Jour 845

marmotte

La marmotte est communément appelée Siffleux, à cause de son sifflet strident qui lui sert à avertir d’un danger.

– Ça ne bouge pas et c’est à la même place qu’hier ! Ce doit être une bûche ou une grosse roche.
– Il ne peut pas y avoir de roche à cet endroit, chérie, c’est en plein dans le milieu du champ qui est cultivé année après année.
– Bien, c’est une bûche alors, qu’on a oubliée là quand on est allé scier des troncs la semaine passée.
– Non, non, ç’a bougé et ce n’est pas à la même place, m’a répondu mon mari.
– Tu es sûr ?, ai-je demandé.
– Tout à fait sûr.
Depuis la cuisine, nous regardions dehors à travers la porte patio.
– Viens, on va se rapprocher, ai-je suggéré.
J’ouvre la porte et nous marchons jusqu’au bout de la terrasse, cela nous rapproche de quelque vingt pieds pour notre observation. Mon mari entreprend de taper des mains pour faire du bruit et vérifier si ça va bouger. Ça ne bouge pas. En appui à l’essai de mon mari, je siffle en me mettant quatre doigts dans la bouche, l’index et le majeur de chaque main, c’est la seule technique que je maîtrise et qui me permet d’obtenir des sifflements forts et stridents. Ça se met à courir à vive allure pour aller se cacher dans son terrier.
– Tu as raison, ai-je dit à mon mari. C’est une marmotte.
Sur ces mots, et puisque je suis sur la terrasse et que la terrasse donne accès à la corde à linge, je décide d’enlever le linge qui y est suspendu, d’autant que le ciel se couvre de plus en plus. Pas seulement le linge, en fait, mais aussi les draps de notre grand lit qui ont été étendus en dernier, et que par conséquent je ramasse en premier. Ils sont de couleur bleu acier. Je constate en retirant les pinces à linge qu’une belle trace blanchâtre de fiente d’un quelconque volatile a dégouliné, puis séché, sur le tissu bleu. Je n’en fais pas de cas plus que ça. Je forme une boule plus ou moins semblable à une boule avec les draps et les taies d’oreiller, que j’entoure de mes bras, de manière à ne pas marcher dessus le temps de me rendre dans la maison. Je ne marche pas dessus, mais la boule se défait avant que je sois rentrée et une partie d’un drap frotte sur la surface du guéridon, qui a passé l’hiver sur la terrasse. Il est couvert d’une bonne épaisseur de pollen jaune. Or, mon mari est très allergique au pollen. Pour la seule fiente, j’aurais peut-être fermé les yeux en la grattant un peu, mais avec le pollen en plus, je renvoie le drap à la laveuse.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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