Jour 1 107

Bibi, qui est une grande lectrice depuis toujours, m’a passé beaucoup de livres récemment. Je ne suis pas une grande lectrice, mais je lis plus depuis que je suis à la retraite. J’ai rapporté de Montréal Je voudrais qu’on m’efface, d’Anaïs Barbeau-Lavalette, qu’Emmanuelle a eu de la difficulté à lire parce que c’était trop déprimant. En mangeant un riz au courgettes, sur le balcon arrière à la maison de Montréal, cet après-midi, alors que j’attendais que le plancher soit sec, parce que je l’ai lavé, j’ai ouvert l’Insoutenable légèreté au hasard, et me suis délectée de quelques pages de Kundera, en me disant qu’il faudrait que je le relise une troisième fois. Ça fait des mois que le roman de Kundera traîne sur le comptoir, dans l’appartement de Montréal, et j’espère qu’Emmanuelle le lira. Bibi m’a aussi prêté la biographie d’Anne Hébert En route, et pas de sentiment. Elle me dit qu’on comprend beaucoup de choses des comportements de la femme, dans sa vie privée, quand on arrive à l’avant-dernière page. C’est évident que je vais avoir envie de lire le livre en commençant par la fin, comme je le fais parfois. Il me reste quelques pages à lire du Vieil homme et la mer, et les deux tiers de La grosse femme d’à côté, et le Harlequin que j’ai acheté au Métro d’alimentation de St-Jean-de-Matha est double et contient donc deux romans, donc il m’en reste un à lire. Le Harlequin, traduit de l’américain, ne fait pas partie des 100 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie. J’ai rapporté d’autres livres encore de Montréal, c’en est à espérer qu’il pleuve tout l’été, mais en même temps ce ne serait pas idéal pour ma progression Fitbit ! Je voudrais lire La petite fille qui aimait trop les allumettes, que j’ai commencé à lire mais je ne comprenais rien, je n’étais peut-être pas bien disposée. J’ai acheté, je crois l’avoir mentionné, Les maisons, de Fanny Britt, qui compte parmi les trois romans québécois qui ont été retenus pour le prix France-Québec 2016. Je l’ai acheté à la COOP de l’UQÀM quand j’étais avec mon ami Yvon récemment. À la maison de Montréal j’ai trouvé un roman des éditions de Minuit tout neuf, apparemment jamais feuilleté, qui s’intitule Fuir, de Jean-Philippe Toussaint. J’ai rapporté aussi Simone de Beauvoir, La force des choses, même si je trouve que son style d’écriture est sec, et bien que je l’aie déjà lu. J’ai rapporté encore Troubles de femmes, un recueil de nouvelles érotiques que j’ai commencé il y a longtemps mais qui m’était tombé sur les nerfs, et j’imagine qu’il va encore me tomber sur les nerfs. J’ai aussi toute ma série Hemingway en attente d’être lue car avec Oscarine cet hiver j’en ai acheté cinq ou six, dont Les neiges du Kilimandjaro.
Tout cela pour en venir au fait que plusieurs écrivains sont publiés et lus pendant que je continue d’essayer d’écrire. J’ai décidé que la lettre B de la deuxième nouvelle serait accordée au prénom Barbara et non Brenda, et probablement que le C que je pensais attribuer à Carla le sera plutôt à Clara.

