Jour 742

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Les graines de psyllium, noires, brunes ou blondes selon les espèces, sont minuscules.

Fiou ! Je viens de terminer mes recettes et je m’assieds enfin devant mon écran. J’ai fait un pain, une tartinade de noix, une purée de fruits, une soupe à la courge. L’adaptation au régime Keto, en anglais, ou cétogène, en français, me demande un peu de temps et d’effort, moi qui suis encline à tourner les coins ronds en matière d’alimentation. C’est une idée de mon mari qui désire perdre du poids. Pour l’instant les résultats sont au rendez-vous, alors on continue. Le pain ici n’est pas un pain au sens où on l’entend puisqu’il ne contient pas de farine. Il est fait à base d’œufs, de téguments de psyllium et de poudre de lin. Téguments de psyllium. Je les ai cherchés autant comme autant à l’épicerie de produits naturels de la rue Monkland, à l’épicerie du même type de la rue Bernard à Outremont avec Oscarine, ainsi qu’à celle de la Côte-des-Neiges, à l’épicerie bio de St-Jean-de-Matha, sans oublier hier lundi à l’épicerie de Joliette.
– Vendez-vous des téguments de psyllium ?, ai-je demandé à autant de vendeurs que j’ai énuméré d’épiceries.
– Des quoi ?, m’ont-ils demandé.
– Des téguments, regardez, c’est écrit ici, leur disais-je parce que dans chacun de ces endroits j’arrivais avec mon livre de recettes cétogènes en main.
– Ce doit être l’enveloppe du son, m’ont répondu quelques-uns.
– Ce sont les céréales All-Bran avec psyllium, tout simplement, m’ont dit d’autres personnes.
À ce jour, je ne peux pas dire précisément ce que sont les téguments de psyllium, mais je sais en gros qu’il s’agit de la graine et de l’enveloppe de la graine d’une plante originaire de l’Inde qu’on utilise pour ses propriétés d’absorption d’eau. Je retournerai plus tard lire les pages à ce sujet du site Passeport Santé. En attendant, je voudrais écrire ceci : pour la recette de pain que je faisais pour la première fois aujourd’hui, il me fallait desdits téguments. Or, il y a déjà quelques semaines, j’ai acheté des graines de lin moulues. Dans ma tête, les graines de lin moulues se sont transformées en téguments de psyllium.
– Je n’ai pas besoin d’acheter les téguments, me suis-je dit hier sous l’effet d’une illumination en sortant du magasin d’aliments naturels de Joliette. J’en ai déjà à la maison.
– Je suis cocotte, ai-je ajouté.
– Heureusement que je n’ai pas acheté le produit pseudo équivalent que voulait me vendre la dame. Je me serais retrouvée avec deux sacs…
La dame, asiatique, semblait pourtant pas mal connaître son affaire.
Toujours est-il qu’aujourd’hui je me suis lancée dans la fabrication du pain. J’ai d’abord mesuré la quantité demandée de poudre de lin, puis, rendue aux téguments, j’ai utilisé mon sac de graines de lin broyées, convaincue qu’il s’agissait bel et bien d’un sac de téguments. J’ai fait la recette avec application et enfourné le pain. Et pris quelques minutes pour nettoyer les comptoirs et remplir le lave-vaisselle et ranger mes ingrédients.
– Où est le sac de téguments ?, me suis-je alors demandé.
Et c’est à ce moment-là que je suis revenue sur la planète terre.
– Mince, chéri, me suis-je exclamée à l’endroit de mon mari. Je n’ai pas utilisé le bon ingrédient !
Au final, le pain était pas si pire, quoique terriblement salé.
Il me reste encore des croûtes à manger avant de devenir une experte en alimentation cétogène.

