Jour 617

Pull col haut noirgris chin Femme Pulls col rond 91653595_4

Je ne trouve pas d’imprimé sur Internet qui ressemble à celui de notre coïncidence vestimentaire, alors je mets ce pull à la place, en photo vedette, de couleur gris chiné et noir.

Heureusement que je n’ai pas soumis le texte d’hier à un concours du récit ou de la nouvelle. La concordance des temps de verbe laisse à désirer et le dernier paragraphe, dont on attend qu’il crée l’effet de surprise, se lit difficilement. Ça boite, ça claudique en masse, c’est comme marcher et mettre le pied sur une roche qui roule sous la semelle. Une roche ça peut aller, on peut la considérer comme une coquetterie, une liberté de la part de l’auteure. Mais plusieurs roches rendent le parcours laborieux, c’est moins gagnant, ça peut même devenir énervant, voire lassant.
Le dernier paragraphe du texte d’hier se résume ainsi : n’ayant pas vu de loin, quand elle est arrivée, que Gina portait un vêtement fabriqué dans le même tissu que la camisole que je portais, je n’ai pas enlevé ma camisole pour éviter la rencontre du même tissu sur deux corps différents. J’ai enlevé ma camisole parce qu’elle était trop peu couvrante aux emmanchures. Avoir su, justement, que nous portions deux vêtements confectionnés dans le même tissu, assurément en Chine ou au Bangladesh, je ne me serais pas changée. J’aurais peut-être mis une petite épaisseur en-dessous de ma cami, ou alors je me serais arrangée pour ne pas bouger les bras. J’aurais choisi de ne pas bouger les bras, en fait, compte tenu de la chaleur torride qui régnait ce jour-là.
Au moment du départ du couple, je suis allée chercher la camisole, dans ma chambre, pour montrer à Gina que nous avions des goûts similaires, ayant acheté elle et moi, sans bien entendu le savoir, un vêtement fabriqué dans le même matériel. Je comprends Gina d’avoir pensé que je portais, avant qu’elle arrive, un vêtement identique au sien, car je lui ai montré la camisole comme on tient un chiffon. Taponnée dans une main. Il aurait été préférable que je lui montre la camisole comme il faut, en la tenant des deux mains par le haut des bretelles.
Le moment déchirant de mon aventure survient au moment où Gina embarque dans la chaloupe. Elle m’informe alors qu’elle comprend l’histoire –insignifiante à souhait– des deux vêtements. Or, ce qu’elle en comprend s’avère être l’exact contraire de ce que j’ai tenté de créer avec elle, à savoir une coïncidence vestimentaire. Et c’est après m’avoir dit cette phrase que Gina s’est éloignée dans la chaloupe conduite par son mari.
En d’autres mots, j’aurais aimé exprimer à ma nouvelle amie que nous étions faites pour nous entendre. Ce ne sera pas ce qu’elle aura retenu. Le pire dans tout ça, c’est que lorsque je la reverrai, elle ne se rappellera pas cette histoire de tissu et de vêtement, et il sera très peu pertinent, et même trop compliqué, de nous replonger là-dedans.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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