Jour 340

Africaines

Je trouve qu’il y a de l’art partout dans les villes européennes, ici à Bruxelles, dans la vitrine d’une confiserie où nous avons acheté du chocolat.

Je suis un peu déçue de n’avoir pas été opérée, même si tout le monde me dit que c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver que de ne pas l’être. Je voyais l’opération comme une étape dans ma vie à la suite de laquelle les choses n’auraient plus été tout à fait les mêmes.
– Je pourrais miser davantage sur ma santé, me disais-je, à la recherche de quelles choses pourraient ne plus être les mêmes. Je pourrais faire ne seraient-ce que dix minutes par jour d’étirements, sur mon tapis de yoga.
Puis, sentant que je ne les ferais pas plus après mon opération qu’avant, j’essayais de trouver quelque chose d’autre.
– Je pourrais imposer davantage mes visions, mes positions, dans certaines situations, auprès de certaines personnes.
Trop vague pour être tentant. Trop susceptible de semer la discorde quand on sait à quel point je ne suis pas diplomate.
– Je pourrais me trouver un emploi et m’exposer à de nouveaux défis.
Cela compliquerait mes voyages futurs à Strasbourg, à moins de démissionner aussitôt engagée.
– Je pourrais me dépêcher d’atteindre les 2 200 textes écrits, sur mon foutu blogue, pour être débarrassée.
Qu’est-ce que je ferais dès le lendemain du dernier texte écrit ?, me suis-je entendu me dire dans ma tête.
– Qu’est-ce qui me tente ? Quel petit bonus pourrais-je apporter à ma vie de retraitée ?
J’espérais peut-être trouver une réponse pendant ma convalescence !
Donc, on ne m’opère pas. Je ne sais pas si mon cœur est si tant en bonne forme, mais je sais que ça ne vaut pas la peine de me tracasser avec ça. Je pense qu’il est possible que je sois opérée plus tard, et je serai alors plus vieille pour m’en remettre. Mais il est possible aussi que je ne sois plus jamais opérée pour le cœur. Je pense que si j’avais été opérée le 23 septembre comme on me l’a initialement annoncé, je pourrais peut-être profiter, pour le reste de ma vie, d’un cœur plus performant, mais peut-être pas non plus. Quand je me suis fait opérer la première fois, en 2013, je ne peux pas dire que je me sois sentie plus énergique une fois remise de ma convalescence. À telle enseigne que j’ai décidé de prendre ma retraite pour espérer le devenir, tellement je ne l’étais plus.
J’en reviens, encore et toujours, à mon onomatopée fétiche :
– Bof !

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 341

PâtéThon

Au menu, un pâté au thon qui goûtait l’estragon. Chaque repas mangé au CHUM m’a fait penser à papa, qui reçoit les siens sur un plateau identique, à cette différence près que son assiette est invariablement couverte de trois boulettes : blanche pour les patates,  verte pour les légumes, brunâtre pour la viande. Il mange tout et dit que c’est excellent.