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Jour 743

J’ai rêvé à mon amie musicienne qui habite en Allemagne. Très élégante sans une once de prétention. Tout ce qui lui glissait entre les doigts s’avérait gracieux. Elle portait un châle rouge qui rehaussait la couleur de ses cheveux bruns qu’elle portait tombant sur ses épaules. Nous étions censées faire de la musique de chambre –je me demande bien quel instrument m’aurait été attribué– avec le patron de la Direction des communications de l’université, le patron autrefois, qui est un homme sympathique, un homme de cœur et un homme de famille. Un homme musicien, apparemment, quoique le rêve ne me fournissait pas d’indice quant à l’instrument qu’il jouait. Un homme de tête, par ailleurs, et un homme sociable. Encore ici, tout ce qui lui glisse entre les doigts fonctionne à merveille.
Qu’est-ce que je faisais avec ces deux personnes qui réussissent tout, moi qui ne réussis pas grand-chose ?
Miraculeusement, je ne me sentais pas inférieure. C’est à peine si la peur du moment où nous allions devoir jouer –sachant que je n’en serais pas capable– me traversait l’esprit. Portée par une musique entraînante qu’on entendait en fond sonore –de la musique populaire–, je dansais sur place tout en échangeant quelques mots avec le directeur. Il m’expliquait qu’on allait reporter d’une demi-heure la pratique de notre quatuor pour nous permettre de nous réchauffer autour du feu. Un poêle à combustion lente dégageait en effet une bonne chaleur à côté de nous. Ma musicienne et moi choisissions de nous asseoir une à côté de l’autre, dirigeant nos pieds vers la chaleur. À partir de là, il ne me restait plus qu’à me laisser porter par ses paroles. J’entrais en mode observation, en mode accompagnement, en mode passif, comme je sais si bien l’être. Je ne parlais pas beaucoup parce que ce que j’aurais exprimé ne serait pas arrivé à la cheville des belles jambes de mon amie. Plus précisément, je ne parlais pas beaucoup parce que je savais que le moindre mot sorti de ma bouche m’aurait amenée à me demander si ce que je venais de dire était acceptable, intéressant, à la hauteur de mon interlocutrice. Cependant, le directeur qui s’activait autour de nous, qui coordonnait des affaires, venait nous voir pour nous dire, ou plutôt pour me dire, à moi, que cette toile qui apparaissait subitement dans notre champ de vision, dans la pièce où nous réchauffait le poêle à combustion lente dans une salle de réunion de l’université, que cette grande toile faisant plusieurs mètres carrés méritait qu’on l’observe.
– Il y a beaucoup de bleu, c’est monochrome, disait le directeur, tandis que toi, Lynda, tu privilégies les couleurs.
Je ne savais pas, bien sûr, comment interpréter ses paroles. Me suggérait-il d’aller vers moins de couleurs ? Voulait-il partager avec moi un intérêt commun ? Voulait-il me faire savoir, par sa remarque, qu’il était au courant que je peignais ?
Comme j’étais assise, je ne pouvais plus me dandiner sur le fond de musique qu’on entendait encore, mais je sentais alors, au fond de moi, que cet homme, sans me connaître vraiment, appréciait mon attitude positive dans la vie. Je me sentais perçue par lui comme une personne qui dégage de la bonne humeur, de l’optimisme. Une nature joyeuse.
Savourant la chaleur et le confort de l’endroit, mon amie allemande devenait plus volubile. Avec un enthousiasme qui me surprenait, elle m’annonçait qu’on ne pratiquerait pas et qu’on se contenterait de se tenir au chaud. Le patron, observait-elle, avait trop à faire pour être en mesure de se libérer. Pour accentuer ses propos, elle faisait un geste furtif de la main en direction du patron. Je remarquais alors à quel point sa main était blanche. J’aurais voulu la saisir pour la contempler tellement je la trouvais belle.

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Jour 744

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Les marguerites blanches.

