Jour 1 109

Jean-Louis Duroc et Anne Gauthier

Jean-Louis Duroc et Anne Gauthier

Oscarine a raison, c’est vraiment une grosse commande, écrire vingt-six nouvelles. Cela me ramène dans le passé en titi. Les lecteurs qui me connaissent un peu en tant qu’écrivaine ne seront pas surpris d’apprendre que la rencontre d’Alicia et d’Hervé donne lieu à de petites expériences sexuelles, sans qu’il y ait forcément de rapprochement physique entre les deux personnages. Est-ce que je veux faire maintenant vingt-cinq variations sur le même thème ? Les scénarios sexuels que j’ai élaborés par le passé étaient associés à une certaine souffrance. La femme souffrait, pas l’homme. Et la femme souffrante, bien sûr, n’était qu’une projection de moi-même. L’homme était le grand décideur des fantaisies qu’il faisait subir à sa protégée. J’imagine que le besoin de souffrance ne fait plus partie de mes propres fantaisies car je ne me vois pas écrire vingt-cinq textes où serait exploité ce thème. Rien que d’y penser, je suis découragée et écrasée par le poids de l’Himalaya. C’est une bonne chose en soi, que j’aie envie d’exploiter dans mes écritures à venir une fantaisie positive qui fait du bien. Cela veut dire que je m’aime plus qu’autrefois. Je ne porte plus en moi la conviction que je mérite d’être punie pour toutes sortes de raisons, conscientes et inconscientes. Cela dit, Alicia s’est vite retrouvée hier après-midi, quand j’ai travaillé le texte pour en arriver à une conclusion, dans une position qui la fragilise. Je ne parle pas d’une position physique. Elle est assise tout le long de la nouvelle à la table d’un bistro où elle boit du vin en compagnie d’Hervé. Je parle d’une position psychologique. D’une part, ce n’est pas elle qui décide, mais on peut dire par exemple qu’elle décide de se prêter au jeu. D’autre part, ce n’est pas elle qui initie, mais elle accepte d’être initiée.
Sur le plan littéraire, je ne suis pas certaine d’avoir bien utilisé le procédé de l’analepse, selon lequel l’auteur se tourne vers le passé pour expliquer un moment qui se déroule postérieurement. Je repense au passage de ma nouvelle Alicia qui fait appel à ce procédé, un passage qui se présente dès le début du texte, en fait, et je n’arrive pas à savoir si je respecte le déroulement du temps. Je me promenais hier avec la chienne, tendue vers l’objectif d’atteindre mes 10 000 pas, et j’essayais de me remémorer des films dans lesquels cette figure de style est exploitée. Je me suis référée à mon cher Lelouch et au film Un homme et une femme. Si je me rappelle bien, on voit le couple faire l’amour dans une chambre d’hôtel cinq étoiles de Deauville. L’image arrive tout d’un coup, sans préparation. Ce n’est qu’après cette scène, assez longue, qu’on revient en arrière dans le déroulement de l’histoire pour assister au repas qu’ils s’apprêtent à commander et entendre Jean-Louis Duroc, surtout, demander une chambre au serveur. Ça, le couple assis à la table et Jean-Louis Duroc qui demande une chambre au serveur, c’est une analepse qui nous permet de comprendre comment le couple a abouti entre les draps dans le lit de la chambre d’hôtel.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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