Jour 148

Il faut croire que l’information que j’ai lue à propos des dindes sauvages est exacte. J’ai lu dans le livre que nous a prêté notre voisin qu’une femelle a des portées variant de dix à quatorze bébés. L’été dernier, nous voyions circuler en groupe, dans les champs de maïs qui jouxtent notre propriété, quelque six ou sept dindes. Nous nous extasions quand même un peu car c’était nouveau, dans notre région, d’en voir circuler. Nous n’étions pas sans savoir, en même temps, que les agriculteurs n’aiment pas ces visiteurs car ils ravagent les récoltes.
Mes lecteurs se souviendront peut-être que j’ai eu l’occasion de voir de très près, c’était en juillet dernier, un bébé encore couvert de son duvet. Ce n’est pas très beau, en passant, ça ressemble à un tyrannosaurus. C’était au Jour 164. Or les bébés ont grandi, grandi tant et si bien que le groupe des sept s’est transformé en classe de vingt-deux ! Je les ai comptés. On a vu le groupe, en effet, circuler sur le terrain un matin de cette semaine. Il descend de la montagne derrière la maison, traverse l’allée couverte de gravier où sont stationnées nos voitures, et vient picorer dans la verdure du terrain, parmi nos plates-bandes, sans nulle retenue. Deux animaux des vingt-deux étaient plus grands et gros, je dirais les mamans, donc elles étaient plus grandes et grosses, et les autres volatiles semblaient tous être les bébés devenus jeunes adultes.
Avec mon coeur de pierre, je me suis fait la réflexion suivante :
– Mia aurait pu en manger deux ou trois de plus, car à ce compte-là, on sera envahi dès l’an prochain.
Si un groupe de sept en 2019 passe en effet à un groupe de disons vingt-et-un, pour simplifier, en 2020, ça veut dire que le vingt-et-un de cette année, une fois multiplié par trois selon le même rapport, nous mettra en contact avec un régiment minimal de soixante-trois dindes et dindons l’an prochain !? Au secours !
Je me suis frottée une fois de plus, cet après-midi, aux affres du métier d’artiste. J’ai voulu vérifier que la machine à partir de laquelle on demande les impressions de photos, dans la pharmacie de mon village, fonctionnait mieux que celle de Joliette. Nenni. Les photos n’ont pas voulu s’afficher non plus. Une fille se tanne, comme dirait l’autre, ou encore je commence à en avoir plein l’casse, comme je me le formule à moi-même, des fois de temps en temps. Je sens que ça va finir par une visite au Kiwi Copie. Je vais entrer dans le commerce, à Joliette, je vais sélectionner mes photos sur mon téléphone, et les envoyer par courriel en format original –même si ce format est très lourd. En trois secondes, les fichiers correspondant à mes photos vont quitter mon téléphone et aller se ranger dans une liste d’attente sur une grosse machine Xerox, et après avoir payé –surprenamment ça ne coûte pas cher–, je vais ressortir avec mes folies imprimées regroupées dans une enveloppe.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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