pu terminer, alors j’ai poursuivi ma numérotation avec un proche parent, un gris très charbon. Je devais protéger les masses coloriées avec une feuille de papier quand j’avais besoin de retoucher une zone car le gel est très lent à sécher, je me demande même s’il sèche. J’ai eu l’occasion de retoucher des zones qui avaient déjà trois ou quatre jours de séchage à leur actif et elles étaient encore humides. Ce matin, j’ai apporté la toile dehors et je lui ai vaporisé une bonne couche de fixatif protecteur. Nous comptons l’installer sur le mur qui longe l’escalier menant aux chambres. Je me demande combien d’erreurs il y a dans l’ensemble, y a-t-il des masses qui ont échappé à la numération, par exemple, et y a-t-il des nombres manquants ou y a-t-il des nombres qui se répètent ? Admettons que chaque masse vaille 10¢, le prix de vente de ma toile serait de 266,50$. Ce n’est pas assez. Si je hausse le prix unitaire à 25¢ la masse, j’arrive à 666,25$. J’adore le chiffre, une triade de six. Si j’effectue le calcul suivant : le prix de vente de ma toile 666,25$ divisé par le salaire minimum 11,25$/heure, j’arrive à un total de 59,22 heures. Est-ce près du temps que j’ai passé sur ma toile ? Difficile à dire. Si on m’offre plus que 666,25$, faisant ainsi passer mon taux horaire à une vitesse supérieure, je ne répondrai pas que je désire conserver ma toile. Je la vendrai et m’empresserai d’en entreprendre une autre !





Nous sommes le 23 mai. Donc hier nous étions le 22. Je suis revenue de Montréal le 22 assez tôt, vers midi j’étais déjà à la maison. La première chose que j’ai faite à mon arrivée : du tapis exerciseur pendant une heure. Ensuite, j’ai arrosé les plantes à l’étage et au rez-de-chaussée. Puis j’ai préparé une lasagne aux lentilles. Vite fait la lasagne, juste pour dire que nous aurions quelque chose à nous mettre sous la dent pour le souper. Il y avait un restant de pâtes déjà cuites dans le frigo. Je suis sortie à l’extérieur de la maison faire le tour des hostas pour constater quelques progrès dans leur croissance. Une fois ces obligations derrière moi, je me suis lancée dans mes rosaces jusqu’à l’arrivée de Denauzier en fin d’après-midi. Denauzier est arrivé, je l’ai aidé à sortir ses affaires du camion, mais comme il faisait froid et que je n’étais pas bien habillée, je suis rentrée avant lui. Il est rentré quelque temps plus tard. Nous avons parlé pendant un moment avant de nous consacrer à nos priorités respectives, lui ses courriels et des appels téléphoniques, moi mes rosaces. En début de soirée nous avons ressenti une petite faim, alors j’ai mis la lasagne au four. Nous nous sommes installés à la table pour ce premier souper ensemble après cinq jours. Mon mari a levé son verre pour trinquer avant le repas, nous avions chacun un fond de rouge dans nos coupes.