Jour 611

1251897-paderno-world-cuisine-quatre-lames.pngJe suis allée ce midi manger au restaurant LOV –Local, Organique, Végétarien–, à la station de métro Square-Victoria, avec des amies. J’y ai mangé des courgettes passées au machin spiraliseur, machin que j’ai acheté l’hiver dernier pour imiter les spaghettis alors que notre diète lowcarb nous en éloignait.
– Que mangez-vous, les filles ?, ai-je demandé.
Nous étions cinq femmes. Elles m’ont chacune décliné ce qu’elles s’apprêtaient à commander. Choisir semble constituer, pour elles, une action banale, alors qu’il n’en est rien pour moi. Je suis de plus en plus incapable de choisir. À tel point que j’ai dû demander à la serveuse ce qu’elle me suggérait de commander. Plutôt que de me nommer un plat plus populaire qu’un autre, ou un plat particulièrement réussi par le chef en ce jour d’aujourd’hui, elle m’a expliqué ce que contenait chaque assiette et comment c’était présenté. J’ai fini par nommer le plat de spaghettis de courgettes avant qu’elle termine la description du menu.
C’était délicieux.
Hier soir, au restaurant italien de mon quartier, avec Emma et Bibi, même histoire. Impossible de choisir.
– Il y a vingt-six sortes de pizza !, me suis-je exclamée.
– Tu trouves que ce n’est pas assez ?, s’est étonnée Emma.
– Non, c’est beaucoup trop ! Comment faire pour choisir ?
– C’est très simple. Tu donnes un chiffre au serveur, compris entre un et vingt-six !, m’a répondu Bibi.
– Je vais prendre la dernière, numéro vingt-six, ai-je fini par décider après de nombreuses tergiversations intérieures.
Quand le serveur est arrivé pour prendre la commande, j’ai changé d’avis à la dernière minute, je lui ai demandé des cheveux d’ange à la sauce napolitaine.
C’était délicieux.
L’exercice de décision le plus difficile s’est produit au Dollarama, dans la même journée, c’est-à-dire hier. J’étais avec Bibi. J’ai palpé tous les modèles de serviettes à mains avant de pouvoir en sélectionner un.
– Lequel tu prendrais ?, ai-je demandé à mon aînée.
– Bof, tu sais, à ce prix-là, les serviettes se valent toutes. Ne prends pas les trop épaisses, ça essuie mal.
Bibi s’est éloignée pour aller fouiner un peu plus loin dans l’allée, et constatant au bout d’un moment que je ne l’avais pas rejointe, elle est revenue sur ses pas. Elle m’a trouvée dans la plus profonde perplexité, le visage hyper sérieux. Elle s’est éclatée de rire.
– Allez !, prends n’importe lesquelles, m’a-t-elle encouragée.
– OK, j’y vais pour celles-ci, ai-je répondu, sélectionnant attentivement une famille de serviettes minces couvertes d’un motif imprimé. Le premier modèle qui me soit tombé dans l’œil lorsque nous nous sommes trouvées devant la section des serviettes, en fin de compte. Avoir choisi ce modèle sans hésiter, j’aurais sauvé plusieurs minutes de douloureuse réflexion.
– Regarde comme elles sont belles !, ai-je dit à Bibi comme si je venais d’acheter un article de grand intérêt et de qualité supérieure. Comme si je venais de réussir un exploit.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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