Badouzienne 36

Iceberg/Sarcelle

Je suis excessive, je l’ai déjà écrit. J’ai passé huit heures d’affilée sur ma toile ci-contre, à tracer et couvrir d’acrylique les dizaines de triangles et polygones qui constituent le fond. Avant les huit heures d’aujourd’hui, j’avais passé d’autres heures à tracer les mêmes géométries.
À l’avant-plan, je considère qu’il flotte un iceberg sur une surface d’eau très sommairement représentée sous la masse glacée.
– Tu as plus de chances d’être comprise si tu dis aux gens qu’il s’agit d’un canard, dont on discerne quand même assez bien la queue, ou d’un animal à plumes, m’a dit mon mari. Le iceberg « conceptuel » ne va pas t’attirer tellement d’adeptes.
Auparavant, il y avait sous l’Iceberg/Sarcelle un bandeau de couleur bleue d’un bon cinq pouces de haut qui traversait la toile pour représenter l’eau. Le fond était quant à lui de couleur dorée et garni ici et là d’îles rocheuses. Il faut dire que j’ai fait cette toile peu après un séjour à Sept-Îles.
Le fond d’îles rocheuses ne me plaisait pas, alors je l’ai remplacé par mon kaléidoscope aux six couleurs, à savoir blanc crème, noir, marron, bleu, orange et fushia. J’aime beaucoup le résultat. J’ai essayé de ne pas me flageller, pendant que j’appliquais mes couleurs avec un petit pinceau, en ce sens que je sais bien que je n’ai pas tellement de talent (mais beaucoup d’idées !), etc.

Il me semble que nous entamons une entrée dans une nouvelle manière de vivre, avec les changements climatiques, et je sais que c’est fou d’écrire ça, mais l’idée d’un tel défi me plaît. J’aimerais croire que nous allons arriver à être solidaires, les humains, et tous unis autour d’une cause commune. Mais je sais que cet espoir est vain et que ça risque de finir en grosses chicanes, en malhonnêtetés diverses, en régime à deux vitesses, un pour les pauvres et un pour les riches. Je calcule que j’appartiens à la section des pauvres.
Dans les journaux ces derniers temps, en lien avec la COP26 qui se tient en Écosse, j’ai lu plusieurs articles intéressants, dont un qui suggère qu’un régime végétarien constitue un des éléments qui pourraient contribuer à sauver l’humanité. Mon article, sur mon téléphone, était suivi d’une publicité, à savoir une photo en gros plan d’un paquet de porc haché vendu à prix réduit cette semaine dans quelque marché d’alimentation. Puis, un article sur la décroissance était immédiatement suivi, toujours sur mon téléphone, d’une photo de condos luxueux.

Mon tome 1 La candeur a été imprimé, mais le résultat est parvenu au centre d’impression dans un état inutilisable, l’épine ne parvenant pas à maintenir en place les pages qui y étaient collées. Autrement dit, on ouvre le livre et les pages tombent d’elles-mêmes, comme les feuilles des arbres en automne. Je vais donc devoir attendre une réimpression, en espérant qu’elle s’avérera réussie, avant de faire circuler mon bouquin dans la nature entre les mains de gens sensibles à ma cause. Cela me donne plus de temps pour passer à travers l’épreuve du tome 2, dont il me reste une cinquantaine de pages à revoir. Avec le remplissage des triangles au pinceau fin, je me suis peu consacrée à ma carrière d’écrivaine cette semaine.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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