– Si le chirurgien revient de New York seulement dimanche soir, et sachant qu’il opère lundi dès la première heure, et ce toute la journée, il y a de fortes chances que je ne le voie pas avant ma sortie, me suis-je dit, plutôt dépitée. C’est plate, je ne connaîtrai pas son point de vue.
Nous étions samedi, lors de la valse des cardiologues se présentant un à un pour s’opposer à mon opération.
Dans la journée de dimanche, seul le romantique est venu vérifier que j’étais toujours d’accord de me prêter à des tests avant que ne soit prise une décision finale.
– Nous allons faire une ETT lundi matin, et peut-être une ETO, a-t-il mentionné.
Puis, l’Unité de soins intensifs cardiaques, qu’on appelle l’USIC, a été monopolisée par les accidents vasculaires qui se sont produits lors du marathon, en fait par le seul accident qui s’est produit, mais qui fut fatal. L’homme n’avait que vingt-quatre ans.
En fin d’après-midi de ce dimanche, toujours installée dans mon lit adapté devenu fauteuil, j’ai eu l’idée d’aller vérifier à quoi servait l’interrupteur que je voyais en face de moi, pensant qu’il me permettrait peut-être de mieux m’éclairer pour jouer sur mon téléphone sans m’arracher les yeux. Je me suis donc levée en traînant mon soluté d’Héparine, c’est le médicament qu’on donne en remplacement du Coumadin.
J’ai appuyé sur l’interrupteur et découvert qu’il se dégageait dès lors du plafond une lumière parfaite pour ma lecture. Me tournant pour revenir vers mon lit, je suis tombée face à face sur le chirurgien, celui qui m’avait expliqué, en début d’été, que je devais être réopérée. De deux choses l’une : soit j’étais terriblement absorbée par ma découverte de l’interrupteur, soit ses baskets lui permettent de marcher comme sur un nuage sans faire le moindre son.
– Tu lui as fait connaître ta façon de penser ?, s’est enquis la copine à laquelle je racontais mon aventure. Cet homme t’a fait vivre un été d’angoisse alors qu’il lui aurait suffi de documenter un peu plus ton cas pour ne jamais avoir à te parler de chirurgie ! Il s’y est pris d’une manière broche à foin terriblement bâclée !
– Ce n’est pas tout à fait ça qui s’est produit, ai-je répondu en regardant ma copine de cette façon soutenue qui est la mienne quand je m’apprête à nommer l’innommable.
Parce qu’elle me connaît bien, ma copine s’est radoucie :
– Qu’est-ce que tu es allée faire, ou dire ?
– Je ne m’attendais pas à le trouver là, devant moi, alors de surprise je me suis dirigée vers lui et je lui ai fait la bise.
– Non !
– Oui. Il s’est mis aussitôt à me dire que ma valve était bel et bien couverte de pannus et qu’il était préférable de la changer, mais peut-être pas là, tout de suite, dans le courant de la semaine. Sauf que je ne l’écoutais pas vraiment. Je m’en voulais déjà d’avoir été trop spontanée, alors j’attendais qu’il termine ses explications pour lui demander de m’excuser de l’avoir embrassé.
– Et ?
– Et dès que j’ai pu, je lui ai demandé de m’excuser d’avoir été trop familière. Comme pour se protéger d’autres phrases encore qui allaient le déstabiliser, il s’est mis à reculer vers la porte, tout en me disant qu’il avait d’autres patients qui étaient, eux aussi, démonstratifs, et qu’il n’y avait pas matière à s’excuser. Mais la rapidité avec laquelle il a prononcé ces mots me donne à penser qu’il était quand même un peu troublé.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Un commentaire

Jour 342

JCartierArt

Vue très très très interprétée du Pont Jacques-Cartier, depuis ma fenêtre au huitième étage.

