Jour 615

lacDuFils

Étude de lignes sur l’eau.

Ça prend huit heures en voiture, revenir du Témiscamingue. Nous sommes passés par l’Ontario jusqu’à Ottawa. J’ai conduit la partie du trajet ontarien. Ensuite c’est l’autoroute 50 jusqu’à Lachute. De là, nous roulons à travers les villages qui nous sont familiers. Il me semble que Lanaudière, en comparaison de l’Abitibi, c’est ultra verdoyant, mais je peux me tromper. Denauzier me dit que l’Abitibi l’est tout autant.
Nous sommes arrivés à la maison hier soir mardi. Relisant les derniers textes de mon blogue ce matin, je constate que le contenu de mon avis d’interruption, publié avant mon départ, requiert quelques ajustements. Je confirme tout d’abord qu’il n’y a eu que peu de moustiques, d’une part parce que nous passions nos journées en bateau, et qu’en bateau c’est rare qu’il y a des bibittes qui viennent nous achaler. Il y en a sur l’eau par exemple, des patineuses, en fin d’après-midi, des gros tas. Il n’y a eu aucune bibitte, d’autre part, pendant l’orage ultra monstrueux que nous avons connu alors que nous étions encore en train de pêcher. Nous nous sommes réfugiés sur la terre ferme, sur une plage d’une des nombreuses îles du lac du Fils où nous étions. Nous sommes demeurés plantés comme des piquets sous les branches des arbres, piteux dans nos imperméables en gortex supposés ne pas laisser passer la pluie, mais dans mon cas de grosses coulisses d’eau me descendaient le long du corps provenant des coutures à l’encolure. Je grelottais. J’ai grelotté encore bien plus lorsque, profitant d’une apparence d’accalmie, nous sommes remontés en bateau pour nous diriger droit vers les camps, mais comme il ne s’est agi que d’une apparence, de gros fils gris de presque grêle se sont mis à nous pincer la peau dans un bruit encore plus fort que celui du moteur. Je me suis assise dans le fond du bateau et non sur un siège, pour être moins fouettée par le vent. Les amis ont pensé que je me suis ainsi réfugiée parce que j’avais peur. C’était dangereux, effectivement, on aurait pu être foudroyés parce que le ciel était traversé de nombreux éclairs, mais je ne peux pas dire que j’avais peur. J’avais trop froid pour avoir peur.
La tenue privilégiée n’a pas été celle de la chemise en coton léger à manches longues. Il faisait trop humide pour supporter ne serait-ce qu’une mince couche de coton sur les bras et sous les aisselles. J’ai porté, pour être précise, une seule chemise pendant quelques heures. Nous avons passé beaucoup de temps en maillot de bain, ou alors en short pour le bas, et en camisole avec brassière intégrée pour les femmes pour le haut.
Je n’ai pas attrapé de coup de soleil car je me suis généreusement appliqué de la lotion solaire minérale. Elle a pour caractéristique de contenir beaucoup de zinc, or le zinc ne s’étend pas facilement, alors j’avais le corps couvert de petites masses blanches, la couleur de la lotion. On peut donc dire, pour faire une métaphore, que j’étais la toile sur laquelle étaient appliquées les masses monochromes.
Là où mon avis d’interruption écrit avant mon départ a le plus besoin de précision, c’est à l’endroit du cake au matcha. Comme il a été difficile à cuire, je l’ai présenté non comme un cake mais comme des brownies.
– Un quoi ?, ont demandé les amis alors que je leur offrais mon gâteau magique.
– Un gâteau au matcha, ai-je répété. Des brownies au matcha, ai-je rectifié.
– Qu’est-ce que ça mange en hiver, le matmachin ?, m’a-t-on demandé.
– C’est du thé en poudre, du thé vert. Il est en poudre parce que les feuilles ont été broyées. Parce qu’il est broyé, on le conserve au frais, au réfrigérateur. C’est excellent en pâtisserie, ai-je ajouté, pour encourager les convives.
Seuls deux petits morceaux d’un pouce carré ont été mangés, par la même personne, et des trois gâteaux que j’avais apportés, cuits dans trois moules différents, je suis revenue avec presque la même quantité. Bof. Il faut dire qu’on croulait sous la quantité de nourriture que tout le monde avait apportée.
Les lunettes polarisées d’Hollywood, elles, ont été portées en tout temps lorsque sur l’eau, même pendant les épisodes d’orage que nous avons connus.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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