Badouzienne 37

Cet organisateur en grillage, comme on l’appelle, contient beaucoup moins de vêtements que mon walk-in.

Alors que je traversais un creux inspirationnel, il y a quelques années, je m’étais tournée vers une étude de mes vêtements pour garnir mes écrans blancs, pour un total de peut-être trente textes. Donc, trente vêtements. Je reviens sur le sujet ce soir parce que j’ai décidé de me soumettre à nouveau à un exercice que j’avais tenté sans conviction à ce moment-là. J’avais voulu porter le premier vêtement qui se trouvait sur le premier cintre sur la tringle de mon walk-in, suivi le deuxième jour du deuxième vêtement sur le deuxième cintre, et ainsi de suite jusqu’à la fin du mois.

Or, il y avait trop de vêtements étranges dans ma collection pour que je persiste au-delà de quelques jours. J’ai effectué, depuis, un sérieux élagage de mon inventaire. Maintenant, il ne s’y trouve que des vêtements pouvant être portés en tout temps, je veux dire dans le contexte normal de la vie de tous les jours. Je me suis débarrassée, autrement dit, des vêtements conservés à la seule fin d’honorer un événement particulier en étant « drôlement » habillée.

J’ai effectué un sérieux élagage de mon inventaire, mais il y a encore bien trop de vêtements en ma possession. J’ai compté au moins seize paires de pantalons, ce que j’appelle des « bas », et plus de quarante chemisiers, blouses, robes, tuniques, chandails, que j’appelle des « hauts ». Et je ne parle que des vêtements d’hiver, ceux de l’été étant rangés dans le coffre de cèdre.

Les pantalons, ici, sont presque tous pareils, à savoir noirs et de type leggings ou, nouveau mot pour moi, jeggings, l’un et l’autre se ressemblant énormément. Aucune paire de jeans, un seul pantalon un peu chic que j’ai porté aux funérailles de mon père.

Mon exercice en fait est entamé depuis six jours et pour l’instant ça se passe bien. Je ne m’oblige pas à prendre le premier vêtement du premier cintre sur la tringle. Je prends celui qui m’inspire en fonction de mon humeur. Je le porte toute la journée, et je le range sur une autre tringle –car il y en a trois à ma disposition–, le soir venu quand je l’enlève. Ou, si nécessaire, je le mets dans le panier de linge sale.

Je vise donc à ce que l’ensemble de mes hauts, quand j’aurai fini mon exercice, soit suspendu à cette autre tringle. Le corollaire de cet objectif est que la tringle principale qui accueille mes vêtements ne soutiendra plus aucun cintre dans encore trente-quatre jours. Mine de rien, on sera rendu pas très loin de la mi-décembre.

Qu’est-ce que cet exercice va m’apporter ? Je ne le sais pas encore. Peut-être me confirmer que j’aime tous ces hauts. Peut-être en sélectionner quelques-uns qui vont aboutir à l’Armée du salut. J’aimerais beaucoup que l’exercice m’amène à ne plus désirer de vêtements nouveaux et à considérer que j’en ai assez pour encore un, deux, trois, quatre ans…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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