Jour 614

perchaude

Mini perchaude à l’avant-plan, un peu floue.

Je dispose de peu de temps aujourd’hui pour écrire mon texte du jour. Ce midi je dîne chez tantine, dehors sur sa galerie, avant d’aller faire l’épicerie avec elle au village. Ensuite, nous irons visiter le jardin de ma cousine, qui habite pas tellement loin. De retour à la maison en fin d’après-midi, nous recevrons des amis pour déguster avec eux, au souper, du doré fraîchement pêché.
Parce que nous en avons attrapé, du poisson, mais il a fallu trimer dur, en plein soleil sans une graine de vent, et sous la pluie drue excessivement battue par le vent.
Le jour de la photo ci-contre, je n’ai pêché qu’un seul poisson, celui qui apparaît prisonnier de mon appât, un bébé perchaude. Cependant, le lendemain, c’est moi qui ai attrapé le plus gros doré de nos quatre jours de pêche, il faisait 46 cm. Ce n’est pas énorme. Le premier été de ma vie de pêcheuse, j’ai attrapé un doré de 63 cm. On appelle ça la chance du débutant. Quand le poisson est trop gros, il faut le remettre à l’eau, de toute façon. Au lac du Fils, les limites sont établies à 37-53, ça veut dire qu’on remet à l’eau les dorés plus petits que 37 cm, et de même les dorés plus gros que 53. Le problème que nous avons rencontré cette année, c’est que les poissons faisaient tout juste 37 cm, nous confrontant à la question On garde ou on ne garde pas ?
On a attrapé de beaux gros brochets, mais les brochets ne sont pas populaires auprès des Abitibiens, trop difficiles à fileter. Alors on les rejette aussi. Pourtant, gros pas gros, on pourrait tous les garder. C’est bien pour dire que c’est une question d’habitude : ma sœur a passé des années à aller pêcher le brochet avec son mari, à St-Michel-des-Saints. Du brochet qu’ils mangeaient, bien entendu.
– Laisse la perchaude là où elle est, m’a dit mon mari, voyant que j’essayais de la retirer de mon hameçon. Ça va attirer un beau doré.
J’ai remis ma ligne à l’eau, j’ai senti mordre à un moment donné, très très subtilement, et la perchaude s’est fait avaler sans que je réussisse à attraper le glouton qui me l’a volée.
Comme j’ai le don de m’intéresser aux choses qui n’intéressent personne, je détecte plein de détails passionnants sur ma photo. D’abord, je porte une chemise, moi qui prévoyais en porter tous les jours pour me protéger du soleil, mais qui n’en ai porté que ce jour-là, et quelques heures seulement, l’air torride appelant les tenues les moins couvrantes. Cette chemise —Old Navy— n’est pas repassée. Sous la manche, en haut à droite, on remarque le bracelet de ma montre Pulsar. On remarque aussi au même endroit sur la photo que je n’ai pas les ongles sales. Cela m’étonne, je l’avoue, car j’ai joué dans la terre du contenant où se cachaient les vers que j’accrochais moi-même aux hameçons. Mais j’ai aussi découvert que je n’ai pas peur des sangsues. Alors des vers je suis passée aux sangsues, et c’est peut-être pour ça, ce désaveu des vers, que je n’ai pas les ongles sales. On remarque aussi que je porte mes lunettes fumées hollywoodiennes qui sont peut-être rendues essentielles pour me protéger de l’intensité de la lumière qui se reflète sur l’eau.

 

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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