Nous voici revenus à la maison. Je peux donc mettre en ligne la photo de mon plant de marguerites blanches, sur fond de feuilles mortes, celui-là même qui est à l’origine de l’oubli de mon appareil photo dans le garage. Sa forme laisse à désirer, j’en conviens. Je suis allée le voir dehors tout à l’heure, à la noirceur. Mince consolation : sa forme, au terme de notre semaine d’absence, laisse encore plus à désirer.
Denauzier et moi avons tenté, tout à l’heure en soupant autour d’un repas préparé par nous, de nous remémorer la composition des repas que nous avons pris dans les restaurants. Nous y sommes arrivés de peine et de misère. La première nuit a été dormie à la Malbaie. La deuxième à Sept-Îles. La troisième à Matane. La quatrième à Percé. La cinquième à Kamouraska. En fonction des endroits où nous étions, nous avons été capables de nous remémorer les restaurants où nous avons mangé, et les plats que nous y avons choisis.
La journée de ce samedi s’est bien déroulée. À St-Jean-Port-Joli, je n’ai trouvé aucune boutique ouverte dans laquelle j’aurais pu découvrir les sculptures des artisans. Une boutique était ouverte, à côté de l’église, mais on y trouve surtout des bouddhas, des imitations de masques asiatiques et des bâtons d’encens. Nous n’y sommes pas restés deux minutes. Une autre boutique nous a été recommandée par une dame qui habite le village, française d’origine à son accent, une boutique ouverte à l’année, mais fermée au moment où j’ai voulu y entrer. À travers la vitrine, j’en ai été quitte pour regarder sans beaucoup d’intérêt les profils de pêcheurs qui fument la pipe et des barils miniatures destinés à recevoir des cure-dents.
L’aventure de la petite affaire que cherchait mon mari dans les Canadian Tire a eu plus de saveur. D’abord, nous nous sommes perdus en cherchant le magasin de Montmagny parce que nous avons mal interprété les indications que nous a données un passant. Une fois arrivés au magasin après vingt minutes de zigonnage le long de l’autoroute 20, nous nous sommes adressés à un jeune homme, le vendeur, qui ne pouvait pas croire que son magasin vendait cet engin que Denauzier lui montrait –mon mari avait pris la peine d’apporter dans le magasin de Montmagny l’engin acheté au magasin de New Carlisle. Il a fallu que mon mari utilise sa grosse voix pour convaincre le très jeune vendeur d’aller chercher dans une réserve, dans un endroit quelconque, ou sous-sol ou à l’étage, les exemplaires de l’objet en solde pour écoulement définitif. Puisque cet objet n’était pas sur les présentoirs, c’est qu’il ne faisait pas partie de l’inventaire, se bornait à nous répéter le jeune homme. Au terme d’un bon quinze minutes de recherche, ce dernier est revenu, tout souriant, les bras chargés des quinze derniers spécimens. Mon mari en a acheté quatre.
La dernière portion de la journée s’est déroulée en compagnie de Riopelle et Mitchell, au MNBAQ. Sans rien connaître de l’œuvre de Joan Mitchell, sans trop connaître par ailleurs la vie de Riopelle, je suis ressortie de l’exposition avec le sentiment que c’est Mitchell, dans cette relation, qui a le plus souffert, pendant que Riopelle a poursuivi sa création artistique avec aplomb.
– Des deux artistes, ai-je dit à Denauzier au terme de notre visite alors que nous regagnions notre véhicule, Riopelle me semble avoir été le plus à même de continuer sa route sans être à la merci de son émotivité.
J’ai trouvé, m’écoutant parler, que je m’exprimais très bien, mais bien entendu il est fort possible que j’aie tout faux.

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Jour 745

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Un aperçu des travaux qui ont cours à Percé.

