Jour 874

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Exerciseur et son utilisatrice.

Le Fitbit a mille conséquences dans ma vie, et par ricochet dans celle de Denauzier. La nourriture, par exemple. Je n’ai plus envie d’en acheter beaucoup à la fois en voiture. J’ai plutôt envie, maintenant que les routes le permettent, de me rendre en bicyclette acheter la nourriture nécessaire pour une journée ou deux –en fonction de la capacité de logement de mes deux sacoches arrière. Cela fait en sorte que le frigo est pas mal vide, et que si, pour une raison ou pour une autre, je saute la journée de l’achat en bicyclette, je me débrouille avec les moyens du bord. Bien sûr, le meilleur moyen de me débrouiller consiste à prévoir, au départ, de grosses quantités du plat préparé. Ainsi, j’ai fait tellement de ratatouille la semaine dernière que j’en ai mangé toute la semaine. Avec de la bonne volonté, Denauzier en a mangé deux jours de suite, puis un jour encore, mais le reste du temps il a mangé de la crème de tomates en boîte Campbell dans laquelle il ajoute une pincée de soda à pâte. De cette manière, il est possible que nous mangions moins qu’avant, quand nous mangeons à la maison. Je prends la peine de préciser « quand nous mangeons à la maison » parce que les repas pris à la cabane à sucre, par exemple, ce fut le cas la semaine dernière, ou chez mon beau-frère, sont à l’antithèse de la frugalité.
Ce soir, comme il a plu et que le frigo est plus vide que jamais, j’y suis allée pour une invention alimentaire. J’ai fait sauter des oignons et des pommes Empire tranchées mince. J’ai saupoudré pas mal de sarriette, j’ai ajouté du vinaigre balsamique blanc, du beurre, de la cassonade et j’ai laissé caraméliser. L’amie avec laquelle je suis les cours de danse en ligne nous ayant apporté des œufs de dinde, je les ai battus avec du lait et j’ai ajouté du fromage cheddar râpé par moi-même. Un œuf de dinde contient deux jaunes, je ne le savais pas. J’avais deux œufs. J’ai recouvert mon mélange caramélisé de cette mixture, j’ai mis le couvercle sur la poêle et j’ai laissé cuire encore un peu. Au final, ce fut un régal. Aurais-je eu l’occasion d’inventer cette omelette, avoir eu un frigo plein ? Bonne question.
C’est moi qui paie la nourriture, habituellement, et il se trouve qu’avec ma nouvelle manière d’acheter, j’ai économisé. Qu’ai-je fait avec mes économies ? Je les ai investies dans un tapis d’exercice, pas mal plus costaud que celui qui apparaît en photo. Denauzier l’a magasiné sur Kijiji et nous sommes allés le chercher hier chez ses propriétaires, à Terrebonne, avec notre grande remorque. L’homme du couple, un monsieur très gentil, a été obligé d’enlever les deux portes donnant accès au sous-sol de l’extérieur pour que nous puissions en sortir l’appareil. Ça passait de justesse.
J’ai étrenné notre nouveau joujou aujourd’hui. Comme il est très lourd et qu’il faudra deux, sinon trois hommes pour le transporter jusqu’au rez-de-chaussée, moyennant la montée de quelques marches, Denauzier l’a simplement déposé dans le garage pour le moment. J’ai d’abord marché quinze minutes ce matin, puis vingt minutes cet après-midi, puis vingt-cinq minutes tout à l’heure. Je n’ai pas atteint, dans cette heure au total, mes 10 000 pas. Mais j’ai eu chaud, c’est toujours ça.

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Jour 875

LyndaBouclettes

Quand j’étais jeune on me surnommait Bouzette, on pourrait maintenant me surnommer Bouclettes. Le 24 mars.

Je n’ai rien fait aujourd’hui. Pas de défi Fitbit. Pas de correction dans mon gros fichier Word des textes de ma première année de blogue. Pas de toile en chantier. Pas de lecture. J’ai préparé il est vrai des carrés à la lime et à la menthe, que j’ai apportés au souper auquel nous étions invités pour souligner l’anniversaire de ma belle-maman. Et j’ai aussi préparé un gâteau à la vanille que j’ai fait cuire dans deux moules, pour les superposer ensuite en étalant entre les deux gâteaux une belle épaisseur de confiture à la framboise. J’ai nappé le tout d’une couche généreuse de crème fouettée dans laquelle j’ai saupoudré, avant de fouetter, un mini peu de cacao pour colorer la crème d’une teinte légèrement rosée. J’ai demandé ensuite à mon mari d’apporter le contenant de jujubes rouges qui traîne dans le camion depuis notre aventure en Colombie-Britannique. J’ai utilisé les bonbons pour tracer les chiffres 7 9 sur le dessus du gâteau. Ma belle-maman est encore relativement jeune, je trouve.
– Aujourd’hui, je ne fais que les gâteaux, me suis-je dit ce matin en descendant les escaliers qui séparent la chambre à coucher du rez-de-chaussée.
Dans l’heure qui a précédé notre départ pour le souper, j’ai eu envie de me friser les cheveux et de me maquiller. Ce sont donc deux autres choses que j’ai faites aujourd’hui. Quand je me frise et que je me maquille, je me sens déguisée, je deviens une autre personne, une actrice qui entre en scène. Or, dès que l’actrice bouge le moindrement, ou parle, les frisettes se défont et le rouge à lèvres s’estompe. Alors j’ai demandé à mon mari de me prendre en photo avant que mon beau travail d’embellissement de ma personne ne devienne trop fade ou trop peu apparent. Je me suis rappelé, au moment de la photo, que notre professeur de yoga, à l’université, nous suggérait de méditer en ayant un mini-sourire. Alors j’ai esquissé un léger mouvement des lèvres en ce sens. On remarque sur la photo la petite veste à carreaux que chouchou m’a encouragée à acheter, à Joliette, en janvier dernier. On remarque aussi les boucles-d’oreilles que m’a données mon mari il y a déjà deux ans. Ces dernières ont fait l’objet d’un texte sur mon blogue à l’époque. On remarque que je suis quand même capable, pour une fille qui ne s’est jamais frisée de sa vie, d’obtenir des résultats intéressants avec un fer plat. On remarque peut-être que je me suis fait teindre les cheveux de manière professionnelle. Je les ai fait teindre à Rawdon, le jour de la tempête qui a causé des maux de tête aux Montréalais tandis que les routes, dans Lanaudière, étaient relativement belles puisqu’il a beaucoup moins neigé par ici. On remarque aussi que je porte une chaîne au cou, elle m’a été donnée par mon amie Danielle. La chaîne retient une perle grise qui n’apparaît pas sur la photo. Quand Denauzier m’a montré la photo qu’il avait prise, j’ai trouvé que je ressemblais de plus en plus à ma tante Lucille, qui est vieille et à la veille, le 26 mars, d’avoir 90 ans.

 

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Petit mot court – PMC 12

Je deviens de plus en plus retraitée et de plus en plus intégrée à la vie de mon village. La preuve en est que cet après-midi, avec une amie voisine, j’ai participé, dans la grande salle du centre culturel, à mon premier cours à vie de danse en ligne. J’avais apporté des chaussures à talon pour l’occasion, or j’ai perdu l’habitude d’en porter, alors après les deux heures de dansinette, j’avais mal à la plante des pieds. Nous avons commencé par un foxtrot sur la musique de La mer, de Charles Trenet. J’ai adoré. Quel joli nom de danse, le gracile foxtrot. Lorsque mon amie m’a proposé de participer à ce cours avec elle, c’est le Fitbit qui a répondu à ma place, il m’a dit : Vas-y, vas-y ! Deux heures debout à faire des pas sur de la musique, ça ne se refuse pas. Finalement, c’est comme un cours de mise en forme pour cinquantenaires et au-delà, moyennant un abonnement à la FADOQ. On n’a pas tellement besoin de maîtriser les pas, on essaie juste d’imiter la prof qui danse devant le groupe, un micro sans fil à la main, en nous disant comment faire : lent, lent, glisse, glisse, ciseaux; lent, lent, glisse, glisse, ciseaux. L’ambiance est fraternelle, les membres du groupe nous ont tous dit de revenir la semaine prochaine, de ne pas nous décourager, qu’à force de pratiquer on va finir par y arriver. Je n’ai jamais été aussi bien accueillie dans un groupe, ça c’est sûr. C’est bien pour dire, j’ai préféré les danses compliquées —bossa nova et swing— aux danses simples, parce qu’il m’était impossible de maîtriser les compliquées, alors je bougeais sans me casser la tête, en m’efforçant tout simplement d’être légère et décontractée.
À la sortie du cours, à 17h30, Denauzier m’attendait en voiture car nous avions rendez-vous avec des membres de ma famille pour un souper de cabane à sucre à St-Jacques. Je mourais de faim.
Au moment de nous quitter vers 20h30, tout ce beau monde, j’ai demandé aux plus jeunes s’ils travaillaient demain matin. Ils ont répondu oui. Je les ai regardés, bouche bée d’admiration. C’est une réalité, le travail, qui m’échappe presque complètement, maintenant. Je suis une retraitée déconnectée qui apprend à danser. Incroyable mais vrai.

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Jour 876

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Sur le lac cet après-midi. Je suis à l’arrière-plan. Boumboum à l’avant-plan. Denauzier derrière son appareil pour photographier. Le beau-frère déjà parti car il habite loin.

J’ai passé les trois jours du week-end avec trois hommes. J’étais la seule femme. Il y avait bien sûr Denauzier, le frère de Denauzier que nous appellerons Boumboum, et le beau-frère des deux frères. Nous étions au chalet de Boumboum, mais dans la famille on ne dit pas un chalet, on dit un « camp » en prononçant le « p ».
– Pourquoi t’appelle-ton Boumboum ?, ai-je demandé au principal intéressé.
– Parce qu’il est tellement fort, a répondu le beau-frère, que ça fait Boum ! quand il dépose quelque chose quelque part.
– Tellement fort ou tellement habile, a ajouté mon mari, que ça fait Boum ! quand ça tombe à terre.
On mesure par ces deux réponses le côté bon enfant des échanges qui ont été les nôtres pendant le week-end.
J’ai passé les trois jours du week-end avec Denauzier, Boumboum et le beau-frère dans les environs de la Manawan. Au programme, de la motoneige. J’avais prévu que le dimanche serait consacré à ma nouvelle passion, la marche.
– Si les hommes veulent partir en expédition, m’étais-je dit, je les laisserai partir sans me joindre à eux.
Ce matin à 9 heures, j’étais dehors par une température de -17°C. Je n’ai pas demandé à mon mari, avant de partir, s’il comptait faire de la motoneige puisqu’elle s’est brisée hier après-midi. Nous sommes revenus de notre expédition à petite vitesse, 30 km/heure, en roulant malgré qu’une bonne lisière du pont se soit arrachée on ne sait comment. J’en ai profité pour enlever mon casque sur la dernière portion du trajet et pour observer un peu mieux la nature.
Pour changer des décibels de la motoneige, j’ai voulu me concentrer sur le silence, ce matin, en marchant. J’ai lamentablement échoué. Mes bottes faisaient crisser la neige, première des choses. Une petite pièce métallique d’un bouton pression, situé près de mon oreille droite, faisait cling cling à chacun de mes pas. Mon cœur, quand je m’arrêtais pour goûter le silence, battait la chamade dans un cliquetis de valve plus prononcé que jamais. Mes oreilles bourdonnaient à cause de l’effort que je fournissais.
J’ai fait 16 000 pas non marchés au premier jour de notre séjour, 18 000 pas non marchés au deuxième jour c’est-à-dire hier, et 15 000 pas marchés bel et bien aujourd’hui. Quand je suis arrivée au « campe », j’étais complètement mouillée, et je dois dire pas mal fatiguée. Je suis donc allée m’asseoir sur le lac, comme on le voit sur la photo, pour me reposer. Je me suis dit, comme je me le dis souvent, que des gens naissent dans des pays en guerre en n’ayant aucune possibilité de goûter les délices de la nature, en passant le plus clair de leur temps à traquer la moindre nourriture, alors que je savoure l’air pur et la lumière extraordinaire sur un simple déplacement de deux heures en camion. J’ai exprimé à quel point nous étions chanceux à mes trois amis, hier midi. Nous étions dans le quand même assez chic établissement de la pourvoirie de Kanawata. Assez chic et assez éloigné des routes pour qu’on y vienne en motoneiges, bien sûr, mais aussi en hélicoptère. Nous sommes arrivés au moment où un appareil s’envolait au-dessus de nos têtes dans un  important déplacement de neige.
– Difficile d’imaginer mieux, ai-je dit à mes compères, alors que nous attendions le repas que nous avions commandé.
– Le paradis !, ont répondu les trois hommes exactement en même temps.

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Petit mot court – PMC 11

J’ai une mauvaise nouvelle pour mon ami Fitbit : je vais partir sans lui dans la prochaine heure pour notre week-end de motoneige à la Manawan. Deux raisons sont à l’origine de cette décision : le gros bracelet de mon engin à mon poignet va s’accrocher dans les élastiques de mes manches de manteau. Je pourrais d’ailleurs écrire de mes manteaux parce que je prévois en porter deux, un par-dessus l’autre. Nous voulons parcourir un très long circuit demain samedi qui nous fera traverser une pourvoirie dont j’ai oublié le nom mais c’est un nom autochtone qui finit en « a ». Il ne faut pas que j’aie froid car je n’aurai alors aucun plaisir à me faire brasser. Me faire brasser est la deuxième raison à l’origine de ma décision de ne pas amener Fitbit : je vais accumuler des milliers de pas sans en faire aucun à cause des secousses, j’ai déjà écrit à ce propos, pour ceux qui s’en souviennent. Il y a en outre le fait que là où nous logerons, il n’y aura pas de réseau Internet, or j’ai besoin du réseau pour synchroniser les données de mon bracelet sur mon ordinateur en fin de journée, sinon les statistiques ne sont pas enregistrées. Mais en même temps c’est aujourd’hui la fête des Irlandais, le 17 mars, et je m’apprête à laisser mon bracelet ami tout seul ? Tout le monde va fêter sauf lui ? Je serais une sans cœur sans plus de scrupule ? Hum… il me reste quelques secondes à peine pour prendre ma décision…

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Jour 877

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Seigneur que ça sentait bon le miel dans ma chambrette universitaire.

J’étais dans la vingtaine, j’étudiais en littérature française à l’Université Laval et j’habitais Limoilou. Une Céline, parisienne d’origine, faisait partie du cercle d’amies d’une de mes amies. Quand j’ai quitté Limoilou pour aller étudier en France, à Aix-en-Provence, l’amie Céline m’a donné les coordonnées de sa mère qui résidait à Enghien-les-Bains. Je pourrais y passer quelques jours si jamais la vie me conduisait à Paris.
Comme me l’a déjà dit ma fille à propos d’une piscine à vagues –c’est une piscine, maman, et il y a des vagues–, Enghien-les-Bains, c’est une petite ville, où on peut prendre des bains. En fait, il s’agit d’une commune de quelque 12 000 habitants, seule station thermale dans les environs immédiats de Paris, située à 11 km de la capitale. Par la gare du nord, c’est une affaire de rien. En quinze minutes on est rendu à Enghien. Par la gare d’Enghien, c’est une affaire de rien. En quinze minutes on est rendu à Paris.
J’y suis allée plusieurs fois, finalement, tant et si bien que je suis devenue amie avec la maman. De santé fragile, elle devait régulièrement s’imposer des périodes de repos. Elle travaillait dans le domaine pharmaceutique. Je soupçonne à vrai dire, et sans malice aucune à son égard, qu’elle aimait tester les produits de son industrie et que, pour cette raison, elle avait besoin de périodes de test à la maison. Elle se prénommait Marinette. Je viens de taper ses nom et prénom dans Google et, comme je m’y attendais malheureusement, je reçois en premier résultat un avis de décès assez récent –2012–, d’une Marinette d’Enghien, du même nom de famille, âgée de 86 ans. L’avis de décès me fait réaliser que je ne connaissais pas le nom de famille de Marinette à sa naissance. Il ne m’est jamais venu à l’idée de le lui demander. Or, il est des plus suave à l’oreille.
Je me rappelle, un Noël, avoir lavé les vitres de ses grandes fenêtres pour lui remonter le moral, pendant qu’elle écoutait à la télévision des reportages sur les animaux. Pour me remercier –quoique c’était à moi de la remercier pour m’avoir hébergée trois semaines cette fois-là–, elle m’avait offert un livre qui relate l’histoire de la ville d’Enghien et qui s’intitule de manière très originale Enghien et ses environs. Le livre est à côté de moi en ce moment, je suis allée vérifier à l’instant qu’il faisait toujours partie de ma collection personnelle, dans la bibliothèque. Je devrais avoir honte de ce que je m’apprête à écrire. Le livre que j’ai reçu il y a plus de trente ans de Marinette a connu le même sort que Les mystères de Pittsburg de Michael Chabon : je ne l’ai pas encore lu.
Il est un cadeau cependant qu’elle m’a donné que je me suis empressée d’utiliser, de retour à Aix, un savon au miel de Marseille. J’entrais dans ma chambrette à la cité universitaire et ça embaumait le miel. La chambrette, le soleil, le savon, le miel. J’étais au paradis.
Comme j’ai passé la semaine dernière à Montréal, et comme je sais que le Métro d’alimentation de Côte-des-Neiges tient une collection de savons de Marseille que je ne trouve pas facilement ailleurs, je me suis arrêtée pour en acheter un. J’aurais voulu en acheter un de grand format, mais je n’ai trouvé qu’un seul savon au miel dans tout le présentoir et il était de petit format. Hier, et pour mon plus grand plaisir, j’ai offert ledit savon à mon amie Martinette, que je rencontrais pour la deuxième fois depuis notre conventum de juin dernier.
Je devrais faire comme Joan Didion –j’ai lu ça dans un de ses livres– et commander une caisse de savons de Marseille directement du fournisseur, livrée à la maison.

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Petit mot court – PMC 10

Quand même, tout n’est pas perdu. Je n’ai pas été capable, il y a six ans, de résoudre l’énigme du film Incendie, de Denis Villeneuve, sorti en 2010. Je l’avais écouté sur DVD, seule avec moi-même, à la maison de campagne. Je n’avais pas été capable de décoder la clef de l’énigme présentée ainsi dans la bouche de Simon Marwan s’adressant à Jeanne sa jumelle : « Un plus un, ça peux-tu faire un ? ». Je n’avais pas compris qu’un même personnage jouait à la fois le rôle du fils recherché par sa mère, et à la fois le rôle du violeur de cette même mère. Cette fois, encore auprès de Denis Velleneuve dans le film Arrival, j’ai compris avant que ne soit dévoilée l’énigme, que Amy Adams pouvait lire le futur, et que par conséquent les scènes qui se donnaient à lire au passé dans le déroulement de l’histoire étaient en fait des scènes du futur. C’est très habile de la part de Denis Villeneuve. Au début du film, on voit Amy habiter seule une grande maison et on sent davantage le poids de la solitude dans la mesure où on interprète qu’elle vivait autrefois à cet endroit avec le père et leur enfant. Il n’en est rien. Elle vivait là en bonne célibataire –qui se consacre entièrement à ses recherches en linguistique comparée–, point final. Je voudrais retourner voir le film sur écran géant, le lent mouvement des coques immenses qui se déplacent dans le ciel doit être du plus bel effet.

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