Jour 1 065

À huit heures ce matin vendredi, un spécialiste les mesures est venu noter les grandeurs des fenêtres, en prévision, en ai-je assez parlé, de les changer. J’étais réveillée depuis six heures et demie et je lisais sur mon ordi les articles des journaux commentant la retrait de l’Angleterre de l’Union européenne. En fait, le spécialiste est arrivé un peu en avance. Comme c’est jour férié pour la St-Jean, c’est miraculeux sur les autoroutes, m’a-t-il dit, il n’y a personne ! J’ai trouvé qu’il prenait les mesures aussi rondement que les représentants précédents. Il a griffonné au verso des pages de la soumission quelques chiffres qu’il a accompagnés de lignes verticales pour la hauteur, et horizontales pour la largeur. On nous avait pourtant dit, lors de la rencontre avec le fournisseur, que les mesures allaient être prises très précisément. Bof. Pouf.
Quand il a vu les fenêtres, il m’a dit qu’elles avaient été installées selon la technique de l’insertion, là où les autres avant lui m’avaient dit qu’elles avaient été installées selon la technique dite brique à brique. Bof bof.
– Je peux me tromper, remarquez, a-t-il dit, constatant ma surprise.
Assez rapidement, il a fait le tour des fenêtres à changer, à l’intérieur et à l’extérieur, et il s’est dirigé vers moi, le bras déjà tendu pour me serrer la main. Aussitôt arrivé, aussitôt reparti.
– Avez-vous pris les mesures de la petite fenêtre sous l’escalier ?, ai-je voulu vérifier.
– Non. Elle fait partie de la soumission ?, a-t-il répondu en parcourant la soumission.
– Et avez-vous pris aussi les mesures de la porte patio ?, ai-je ajouté.
– Ah bon, elle aussi fait partie de la soumission ?
Bof pouf pouf.
Après, je suis allée donner la deuxième couche de teinture sur les plinthes de la grande chambre du rez-de-chaussée. Au moment où j’écris ce texte, j’ai fini. Cela m’a pris trois jours et demi. Le résultat est pas si pire. Vouloir bien faire, et être célibataire, je pourrais décaper et teindre deux encadrements de fenêtres et les plinthes de la salle à manger. Je pourrais faire plein de choses et je ne suis même pas certaine que cela améliorerait l’état général des lieux tellement tout y est décrépi, défraîchi, flétri.
Après la teinture, j’ai ramassé mes affaires et j’ai ramené dans le logement d’Emma un lampe torchère qui m’a aidée à moins m’arracher les yeux pendant le décapage. Je l’ai déposée sur son socle, sur le plancher de la cuisine, et je me suis dirigée sans tarder, tellement j’avais soif, vers l’évier me prendre un verre d’eau. La lampe s’est fracassée à peine avais-je le dos tourné. Le pied s’était dévissé du socle sans que je m’en rende compte. Bof pouf paf.
J’ai tout ramassé au balai, et n’ai pu terminer à l’aspirateur car il est dans le coffre de ma voiture pour réparation. Bof pouf bof. Tout cela m’amène à une seule et même conclusion : il est temps que je rentre à la maison !

