Jour 304

Voici où j’en suis de mes dossiers nombreux.
1. Tantine attend impatiemment que j’aille la visiter ce jeudi. La semaine dernière je ne l’ai pas vue car j’honorais de ma présence l’événement bénéfice qui m’a permis de profiter des compétences d’une cartomancienne. Tantine m’a demandé si, par le plus grand des hasards, je n’avais pas un flacon de dissolvant de vernis à lui apporter (Jour 311).
2. Nous avons eu du succès avec notre production de beignes. J’en ai rempli une pleine boîte de métal qui s’est vidée dans la même soirée. C’était au chalet ce week-end où nous avions une rencontre familiale. Une quinzaine de bouches, jeunes et moins jeunes ont ainsi eu l’occasion de déguster cette création maison. Je vais tenter la prochaine fois de rouler la pâte avec moins de passion pour que les beignes soient un peu plus épais. J’ai acheté un emporte-pièce, ou plutôt Denauzier, afin de remettre à Bibi celui qu’elle m’a prêté qui lui vient de notre grand-mère paternelle (Jours 308 et 307).
3. Aucun développement en lien avec ma toile couverte de lignes noires qui font penser à un labyrinthe ou à un vitrail. Le point positif de cette absence de développement est que je n’ai pas tenté de lui sauver la vie en lui ajoutant un peu plus de ceci, ou encore de cela, afin de rendre son existence acceptable. Elle se donne à vivre telle qu’elle est dans le corridor où je l’ai suspendue. Point final. Deux interprétations bien entendu sont ici possibles : cette toile a un certain intérêt –auquel je suis imperméable; cette toile n’a aucun intérêt mais je n’en ai pas honte et j’assume mon manque de talent. Je suis allée récemment dans un commerce où j’ai pu constater que les murs manquaient de vie. Je me propose d’apporter cette toile pour égayer un des murs, si le propriétaire est d’accord. Des clients, peut-être, donneront leur avis en passant devant (Jour 308).

Poisson blanc

Acrylique, pigments secs et vernis à ongles.

4. Pendant ce temps, je travaille sur la toile ci-contre. En allant en prendre la photo à l’instant pour la mettre en ligne ci-contre, je l’ai tournée dans le sens portrait. Du coup, je vois dans les masses blanches la forme d’un poisson, voire d’un requin méchant. J’y suis allée un peu fort sur le tachetage du contour, de couleur sarcelle. Je compte en estomper une partie en appliquant sur les masses sarcelle, avec mes doigts, la couleur bourgogne du fond.
5. L’hiver s’installe abruptement et m’engage dans une manière de vivre plus casanière. Je vais recommencer à devoir me botter le derrière pour aller dehors. Justement, le téléphone vient de faire office de battement au derrière. Notre ami fournisseur de mets fins m’invite à me rendre chez lui aller chercher des fromages qu’il achète à Montréal. C’est l’ami qui m’a amenée à l’événement bénéfice jeudi dernier. Comme il habite en haut d’une côte et que cela va me faire faire du cardio, j’ai répondu oui à sa proposition d’aller chercher les fromages, comme on répondrait oui à la proposition d’un séjour de deux semaines en Floride. Alors, sans plus tarder, je m’habille et j’y vais.

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Jour 305

tarot

Quelques cartes du Tarot.

