Jour 621

matouMiroir

Le chat du lac Miroir, version finale.

J’admire la détermination et le courage de Josée Blanchette. Pour souper, samedi dernier, par temps de record caniculaire, elle a eu la force de préparer une soupe froide à l’avocat et au concombre. Je le sais parce qu’elle a publié une photo de la soupe sur Facebook. Très belle photo et alléchante soupe, le large bol posé sur une nappe au motif cachemire, et l’ensemble enjolivé par un bouquet de pivoines blanches sur la nappe, à proximité du bol. J’étais fort éloignée de cette élégance, le même soir, dans notre chalet du lac Miroir.
– Qu’est-ce qu’on mange ce soir ?, m’a demandé mon mari, il était déjà presque neuf heures.
– Bof ! Je pense que tu devrais t’occuper de nous préparer quelque chose. La nourriture ne me dit absolument rien par un temps pareil.
– Est-ce que nous avons des pâtes ?, a demandé Denauzier en ouvrant le frigo et en en sortant une sauce bolognaise encore à moitié congelée.
– Oui, regarde le sachet qui est déposé sur le comptoir.
– Ça ?, s’est étonné mon mari en pointant ledit sachet.
– Oui, ce sont des spaghettis au soya.
Mon mari n’a pas commenté, parce que la canicule affaiblit considérablement l’envie de commenter. Il a mis à réchauffer la sauce dans une casserole, et à faire bouillir de l’eau dans une autre. Il est ensuite allé s’asseoir pour lire un peu. J’étais pour ma part penchée sur mon chat du lac Miroir, à la table de la cuisine.
De retour devant les casseroles, mon mari a constaté quelque chose.
– Chérie, ce n’est pas de la sauce à spaghetti qu’il y avait dans le pot de plastique, au congélateur…
– Ah bon ? Qu’est-ce que c’est ?
– Viens voir.
Je me suis séparée de mon chat, un crayon à la main, pour aller voir. C’étaient des fèves au lard !
– Wouach ! On n’aura jamais envie de manger ça par une chaleur pareille, me suis-je exclamée.
– On se contentera des pâtes, a décidé mon mari, de toute façon c’est bien juste pour dire qu’on ne dort pas sur un ventre vide.
– Tu as raison, les pâtes, un peu d’huile et du parmesan, ça fera l’affaire.
Les pâtes avaient une texture de caoutchouc dans la bouche. On aurait dit du tofu ferme sous forme de longs fils spaghettis. L’huile n’y adhérait que superficiellement et le parmesan était peut-être un peu vieux.
– Juste pour dire qu’on ne dort pas…, comment tu as dit ça ?
– …sur un ventre vide, a complété mon mari.
Au mi-temps de notre assiette, nous avons cessé notre effort pour nous tourner vers une boîte de biscuits Célébration, les bâtonnets enrobés de chocolat noir. J’avais mis la boîte au frigo, à cause de la chaleur. Je me suis levée pour aller la chercher, je suis revenue à la table, j’ai ouvert la boîte pour découvrir que le contenant de plastique à l’intérieur était divisé en quatre sections, chaque section regroupant une vingtaine de biscuits. Nous avons mangé chacun une section, en diluant la pâte de biscuit et le chocolat, dans notre bouche, avec du vin rouge.
– Délicieux !, avons-nous conclu.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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