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Jour 1 066

Emmanuelle assistait récemment à un événement protocolaire où tout était réglé au quart de tour. Elle devait se lever à un moment précis, accompagnée d’une dame âgée, pour aller jouer elle de la flûte, la dame du piano. Elles interprétaient un extrait d’une sonate de Scarlatti en intermède musical entre deux changements de décor d’une pièce de théâtre. Mais pour l’heure, la pièce se déroulait et tout le monde écoutait. La dame cependant  dérangeait Emma car elle lui demandait à tout bout de champ :
– Est-ce maintenant qu’on doit y aller ?
– Non, a répondu Emma en chuchotant. Je vais vous faire signe quand ce sera notre tour.
– D’accord. Merci !
Puis, deux minutes plus tard, peut-être même moins, la dame encore :
– C’est à nous ? On y va ?
– Non, il faut attendre que l’homme ait quitté la scène, et même quand il aura quitté ce ne sera pas tout de suite à nous.
– Ah bon ! Vous êtes sûre ?
– Oui ! a chuchoté Emma, un peu plus fort.
– Chut ! ont fait deux personnes assises derrière elles qui ne voulaient rien rater des dialogues.
– Comment ça, chut !?, a répliqué la dame âgée, en se tournant vers la rangée arrière.
– Attention ! ce sera bientôt à nous !, a alors dit Emma, même si ce n’était pas vrai, à la seule fin de détourner l’attention de la dame qui semblait vouloir passer un savon aux invités qui avaient demandé le silence.
La dame pianiste s’est aussitôt levée, comme actionnée par un ressort, et Emma a dû la retenir par le bras.
– J’ai dit « bientôt » à nous, a précisé Emma, je n’ai pas dit « tout de suite » à nous !
La dame, heureusement, s’est rassise sans critiquer et a dès lors attendu le signal de ma fille en silence.
Quand ce fut leur tour, elles sont allées sur scène et ont joué leur intermède musical. Cela s’est bien passé, sauf que dans le son d’Emma à la flûte il y avait trop d’air. Ça arrive quand il fait très chaud –or c’était une journée caniculaire. Emma était déçue que la note finale de sa mélodie n’ait pas été, comme elle aurait dû l’être, appuyée, longue et filée. Elle n’a pas eu le temps d’être déçue bien longtemps parce que la dame, plutôt que de retourner s’asseoir à sa place, en première rangée, est allée s’asseoir sur une chaise qui faisait partie du nouveau décor et sur laquelle, dans les prochaines minutes, il était prévu qu’un acteur aille s’asseoir !
– Mince !, s’est dit Emma, intérieurement.
La responsable de l’événement était dans tous ses états et son visage trahissait une vive irritation. Emma n’a pas su si elle devait aller chercher la pianiste ou espérer qu’elle revienne d’elle-même. Finalement, le nouvel acte de la pièce a débuté avec la pianiste assise sur la chaise. L’acteur est entré sur scène, il a traversé l’espace en quelques pas, avant d’aller s’asseoir là où il ne le pouvait plus. Il a fait comme si de rien n’était, il s’est tenu debout à côté de la dame assise. Emma pense que la pianiste s’est rendu compte de sa bévue. Elle a posé ses lunettes sur son nez et a semblé s’intéresser à sa partition, en tournant les pages sans faire de bruit. Puis, dès qu’elle l’a pu, elle a quitté la scène pour rejoindre Emma.
– Vous avez bien fait ça !, a chuchoté ma fille pour taquiner la dame, qui a semblé rassurée.
Elle a peut-être pensé qu’Emma s’était laissée berner en croyant que sa présence sur scène était planifiée !