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Jour 1 108

Je suis à Montréal jusqu’à demain jeudi. Emma recevait ce soir une bourse du collège pour l’ensemble de son excellent travail pendant ses trois ans de double DEC. J’ai fait la route sans aucun problème depuis St-Jean-de-Matha entre 11 et 13 heures. Une fois arrivée chez Emma, j’ai d’abord fait un peu de jardinage autour de la maison. J’avais du temps, la remise de bourse ayant lieu à 17h30. Vers 15h30, j’ai constaté que j’avais faim et soif. Je suis venue dans la cuisine boire un grand verre d’eau, puis je me suis décidée à me rendre à pied au Dairy Queen de la rue Sherbrooke, dans Westmount, qui est quand même pas mal loin. Je me suis dit que ça allait me permettre d’atteindre les 10 000 pas quotidiens recommandés par l’American Heart Association que je n’atteins jamais. Il y a certainement quelque chose qui ne marche pas dans ma configuration sur mon ordinateur, parce que ce dernier m’indique que, dans toute ma journée, je n’aurais fait que 3 756 pas, c’est impossible. Je me suis donc dépêchée pour me rendre au Dairy Queen. J’ai commandé un cornet moyen à la dame derrière le comptoir qui ne doit jamais avoir à parler en français, toujours est-il qu’elle l’a fait avec moi et je l’ai trouvée bien gentille de fournir cet effort. J’étais l’unique francophone dans la clientèle de fin de journée des élèves des écoles privées avoisinantes. Je me suis assise pas très loin du commerce pour lécher le début de mon cornet de format moyen qui coûtait plus de 4$, puis je me suis remise à marcher et même à monter la côte de la rue Prince Albert. Une fois de retour à l’appartement, je me suis empressée de me changer, de faire une mini-toilette, et je suis repartie en voiture, équipée de mes chaussures à talon haut. Ouille ! Je suis arrivée quelques minutes seulement avant l’événement, parce qu’il y avait une bonne congestion sur l’autoroute Décarie. Je me suis dirigée en voiture vers le stationnement du collège qui est maintenant payant. Je me suis stationnée et j’ai quitté mon véhicule. Un homme était déjà devant l’horodateur quand je suis arrivée pour payer mon billet. Voyant que j’attendais qu’il ait fini, il m’a dit d’y aller et qu’il allait lire les informations pendant que j’allais payer. Je lui ai dit que je n’avais jamais utilisé cette machine et que je risquais d’y mettre le temps. Finalement, nous avons compris à deux. De fil en aiguille, nous nous sommes présentés. Nous sommes retournés ensemble à nos véhicules dans lesquels il fallait déposer le billet attestant que nous avions payé, sur le tableau de bord. Ouille ! Les talons. Nous avons fait le chemin inverse pour nous rendre à la salle où avait lieu la cérémonie et nous avons fini par nous souhaiter bonne soirée. Cela m’a fait beaucoup de bien, parler avec cet étranger, car toute la journée je me suis sentie morose. Il a fait craquer la coquille de ma morosité.

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Jour 1 109

Jean-Louis Duroc et Anne Gauthier

Jean-Louis Duroc et Anne Gauthier

Oscarine a raison, c’est vraiment une grosse commande, écrire vingt-six nouvelles. Cela me ramène dans le passé en titi. Les lecteurs qui me connaissent un peu en tant qu’écrivaine ne seront pas surpris d’apprendre que la rencontre d’Alicia et d’Hervé donne lieu à de petites expériences sexuelles, sans qu’il y ait forcément de rapprochement physique entre les deux personnages. Est-ce que je veux faire maintenant vingt-cinq variations sur le même thème ? Les scénarios sexuels que j’ai élaborés par le passé étaient associés à une certaine souffrance. La femme souffrait, pas l’homme. Et la femme souffrante, bien sûr, n’était qu’une projection de moi-même. L’homme était le grand décideur des fantaisies qu’il faisait subir à sa protégée. J’imagine que le besoin de souffrance ne fait plus partie de mes propres fantaisies car je ne me vois pas écrire vingt-cinq textes où serait exploité ce thème. Rien que d’y penser, je suis découragée et écrasée par le poids de l’Himalaya. C’est une bonne chose en soi, que j’aie envie d’exploiter dans mes écritures à venir une fantaisie positive qui fait du bien. Cela veut dire que je m’aime plus qu’autrefois. Je ne porte plus en moi la conviction que je mérite d’être punie pour toutes sortes de raisons, conscientes et inconscientes. Cela dit, Alicia s’est vite retrouvée hier après-midi, quand j’ai travaillé le texte pour en arriver à une conclusion, dans une position qui la fragilise. Je ne parle pas d’une position physique. Elle est assise tout le long de la nouvelle à la table d’un bistro où elle boit du vin en compagnie d’Hervé. Je parle d’une position psychologique. D’une part, ce n’est pas elle qui décide, mais on peut dire par exemple qu’elle décide de se prêter au jeu. D’autre part, ce n’est pas elle qui initie, mais elle accepte d’être initiée.
Sur le plan littéraire, je ne suis pas certaine d’avoir bien utilisé le procédé de l’analepse, selon lequel l’auteur se tourne vers le passé pour expliquer un moment qui se déroule postérieurement. Je repense au passage de ma nouvelle Alicia qui fait appel à ce procédé, un passage qui se présente dès le début du texte, en fait, et je n’arrive pas à savoir si je respecte le déroulement du temps. Je me promenais hier avec la chienne, tendue vers l’objectif d’atteindre mes 10 000 pas, et j’essayais de me remémorer des films dans lesquels cette figure de style est exploitée. Je me suis référée à mon cher Lelouch et au film Un homme et une femme. Si je me rappelle bien, on voit le couple faire l’amour dans une chambre d’hôtel cinq étoiles de Deauville. L’image arrive tout d’un coup, sans préparation. Ce n’est qu’après cette scène, assez longue, qu’on revient en arrière dans le déroulement de l’histoire pour assister au repas qu’ils s’apprêtent à commander et entendre Jean-Louis Duroc, surtout, demander une chambre au serveur. Ça, le couple assis à la table et Jean-Louis Duroc qui demande une chambre au serveur, c’est une analepse qui nous permet de comprendre comment le couple a abouti entre les draps dans le lit de la chambre d’hôtel.

