Mon ami André a très bien décrit mon projet d’écriture :
– Lynda écrit des chroniques sur la vie ordinaire, a-t-il annoncé devant le modeste public qui était le nôtre dans la galerie d’art, samedi dernier.
– C’est en plein ça !, me suis-je dit intérieurement.
J’ai l’habitude de dire aux gens que j’écris des chroniques sur ma vie, mais le mot « ordinaire » décrit encore mieux la portée de mes contenus.
Il n’y a rien de plus ordinaire, en ce sens, que d’informer mes lecteurs que j’ai enfin retrouvé mon tube de crème solaire, payé assez cher, de la marque La Roche-Posay. Après l’avoir vainement cherché dans toutes les poches de mes manteaux, dans les deux salles de bains ici à la maison, dans ma trousse de toilette bien sûr, et dans l’appartement de chouchou, j’avais perdu l’espoir de le retrouver. Or, ce matin, encore endormie car à peine levée du lit, mais devant néanmoins me préparer pour partir en randonnée pédestre avec une amie, j’ai sorti du placard un sac-à-dos que j’utilise rarement, et en voulant le remplir des aliments qui allaient constituer mon lunch, j’ai mis la main sur le tube. De plaisir, j’ai donné un baiser au tube.
Le sac m’a été donné par tantine, à ma demande. Plus précisément, découvrant que tantine avait deux sac-à-dos dans son garde-robe et qu’elle risquait de se servir ni de l’un ni de l’autre, je lui avais proposé de m’en offrir un.
– Pour quoi faire ?, m’avait-elle demandé.
– Pour transporter mes petites affaires quand je vais en randonnée, ou quand je pars à pied de la maison pour aller faire des courses au village.
– Il n’est pas assez grand pour que tu y mettes ce que tu achèterais au village, avait-elle répondu.
– C’est vrai, mais il serait idéal pour contenir mon portefeuille, mon mouchoir, mon téléphone, mes gants, ce qu’on transporte avec soi quand on prévoit marcher un certain temps.
Ma tante m’avait regardée et avait accepté.
Le sac appartenait à son mari, décédé depuis bientôt trois ans. Il arbore fièrement, sur la pochette avant, l’emblème de la Suisse, à savoir la croix blanche sur fond rouge. Il est en outre écrit sur une autre pochette, moins à la vue, qu’il est le produit du « Fabricant du véritable couteau de l’armée suisse ». Quand on fouille davantage, à l’intérieur du sac, bien caché, on tombe sur une autre étiquette qui indique « Fabriqué en Chine », c’est moins prestigieux, mais ce n’est pas surprenant. Je dois avouer qu’il est très confortable à porter car coussiné là où il s’appuie sur le dos, et doté d’une courroie ergonomique qui s’attache en diagonale sur la poitrine. Ma copine n’ayant pas à sa disposition de sac-à-dos d’inspiration suisse fabriqué en Chine, elle a dû se contenter d’une espèce de boîte à lunch souple qui appartient à mon mari. Il faut se battre un peu avec la fermeture éclair pour avoir accès à l’intérieur afin d’y ranger ses aliments. La voyant se battre, j’ai voulu l’informer qu’il arrive que les affaires de mon mari ne soient pas tout à fait « à l’ordre », mais au moment où j’allais ouvrir la bouche pour prononcer mes mots malveillants, elle s’est exclamée que le sac lui convenait parfaitement, la fermeture éclair ayant accepté de se laisser amadouer. Ainsi bien équipées, nous avons marché plus de dix kilomètres, et mon cœur n’était pas plus affolé que le sien au sommet des grosses côtes.
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Une autrice illustrement inconnue !
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Les choses ne se passent pas comme je l’avais prévu. La vie est ainsi faite qu’elle nous réserve des surprises. En guise de petit rappel auprès de mes lecteurs : j’avais prévu me consacrer jusqu’à la fin du mois de mai à la correction des textes de ma deuxième année d’écriture, et ne reprendre mes publications quotidiennes qu’au début de juin. Les publications quotidiennes appartiennent à ma maintenant neuvième année d’écriture, c’est dire comme le temps passe.
Comme on le voit ci-contre, j’ai renoué hier soir avec les torsades, tant et si bien que je n’ai pas eu le temps de lire quelques pages de la biographie de Ferré, à 23:30 les yeux me fermaient tout seuls. Je suis allée me coucher et j’ai très bien dormi. Je m’étends, j’écoute ma valve, un peu déçue qu’elle ne fonctionne pas à 100% de sa capacité, je m’endors. Ça prend quand même un bout de temps avant que je m’endorme. Aujourd’hui samedi, la journée a mal commencé, j’ai cherché comme une bonne mon arrosoir en plastique orange pour donner à boire à mes amies et je ne l’ai pas trouvé. J’ai regardé partout, trois fois plutôt qu’une. J’ai dû me contenter de l’arrosoir bleu que je laisse normalement en haut, à l’étage des chambres, que j’aime moins parce que le bec verseur est plus gros que sur mon arrosoir orange. Après ce texte, qui est le dernier avant une interruption de quelque deux minuscules semaines qui vont passer le temps d’un éclair, je vais aller jardiner et ne pas me décourager devant l’ampleur de la tâche.