Je participais jeudi soir dernier à un événement bénéfice à Montréal. Une cartomancienne était sur place qui lisait les cartes du Tarot. Je lui ai donné vingt dollars pour une consultation de cinq minutes. Ce fut mon don. J’ai d’abord pigé cinq cartes. Rapidement, elle en a mis deux de côté en me disant qu’elles étaient reliées au passé et qu’il fallait oublier, ne pas s’accrocher, lâcher prise. Elle s’est concentrée sur les trois autres cartes.
– Vous êtes une manuelle. Il y a des choses que vous faites de vos mains qui sont d’une grande importance pour vous, a-t-elle dit. Des choses comme la peinture, le jardinage ?
– Ce sont mes deux activités principales, ai-je répondu, excitée que cela commence si bien. Je jardine en été, j’essaie d’embellir la propriété, et je peins depuis une quinzaine d’années mais il n’y a rien de ce que je peins qui soit intéressant. Je barbouille en essayant vainement de surmonter mes incapacités techniques.
– J’écris aussi, me suis-je ravisée, en imitant sur la surface de la table qui me séparait de la dame le mouvement des doigts qui tapent sur un clavier. C’est encore plus important pour moi d’écrire que de peindre. Mais encore là, je ne peux pas dire que j’écris des choses intéressan
– Vous ne devez jamais cesser de vous adonner à ces choses qui vous plaisent, m’a-t-elle interrompue, elles sont vitales pour votre équilibre.
– Je vois que vous traversez une période qui ne vous satisfait pas tellement, a-t-elle enchaîné.
Je me suis rapprochée de la table, sur ces mots, impatiente de découvrir si cette période qui en est une de vacuité en effet, je trouve, allait me conduire vers un temps fort, un événement signifiant. Comme je ne disposais que de cinq minutes, je ne me suis pas lancée dans mon interprétation de ce qui me semble causer ce sentiment de vide. En gros, pour le bénéfice de mes lecteurs, je préciserai ici que ce sentiment me semble prendre naissance dans ma non-chirurgie, pour un ensemble de raisons que je ne détaillerai pas ici.
– Vous ne pouvez pas dire plus juste !, ai-je à nouveau lancé, comme s’il était essentiel que j’encourage la dame, que je lui fasse sentir qu’elle visait en plein dans le mille, pour la flatter.
– Vous êtes dans une période de transition, a-t-elle ajouté. Pendant cette période, vous avez l’impression qu’il ne se passe rien, mais vous engrangez, vous accumulez, vous vous préparez. Vous êtes un peu comme l’enfant qui passe plusieurs mois sans grandir et qui se met à pousser de dix centimètres dans le temps de le dire.
– Où va me conduire cette poussée de croissance ?, ai-je demandé, pleine d’espoir –et fière de mon sens de la répartie.
– Vous allez trouver, a-t-elle mystérieusement répondu. Pigez une autre carte, a-t-elle enchaîné, espérant peut-être tomber sur un indice qui allait assouvir ma faim.
– Je vois même de l’argent…, a-t-elle mentionné pendant que je pigeais la carte supplémentaire.
J’ai pris la carte, je l’ai tournée. C’était, j’imagine, une carte associée au gain, à la richesse, puisque la dame a conclu ainsi notre entretien :
– Vous voyez ? De l’argent vous attend qui ne saurait tarder.
Je me suis levée en remerciant la dame, et en pensant malgré moi qu’elle avait probablement vu, dans ses cartes, l’argent que venait de m’acheminer la Lufthansa, autrement dit de l’argent reçu et non à recevoir !

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Jour 306

annee-du-cochon-2019

Je suis plus précisément un cochon de terre. Une de mes qualités serait mon souci aiguisé de la ponctualité, moi qui suis tout le temps en retard !