Je n’ai pas été opérée finalement.
Bien installée dans mon lit d’hôpital, en position assise car les lits d’hôpital se transforment pratiquement en fauteuils, j’ai accueilli dans ma chambre plusieurs cardiologues qui y allaient, chacun, de leur interprétation. La personne la moins sympathique au sein de mes visiteurs est entrée dans ma chambre en me disant tout de go que les cardiologues se rencontrent tous les mardis matins pour échanger quant à leurs cas.
– Nous avons vu les images de votre fluoroscopie, a dit cette personne, il y a de cela deux ou trois semaines. Elles étaient tellement mauvaises, Mme Longpré, qu’on avait du mal à les interpréter.
– Ah bon ?
– Vous savez que toutes les valves de carbone se couvrent de pannus ? C’est une réaction normale du corps humain en présence d’un corps étranger.
Je le savais déjà, à la suite d’une conversation que j’ai eue à Strasbourg avec ma fille et sa colocataire.
– En ce sens, que vous ne soyez pas opérée ne fait pas de vous une exception. Toutes les personnes portant un implant vivent avec ce problème.
Peu de temps après, un cardiologue romantique m’a abordée de la façon suivante :
– Mme Longpré, hier en quittant l’hôpital et en traversant le stationnement, je n’avais que votre cas en tête.
– Ah bon ?, ai-je répété.
– Vous savez que si vous étiez ma mère, je ne vous laisserais pas vous faire opérer ? On ne voit pas de trace de pannus sur votre valve, et les feuillets s’ouvrent parfaitement. Une telle opération devrait n’avoir lieu qu’en cas d’extrême nécessité. D’ailleurs, comment avez-vous traversé votre première opération en 2013 ?
J’ai constaté qu’il avait bien lu mon dossier puisqu’il se rappelait de l’année d’intervention.
– Cela s’est plutôt bien passé, ai-je répondu, mises à part les hallucinations causées par les drogues.
– Vous savez qu’il y a des risques d’infection grave qui peuvent survenir ?
– Oui, mais s’il fallait se freiner pour chaque éventualité de danger, on ne ferait pas grand-chose de nos vies !
Un troisième personnage, ensuite, me fit l’honneur de sa visite en ces termes :
– Mme Longpré, je ne suis pas un cardiologue chirurgien. Vous devez vous douter que les chirurgiens aiment opérer, alors que les non chirurgiens privilégient une approche prudente selon laquelle on opère le plus tard possible ?
– Où voulez-vous en venir ?
– Vous avez un peu de pannus sur la valve, mais rien de grave, et il est possible qu’il ne s’en développe pas davantage. Vous êtes une personne active, mince, encore jeune. Avec une bonne hygiène de vie, vous avez de fortes chances de ne jamais devoir repasser sous le bistouri.
– Qu’en pense le chirurgien qui voulait m’opérer ?, ai-je alors demandé.
– On lui a envoyé des textos, il est au courant que nous nous questionnons en ce moment. Il est à New York et devrait revenir dimanche soir.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Jour 343

DanyLaf343, ce sont les trois premiers chiffres de mon numéro de téléphone, du temps que je travaillais à l’université. Pour me joindre, on composait le 343-6111, suivi d’un numéro de poste.
343, ce n’est pas loin non plus du nombre de pages du livre de Dany Laferrière, Autoportrait de Paris avec chat. Des pages difficiles à lire parce que couvertes d’une écriture manuscrite inégale, comme on le voit ci-contre. J’ai lu le livre au CHUM, pendant mon séjour de ces cinq derniers jours. Je l’avais commencé à la maison au cours de l’été, puis délaissé. Certaines pages demandent à être lues à la verticale, d’autres à l’horizontale. Il faut alors tourner le livre, quand même assez lourd. Je ne sais pas comment je m’y prenais, mais à chaque fois que je passais du mode portrait au mode paysage, la partie inférieure de la reliure rigide venait s’appuyer sur ma jaquette, sur mon ventre, et c’était désagréable. Je devais en outre m’assurer que le livre n’accroche pas le tube de mon soluté relié à un cathéter qui s’enfonçait un peu trop dans ma peau, à la pliure du coude.
– Si je ne lis pas Laferrière dans les jours qui vont précéder ma chirurgie, pendant lesquels je n’aurai rien à faire, m’étais dit en préparant ma petite valise pour mon hospitalisation, je ne le lirai jamais.
Alors je l’ai apporté dans mes bagages et je l’ai lu. Je l’ai lu tant et si bien qu’à ma cousine qui m’a demandé si elle pouvait venir me rendre visite, j’ai répondu que je préférais finir mon livre ! Pardon cousine ! J’ai aussi apporté la biographie de Ferré, commencée il y a des lustres, et encore là j’ai fini le livre.
Fiou ! Deux briques de moins sur ma liste. Je vais essayer de choisir des livres qui comptent moins de pages dorénavant.
Je n’ai pas fait que lire, en attendant de passer sous le bistouri. J’ai aussi créé ma première liste Spotify sur mon téléphone, et, surtout, j’ai beaucoup pratiqué ma vitesse de frappe sur le minuscule clavier du même téléphone, en communiquant par Messenger avec l’un et l’autre de mes amis. À voir Emma taper comme une bonne en un temps record sur le sien, en n’utilisant que ses deux pouces, pendant nos deux semaines passées ensemble à Strasbourg, j’ai décidé que j’allais essayer de faire pareil.
Malheureusement, mon lit n’était pas orienté de manière à avoir vue sur le pont Jacques-Cartier, mais sur le poste des infirmiers de l’autre côté du corridor de ma chambre. Je séjournais à ce qu’on appelle l’USIC, l’Unité de soins intensifs cardiaques, située au 8eétage du Pavillon D. Jamais je n’ai vu de ma vie endroit peuplé d’autant de gens gentils, aimables, serviables, souriants. Jeunes. Beaucoup d’infirmiers et d’infirmières de nationalité française.
– N’hésitez pas Mme Longpré à nous faire signe. Nous sommes là pour ça.
Sur de tels encouragements, moult fois répétés, je suis allée jusqu’à demander si on voulait bien réchauffer mon café au four à micro-ondes, parce qu’il était arrivé très tiède sur mon plateau.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Laisser un commentaire

