Jour 301

Hudson

La lumière au bout du tunnel, à Hudson. Un beau tunnel.

J’arrive de Pincourt où j’ai passé deux jours chez mon amie Lison. J’ai fait la route jeudi soir pour aller chez elle, après avoir nourri papa au CHSLD. Plus précisément, en sortant du CHSLD, je suis d’abord allée à la bijouterie, qui est située à deux coins de rue.
J’étais fin prête à me rendre chez Lison, installée au volant de ma voiture, mon téléphone bien placé sur son support et affichant déjà le trajet qui m’attendait, quand il m’est revenu à l’esprit que je devais passer à la bijouterie. Fin prête à me rendre chez Lison, ça veut dire, ici, que j’avais enlevé mon manteau, mon gros Pajar épais, pour conduire plus agréablement. Je l’avais déposé sur la banquette arrière, avant de déposer par-dessus des sacs et des bricoles. Défaire cette organisation ne me tentait pas. Le bijouterie est à deux pas, en exagérant un peu puisqu’il s’agit de deux coins. Je disposais d’encore quinze minutes dans le parcomètre. Alors, n’écoutant que mon courage, et malgré la neige qui tombait, je me suis payé un court jogging vêtue de seulement une veste sur ma robe.
J’allais récupérer deux montres que j’étais allée déposer à la bijouterie avant le CHSLD. Je soupçonnais qu’une des deux était brisée, et que l’autre n’avait besoin que d’une pile, mais la vendeuse m’a assurée qu’il s’agissait dans les deux cas de changer la pile.
J’arrive en courant, un peu essoufflée, la dame me donne aussitôt les deux montres et me les attache au poignet toutes les deux, une à côté de l’autre, comme ça, à ma demande, par fantaisie. Je paie, je repars, je cours. Je m’installe dans ma voiture, je vérifie que toutes mes petites affaires sont en place avant la route, et pour évaluer le temps qu’allait me prendre mon aventure routière, je regarde mon poignet. Une des deux montres ne fonctionnait pas, comme je l’avais pensé.
Rebelotte. Je repars en courant à la bijouterie, cinq minutes au parcomètre, il neigeait pas mal et tout le tralala.
– Encore vous ?, s’est étonnée la vendeuse. Quand j’ai constaté tout à l’heure que vous étiez si peu habillée, j’ai eu froid pour vous, surtout avec cette neige…
– Ne vous inquiétez pas, quand on court on a chaud, ai-je répliqué, et vous aurez remarqué que je porte ma tuque et mes gants, ai-je ajouté pour faire la drôle.
J’ai redonné la montre qui ne fonctionnait pas à la dame, elle m’a dit que le bijoutier allait m’appeler pour me donner un diagnostic, etc.
Pourquoi est-ce que je raconte cette anecdote sans importance ce soir, alors que je pourrais à la place décrire mon week-end avec mon amie, relater ma visite de la ville de Hudson, ou ma visite dans une galerie d’art où j’ai préféré mes toiles à celles qui en couvraient les murs, alors que je pourrais commenter ma découverte sur Netflix de la série Call the midwife —nous avons écouté six épisodes ?
Pour une raison fort simple : parce que, courant, si peu habillée pour affronter l’hiver, je me suis sentie jeune.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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