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Jour 1 110

J’ai donc demandé à mon inconscient de me faire un signe quant à mon projet d’écriture, à savoir si j’allais passer à travers ou non. Pour une deuxième nuit consécutive, et alors que cela n’arrive jamais, j’ai rêvé à ma belle-mère. Elle portait des chaussures noires, en cuir verni et à talons aiguilles ouvertes à l’extrémité, de telle sorte qu’on voyait ses orteils. C’était sexy, peut-être pas super élégant, d’autant que les chaussures n’allaient pas avec sa tenue, une tenue estivale composée d’un pantalon léger de couleur jaune pâle et d’un chemisier blanc crème à manches courtes.
Ma belle-mère a longtemps porté des pantalons jaune pâle, la même paire, qui était probablement de très bonne qualité car à travers les années ils sont restés impeccables. Les chaussures noires me font penser à ma collègue, celle qui m’a donné du fil à retordre parce que j’y étais chimiquement allergique. Elle s’était mise à porter de telles chaussures un hiver sur des collants épais, gris, assortis de jupes très courtes. N’ayant pas forcément le physique, ni l’âge, pour porter des jupes très courtes, on peut dire qu’au final elle avait un drôle d’air que tout le monde, autour, commentait.
Ma belle-mère, pour en revenir à elle, m’annonçait qu’une messe allait être célébrée prochainement, il me suffisait d’en déterminer la date, pour souligner mon premier anniversaire de mariage qui aura lieu bel et bien le 21 mai prochain.
Puis, vers cinq heures du matin, je me suis réveillée sans pouvoir me rendormir. Mon mari était déjà debout parce qu’il était accaparé par des pensées qui conduisaient toutes à des problèmes qu’il lui faut régler. Vers sept heures, je suis descendue à mon tour, pas trop en forme. J’ai trouvé mon mari étendu sur le canapé, la tête sur un oreiller et une couverture le couvrant légèrement. Il ne dormait pas. Je me suis empressée de m’installer contre lui. Il m’a solidement enlacée, en ce sens que tout, chez lui, est solide, donc il enlace solidement. Je me suis arrangée pour qu’un pouf, exactement de la hauteur du canapé, soit placé à côté de nous, de telle sorte que j’y ai déposé mon bras qui aurait pendu dans le vide autrement. Bien collée contre mon mari, et à quelques jours seulement de notre premier anniversaire de mariage, j’ai très bien dormi, jusqu’à onze heures. Ça faisait longtemps, cela dit en passant, que mon mari s’était relevé. Dans ma portion de nuit passée sur le canapé, bien que je sois arrivée dans la pièce du rez-de-chaussée au grand jour, j’ai rêvé que le garage de mon mari, qui est encombré d’affaires, de beaucoup beaucoup d’affaires, j’ai rêvé qu’il était miraculeusement vidé de ses surplus. Il y faisait plus clair, la pièce était agréable et belle à voir.
Je ne discerne rien dans tout ça qui soit facile à interpréter et qui puisse être mis en lien avec le recueil de nouvelles. Je remarque quand même que l’anniversaire de mariage et le grand nettoyage du garage constituent des événements positifs.

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Jour 1 111

La Thunderbird de papa ressemblait peut-être à celle-ci.

De l’arrière, la Thunderbird de papa ressemblait à celle-ci.