Interruption strasbourgeoise

Chers amis, je serai de retour le 18 septembre. À bientôt !

Publié dans Badouziennes | Un commentaire

Jour 344

La chatte
J’ai mis mes bottes, mon pantalon et mon manteau de pluie et je suis allée crier le nom de la chatte dans le bois derrière la maison.
– Mia ! Mia ! Viens voir la maîtresse !
– Elle est sûrement juste à côté de la maison, m’a dit mon mari.
Il avait raison. La chatte se tient dans une grotte qui la protège de la pluie, un espace créé par la rencontre de deux énormes roches. J’ai réussi à lui caresser la tête, mais comme elle n’avait pas envie de se faire mouiller, elle est aussitôt retournée dans son trou.
– Tu l’as trouvée ?, m’a demandé mon mari quand je suis rentrée.
– Oui, dans une des grottes à proximité du garage.
– Qu’est-ce que tu lui as dit ?
– Qu’elle était la bienvenue à la maison et qu’elle y trouverait de la nourriture. Elle peut bien être maigre si elle ne mange pas !
– Elle doit bien manger des souris, des mulots, des petites bêtes, a répondu Denauzier.
– Elle m’a dit qu’elle allait penser à ma proposition et éventuellement l’honorer, mais elle ne peut dire quand.
– C’est bien. On va l’attendre, a conclu mon mari.
Donc, au moment où j’écris ces lignes, elle n’est pas morte mangée par un coyote, c’est toujours bien ça d’acquis.
Strasbourg
J’ai consulté les tendances de la température à Strasbourg, du 3 au 18 septembre, et il semblerait que ça tournera autour de 20 degrés, sans pluie, seulement des nuages occasionnels. Il va falloir que je revoie mes tenues, j’avais misé sur un temps caniculaire et prévu seulement un ou deux vêtements chauds. Pourquoi avais-je cette idée qu’il ferait un temps caniculaire ? Parce que lorsque je suis arrivée à Aix, en octobre 1985, il faisait encore chaud à presque minuit sur le cours Mirabeau, et tout le mois d’octobre avait correspondu à notre début de mois d’août. C’était il y a 34 ans. Je comprends les gens qui me disent d’arrêter de vivre dans le passé !
Je n’apporterai pas mon ordinateur pendant mes deux semaines de vie à Strasbourg, et donc je n’écrirai pas mon blogue, ou alors je vais emprunter l’ordinateur d’Emma et écrire un texte ou deux mais probablement pas plus.
L’ordinaire
J’ai tendance à trop souvent oublier qu’il peut se présenter des adjuvants sur mon parcours. Il s’en est présenté un sur mon parcours très chargé d’aujourd’hui. Un homme m’a ouvert la porte alors que je tenais des deux mains un plateau chargé de la nourriture que nous nous apprêtions à manger, tantine et moi, dehors au soleil, sur le terrain qui jouxte le restaurant La p’tite Bouffe. Non seulement cet adjuvant m’a-t-il ouvert la porte, mais constatant que j’essayais de prendre une photo de tantine, quelques minutes plus tard, pour immortaliser sa nouvelle coupe de cheveux, il est venu proposer ses services de photographe. Quand je l’ai remercié, et bien entendu pour flatter mon orgueil, il a répondu :
– Il n’y a pas de quoi mademoiselle !

