Badouzienne 50

Lignes tracées par mamie sur les taches grises

La nouveauté d’aujourd’hui fut l’ajout de crampons à nos bottes, compte tenu de la neige fine qui est tombée cette nuit. Lorsqu’elle recouvre la glace, elle ajoute au risque de chutes. Nous avons marché, Denauzier et moi, pendant une heure sur le plat, toujours dans le quartier domiciliaire, en nous arrêtant parfois pour évaluer si nous aimions telle couleur de revêtement, ou telle ligne de la structure d’une maison nouvellement construite. Sans le savoir, mon mari ce matin a été le motivateur de notre aventure de 90 jours –il n’est au courant de rien concernant les 90 jours–, car je me serais contentée d’une courte marche jusqu’à la route 337 qui cumule moins de 2000 pas. Encore les chiffres.

Notre petite-fille ne s’est pas contentée de couvrir la toile que je lui ai tendue qui vient avec un faux cadre. J’ai arrangé l’histoire à ma façon hier, dans mon texte. En fait, et fidèle à sa nature déterminée, elle a beaucoup insisté pour continuer à colorier d’autres toiles. J’ai fini par déchirer la pellicule cellophane d’un paquet de quatre toiles de petit format. Elle les a couvertes en moins de trois minutes chacune, avec moult crayon gris métallisé. Elle a eu vite fait de découvrir que si elle penche la toile à gauche, à droite, lorsque couverte de taches d’encre, celles-ci se répandent et forment des coulisses. Pour ma part, j’ai eu vite fait de décider que les quatre toiles qu’elle venait de couvrir de gris allaient constituer les quatre spécimens d’une série.

Ajout d’un fond qui délimite le sujet sur la toile.

Voici le premier spécimen. J’obtiens, comme cela arrive souvent, la tête d’un personnage robot qui apparaît de profil. Bien entendu, pendant que je traçais les lignes de couleur au crayon feutre, je me suis posé mille questions : devrais-je couvrir tout le blanc; devrais-je laisser les formes ouvertes, en ce sens que mon réflexe naturel est de circonscrire les masses; devrais entourer les taches et coulisses d’un fin trait de crayon noir pour les faire ressortir; devrais-je passer au crayon feutre sur les taches d’encre; devrais-je repasser plusieurs fois sur les lignes au feutre afin d’en uniformiser la couleur. Etc.

Lorsque je n’en peux plus de me casser la tête, je finis par me dire que je ne peins que pour moi, que je devrais écouter mon coeur et mes envies, que nulle compétition de niveau international n’est en cours, que nulle galerie n’est en attente d’un chef d’oeuvre créé par mon génie, qu’il n’y a pas lieu d’exercer la moindre pression et que je peux me laisser aller. Ouf !

Alors je me laisse aller, pour me redemander aussitôt si c’est une bonne idée de me laisser aller, sachant que lorsque je me pose toutes ces questions, je réfléchis, veux veux pas, je progresse, j’élimine des possibilités, je fais des choix. Je fais des choix oui et non, car souvent j’entends se formuler une question dans ma tête et je lui coupe la sifflette assez vite en décrétant que ce serait trop compliqué de me « lancer là-dedans ».

La question qui me turlupine à présent est en lien avec la couleur de fond : est-ce que je veux l’appliquer sur les trois autres spécimens de ma série, et est-ce que je désire que cette couleur de fond soit couverte ici et là de papier de soie ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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