J’étais tellement fatiguée hier soir que j’ai terminé mon texte abruptement, en mentionnant qu’il faisait chaud dans la région où nous étions. Hier nous étions à Percé (15°C) et l’avant-veille à Matane (18°C). Ce soir, nous sommes à Kamouraska. Mais ce soir il fait froid, autour de 7°C. J’étais tellement fatiguée, à Percé, que j’ai fait des erreurs dans mon texte dont je me rends compte aujourd’hui en me relisant. Il n’est pas écrit sur les grandes affiches le long de la rue principale que les tempêtes qui ont ravagé les berges sont causées par le réchauffement climatique, mais par les changements climatiques.
Lorsque nous avons loué la chambre au motel Fleur de Lys, la dame nous a dit que les camions allaient terminer leur boucan à 18h30. Ils ont terminé un peu avant parce que dès 18h00 il faisait noir. La même dame nous a dit que les camions allaient arriver le lendemain matin à 7h30 –elle n’a pas voulu nous décourager–, or ils sont arrivés à 6h45. Mais nous étions déjà réveillés. La photo ci-dessus ne donne qu’une vague idée de l’ampleur de l’artillerie qui est affectée à la réfection de la plage : à 6h45, ils étaient six camions à la queue leu leu devant celui qui apparaît et dont la benne est inclinée pour l’écoulement des cailloux. En moins de cinq minutes, ils se sont dirigés vers le rocher et nous ne les avons plus vus. Cela revient à dire qu’il y a au moins sept camions qui travaillent sur le projet pendant presque douze heures par jour.
– Il y a sûrement d’autres camions qui s’en viennent, a dit mon mari, chargés de roches pour surélever le terrain. Ils vont aller et venir toute la journée. Il ne leur reste plus tellement de temps avant la neige…
– On viendra l’été prochain pour constater l’effet final, ai-je suggéré.
– On viendra en moto, a-t-il précisé.
En cours de trajet aujourd’hui, nous avons vécu deux petites péripéties. La première est amusante : à chaque ville où il nous a été donné de croiser un Canadian Tire, nous nous sommes arrêtés –une manière de faire des pas– parce que mon mari est à la recherche d’un article de chasse et pêche qui ne fait plus partie de l’inventaire régulier de la chaîne de magasins, mais il est possible, m’a-t-il dit, que dans les magasins à moins haut débit cet article soit encore disponible et probablement en solde pour écoulement. C’est ainsi que nous avons fait des pas dans le magasin de la Malbaie, puis dans celui de Baie-Comeau, et dans celui de Sept-Îles, sans succès. Après la traversée qui nous a menés de Godbout à Matane, nous avons fait des pas également dans le magasin de Matane, sans succès. Alors que nous ne nous y attendions pas le moins du monde, nous sommes tombés au détour du chemin sur un Canadian Tire à New Carlisle. L’article y était, tout seul dans son coin, en solde ! Denauzier était enchanté. La caissière, apprenant que nous étions à la recherche de cet objet, a consulté son ordinateur pour nous informer qu’il reste quinze exemplaires de cette affaire à Montmagny. Donc, demain samedi, nous allons nous arrêter à Montmagny. J’aimerais aussi m’arrêter à St-Jean-Port-Joli, où je ne suis jamais allée de ma vie.
L’autre péripétie qui est survenue est moins amusante : mon mari roulait à Pasbébiac à 95 km/heure dans une zone de 70 km, alors il s’est fait arrêter, mais la contravention n’est pas trop salée. Du coup, c’est moi qui ai pris le volant, jusqu’à Rimouski.
Ambre. Seigneur ! J’ai cherché le mot dans ma tête toute la journée. La nature qui s’offre à nous le long de la route est imprégnée de cette couleur. Nous vivons l’automne sans le temps frais de l’automne. Nous vivons l’été dans les teintes de rouille et d’ambre avec, ça et là, des taches très vives de rouge provenant des fruits des cormiers. C’est incroyablement beau. Mais je n’aurai rien conservé de cette généreuse splendeur sur la carte SD de mon appareil photo puisque mon appareil photo est dans le garage, à St-Jean-de-Matha.

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Jour 746

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Il me semble que la portion détachée du rocher, à droite sur la photo, est pas mal plus petite qu’avant ?