Dès que je le peux la semaine prochaine, je vais m’attaquer à un problème important que j’endure depuis trop longtemps, celui de mes papiers mal rangés dans les chemises suspendues de mon classeur. Je vais y aller à fond : je vais sortir tout le contenu de mon classeur, l’étendre sur ma grande table, revoir les libellés de mes chemises et en profiter, s’il y a lieu, pour élaguer.
Ce problème de classement déficient prend racine dans mon manque de confiance en moi. Je suis visitée par un sentiment d’infériorité dès que je pénètre dans l’univers des chiffres. Le seul fait de réunir les documents requis pour la production de mes rapports d’impôt, par exemple, me semble être une tâche trop complexe pour mes capacités. S’ajoute à cela le jargon que je ne maîtrise pas, je confonds encore le débit et le crédit, pour ne nommer que ces deux mots-là.
Selon l’horoscope chinois, mon signe astrologique est le cochon, dont un des traits de caractère est d’être bonasse, de se faire avoir par excès de naïveté. C’est comme ça que je me sens effectivement, chair tendre qui fait saliver la dent gourmande du fournisseur, de l’entrepreneur. Au téléphone ou en personne, parlant avec l’un d’eux, je me demande, au lieu d’être attentive à ce que l’homme m’explique–parce que c’est un univers d’hommes que celui des élagages d’arbres, des conduites d’eau et d’égouts, des réfections de toiture–, si je ne suis pas en train de me faire avoir. Si je ne me suis pas mis moi-même la patte dans le piège. Ou pire, si je vais m’en rendre compte lorsque je vais la mettre, au détour de ma prochaine phrase !
À soixante ans, il n’est pas trop tard pour essayer de m’améliorer. Il va falloir tout d’abord que je commence par donner des noms qui ont de l’allure auxdites chemises du classeur. Par exemple, sur l’une d’elles j’ai marqué « Entretien maison ». Or, lorsque j’ai à ranger une facture qui a trait à la maison mais qui n’est pas de l’entretien, je ne sais déjà plus quoi faire. Je laisse la facture reposer sur une pile. La pile me fait signe que je dois m’occuper d’elle à chaque fois que je pénètre dans mon bureau. Et bien entendu je ne m’occupe pas d’elle.
Je pourrais donner des noms plus généraux à mes chemises. « Maison » serait déjà plus englobant que « Entretien maison ». Or, si la catégorie s’avère trop englobante, la chemise devient un fourre-tout et je mets dans « Maison » ce qui a trait aux électroménagers, au réservoir d’huile et à la thermopompe. Bien sûr, je pourrais créer une chemise pour chacun de nos fournisseurs. Mais certains fournisseurs ne sont sollicités qu’une fois par année, c’est le cas du remplissage de notre réservoir d’huile. Cela fait en sorte que ma chemise demeure plate comme une galette même au bout de dix ans. Qu’est-ce que j’ai contre les chemises plates comme une galette ? Je ne le sais pas.
Voilà où j’en suis ce vendredi 8 novembre. Mon ordinateur étant bombardé depuis quelque temps de messages publicitaires de tout acabit, je me rends le confier à notre réparateur et n’écrirai pas ces prochains jours.

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Jour 307

Beignes

Faits ce matin en écoutant de la musique de Noël.