La deuxième personne à laquelle j’ai rêvé la nuit dernière et avec laquelle les relations ont été difficiles est ma belle-mère, la femme qui est venue vivre à la maison avec nous, les quatre enfants, quand mes parents se sont séparés. Ma mère est partie et deux mois plus tard ma belle-mère est arrivée. Elle était plus jeune que mon père et se trouvait, en âge, plus proche de ma sœur aînée que de papa. J’avais dix ans, Bibi treize ans, belle-maman 25 ans, et papa 39 ans. Il est des gens avec lesquels, on le sait d’avance, les relations n’iront jamais au-delà d’un certain niveau de politesse et de rapprochement. C’est ce qui s’est produit entre elle et moi. Je ne peux donc pas dire que les relations ont été si difficiles que ça, mais elles n’ont jamais été naturelles, j’étais tout le temps sur le frein. Comme elle était surtout à l’écoute d’elle-même, peu empathique par nature, il me suffisait d’être l’oreille attentive à ses propos et la relation se déroulait bien. Quand elle se mettait à rire très fort cependant, comme elle savait le faire quand elle trouvait quelque chose de drôle, je riais forcé pour faire comme elle.
Dans mon rêve, belle-maman était au volant d’une voiture peut-être noire. À l’époque, papa roulait dans une Thunderbird de couleur vert foncé. Fidèle à moi-même, j’étais contente de lui rendre service, j’étais contente de la dépanner en lui prêtant cette voiture dont elle avait absolument besoin, l’histoire du rêve ne dit pas pourquoi. On peut penser que la voiture m’appartenait. Elle me demandait, au moment de partir, s’il n’était pas possible que je lui prête aussi ma carte de crédit, des fois qu’un pépin arriverait. Je pouvais avoir confiance qu’elle ne l’utiliserait qu’en cas d’extrême nécessité. Je n’étais pas du inquiète et je partais comme une bonne à la recherche de ma carte, encore plus contente de la dépanner avec non seulement la voiture, mais en plus ma carte.
Dans le rêve avec la collègue que j’ai raconté au jour 1 112, je suis inférieure, à son service, je me contente d’un rôle de subalterne pour avoir la paix, pour m’exprimer le moins possible, pour ne surtout pas discuter.
Dans ce rêve avec belle-maman, je suis encore inférieure à force de bonnasserie, je suis celle qui se fait doublement avoir, et une troisième chose m’aurait été demandée que je me serais probablement efforcée de la lui procurer.
J’en arrive à la question qui tue : quel est le rapport entre mon recueil de nouvelles et ces deux rêves mettant à l’avant-plan des personnes avec lesquelles je ne me suis jamais sentie bien ? Est-ce que cela signifie qu’écrivant mon recueil je ne me sentirais pas bien ?
Cet après-midi, j’ai travaillé quelques heures sur Alicia et je suis arrivée à une fin qui n’en est pas une. Je ne peux pas dire que je me suis sentie bien en écrivant ce premier texte, je ne sais même pas ce que j’en pense et s’il constitue un bon point de départ pour les vingt-cinq textes à venir. Je ne peux pas dire non plus que je me suis sentie mal. Je me suis sentie comme lorsque j’écris un texte et que je ne sais pas où je m’en vais.
Je vais redemander à mon inconscient de me faire des signes plus clairs à travers mes prochains rêves. Et je vais penser à ce que pourrait bien faire Brenda, avec qui, et dans quel contexte.

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Jour 1 112

De grandes fresques sur des murs dans une immense maison richissime qui me faisaient penser aux toiles de Joan Miro.

De grandes fresques sur des murs dans une immense maison richissime qui me faisaient penser aux toiles de Joan Miro.

Je me suis couchée en demandant à mon inconscient de me faire signe en rêve pour que je sache si mon projet de recueil allait se concrétiser.
Juste une parenthèse ici, sans intérêt, avant la suite : je me suis couchée après avoir écouté le tiers d’un film américain qui se déroulait dans un lieu équivalent en beauté et en richesse aux résidences prestigieuses de Martha’s Vineyard. J’aurais aimé figer l’image du film sur des fresques qui semblaient peintes directement sur les murs, dans une grande pièce qui servait de salle à manger. Les sujets représentés, peut-être abstraits, me faisaient penser aux toiles de Joan Miro. Une fois couchée, j’ai lu pendant que Denauzier faisait dodo. J’ai fini mon Harlequin un peu avant minuit. Il ne me reste donc que deux livres à lire en même temps, Ernest Hemingway et Michel Tremblay.
Je me suis dit que j’allais peut-être voir en rêve un personnage tenir un livre à la main et que ce serait le signe que le projet tient la route, que j’en suis capable, que je vais surmonter les obstacles pour y arriver. Or, j’ai rêvé, ce n’est pas tellement bon signe, à deux personnes avec lesquelles mes relations n’ont jamais été faciles. J’ai d’abord rêvé à une collègue mesquine que je fuyais de toutes mes forces dans la vraie vie quand j’étais au travail. Je n’étais pas capable de supporter sa manière de susurrer les s avec délectation parce qu’elle s’écoutait parler. Je pouvais changer de corridor quand je l’apercevais qui marchait en sens inverse au mien. Quand nous avions des réunions, je m’assoyais du côté de la table où elle était déjà assise, pour qu’elle ne fasse pas partie de mon champ de vision. Quand la patronne m’a demandé si je voulais qu’on célèbre mon départ à la retraite au sein de mon service, j’ai décliné son offre, des fois que la collègue mesquine aurait décidé de participer –les salades et les sandwiches du traiteur étant à eux seuls une raison de vouloir participer !
Elle était donc assise sur un muret de pierres, dans mon rêve et non dans une réunion, et  même si j’étais debout, je devais lever la tête vers elle quand elle me parlait, d’où il ressort que j’étais en situation d’infériorité, et elle de supériorité. Elle me regardait de haut au sens propre comme au sens figuré. Des gens debout, en groupe, comme autant de petits soldats, attendaient que nous ayons terminé notre conversation pour effectuer une action qui dépendait de la conclusion à laquelle nous allions arriver elle et moi. Or ma collègue bien-aimée se moquait de moi en faisant comme si nous échangions sur le plan professionnel. Je la laissais aller et j’attendais qu’elle termine ses propos méchants qui me dénigraient, mais elle en rajoutait et sa sauce s’étirait trop longtemps. Je lui suggérais donc de se moquer de moi, puisqu’il lui semblait absolument nécessaire de le faire, mais de se moquer moins longtemps car des gens –innocents– perdaient du temps à cause de nous. Bien entendu, j’attendais que la décision sorte de sa bouche car il m’était impossible d’échanger avec elle. Je me réduisais donc moi-même au rôle subalterne du messager.
Le seul côté positif de ce rêve serait, je dirais, que j’étais beaucoup moins affectée par sa mesquinerie dans mon rêve que dans la réalité.
Et je n’ai reçu aucune information à propos du recueil de nouvelles.

