Jours 232 et 231

PatéchinoisVoyons voir quelles ont été mes occupations hier samedi, en fonction d’un souper que nous organisions et qui a requis pas mal de préparation, pas seulement culinaire. Pourquoi tant de préparation ? Parce que je peux passer des jours sans m’occuper de rien de ménager. Surtout depuis que je me sens happée par mes écritures célestes. Ensuite, bien sûr, à ne rien frotter, je me fais rattraper.
D’abord, n’ayant pris qu’une seule et première gorgée de café, la charrue est arrivée pour nettoyer la cour. Je suis sortie en vitesse pour déplacer les véhicules, les stationner dans le banc de neige le long du chemin, et aller les rechercher ensuite, sans cette fois tomber sur mes poignets et me faire des entorses.
Deuxième gorgée de café et je décide de sortir du frigo le rôti de porc qui baignait dans son jus de cuisson afin de l’effilocher. Si on ne fait que ça d’un coup, effilocher, ça va toujours, mais si l’opération est entrecoupée de petites choses qui me transportent ailleurs dans la maison, en tenant un objet dans les mains, je dois d’abord les dégraisser et les nettoyer. Il faut y mettre le temps, laisser l’eau devenir chaude, mais pas trop.
Un blitz de ménage a suivi, me voyant monter et descendre dans la maison, une tasse de café à la main. La partie que j’aime le moins est celle des salles de bains. Quand j’ai besoin de prendre une pause, je me tourne vers mes plantes, je les bichonne, puis je retourne aux torchons autour de la cuvette et de sa lunette.
Il a fallu que je m’occupe aussi d’aller chercher du bois dans l’abri extérieur, de l’amener dans le garage, d’en mettre quelques bûches dans un bac que nous transportons jusqu’au foyer de la pièce principale. Comme il fait très froid, il est nécessaire en effet d’avoir deux sources de chaleur, la thermopompe et le foyer. Il faisait -30 degrés Celsius ce matin.
Après avoir dîné, j’étais trop fatiguée pour poursuivre sans d’abord faire un mini dodo sur le canapé. À mon réveil vers 14:30, j’ai préparé le pâté effiloché en fabriquant une sauce, en faisant sauter le maïs en grains, et en demandant à mon mari de s’occuper des pommes de terre. Nous avons aussi râpé nos restes de fromage et couvert le pâté de copeaux de romano pas trop sec.
Il ne faut pas oublier de dresser la table et de glisser ici et là des enjolivures originales, qui font toute la différence entre une table triste ou invitante.
Je vous vois déjà pencher en faveur de mon frère Les pattes qui trouve que je n’ai rien à écrire et que je me rabats sur les quotidiennetés pour noircir mes écrans. Certes. Écrire pour noircir, c’est comme appliquer du rouge à lèvres que j’enlèverais aussitôt, pour en remettre ensuite une couche épaisse, dans le seul but de faire baisser la hauteur de mes bâtons, pour ceux qui se rappellent que je veux me départir de deux couleurs, un corail et un rose iridescent, avant d’acheter frais et moins bactérien dans de nouvelles nuances. À ce sujet, d’ailleurs, et encore une fois pour ceux qui ont une bonne mémoire, après avoir écrit un mot à deux interlocuteurs (Jour 238) leur proposant de mettre sur le marché des rouges à lèvres de plus petit format, sur le site de ELLE Québec, et sur le site des produits Lise Watier, j’ai reçu deux accusés de réception. ELLE Québec : une réponse enthousiaste, mais très courte, personnalisée, de type : Nous sommes contents de vous avoir lue, vous avez bien fait de nous écrire. Lise Watier : une lettre dans les deux langues officielles, non personnalisée, à l’effet que la compagnie s’efforce constamment de faire avancer la recherche pour fournir à sa clientèle les produits les meilleurs. Fort bien. Qu’est-ce que j’ai reçu au lendemain de ces accusés de réception ? Un courriel me demandant de qualifier mon expérience de communication avec un de ces interlocuteurs, intitulé How would you rate the support you received ? Seigneur !
Le même phénomène se produit immanquablement, quand nous recevons : les invités arrivent que je suis encore à la douche pour avoir trop frotté les meubles et pas suffisamment tôt ma personne. Surtout que Les pattes est tout le contraire d’un retardataire. Le voilà qui arrive à 16:45 avec sa compagne et tantine, pendant que mon mari n’est pas encore correctement habillé.
– Je vous laisse arriver et faites ce que vous voulez !, ai-je lancé depuis l’étage.
Quelque quinze minutes plus tard à peine, habillée, maquillée, la frange disciplinée par le fer chaud, je rejoignais mon monde. On s’embrasse, on se dit qu’on se trouve beaux. On sert des apéros mais aussi de l’eau pétillante pour ceux qui, comme mon mari et moi, ne boivent pas d’alcool.
– Que diriez-vous de quelques parties de Chromino ?, ai-je proposé au bout d’un moment voyant que tantine, qui n’avait pas son appareil auditif, ne pouvait suivre la conversation.
La soirée fut des plus agréable. J’ai été la grande gagnante des parties que nous avons jouées avant le souper, et de celles que nous avons jouées après.
Comme chacun y allait de sa contribution, Les pattes est arrivé au souper avec le dessert de K pour Katrine, celui que j’avais moi-même acheté au rayon des surgelés pour un souper que nous avons pris chez lui, le 1er février dernier. Autrement dit, le dessert s’est promené, mais là, ça y est, il a été consommé.
Une fois tout le monde parti, nous sommes restés en compagnie de la fille de Denauzier, qui est arrivée un peu plus tard que les membres de ma famille.
– Ton frère est drôle, a-t-elle dit.
– Pourquoi ?, ai-je demandé.
– Il n’a pas l’air d’avoir bientôt soixante ans.
– C’est vrai.
– Il a l’air d’un petit garçon.
– C’est vrai.
– Il a un cœur d’enfant, avons-nous dit en même temps.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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