Ce sera une grosse journée aujourd’hui. En matinée, les beignes. J’attends pour les façonner que mon mari revienne du garage où il est parti faire balancer ses pneus, si j’ai bien compris. À son retour, il sera affecté à la cuisson au volant de la friteuse. Comme nous avons trois véhicules, tous vieux, Denauzier est souvent rendu chez un garagiste ou un autre, quand il n’est pas lui-même en train de travailler sur les voitures dans notre propre garage. Tiens, justement, le voilà qui arrive.
En après-midi, je dois planter les bottes de muguet que ma cousine m’a données et qui traînent depuis des semaines derrière la maison dans un sac en plastique. J’imagine que les racines sont mortes gelées, mais je vais quand même les mettre en terre, avec la nature on peut avoir bien des surprises.
Plus tard en après-midi, je me rends nourrir papa au CHSLD. Je ne dois pas rester trop longtemps ensuite à le promener dans les corridors car nous sommes attendus pour souper chez un ami.
Au nombre des choses encore, non pas que nous avons à faire mais que nous avons faites, je mentionne que nous étions hier soir en visite chez la maman de mon mari. Nous sommes arrivés chez elle avec des friandises salées : chips Nature et BBQ, et croustilles aux légumes qui se veulent « plus naturelles » ou disons « moins nocives » que les chips grasses. Nous avions aussi des friandises sucrées dans une boîte métallique qu’on trouve d’ores et déjà sur les tablettes des épiceries à l’approche de Noël, car commercialement, une fois passée la fête de l’Halloween, nous approchons à grands pas, début novembre, de la période de Noël. La boîte contient des biscuits variés dits Belges, la plupart couverts de chocolat au lait.
Nous arrivons, nous nous embrassons, nous nous installons sur le canapé et parlons avec belle-maman, un sac chacun sur les genoux. Mon mari y est allé pour les croustilles BBQ, et moi pour les croustilles aux légumes. Je dois préciser qu’il y avait déjà un gros sac de chips au vinaigre chez ma belle-maman, dans lequel je me suis 
généreusement servi. Bien entendu, c’était hyper salé cette alternance de saveurs de vinaigre, de BBQ et de légumes assaisonnés. Alors, à deux, nous avons bu la bouteille au complet d’eau Pellegrino qui était dans le frigo.
Bien entendu aussi, nous nous sommes tournés vers la sensation sucrée quand on n’en a plus pu de grignoter salé. Ce fut alors une enfilade de biscuits que j’ai laissé fondre sensuellement dans ma bouche.
Quand je m’adonne à de tels excès, ce qui m’étonne de fois en fois c’est qu’il faut que j’utilise ma volonté pour y mettre fin. Il faut que je me dise qu’après ce biscuit je vais arrêter, et que je tienne parole. Est-ce parce que ces faux aliments industriels sont dangereusement irrésistibles, ou est-ce parce que ma goinfrerie n’a pas de limite ? Je ne sais pas si je trouverai la réponse un jour. Je sais cependant que lorsque je n’ai pas envie de cuisiner, il faudrait des circonstances vraiment exceptionnelles pour m’amener à le faire. Et lorsque je n’ai pas envie de cuisiner, la perspective de manger ces choses malsaines me semble bien plus alléchante que la perspective de déployer des efforts devant la cuisinière –qui me permettraient, ces efforts, de manger plus sain. Toute médaille ayant ses deux côtés, et les excès d’hier m’ayant rassasiée pour un moment à la rubrique des goinfreries, je n’ai mangé que peu de beignes frais frits ce midi.

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Jour 308

PlusRécente

Il y a, esquissés à l’encre noire, neuf personnages et un animal.

Dans mon rêve, j’étais habitée par le sentiment amoureux. Amour pour un seul être ou pour autrui plus largement, amour dirigé vers moi peut-être, amour pour l’universel encore aussi, amour tout court, je ne saurais dire. Je me sentais tellement bien, et décontractée, que c’est avec presque de la joie que je me suis réveillée, nous étions en plein nuit, pour goûter, de façon consciente cette fois, ce sentiment exquis qui m’habitait encore. Quand je porte en moi ce sentiment délicieux, dont je n’ai jamais fait l’expérience dans ma vie éveillée, je me demande si je ne vis pas par anticipation, le temps d’une ou deux secondes, l’expérience de ce que sera ma vie après la mort de mon corps. Autrement dit, je me demande si je ne reçois pas des petits teasers de ce qui m’attend quand mon existence sur terre sera arrivée à échéance.
Pendant ce temps, ma toile ci-contre a reçu de nouvelles lignes noires qui ajoutent à l’effet toile d’araignée, ou labyrinthe, ou vitrail. En arrière-plan, la masse jaune dans la partie du haut s’apparente, à mes yeux, à la tête d’un chien qui souffrirait d’un mal de dent. Pour supporter la douleur, l’animal porterait un linge rempli de glace qui passe sous le menton et se noue sur le dessus de la tête. Se noue tant et si bien qu’il a été possible de relier les extrémités du linge pour en faire une boucle, on dirait d’ailleurs un nœud papillon.
OursMalDentsJ’ai suspendu la toile dans le corridor. Quand on sort de la salle de bain, on tombe pile dessus. Ça se pourrait qu’éventuellement je couvre les lignes noires pour me lancer dans la représentation du chien qui a mal aux dents. Mais pour l’instant je n’y touche plus, d’autant que Denauzier aime beaucoup. Je ne sais pas pourquoi, dès que je ne lui présente pas des toiles faites avec minutie qui m’ont pris un temps fou, mon mari aime le résultat et m’encourage à poursuivre dans cette voie.
Je travaille depuis hier sur une autre toile que je couvre, elle, et comme à mon habitude maladive, de petites masses qui se rencontrent.
Je sens que j’ai fait le tour de mes capacités avec le médium acrylique et qu’il serait temps que je me tourne vers une autre technique. Je sens aussi qu’il serait gagnant que je peigne ou que je fasse des arts plastiques en groupe, que je mélange mon énergie à celle des autres. Mais cela requiert de l’organisation, de la route probablement, de la disponibilité sur le plan des horaires. Je vais me contenter d’y penser, pour le moment.
Mardi soir, 21 heures. J’ai fait de la pâte à beignes selon la recette de ma grand-mère Yvette Longpré, qui tenait, elle, cette recette de sa mère. Nous allons les faire frire demain matin, mon mari et moi. J’ai emprunté l’emporte-pièce à Bibi, en lui promettant de le lui ramener, c’est le seul objet qu’elle possède qui lui vient de la même grand-mère Yvette.