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jour 345

Emma

Mia la chatte, Goune le toutou et Chouchou, au printemps dernier.

J’écris ce texte pour ma fille, afin qu’elle sache comment évolue la situation quant à sa Mia. Je suis allée la chercher hier à Montréal. J’avais emprunté pour ce faire la cage de nos voisins, en ce sens qu’Emma pensait avoir une cage mais elle s’est rendu compte –à la dernière minute– qu’elle n’en avait pas. Emprunte, donc, la cage des voisins et roule à Montréal.
Dans l’après-midi, chouchou et moi n’avons rien fait d’important, pourtant nous sommes à la presque veille de notre départ. Nous avons mangé de la courge spaghetti sur la petite terrasse arrière de l’appartement, en savourant et le repas et l’air du temps. Puis, nous sommes allées acheter des boîtes de carton non assemblées au Réno de la rue St-Jacques. Emma va y mettre toutes les affaires qu’elle n’apporte pas en France et les entreposer chez son papa.
– On va essayer de se débrouiller toutes seules, a dit ma fille comme nous entrions dans la quincaillerie.
– D’accord, ai-je répondu. Mais je suis certaine qu’en nous dirigeant vers les matériaux de construction on ne brûle pas, on gèle.
– Peut-être la peinture ? Quand on peint, on met ses affaires dans une boîte pour ne pas les tacher ?
– Je dirais le saisonnier, genre, quand on déménage, habituellement c’est en été.
Nous avons parcouru tout le magasin sans succès. J’ai trouvé mignon que ma fille propose d’aller voir dans la section des plantes où, bien entendu, lesdites boîtes ne se trouvaient guère. Finalement, on a demandé à un commis qui nous a orientées vers la rangée 11. Elles y étaient. C’était la section du saisonnier, donc j’avais raison, mais la section nous a échappé lorsque nous sommes passées devant, probablement parce que nous nous racontions des choses qui n’avaient aucun rapport avec les boîtes.
De retour chez chouchou, nous sommes allées marcher sur la rue Monkland et acheter, pourquoi pas, du yogourt glacé au magasin Yep. Ça coûte très cher. Heureusement qu’on n’y va pas souvent. Puis est venu le moment de nous quitter, non sans prendre une photo de chatonne dans les bras d’Emma accompagnée de sa colocataire française. Dans la voiture, chatonne a miaulé au début, mais lorsque j’ai atteint la 40 et mis de la musique, Mia s’est calmée et je n’ai rien entendu d’autre que la chanson Cold Cold Heart d’Elton John que j’ai écoutée en boucle, et ensuite la chanson Samedi soir sur la terre, en boucle aussi, de Cabrel. Les deux chansons sont un peu tristounettes, alors j’en ai profité pour verser une larme ou deux parce que quand je pense à quel point ma fille est essentielle dans ma vie ça me fait verser une larme ou deux.
En entrant dans la maison, Mia s’est précipitée dans le sous-sol et n’a rien voulu savoir de remonter au rez-de-chaussée. Comme je m’en doutais, elle nous a réveillés à quatre heures du matin, en miaulant pour aller dehors. Je ne décrirai pas ici les péripéties qui ont entouré l’ouverture de la porte dans le sous-sol, mais disons seulement qu’il a fallu que Denauzier vienne m’aider à la refermer.
Chatonne est restée dans le sous-bois toute la journée jusqu’à tout à l’heure, je dirais sept heures. J’ai appelé, elle a miaulé, elle est venue se frotter aux marches de la galerie, et vitement je l’ai prise pour la faire entrer. J’ai tout aussi vitement conduit chatonne à l’endroit où nous avons mis la litière et sa nourriture, mais avant d’avoir pu approcher son nez du bol de croquettes, elle s’est enfuie à nouveau dans le sous-sol. En principe, c’est de ce même endroit qu’elle devrait nous réveiller encore cette nuit. À suivre.

Publié dans 2 200 textes en 10 ans | Marqué , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire