Badouzienne 54

Kaléidoscope lapinesque
Crayons feutres sur toile, format 11 po. X 14 po.

Ci-contre, on perçoit bien la participation des deux artistes, à savoir mademoiselle de six ans et moi-même, soixante-deux. Les lignes grises et dorées ont été tracées avec beaucoup d’entrain par ma collaboratrice, de même que les points. Les formes obtenues par le croisement des lignes, quant à elles –losanges, triangles et autres polygones–, ont été remplies par nulle autre que moi, la sempiternelle maniaque des masses de toutes sortes.

Certains lecteurs se rappelleront peut-être que ma première tentative d’oeuvre bicéphale n’a pas abouti à un résultat concluant, comme on peut le voir au texte 51. Il faut se lever de bonne heure pour discerner les lignes préalablement tracées par mon élève, dans la mesure où j’en ai camouflé beaucoup pour donner naissance au profil d’un ostrogoth qui n’est pas certain de s’être réveillé, après un long sommeil, au bon endroit, sur la bonne planète.

D’où il ressort que j’ai su manoeuvrer pour ne pas répéter, avec la deuxième toile, le problème qui est survenu avec la première. C’est déjà ça. Il me reste deux autres toiles à exploiter de la sorte car la petite en a barbouillé quatre au total.

Après avoir mis en ligne, sur mon blogue, la photo de l’ostrogoth désorienté, il m’est passé par la tête de le faire disparaître sous une couche de peinture blanche, pour retravailler sur une toile vierge. Or, les réactions positives de mes lecteurs m’ont incitée à ne pas m’en débarrasser, du moins pas tout de suite. Depuis quelques jours, le drôle d’énergumène me sourit quand je le croise dans le passage qui mène à la cuisine.

Je devrais me forcer un peu plus pour attribuer des titres à mes toiles. Kaléidoscope lapinesque ça ne me plaît pas, d’autant que ça fait référence à une tentative de représentation figurative, de type « Je vois un lapin, ici les pattes, là les yeux, plus haut les oreilles… » Je pourrais me contenter de l’habituel Sans titre, mais cela me confronte à l’échec de n’avoir su trouver les mots qui confèrent souvent un deuxième niveau de sens.

Paradoxalement, et en lien avec ce qui précède, je n’ai absolument pas besoin de me forcer pour me poser des questions. Devrais-je encore remplir telle masse ou m’arrêter là ? Devrais-je repasser sur les lignes grises avec un crayon gel d’une belle couleur argent pour atténuer l’effet barbouillé de certaines ratures ? Devrais-je teinter d’une couleur douce, à l’aquarelle, l’espace blanc qui entoure Jeannot sautillant ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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