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Jour 1 067

Emmanuelle et moi sommes revenues de notre escapade crème glacée et magasin Zone en marchant lentement, main dans la main. Nous avons continué notre activité décapage pendant quelque temps. Pas soupé car nous avions la bedaine pleine de crème glacée. Joué un Rummy. Dodo.
Ce matin, j’ai voulu reprendre le travail dès mon lever, à neuf heures, mais plusieurs choses m’ont retardée. Je ne m’y suis mise, à quatre pattes sur le plancher, qu’à presque quatorze heures. Grattant et forçant, appliquant le décapant et nettoyant, je me suis inventé un nouveau scénario.
J’ai raconté un scénario éveillé, dans un texte récent, dans lequel une femme marâtre nous enseignait, nous étions quelques apprenties, à décaper selon une technique infaillible. Voici quel était le scénario d’aujourd’hui.
J’apprenais, par le biais d’une lettre que je recevais par la poste, que j’avais été choisie pour être jurée dans le cadre d’une cause importante de style tueries au sein d’une bande de motards. Il s’agissait de déterminer, nous serions douze, si untel, surnommé Mad Bang Pif Paf, avait tué en nous laissant, nous les jurés, avoir des motifs raisonnables de penser qu’il ne l’avait pas fait exprès, qu’il l’avait fait en cas de légitime défense, qu’il l’avait fait pour rendre service à la société, et autres interprétations mouvantes, inextricables et impossibles à cerner.
Or, mon mari venait de mourir. Je me disais qu’il serait peut-être bénéfique pour ma personne de m’isoler pendant plusieurs semaines, de vivre coupée du monde, en retraite forcée, pour vivre ma peine dans un décor inconnu qui ne me rappellerait pas mon mari. Il s’agissait d’une cause qui allait nous garder en réclusion pendant un bon bout de temps, effectivement. J’allais vivre à l’hôtel, tous frais payés. Mais je n’étais pas certaine d’avoir l’équilibre mental pour être seule, sans soutien, lorsque les heures d’audience et de débat entre jurés seraient terminées, en fin de journée. En même temps, j’avais envie de tenter l’expérience, en partie parce que ma vie allait être réglée au quart de tour et il me semble que je n’ai jamais vécu ça. Ce qui me tentait par-dessus tout, c’était d’avoir nos repas déjà préparés et servis à heures fixes, d’avoir des soirées tranquilles dans un endroit relativement confortable, voire un peu luxueux.
J’imagine que ce doit être infernal, débattre avec d’autres personnes, dont certaines auraient vite fait de me tomber sur les nerfs, de sens moral, d’éthique, de justice, de droit, et autres domaines tous plus évanescents les uns que les autres. On finit par ne plus savoir ce qu’il faut conclure, on doit récapituler, on n’a pas entamé la récapitulation qu’on se fait interrompre par une objection –provenant de la personne qui me tombe le plus sur les nerfs, etc. La difficulté principale que je rencontrerais dans une expérience de ce type, ce serait de surmonter mon inconfort face à la personne qui m’énerve. Ce serait d’accepter ses idées et de les respecter autant que les idées des autres.
Dans un peu le même ordre d’idées, pour en revenir à ma vie sur terre, et non inventée pendant que je décape, je n’ai pas eu envie de faire affaire, pour les portes et fenêtres, avec le représentant qui disait une chose et son contraire dans la même phrase. Pourtant, c’est son entreprise qui offrait les meilleurs prix. J’ai fait affaire avec l’entreprise dont le représentant –sympathique– m’inspirait le plus confiance, même si l’attitude du représentant n’a peut-être pas tant à voir avec la qualité de l’installation finale. Aujourd’hui, j’ai eu à contacter par téléphone le représentant –sympathique– de l’entreprise que nous avons retenue. Il n’était pas là. On m’a référée à un de ses pairs, un monsieur dont j’ai vite découvert qu’il m’était antipathique !

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Jour 1 068

C’était il y a longtemps. Chouchou était toute petite. J’étais allée faire une course sur la rue Monkland et j’avais rencontré un collègue de l’université qui était déçu de me voir si mal habillée. Il y a plusieurs collègues de l’université qui habitent dans mon ancien quartier. Je portais une salopette d’un imprimé fleuri en coton ultraléger à jambes courtes, le tissu s’arrêtait à mi-cuisse. Je ne me rappelle pas de ce que je portais en-dessous, un tee-shirt, sûrement. Je m’étais sentie laide et pas sexy, devant le collègue qui m’inspectait des orteils aux oreilles, puis des oreilles aux orteils. Je me sentais habillée comme à douze ans, alors que j’en avais presque quarante.
Quelques jours plus tard, devant à nouveau faire des courses sur la rue Monkland, je m’étais mieux habillée, en prévision d’une rencontre avec le même collègue exigent en matière de tenue féminine. J’avais mis une robe à pois blancs sur fond noir, en rayonne, qui provenait d’une friperie. Comme ça arrive souvent avec les vêtements vieux qui ont été suspendus sur des cintres pendant des années, la robe était plus longue d’un côté que de l’autre, et le col était trop serré pour que je me sente à l’aise en la portant. Le collègue, que j’avais à nouveau rencontré, m’avait trouvée jolie et m’avait encouragée à reporter la robe pour aller travailler. Avoir fait cela, je serais morte étouffée à cause de la bordure du cou qui me serait rentrée dans la trachée en position assise.
– Comme ces jours sont loin !, me suis-je dit, en fin d’après-midi, alors que j’étais assise à une mini-terrasse de la même rue Monkland, un cornet de crème glacée à la main.
Emma et moi léchions chacun le nôtre, c’était notre pause entre deux plages de décapage.
– As-tu honte de moi, Emma, si j’y vais habillée comme ça ?, lui ai-je demandé avant qu’on quitte le logement.
– Non maman, je suis habituée, m’a-t-elle répondu.
Je portais des jeans achetés eux aussi rue Monkland, du temps que François était vivant. Ils sont extensibles, en tissu noir, mais le noir étant devenu gris avec le temps et les lavages, j’ai décidé d’en faire mes pantalons de chantier. Ils sont couverts de taches de peinture blanche. Aux pieds, j’avais mes baskettes, qui commencent à accuser une certaine fatigue d’avoir été portés tous les jours de l’année et d’être en prime mes chaussures de chantier. Pour le haut du corps, je portais une camisole noire très jolie que j’adore, que j’ai recouverte d’un grande camisole qui appartient à Emma, en coton rayé bleu et blanc. Sur la tête, me cachant les cheveux et se rendant jusqu’à la monture de mes lunettes, un grand mouchoir de coton rouge comme on en trouve, je dirais, dans les magasins de moto à la section des accessoires.
– Comme j’étais bête de me préoccuper du collègue et de m’empêcher de vivre, me suis-je dit encore en me remémorant mon passé.
– Qu’est-ce que je devrais offrir en cadeau ?, m’a demandé Emma qui se rend demain souligner l’anniversaire d’un proche.
– On pourrait aller voir s’il y a quelque chose chez Zone ?, lui ai-je suggéré.
C’est ce que nous avons fait, déambuler un peu dans le magasin, sans vraiment trouver d’idée intéressante, avant de retourner, en marchant plutôt lentement, à notre ouvrage de décapage.