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Jour 309

VimGel

J’utilise Vim sur la recommandation de Bibi qui est une frotteuse insurpassable et inlassable. Comment peut-on ne jamais se lasser de frotter ? C’est un véritable mystère pour moi.

Je peux être flâneuse, bohème, nonchalante. Je regarde mes plantes profiter du soleil, je viens m’asseoir à mon ordinateur, je vérifie si j’ai reçu des courriels, habituellement je n’en ai pas reçu car j’en reçois peu, je retourne observer mes plantes, je les tourne pour qu’elles profitent du soleil de tout bord tout côté, je me sers du café, je traîne. Je prends mon temps.
De flâneuse à rêveuse, il me semble qu’il n’y a qu’un pas. Suis-je rêveuse ? Je ne le sais pas, j’imagine que oui, c’est la forme d’évasion la plus accessible. Quand je suis assise et que je me demande ce que je vais écrire, suis-je en train de rêver ? Je dirais plutôt que je suis en train de chercher, que je suis en train de laisser monter l’inspiration qui me fera écrire le texte du jour, mais je cherche en flânant, en observant mes plantes, en allant me servir du café, en changeant de pièce pour observer d’autres plantes, en revenant m’asseoir…
piles-mn21-23a-12v-bulk-duracell-x-10Le comble de la nonchalance s’atteint le plus souvent au chalet. J’écris à la seule table que nous ayons là-bas, entourée de piles Duracell, de fils électriques, d’outils divers que mon mari a déposés là, entourée aussi des restes du repas de la veille, si si, je suis nonchalante à ce point-là, les assiettes sales sont mes compagnes sur la nappe tachée.
D’autres jours cependant, en raison de ma nature changeante, excessive, contrastée, je suis une fourmi travailleuse, je ne flâne pas une seconde puisque les tâches au programme ne me laissent aucun répit. Mon week-end au chalet s’est décliné sur ce contraste : samedi fut une journée de lenteur strictement consacrée aux choses que j’aime –écrire deux textes sur la table encombrée–, tandis que dimanche fut une journée de récurage intense et ininterrompu.
Est-ce que j’aime faire du ménage ? Je pense que non, mais j’aime l’effet obtenu. Je peux laisser la poussière couvrir le surface des meubles, par exemple, dans notre chambre à coucher, et beaucoup apprécier la nouvelle couleur moins grisâtre qui apparaît après mon coup de chiffon ! Il va de soi, c’est la loi du moindre effort, que les journées paresse et désordre sont plus nombreuses que les journées efficacité.
Quand je finis par être habitée par l’élan du mouvement –la flânerie se révélant la bonne amie de l’état stationnaire peu agité–, je ne mesure pas moi-même, en début d’élan, ce à quoi je vais m’attaquer. Je le constate au fur et à mesure que mes yeux se posent sur les surfaces sales dont on ne devine à peu près plus la couleur d’origine. Surfaces verticales de type portes d’armoires, surfaces horizontales de type tablettes du réfrigérateur ou comptoirs de cuisine et de salle de bain. Surface arrondie encore de la cuvette et des éviers. Malgré moi, je dresse une liste dans ma tête dont je ne vois pas la fin :
356356-v1_330x330– Après l’aspirateur je m’occuperai de la tablette des DVD puis j’irai ranger les casseroles dans l’armoire et j’essaierai de frotter celle qui est restée tachée et je me demande si un peu d’eau de Javel ne redonnerait pas à l’évier sa couleur initiale et je ne dois pas oublier de faire tremper les plaques calcinées de la cuisinière dans l’eau chaude, etc.
Tout cela pour en arriver à ceci : je n’aurai pas besoin de dissolvant de vernis. Le rouge sur mes ongles n’a pas survécu hier au contact vigoureux de la grosse laine d’acier Bull Dog.

