Jour 655

06BouclesFeuilles

Triples feuilles.

Nous voici encore dans l’univers de Jacques-Yvan. Je mentionne tout de suite que ces boucles d’oreilles manquent d’amour et que je vais les apporter chez le bijoutier à mon prochain périple à Joliette pour les faire nettoyer. Jacques-Yvan m’avait offert ces boucles d’oreilles en présence de sa maman. Nous n’étions que tous les trois dans le grand appartement que nous avions loué quelques mois auparavant, rue Grosvenor. Sa maman se prénommait Laurette. Elle est décédée depuis plusieurs années. J’ai eu une tante Laurette, elle aussi décédée. Le chemin sur lequel j’habite change de nom à un moment donné et devient le chemin Laurette. Ma tante Laurette, qui était en fait ma grand-tante, est née le même jour que le demi-frère d’Emma, mais quatre-vingts ans plus tôt. Toujours du temps de la rue Grosvenor, j’avais souligné ce double anniversaire. J’avais préparé une Charlotte russe pour ma grand-tante, et ma grand-tante était arrivée avec une tarte au citron Shirriff pour le demi-frère d’Emma. Tout le monde avait vanté la réussite de la tarte au citron, étant donné que ce ne sont pas toutes les personnes qui sont encore capables de cuisiner à quatre-vingt-dix ans. La mère de Jacques-Yvan était également présente. Elle avait joué du piano et ma grand-tante s’était assise à côté d’elle, sur le banc du piano, pour observer au plus près. Les deux femmes portaient toutes les deux, évidemment par hasard, une robe bleue à manches courtes et à ceinture faite du même tissu que celui de la robe. Ma grand-tante a toujours porté des chaussures qui ressemblaient à des bottines, noires et lacées, qui lui allaient fort bien. Je pense que les bottines avaient été taillées sur mesure car elle souffrait d’une déformation aux pieds. Je ne me rappelle pas des chaussures que portait ma belle-maman. Ma grand-tante portait, été comme hiver, des collants de couleur peau d’un tissu épais, on aurait dit du coton. Ils lui donnaient un air campagnard. Ma belle-maman portait des bas de nylon de couleur peau eux aussi. Je portais ce jour-là, je m’en rappelle car nous avons des photos de l’événement, une robe noire fuseau assez longue faite d’un tissu extensible. Il n’aurait pas fallu que le tissu ne soit pas extensible. J’étais enceinte de six mois et je savais déjà que je portais une fille qui allait s’appeler Emmanuelle.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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