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Jour 1 069

Voici comment les choses se sont passées qui ont fait en sorte que je n’ai pas écrit mon texte hier. Le matin, j’ai réglé plusieurs choses administratives en lien avec les portes et fenêtres et avec d’autres fournisseurs, pour la rénovation de notre logement à Montréal. Cela s’est bien déroulé, de telle sorte que vers 11 heures, ayant fini ce que j’avais à faire, j’aurais pu écrire mon texte mais ça ne me tentait pas. Il ventait, il faisait chaud mais supportable, j’adore ce temps pré-orage, alors je suis allée porter à la consigne les mille et une cannettes de bière qui s’étaient accumulées dans le bac, dans le garage, histoire de prendre l’air. J’ai pris l’air dans la voiture, les vitres baissées. C’est toujours long, insérer les cannettes une à une dans la machine qui les broie. J’en ai eu pour 5,60$. J’ai voulu investir ce gain en pétunias pour embellir la plate-bande, devant la maison. Le commerce de plantes est situé à côté du Métro où j’étais. Je m’y suis rendue. J’ai fouiné un peu pour regarder les annuelles, il n’en restait pas beaucoup. J’ai décidé d’investir mon argent dans une paire de gants, à 4,99$ plus taxes, et de payer de ma poche quelques caissettes de pétunias et bégonias. Il est arrivé un mini incident quand je suis descendue de ma voiture pour acheter les fleurs. Le 5,60$ était dans la poche de ma robe, une poche peu profonde. Sous l’effet de mon mouvement pour sortir de la voiture, le billet de 5$ est sorti de ma poche et comme il ventait beaucoup, il a fallu que je coure après comme une bonne pour le récupérer en mettant mon pied dessus. Le vendeur me regardait faire en souriant. Je lui ai souri, quand j’ai constaté qu’il me regardait en souriant, tout en me disant qu’il aurait pu venir m’aider !
De retour à la maison, j’ai préparé des sandwiches au jambon, nous n’avions pas très faim, mon mari et moi, compte tenu de tout ce que nous avions mangé la journée d’avant, à la fête des pères, en famille Longpré le midi et Denauzière le soir. Après les sandwiches, j’ai écrit un long courriel en lien avec mes affaires immobilières, puis mon mari m’a dit qu’il était prêt. Prêt à nous rendre, comme nous l’avions convenu en début de journée, au magasin de portes et fenêtres de St-Ambroise. Nous y sommes allés en moto. Nous avons magasiné tant et si bien, nous nous sommes informés si professionnellement que nous avons fermé le magasin.
Retour à la maison à 18 heures, Denauzier est allé donner du sang. Pendant l’absence de mon mari, je me suis mise à planter les fleurs achetées, mais nous avions aussi reçu de la fille de Denauzier, en cadeau de fête des pères, des plants de tomates. J’ai tout planté, il y avait pas mal à faire, et l’orage commençait à s’annoncer de plus en plus. Comme le vent était très fort, je me suis dit que je ne serais pas dérangée par les bibittes. Mais je l’ai été. Le ciel s’assombrissant, je me suis dépêchée sans prendre le temps d’aller mettre un vêtement plus couvrant par-dessus ma robe. Aujourd’hui, j’ai les bras couverts de calamine, mais heureusement ça ne pique pas. L’orage, contre toute attente, a tardé à arriver, de telle sorte que j’ai pu finir mes plantations sans me faire mouiller, et même nous avons pu observer les arbres qui courbaient sous le vent, dans un bruissement de feuilles que j’aime tellement, pendant un bon moment sous le gazebo.
C’est sous le gazebo que nous avons soupé, il était presque neuf heures, ayant au menu le restant du bouilli de la fête des pères. Comme nous venions de dire que l’orage, peut-être, allait passer en vent, sans pluie, il s’est mis à éclairer et à tonner, au loin. Puis le temps s’est déchaîné. Puis nous avons manqué d’électricité, jusqu’à trois heures et demie cette nuit. J’écris donc mon texte d’hier ce matin. Fiou !