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Jour 310

Casey1erNOV

Route traversée d’une large fissure d’eau et de boue.

Nous aurons eu une tempête de pluie et de vent et je ne m’en serai rendu compte qu’en cours de trajet pour atteindre le chalet, le lendemain vendredi. Difficile de ne pas m’en rendre compte, comme en témoigne la photo ci-contre. Habituellement, il faut deux heures pour franchir la distance entre la maison et le chalet. Cette fois-ci, il en a fallu trois, parce qu’il y avait des trous et des mares de boue partout qui nous obligeaient à rouler à 40 km/h. Il est possible que nous ayons à prendre une autre route, pour le chemin du retour demain dimanche, car cette fissure se sera élargie. Je dirais qu’il est impossible qu’elle ne se soit pas élargie, d’une part, et qu’il aussi impossible qu’elle ait été réparée pendant un week-end, d’autre part. Quand on regarde la photo, on devine qu’à l’extrême gauche la fissure est moins prononcée, c’est à cet endroit que mon mari et que son frère sont passés chacun dans leur camion, mais je ne miserais pas sur la possibilité de faire le trajet inverse en passant au même endroit. À suivre, un jour à la fois, aujourd’hui c’est samedi.
Il était nécessaire de venir dans le bois, malgré les mauvaises routes, pour y terminer des travaux chez le frère de Denauzier, avant l’arrivée de l’hiver. Les hommes, ils sont quatre, auront travaillé toute la journée pendant que j’aurai écrit, entré du bois pour le foyer, passé le balai, marché mes 10 000 pas et conduit le quatre roues pour aller vérifier l’état des habitations voisines. Les entrées de quatre chalets sont bloquées par des troncs ou des arbres tombés sous l’effet du vent, mais il n’y a rien de catastrophique. Aucun bris. Quand nous sommes arrivés, nous avons découvert que le cadenas qui maintient en place une chaîne de part et d’autre de notre entrée avait été forcé, il traînait par terre et de même la chaîne.
– Nous avons été cambriolés !, a dit mon mari. J’ai donc bien fait de ne pas avoir laissé traîner mes moteurs de bateau !
J’ai été la première à entrer dans le chalet, tout était intact, j’étais presque déçue parce que je suis toujours à la recherche d’un petit swing qui retrousse pour rendre ma vie plus excitante. Nous sommes allés chez le voisin, idem, tout était intact. En fin de compte, c’est une grosse branche qui serait tombée sur notre cadenas et qui l’aurait cassé.
Dans un registre à l’opposé du bois et des chemins de terre, je termine ce texte à la Maison symphonique, où était ma sœur un soir de la semaine dernière. Elle était assise avec ses amis et placotait avec eux lorsqu’une main a touché son épaule. Elle s’est tournée et s’est trouvée devant mon ex belle-sœur, du temps de ma vie avec Jacques-Yvan.
– À seulement entendre ta voix, j’ai tout de suite su que tu étais la sœur de Lynda, a dit l’ex belle-sœur. C’est incroyable à quel point vos voix sont identiques !
Décidément, je suis la fille de mon père et la sœur de ma sœur !

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