Jour 1 067

Emmanuelle et moi sommes revenues de notre escapade crème glacée et magasin Zone en marchant lentement, main dans la main. Nous avons continué notre activité décapage pendant quelque temps. Pas soupé car nous avions la bedaine pleine de crème glacée. Joué un Rummy. Dodo.
Ce matin, j’ai voulu reprendre le travail dès mon lever, à neuf heures, mais plusieurs choses m’ont retardée. Je ne m’y suis mise, à quatre pattes sur le plancher, qu’à presque quatorze heures. Grattant et forçant, appliquant le décapant et nettoyant, je me suis inventé un nouveau scénario.
J’ai raconté un scénario éveillé, dans un texte récent, dans lequel une femme marâtre nous enseignait, nous étions quelques apprenties, à décaper selon une technique infaillible. Voici quel était le scénario d’aujourd’hui.
J’apprenais, par le biais d’une lettre que je recevais par la poste, que j’avais été choisie pour être jurée dans le cadre d’une cause importante de style tueries au sein d’une bande de motards. Il s’agissait de déterminer, nous serions douze, si untel, surnommé Mad Bang Pif Paf, avait tué en nous laissant, nous les jurés, avoir des motifs raisonnables de penser qu’il ne l’avait pas fait exprès, qu’il l’avait fait en cas de légitime défense, qu’il l’avait fait pour rendre service à la société, et autres interprétations mouvantes, inextricables et impossibles à cerner.
Or, mon mari venait de mourir. Je me disais qu’il serait peut-être bénéfique pour ma personne de m’isoler pendant plusieurs semaines, de vivre coupée du monde, en retraite forcée, pour vivre ma peine dans un décor inconnu qui ne me rappellerait pas mon mari. Il s’agissait d’une cause qui allait nous garder en réclusion pendant un bon bout de temps, effectivement. J’allais vivre à l’hôtel, tous frais payés. Mais je n’étais pas certaine d’avoir l’équilibre mental pour être seule, sans soutien, lorsque les heures d’audience et de débat entre jurés seraient terminées, en fin de journée. En même temps, j’avais envie de tenter l’expérience, en partie parce que ma vie allait être réglée au quart de tour et il me semble que je n’ai jamais vécu ça. Ce qui me tentait par-dessus tout, c’était d’avoir nos repas déjà préparés et servis à heures fixes, d’avoir des soirées tranquilles dans un endroit relativement confortable, voire un peu luxueux.
J’imagine que ce doit être infernal, débattre avec d’autres personnes, dont certaines auraient vite fait de me tomber sur les nerfs, de sens moral, d’éthique, de justice, de droit, et autres domaines tous plus évanescents les uns que les autres. On finit par ne plus savoir ce qu’il faut conclure, on doit récapituler, on n’a pas entamé la récapitulation qu’on se fait interrompre par une objection –provenant de la personne qui me tombe le plus sur les nerfs, etc. La difficulté principale que je rencontrerais dans une expérience de ce type, ce serait de surmonter mon inconfort face à la personne qui m’énerve. Ce serait d’accepter ses idées et de les respecter autant que les idées des autres.
Dans un peu le même ordre d’idées, pour en revenir à ma vie sur terre, et non inventée pendant que je décape, je n’ai pas eu envie de faire affaire, pour les portes et fenêtres, avec le représentant qui disait une chose et son contraire dans la même phrase. Pourtant, c’est son entreprise qui offrait les meilleurs prix. J’ai fait affaire avec l’entreprise dont le représentant –sympathique– m’inspirait le plus confiance, même si l’attitude du représentant n’a peut-être pas tant à voir avec la qualité de l’installation finale. Aujourd’hui, j’ai eu à contacter par téléphone le représentant –sympathique– de l’entreprise que nous avons retenue. Il n’était pas là. On m’a référée à un de ses pairs, un monsieur dont j’ai vite découvert qu’il m’était antipathique !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 1 067

  1. Jacques Richer dit :

    Merde! Aviez-vous consulté des gens (amis, proches) pour avoir des références, pour vous aider dans vos choix? Y avait-il un magasin de ce commerce que vous auriez pu aller visiter? Vous basiez-vous seulement sur de la documentation écrite (circulaires, catalogues)?

    J’aime

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