Jour 654

07LettreE

Lettre sur pomme.

Place à la lettre E pour Emmanuelle, un peu difficile à lire, ce E, car il est stylisé. Je suis en compagnie de E justement, à Montréal. Il y a plus d’une heure, je lui ai annoncé que je m’en allais lire au lit. J’ai commencé L’homme qui entendait siffler une bouilloire, de Michel Tremblay. Tantinette, qui a lu tout Michel Tremblay, m’a prêté le livre vendredi dernier, après que nous ayons passé la soirée chez elle à jouer au Chromino, avec Bibi. Pour une fois j’ai gagné, en fait je n’ai pas gagné juste une fois mais presque toutes les parties. Bibi voulait rentrer, à un moment donné, lassée de perdre, mais je l’ai convaincue de rester pour jouer un peu plus longtemps. Cela faisait plaisir à tantine, et cela étirait le plaisir de la victoire, en ce qui me concerne.
Comme pour la bague d’enfant, du temps de la garderie, Emmanuelle a très peu porté cette breloque E qui venait avec une chaîne pour être portée au cou, lorsque je la lui ai offerte pour son anniversaire, elle avait alors huit ou neuf ans. À dix ans, cependant, je me suis surpassée. Jacques-Yvan et moi lui avons offert un voyage à Paris, pour célébrer son premier anniversaire « à deux chiffres ».
– Il va falloir en profiter au maximum, lui avais-je dit, parce que l’anniversaire suivant, à trois chiffres, n’arrive que dans quatre-vingt-dix ans !
Hier dimanche pour le concert de la chorale auquel participait Emmanuelle, portant ses chaussures bottines noires qui ressemblent à celles de ma grand-tante Laurette, j’ai porté au cou une breloque qui m’a été offerte par mon beau-fils il y a longtemps.
– Reconnais-tu ce bijou ?, lui ai-je demandé car il fait partie de la chorale lui aussi.
– Hum… ça me dit quelque chose, a-t-il répondu.
– Tu me l’avais offert de retour d’un voyage, peut-être le voyage en Corée ?
– Hum… peut-être…
Ça me fait un bien fou de ressasser les souvenirs de mon passé autour de ces bijoux. Mine de rien je répare mes erreurs, je profite après coup, je me pardonne, je partage. Au moment où la breloque que je portais hier m’a été donnée par le plus âgé de mes beaux-fils, j’étais tellement mal dans ma peau que je ne profitais de rien. Aujourd’hui, je profite de tout en double, en triple, il n’y a pas de limite.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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