Quelle merveille. J’entends les vagues de la mer de l’endroit où j’écris ce soir. Je ne suis pas dans l’aéroport de Vancouver, ni sur le traversier Godbout-Matane, et on exclut l’avion. Je suis dans une chambre de motel de Percé, un des rares motels encore ouverts maintenant que la saison touristique est terminée. Les trottoirs sont déserts et les visiteurs se comptent sur les doigts d’une main. La rue principale, nulle autre que la 132, est parcourue de gros camions qui transportent de la terre, d’autres camions qui transportent de grosses roches, et d’autres camions qui transportent des roches gigantesques. Je me sens un peu comme à Montréal. On entend les freins qui font un vacarme en décompressant et on entend l’alarme des camions lorsqu’en marche arrière. L’air salin transporte des odeurs de diésel.
La petite zone touristique du village est sens dessus dessous en raison des travaux de réfection de la bande côtière qui a subi d’importants dégâts en décembre 2016 lors d’une tempête monstrueuse. La tenancière du motel nous dit n’être pas convaincue que les aménagements vont protéger son commerce.
– Les bâtisses ont été déplacées pour être plus éloignées de la mer, a-t-elle dit.
– Vous voulez dire que la bâtisse dans laquelle nous sommes a été déplacée ?, me suis-je étonnée.
– Oui, on l’a reculée d’une bonne trentaine de pieds. Mais j’ai l’impression que ce ne sera pas assez. Des ingénieurs ont conçu les plans des travaux, mais il n’y a pas eu moyen de savoir en quoi ils consistent, au juste.
Nous sommes allés marcher Denauzier et moi et avons croisé de grosses affiches qui expliquent un peu la teneur des travaux, qui devraient être terminés au printemps 2018. Ces derniers sont attribuables semble-t-il au réchauffement climatique. D’ailleurs, il fait chaud, autour de 15°C. Hier soir à Matane, il faisait 18°C sous une bruine légère.

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Jour 747

Jour de Boeing. Dans la même veine, à savoir le transport aérien, j’ai fait ce matin, malgré la pluie et le ciel très bas, mon baptême de l’air en hélicoptère. Nous avons survolé la ville de Sept-Îles. Notre pilote aurait aimé nous montrer la rivière Moisie, un endroit de la rivière en particulier où il aime aller pêcher le saumon et la truite rouge, mais le mauvais temps ne le permettait pas. Cependant, il nous a invités à retourner le voir l’été prochain, pour nous faire visiter en version aérienne l’archipel des îles Mingan, c’est à 45 minutes de Sept-Îles en hélicoptère, et nous amener pêcher dans la Moisie, comme il dit. Pêcher dans la Moisie, je pense que cela ne dirait rien à papa qui n’a que très peu pêché dans sa vie, mais survoler les îles lui aurait fait tellement plaisir…
En lien encore avec les moyens de transport, je suis en ce moment sur le traversier qui part de Godbout et nous amène en deux heures à Matane. C’est moi qui ai conduit de Sept-Îles à Godbout pendant que Denauzier réglait toutes sortes de choses au téléphone avec ses clients. De Matane où nous allons souper et coucher, nous allons nous amuser un petit peu sur les belles routes de la Gaspésie avant de rentrer à la maison.
Je me suis fait la réflexion, sortant mon ordinateur tout à l’heure pour écrire mon blogue, que je n’avais encore jamais écrit de texte sur un traversier. J’en ai déjà écrit dans un aéroport, à Vancouver notamment. Mais pas en avion.
– J’ai oublié la carte d’embarquement, a dit Denauzier comme nous arrivions dans un salon tranquille doté de grandes fenêtres pour observer le fleuve.
Il est allé la chercher, elle est obligatoire pour payer la traversée. Le salon tranquille aux grandes fenêtres est situé au sixième pont, alors que notre voiture est située au deuxième pont. Donc, Denauzier est descendu chercher la carte, en cours de route sur le trajet de retour il a payé la traversée, et ensuite il est venu me rejoindre.
– Je ne serai pas descendu pour rien, m’a-t-il dit en s’assoyant à côté de moi.
– Que veux-tu dire ?, ai-je demandé.
– En arrivant devant le véhicule, en plein devant la portière, côté conducteur, il y avait un billet de dix dollars par terre.
– Tu n’es pas sérieux ?, ai-je demandé.
– Très sérieux.
– Tu dis ça pour me taquiner, ai-je insisté.
– Pas le moins du monde.
– Quand j’ai pris le traversier de Baie Ste-Catherine à Tadoussac, l’ai-je informé, il y a 26 ans, avec papa, j’avais trouvé un billet de 10 dollars à mes pieds en sortant du véhicule, côté conducteur…