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Jour 1 113

C’est aujourd’hui la fête des mères. Il pleut et j’adore les journées sédentaires à l’intérieur de la maison qui viennent avec la pluie. J’oublie mon Fitbit et le défi de marcher 10 000 pas dans la journée. Je lis avec plaisir mon Harlequin. Je l’ai lu jusqu’à minuit hier, au lit, Denauzier à mes côtés faisant dodo. Il ne faisait pas encore froid, hier quand je lisais. La fenêtre de notre chambre était ouverte et je recevais le chant des reinettes et l’odeur de la terre car notre propriété est entourée de terres à cultiver. J’étais au paradis.
Donc aujourd’hui c’est la fête des mères. Emma m’a téléphoné et nous avons parlé pendant 37 minutes 39 secondes. Je prépare tranquillement un souper pour la maman de Denauzier, qui n’a pas tellement envie de venir parce qu’elle est souffrante, en attente d’une opération à la hanche, mais nous allons essayer de la convaincre de venir pareil, pour qu’elle puisse voir notamment ses deux petites-filles, à savoir les deux filles de Denauzier qui seront avec nous également ce soir.
Mine de rien, depuis mon réveil à 9 heures, je n’ai pas eu le temps de lire mon Harlequin car je me suis lancée dans un peu de ménage, dans le potage, dans un dessert pour lequel j’ai décidé de créer une sorte de muesli qui dore au four en ce moment, de même que j’ai fait l’inspection de toutes mes plantes, comme je le fais chaque jour.
Denauzier est au village, parti acheter d’autres ingrédients pour que nous puissions faire une expérience. Dans sa famille, une recette de ce qu’on appelle un gâteau pas cuit est très populaire, selon laquelle on mélange des biscuits Village brisés en morceaux pas trop gros ni trop petits avec une tasse de café très fort, de la poudre de cacao, du sucre en poudre, peut-être un œuf, de la vanille, du beurre ? Au final, on obtient une sorte de tiramisu québécois qui manque un peu de raffinement. Je voudrais tremper les morceaux de biscuits dans du kirsch pour rehausser la saveur de l’ensemble, de même qu’ajouter du poivre d’Espelette et diminuer la quantité de sucre. On congèle la mixture quatre heures avant de la manger. Alors, quand Denauzier va arriver, on va se lancer là-dedans.
En attendant, c’est la fête des mères et je désire me donner une journée de vacances de mes activités habituelles. J’ai donc écrit ce texte comme il est venu, me relisant à peine, et je poursuivrai plus sérieusement demain mes études quant à mes projets d’écriture de recueil de nouvelles-présentées-par-ordre-alphabétique-de-prénoms-strictement féminins,-ou-pas,-se-terminant-par-la-lettre-a-ou-pas, etc. Je ne me préoccupe pas non plus de savoir combien de mots j’ai écrits aujourd’hui, mais je dirais que par la force de l’habitude je suis peut-être pas très loin des 500.
Mon mari arrive, justement. À demain !

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