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Jour 1 070

C’est habituellement le téléphone qui me réveille, le matin, quand je suis seule dans notre grande maison. Ce fut le cas ce matin à 10 heures. Un appel pour mon mari, d’une personne, heureusement, que je ne connais pas, car une personne que je connais m’aurait piqué une petite jasette, or je n’étais pas assez réveillée pour avoir envie de parler. Je me suis dépêchée de m’habiller pour aller arroser les plantes avant le plein soleil de midi, quoiqu’il était déjà pas mal plein et fort à 10 heures !
Après mes deux jours de travail à Montréal, deux constatations s’imposent : les plantes et les fleurs ont eu soif, et … je m’accorde une journée relax. Au programme, la préparation d’un gros bouilli de légumes. C’est un drôle de menu, pour la fête des pères demain dimanche, mais il a au moins l’avantage de ne pas solliciter l’expertise masculine au BBQ. Congé pour les papas.
Sur le chemin du retour, hier soir dans ma Supersonic, j’ai été trois fois agréablement surprise. D’abord, il n’y a pas eu de congestion ou de ralentissement sur les autoroutes. Ensuite, la ferme Régis à Notre-Dame-des-Prairies était encore ouverte quand je suis passée devant, j’y ai acheté tous les légumes du bouilli. Ensuite, comble de la surprise, le Métro d’alimentation de St-Jean-de-Matha était encore ouvert passé 22 heures, alors j’y ai ramassé le bœuf ! C’est donc en mettant le pied sur le stationnement couvert d’asphalte du magasin Métro que j’ai entendu les reinettes, pour ceux qui m’ont lue hier et qui s’en rappellent.
Au programme de ma journée, je me répète, le bouilli. J’aimerais aussi aller chercher le courrier à pied, au casier postal pas très loin, mais je n’irai peut-être pas parce qu’il fait trop chaud, alors que dans la maison il fait frais. Pendant que le bouilli va bouillir, je dois m’attaquer à un dossier qui me décourage à l’avance : nous avons rencontré des représentants de portes et fenêtres et je dois classer, puis comparer, les informations qu’ils nous ont envoyées.
Un des représentants m’a envoyé une soumission dans laquelle deux fenêtres ont été calculées pour le prix d’une. Je lui ai répondu qu’il y avait une erreur dans son document et que j’attendais la version corrigée. Il n’a pas trouvé l’erreur, il a fallu que je la lui signale. Il m’a ensuite envoyé une version corrigée dans laquelle il y avait une autre erreur, les fenêtres, que nous commandons de couleur chamois, y étaient inscrites de couleur blanche… Il faut faire attention, ce n’est pas parce que le représentant est très moyennement compétent que les fenêtres ne seront pas bien installées… Un autre représentant disait, il me semble, dans la même phrase, une chose et son contraire. Au final, je n’ai pas su si l’installation qu’il nous suggérait allait entraîner le retrait des encadrements de chêne là où ils sont en bon état, ou seulement le retrait des encadrements qui ne sont pas en bon état, ou le retrait de tous les encadrements. Encore une fois, ce n’est pas parce que le représentant est dur à suivre que les fenêtres ne seront pas de bonne qualité, assurant une protection contre la chaleur en été et contre le froid en hiver. Un autre représentant était fort sympathique, mais il n’est pas dans la course ses prix étant trop élevés.
Une fois que le bouilli sera cuit et le tableau comparatif portes et fenêtres terminé, Denauzier devrait arriver de son séjour américain, en après-midi. Pour repartir, avec moi cette fois, car nous sommes invités à souper chez sa fille.