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Jour 748

Les photos de mon séjour sur la Côte-Nord, hier à la Malbaie et ce soir à Sept-Îles, ce sera pour une autre fois. J’ai oublié mon appareil photo dans le garage, à St-Jean-de-Matha.
Au moment de quitter la maison, hier lundi, nous étions dehors dans la cour, j’ai demandé à mon mari s’il avait déposé dans la voiture le sac qui contient nos ordinateurs. C’est essentiel, nos ordinateurs. Or, le sac attendait qu’on se réveille, déposé par moi sur le canapé du salon. Je suis donc allée le chercher. Une fois dans le salon, j’ai remarqué à travers la fenêtre que le plant de marguerites que Bibi et mes frères m’ont offert pour mon anniversaire, il y a deux ans et demi, était en pleine floraison. C’est un plant dont la floraison est tardive. Il a décuplé de volume, sinon plus, depuis qu’il est en pleine terre. J’ai voulu le prendre en photo, me disant qu’au retour de notre séjour sur la Côte-Nord, début novembre, il serait peut-être gelé. J’ai donc apporté le sac qui contient les ordinateurs dans le véhicule, et du véhicule, dans lequel se trouvait déjà mon sac d’équipement de photo, j’ai sorti mon Nikon pour retourner à l’autre bout de la propriété prendre le plant de marguerites blanches en photo. Quand je suis revenue à proximité du véhicule, Denauzier était dans le garage en train de chercher une lampe de poche, des fois que nous aurions une crevaison de soir. Du garage, il m’a demandé, de sa voix naturellement forte, si son téléphone cellulaire était déjà dans la voiture. Il n’y était pas, alors je suis retournée dans la maison essayer de le trouver. Comme la courroie de mon appareil photo appuie un peu trop sur mes vertèbres cervicales, lorsque je marche, j’ai déposé mon appareil sur une table qui se trouve à l’entrée du garage. Je l’ai déposé en me disant que c’était le meilleur moyen de l’oublier, puis, me ravisant, je me suis dit que je n’allais pas l’oublier. À l’intérieur, encore une fois sur le canapé du salon, j’ai trouvé le téléphone cellulaire de Denauzier, je l’ai mis dans la poche de ma veste, mais au même moment le téléphone de la ligne fixe à sonné dans la maison. J’ai répondu, c’était pour moi, alors j’ai parlé à la personne qui m’appelait pour lui dire qu’on devrait se donner des nouvelles à un autre moment puisque nous étions sur notre départ pour la Côte-Nord. J’ai raccroché, je me suis assurée que j’avais bien le cellulaire dans la poche de ma veste, je suis sortie par le garage, donc je suis passée à côté de l’appareil photo déposé sur la table, mais je ne l’ai pas vu, je n’y ai plus pensé, je l’ai laissé là. Lorsque nous sommes arrivés à la Malbaie, j’ai voulu photographier le fleuve, d’autant qu’il y avait un beau coucher de soleil –et qu’on annonce de la pluie pour le restant de la semaine. J’ai trouvé le sac sur la banquette arrière du véhicule, la lentille 200 mm dans le sac, mais pas l’appareil. Donc, la seule photo que je pourrai publier, au terme de mon aventure, ce sera celle des marguerites.

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