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Jour 1 071

J’ai été malade finalement, en après-midi. Pas malade malade, mais assez faible et nauséeuse et migraineuse pour aller me coucher dans mon lit d’invitée, chez Emma. J’ai été réveillée à 19 heures par le téléphone. Un faux numéro. Donc, ma journée de décapage n’a pas été fructueuse. Je devrai retourner à Montréal dans le courant de la semaine prochaine. Probablement encore deux jours. Quand je suis arrivée à St-Jean-de-Matha, tout à l’heure, vers 22 heures, la première chose que j’ai entendue, en ouvrant ma portière, ce sont les reinettes ! Quelle joyeuse musique ! La première sensation que ma personne a captée, c’est le bien-être que me procurent la qualité et l’odeur de l’air ! La première chose que j’ai voulu faire, une fois dans la maison, a été de prendre un fudge dans le congélateur. Mon premier souci est allé aux plantes, à l’extérieur et à l’intérieur, je les ai toutes visitées. Pour visiter celles de l’extérieur, il aurait été préférable que je mette une veste. J’ai quitté Montréal à 20 heures il faisait 27°C, et ici il fait un petit 14°C ! Brrr ! J’adore Montréal, cela dit. Mais ici, dans mon nouveau chez-moi, c’est le paradis.
J’ai rêvé la nuit dernière que dans la famille de Jacques-Yvan, frères et sœurs et autres membres de la famille voulaient organiser une soirée musicale à grand déploiement pour rendre hommage aux parents, le père et la mère de Jacques-Yvan. J’ai connu la mère, mais pas le père, il est décédé assez jeune. Je trouvais que l’idée de leur offrir un cadeau était généreuse et leur ferait plaisir, mais la raison d’être de cette grande organisation qui requérait plusieurs musiciens professionnels me semblait douteuse : on voulait souligner la fin de leur vie.
– Vous ne trouvez pas, leur demandais-je, que ce sera un choc pour eux, se faire annoncer leur fin de vie ? Certes, ils sont âgés, mais pas forcément sur le point de quitter la vie. Est-ce qu’on ne devrait pas formuler nos intentions autrement ?
Personne ne me répondait et je ne m’en étonnais pas parce que c’était assez courant, les non réponses, dans ma vie d’autrefois avec Jacques-Yvan.
J’ai constaté ce matin, en comptant sur mes doigts, que je ne suis plus que six textes en retard en ce début de sixième année d’écriture. J’ai hâte d’avoir un peu de latitude et de me permettre des jours de congé, les fins de semaine. Quoiqu’il sera tentant de m’avancer et de me constituer une banque de textes en avance pour les jours où je ne pourrai ou ne voudrai pas écrire.
Le peintre Wilfrid, avec qui j’ai eu à décider certaines choses en lien avec les rénovations du logement, m’a beaucoup plu dans certaines des réponses qu’il m’a données. Je lui ai demandé s’il pensait trouver à la quincaillerie grande surface une tuile grise, du même gris que celle qui est à changer sur un des murs de la salle de bain, et il m’a répondu :
– On va prier !
Je lui ai aussi demandé pourquoi il apportait avec lui une autre tuile, blanche, qu’il n’a pas besoin d’acheter. Il m’a regardé dans les yeux et m’a dit ceci :
– Je n’ai pas besoin de l’apporter, c’est vrai, mais juste pour dire que je fais à ma tête, je vais l’apporter et en acheter une identique, au cas où vous en briseriez une un jour.
Ç’a m’a pris des années avant d’être capable de m’exprimer avec une pareille honnêteté, or il est plus jeune que moi, et de beaucoup !

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